Paul Robeson

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Paul Robeson
Paul Robeson 1942 crop.jpg

Paul Robeson en 1942.

Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Père
William Drew Robeson I (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Maria Louisa Bustill (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Eslanda Goode Robeson (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Paul Robeson, Jr. (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
Arme
Conflit
Tessiture
Distinctions

Paul LeRoy Bustill Robeson (né à Princeton, New Jersey, le – mort à Philadelphie, Pennsylvanie, le ) est un acteur, athlète, chanteur et écrivain américain.

Ses parents[modifier | modifier le code]

Son père, William Drew Robeson I, après s'être enfui à l'âge de 15 ans d'une plantation de Caroline du Nord où il était né esclave, entreprit des études et, diplômé de l'université de Lincoln en Pennsylvanie, devint pasteur de l'Église presbytérienne de Princeton de 1880 à 1901. Il fut ensuite pasteur à Westfield, puis Somerville, dans le New Jersey. Il mourut en 1918.

Sa mère, Maria Louisa Bustill, était mulâtresse ; descendante d'une famille quaker de tendance abolitionniste. Elle périt dans un incendie, en 1904, alors que Paul n'avait que 6 ans.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Très bon athlète, Paul Robeson reçut de nombreuses récompenses sportives, en football américain, baseball, basketball et course à pied. Il étudia à l'université Rutgers (New Jersey), puis déménagea à Harlem et intégra la faculté de droit de l'université Columbia, à New York, il étudia aussi à l'École des études orientales et africaines de Londres.

Carrière[modifier | modifier le code]

Paul Robeson devient un acteur et un chanteur célèbre grâce à sa voix de basse. Il obtient un très grand succès non seulement en Amérique mais aussi en Europe et en Afrique, au point que les autorités coloniales craignent son éventuelle influence sur les populations colonisées.

« Paul Robeson, acteur et chanteur noir américain, suscite l’enthousiasme du public et l’inquiétude des autorités. L’annonce de sa venue au Sierra Leone, en 1936, pour tourner Song of Freedom, crée un grand émoi auprès des cinéphiles de Freetown et une grande déception lors de l’annulation de ce séjour[1] »

Dans les années 1920, il épouse Eslanda Cardoso Goode, « Essie », biologiste au Presbyterian Hospital de New York, avec laquelle il se rend en Angleterre où il commence sa carrière d’acteur. Entre 1925 et 1942, il va jouer dans onze films, principalement britanniques. Parmi ses plus grands succès figurent Song of Freedom, The Proud Valley, Show Boat, Les Mines du Roi Salomon. C’est à Londres qu’il commence également à étudier l’histoire et les cultures du continent africain, allant jusqu’à parler une vingtaine de langues africaines, dont une dizaine couramment. Il quitte l’Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale et regagne les États-Unis puis continue à parcourir le monde avec son épouse.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Durant ses nombreux voyages en Union soviétique, Paul Robeson critique vigoureusement les conditions de vie des Afro-Américains aux États-Unis, en particulier dans les États du Sud ségrégationnistes, et dénonça le lynchage.

Le fait qu'il ait défendu dans certains de ses écrits et discours les politiques intérieures et extérieures de l'Union soviétique de Staline confirme ses sympathies envers le communisme. Il chante notamment une adaptation anglaise de l'hymne soviétique. En 1958, il vient fêter son anniversaire en URSS où une fête grandiose est donnée en son honneur.

Il est également célèbre en République populaire de Chine, pour avoir chanté l'hymne national chinois, La Marche des Volontaires, pendant la Seconde guerre sino-japonaise.

Il devient une figure controversée dans les années 1950 et ses enregistrements et films sont de moins en moins diffusés aux États-Unis. En 1952, il reçoit le prix Staline. De 1950 à 1958, le Département d'État américain lui interdit de quitter le territoire national et lui confisque son passeport. Paul Robeson peut être ajouté au nombre des victimes du maccarthysme. Sa carrière d'avocat, aux États-Unis, est vouée à la défense des victimes de l'esclavage et à la dénonciation de l'apartheid en Afrique du Sud ; de façon plus générale à la défense des opprimés.

Son épouse et lui obtiennent à nouveau leur passeport et repartent en tournée à l’étranger avant de revenir définitivement aux États-Unis en 1966, lorsque Eslanda meurt d’un cancer. Commence alors une période de déchéance pour Paul Robeson, qui va passer le restant de ses jours à Harlem, souvent hospitalisé, dans l’isolement et la pauvreté malgré les nombreux amis qui lui écrivent du monde entier. Après deux infarctus, il meurt d’un arrêt cardiaque en janvier 1976, à l’âge de 77 ans.

Chanteur populaire[modifier | modifier le code]

Certains, qui n'avaient aucun goût pour le parti communiste, savaient reconnaître ses grandes qualités humaines autant qu’artistiques. Les titres de ses chansons sont éloquents : Songs my Mother taught me, Lazy Bones, Mississippi, Drink to me only with Thine Eyes, Dat all, At Dawning (I love you), etc. Il chante des chansons populaires du monde entier, depuis les ballades irlandaises jusqu’au folklore des « pays de l'Est » et surtout, bien entendu, les standards afro-américains.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Paul Robeson peint par Betsy Graves Reyneau, dans la collection de la National Archives and Records Administration.

Documentaire[modifier | modifier le code]

Un documentaire lui est consacré en 1979, récompensé par un Oscar du meilleur court métrage : Paul Robeson: Tribute to an Artist.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F.R. Anthony, Sawpit Boy, 1980, ouvrage publié à compte d’auteur, cité par Odile Goerg, Fantômas sous les tropiques, éditions Vendémiaire, 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]