Gwendolyn B. Bennett

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Gwendolyn B. Bennett
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Gwendolyn B. Bennett ( - ) est une artiste, auteure, et journaliste américaine. Elle a constribué au journal Opportunity: A Journal of Negro Life en y chroniquant les avancées de la Renaissance de Harlem dans sa rubrique The Ebony Flute. Bien que souvent négligée par l'histoire de la littérature, Gwendolyn B. Bennett a de réels talents prosodique et poétique. Sa nouvelle sans doute la plus connue, Wedding Day, a été publié dans le premier numéro de Fire!!, revue qui exposait les conséquences du clivage racial dans le travail[1]. Salué par la critique, sa novella Poets Evening permet de mieux comprendre les différentes communautés afro-américaines, et a aidé de nombreux afro-américains à s'identifier et à s'accepter. Réservée, Bennett est pourtant reconnue pour avoir profondément influencé les droits des femmes afro-américaines durant la Renaissance de Harlem. Par sa persévérance, Bennett a su ouvrir à ses consœurs les portes de l'éducation et de la littérature quand celles-ci leur étaient fermées.

Jeunesse et scolarité[modifier | modifier le code]

Gwendolyn Bennett Bennett est née le 8 juillet 1902 à Giddings au Texas. Fille de Joshua Robbin Bennett[2] et Mayme F. (Abernethy) Bennett, elle passe sa petite enfance dans la réserve de la tribu indienne des Paiute, située à Wadsworth (Nevada) (en), où ses parents sont enseignants au service du Bureau des affaires indiennes.

En 1906, alors que Gwendolyn B. Bennett est âgée de quatre ans, sa famille déménage au 1454 T. Street Northwest, à Washington D.C[3], afin que son père puisse poursuivre des études de droits à l'Université Howard et sa mère des études d'esthéticienne. Trois ans plus tard, ses parents divorcent. La garde de Gwendolyn B. Bennett est confiée à sa mère, Mayme. Refusant cette décision, Joshua Bennett kidnappe sa fille et l'élève avec sa nouvelle compagne, Marechal Neil. Ils se cachent et déménagent régulièrement le long de la côte Est. Ils s'installent notamment à Harrisburg en Pennsylvanie et à Brooklyn, New York. En 1918, Gwendolyn Benett, alors âgée de 16 ans, y est inscrite au lycée Girls' High où elle poursuit ses études jusqu'en 1921[4]. Lors d'une compétition d'art dans son école, Gwendolyn obtient la première place. Elle est aussi la première afro-américaine à rejoindre des clubs de théâtre et de littérature. Elle y écrit sa première pièce de théâtre et y joue. Bennett rédige également deux discours pour la remise de diplômes de fin d'année de sa classe, et dans ce même contexte les paroles d'une chanson.

Après avoir obtenu son diplôme en 1921, Bennett suit des cours d'art à l'Université Columbia et à l'Institut Pratt. Lors de ses études universitaires, en novembre 1923, l'un de ses poèmes, Heritage, est publié dans The Crisis, le magazine du NAACP. Un mois après, en décembre, ce même poème est présent dans Opportunity, un magazine publié par la National Urban League[5]. En 1924, c'est son poème To Usward qui est lu comme ouverture à la présentation de There is confusion, le roman de Jessie R. Fauset, lors d'un dîner organisé par Charles S. Johnson pour le Civic Club[6]. Bennett et Fauset travaillent en effet toutes deux à mettre en lumière les luttes pour faire entendre les voix énonçant liberté et patriotisme. Si Fauset expose l'impact optimiste que la guerre a pu avoir sur la société, Bennett pointe et explicite, de façon complémentaire, le chagrin que cette guerre y a apporté.

En 1924, Bennett est diplômée de l'Université Columbia et de l'Institut Pratt. On lui offre un poste à l'Université Howard pour enseigner le design, l'aquarelle et des savoirs-faire manuels[7]. En décembre 1924, une bourse lui permet de se rendre à Paris pour étudier à la Sorbonne. Elle continue alors ses études des beaux-arts à l'Académie Julian et à l'Ecole du Panthéon. Bennett travaille différents matériaux, comme l'aquarelle, l'huile, la gravure sur bois, l'encre et le crayon, le batik[8], ce qui lui permet de lancer sa carrière de designer graphique. Cependant, en 1926, la majorité des pièces qu'elle réalise à cette époque seront détruits dans l'incendie de la maison de sa belle-mère où elles étaient stockées.

Implication dans la Renaissance de Harlem[modifier | modifier le code]

Gwendolyn B. Bennett est une figure importante, qui a eu une influence directe sur l'essence-même de la Renaissance de Harlem. Son travail met l'accent sur la fierté et la revendication d'une appartenance culturelle africaine passant, par exemple, par la dance et la musique. L'un de ses poèmes les plus influents, Fantasy, n'est pas seulement l'expression de cette fierté, mais aussi celle d'un féminisme appliqué à toutes les femmes, mettant en lumière toutes les possibilités qui à cette époque n'étaient pas nécessairement imaginables pour les femmes.

The Ebony Flute pour le magazine Opportunity[modifier | modifier le code]

Bennett quitte Paris en 1926 et se réinstalle à New York pour devenir l'assistante du rédacteur en chef du magazine Opportunity. Cette position lui permet de publier des articles dont les sujets se centrent sur la littérature et les beaux-arts. Entre 1926 et 1928, Bennett y a une colonne, intitulée The Ebony Flute, dans laquelle elle met en avant la culture et la vie sociale de Harlem[9], la fierté et la revendication d'une appartenance culturelle d'ascendance africaine. En ce sens, et grâce à ses contacts, elle promeut le mouvement de la Renaissance de Harlem par le biais de celles et ceux qui pensent et créent cette Renaissance, permettant aux lecteurs et aux lectrices d'en suivre la diversité et les évolutions. Le titre de cette rubrique s'inspire de Harlem, poème de William Rose Bennet. Et au delà de faire partager la vivacité de ce mouvement, The Ebony Flute l'influence directement. Si dans cette colonne elle ne publie jamais ses propres poèmes, ni non plus ses écrits, qui s'inscrivent pourtant dans le mouvement de la Renaissance de Harlem, ses travaux artistiques illustrent les couvertures de Opportunity mais aussi de The Crisis. Ses sujets de prédilections sont la diversité des races, des âges, des classes et/ou des genres, ce qui permet à Bennett de représenter la beauté dans toute sa diversité.

Co-création de Fire!![modifier | modifier le code]

La même année, Bennett s'engage auprès de Langston Hughes et Richard Bruce Nugent comme co-fondatrice du journal littéraire Fire!!. Dans ce magazine au numéro unique, aujourd'hui vu comme un moment-clé de la Renaissance de Harlem, Bennett est co-rédactrice en chef avec Zora Neale Hurston, John Davis et Aaron Douglas.

Groupe de soutien entre jeunes auteurs et auteures de Harlem[modifier | modifier le code]

Entre 1923 et 1931, Bennett organise un groupe de soutien aux jeunes auteurs et auteures de Harlem qui leur permet d'entrer en relation, s'encourager mutuellement, s'entraider intellectuellement, socialement et éventuellement financièrement, ainsi que de  rencontrer leurs pairs, plus âgés et souvent en postes en universités. Ce groupe