Zora Neale Hurston

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Zora Neale Hurston (entre 1935 et 1943)

Zora Neale Hurston (7 janvier 189128 janvier 1960) était une écrivaine d'origine afro-américaine qui participa au mouvement de la Renaissance de Harlem, notamment avec son roman Their Eyes Were Watching God (traduit en français sous le titre Une femme noire).

Elle est née le 7 janvier 1891 à Notasulga. Elle fit des études à l'université Howard puis au Barnard College où elle fut diplômée d'anthropologie en 1928. Elle participa à la Renaissance de Harlem en produisant le magazine littéraire Fire!! avec Langston Hughes et Wallace Thurman. Elle s'intéressa au folklore noir-américain et au vaudou haïtien.

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Hurston a toujours fait en sorte de donner des dates de naissance contradictoires durant sa vie, et la plupart étaient fictives[1]. Pendant longtemps, on a cru qu'elle était née à Eatonville en Floride en 1901. Dans les années 90, un cinéaste apporta la preuve qu'elle était née à Notasulga en Alabama, avait déménagé à Eatonville quand elle n'était encore qu'une petite fille et y avait passé son enfance. C'est Eatonville qui fut sa source d'inspiration.

Quand Hurston eut 13 ans, sa mère mourut et son père l'envoya dans une école privée de Jacksonville. Hurston parle de son enfance à Eatonville dans sa nouvelle "Drenched in light", publiée dans le magazine Opportunity.

Études universitaires et anthropologie[modifier | modifier le code]

Hurston débuta ses études à l'université Howard mais dut les arrêter après quelques années, faute d'argent. Durant son passage à Howard, elle devint membre d'une des premières formations du club d'étudiantes Zeta Phi Beta. Elle reçut plus tard une bourse d'études pour rentrer à l'université Barnard d'où elle sortit diplômée en anthropologie en 1928. Elle y conduisit des recherches ethnographiques sous la direction du grand anthropologue Franz Boas de l'université de Columbia. Elle collabora également avec Ruth Benedict ainsi qu'une autre étudiante en anthropologie, Margaret Mead[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

La renaissance de Harlem[modifier | modifier le code]

En 1926, peu de temps après avoir reçu son diplôme, Hurston devint une des têtes de file de la renaissance littéraire qui prit naissance à Harlem et prit part à la création du magazine littéraire Fire!! aux côtés de Langston Hugues et Wallace Thurman. Ce mouvement littéraire fut à la base de la Renaissance de Harlem[3].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Hurston mit en pratique ses connaissances en ethnographie pour illustrer le folklore afro-américain dans son livre Mules and men (1935) ainsi que dans le roman Their Eyes Were Watching God (en français Une femme noire )et dans la danse ; elle créa un groupe de danse folklorique qui mettait en scène la culture du Sud des États-Unis et qui donna même une représentation à Broadway. En 1937, Hurston reçut une bourse Guggenheim pour aller en Haïti afin d'y conduire des recherches sur la culture locale. Ses travaux eurent une importance majeure car elle réussit à infiltrer les sociétés secrètes et put ainsi porter au grand jour l'utilisation qu'elles faisaient des drogues durant les cérémonies Vaudou pour entrer en transe, un sujet qui intéressait également sa consœur anthropologue et danseuse Katherine Dunham de l'université de Chicago[4].

En 1954, Hurston n'arrivait pas à vendre ses livres de fiction mais elle fut envoyée par le Pittsburgh Courier couvrir le procès pour meurtre de Ruby McCollum, la femme noire d'un gangster local qui avait tué un médecin raciste. Hurston participa également à la rédaction de Woman in the Suwannee Jail, un livre du journaliste et défenseur des droits civiques William Bradford Huie.

Décès[modifier | modifier le code]

Hurston passa les dix dernières années de sa vie à faire de la pige pour différents journaux et magazines. Elle travailla dans une bibliothèque à Cape Canaveral en Floride, puis fut professeur remplaçante à Fort Pierce où elle mourut d'une crise cardiaque et fut enterrée dans une tombe anonyme. En 1973, la romancière afro-américaine Alice Walker et l'étudiante en littérature Charlotte Hunt trouvèrent une tombe anonyme aux alentours du lieu où Hurston avait été enterrée et décidèrent de la marquer de son nom. La parution de l'article de Walker À la recherche de Zora Neale Hurston dans le numéro de mars 1975 du magazine Ms. Magazine fut à l'origine d'un regain d'intérêt pour son œuvre. La maison de Hurston à Fort Pierce est aujourd'hui classée au patrimoine national des États-Unis.

Fort Pierce célèbre l'écrivain chaque année à travers divers événements tels que Hattitudes ou la Zora Fest, un festival s'étalant sur plusieurs jours à la fin avril. Sa vie et son œuvre sont également mis à l'honneur tous les ans à Eatonville pendant le Zora Neale Hurston Festival of the Arts and Humanities.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hemenway, Robert E. Zora Neale Hurston: A Literary Biography. University of Illinois Press. ISBN 0-252-00807-3. Page 13.
  2. A Century of Barnard Anthropology, The Early Period
  3. The Harlem Renaissance at MSN Encarta
  4. Katherine Dunham Returns to Haiti, Black World Today, by Herb Boyd 02 April 2004


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