Jesse Jackson

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Jesse Jackson
Description de cette image, également commentée ci-après
Jesse Jackson en 2013.
Nom de naissance Jesse Louis Jackson Sr.
Naissance (77 ans)
Greenville, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Profession
Activité principale
Autres activités
Candidat aux primaires démocrates pour les élections présidentielles de 1984 et 1988
Formation
Famille

Jesse Louis Jackson Sr., dit Jesse Jackson, né le 8 octobre 1941 à Greenville (Caroline du Sud), est un pasteur baptiste américain. Militant politique pour les droits civiques, et notamment ceux des Noirs américains, il a été candidat, avec un programme très progressiste, à l'investiture du parti démocrate pour les élections présidentielles, en 1984 et en 1988.

Après la candidature symbolique de Shirley Chisholm et avant celle de Barack Obama, il est le premier Afro-Américain à obtenir suffisamment de soutiens pour avoir une chance de remporter la primaire du Parti démocrate : en 1984 il arrive troisième avec 18,09 % des voix[1] et deuxième en 1988 avec 29,12 % des voix[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Il naît dans une maison pauvre de Greenville en Caroline du Sud. Il est le fils d'Helen Burns, une lycéenne âgée de seize ans quand elle le met au monde. Son père, Noah Louis Robinson, est le voisin d'Helen, il est marié et âgé de 33 ans, c'est un employé d'un magasin de textile et un ancien boxeur professionnel connu dans la communauté noire locale. Un an après la naissance de Jesse, sa mère épouse Charles Henry Jackson, un ouvrier des services postaux, qui, plus tard, reconnaitra l'enfant, lui donnant ainsi son nom. Pendant son enfance, il est harcelé par d'autres enfants en raison de sa naissance hors mariage.

Jusqu'au boycott des bus de Montgomery, en 1955, il supporte les lois de ségrégation raciale. Il fait ses études secondaires à Greenville au Sterling High School, établissement destiné aux enfants noirs. Il est délégué de sa classe, il finit ses études à la place de 10e et obtient de nombreuses distinctions dans le domaine du sport, baseball, football et basketball[3].

En 1959, à la sortie du lycée, il refuse d'entrer dans une équipe de baseball professionnelle pour aller à l'Université d'Illinois où il bénéfice d'une bourse sportive et joue dans l'équipe de football américain. Après une première année dans cette université essentiellement blanche, il poursuivit ses études à l'Université agricole et technique d'État de Caroline du Nord à Greensboro, majoritairement noire. Ce changement fut motivé, selon Jesse Jackson, par le racisme régnant à l'université d'Illinois qui l'empêchait de jouer à la place stratégique de quaterback et limitait ainsi ses chances de participer à une équipe de football de premier plan[4].

Ensuite il suit des études de théologie au Chicago Theological Seminary (Séminaire théologique de Chicago), où il ne termine pas son cursus (en 2000 néanmoins on lui décerne un Master of Divinity (maitrise en théologie) en raison de ses études faites et de son expérience personnelle). Il entre dans la Southern Christian Leadership Conference (Conférence des chefs chrétiens du Sud) sous l'influence de Martin Luther King Jr..

Le 4 avril 1968 il est aux côtés du pasteur Martin Luther King à Memphis lors de son assassinat[5],[6].

Il est ordonné pasteur baptiste à la fin de cette même année. Trois ans plus tard, en 1971, il créé une associations à but non lucratif, le People United to Serve Humanity (PUSH, peuple uni pour servir l'humanité). En 1984, il en créé une seconde, la Rainbow Coalition (Coalition Arc-en-ciel). Elles fusionnent en 1996 sous le nom de Rainbow/PUSH. C'est une association politique et caritative qui défend la minorité noire (et les catégories les plus pauvres) auprès des partis politiques et des entreprises par différents moyens (boycotts, etc.).

Années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, il apparaît comme la personnalité politique afro-américaine la plus notable et devient le plus efficace des porte-paroles pour la reconnaissance des droits civiques.

Au parti démocrate, il appartient au courant progressiste, le plus à gauche (comme, par exemple, Bernie Sanders, dans les années 2015). Trop à gauche sans doute pour être un jour élu président, estime-t-on à la direction du parti. Trop à gauche et pas assez blanc peut-être, pour l'époque[7]. Son programme propose entre autres une augmentation des impôts pour les 10% les plus riches de la population américaine afin, notamment, de créer un système de remboursement universel des frais médicaux. Il souhaite aussi réduire drastiquement le budget de l'armée, ne serait-ce que pour réduire ses capacités d'intervention néo-coloniale de par le monde.

En 1984, lors des primaires du Parti démocrate pour l'élection présidentielle, il est en 3e position avec 3 282 431 voix (18,09 % des suffrages), arrivant derrière Walter Mondale et Gary Hart. En 1988, il arrive en deuxième position derrière Michael Dukakis et obtient 6 788 991 (29,12 % des suffrages). Il remporte ses victoires essentiellement dans le sud des États-Unis, l'Alabama, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Louisiane, le Michigan, le Mississippi, la Virginie et le District de Columbia (c'est-à-dire Washington, la capitale fédérale)

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

Le 15 février 2003, face à l'imminence d'une deuxième guerre contre contre l'Irak accusé à tort de posséder des armes atomiques, il prend la parole à Londres devant plus d'un million de personnes pour exhorter les citoyens anglais et américains à s'y opposer. D'une façon plus générale, ses prises de position sur les questions géo-politiques, sont très anti-impérialistes. Il est favorable à la création d'un vrai État Palestinien et à la destruction concertée de toutes les armes nucléaires.

Par ailleurs, il lui arrive de soutenir publiquement des personnalités afro-américaines confrontées à la justice, comme, en 2005, le chanteur Michael Jackson ou encore le condamné à mort Stanley Williams. Il fait aussi une apparition dans la série télévisée américaine South Park, saison 11, épisode 1 (Avec nos excuses à Jesse Jackson) ainsi que dans l'épisode 13 de la saison 4 (à 21:57).

Le 4 novembre 2008, Jesse Jackson est présent au rassemblement fêtant l'élection de Barack Obama à la présidence. Les caméras de CNN le filment en train de fondre en larmes. Cette image forte est commentée par de nombreuses personnalités, dont Denis Sassou N'Guesso, président de la République du Congo, qui déclara le lendemain : « Nous avons suivi à la télévision ce qui se passait et j'avoue qu'à voir les larmes du pasteur Jesse Jackson, je crois que c'est une image qui a bouleversé, et on a vécu avec une grande émotion ce moment-là ».

Son fils Jesse Jackson, Jr. a été représentant du 2e district de l'Illinois à la Chambre des représentants de 1995 à 2012 pour le Parti démocrate.

Polémique[modifier | modifier le code]

Jesse Jackson a été fréquemment soupçonné d'antisémitisme, notamment en raison de ses liens avec son ancien mentor, Louis Farrakhan, le leader du mouvement Black Muslim[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « US President - Democrat Primaries - February 20, 1984 », sur ourcampaigns.com (consulté le 19 mai 2014)
  2. (en) « US President - Democrat Primaries - 1 February 1988 », sur ourcampaigns.com (consulté le 19 mai 2014)
  3. (en) Ashyia Henderson, « Jesse Jackson, in Contemporary Black Biography, Volume 27 », sur Gale Group, (consulté le 30 septembre 2012)
  4. (en) Edwards Harry, « The man who would be King in the Sports Arena », sur Espn.go.com, (consulté le 1er octobre 2012)
  5. Sylvain Cypel, « Jesse Jackson, patriarche de la cause des Noirs américains », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. Prisma Média, « Jesse Jackson bouleversé par la victoire d’Obama - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne)
  7. « Jesse Jackson aims for the mainstream », sur The New York Times magazine en ligne,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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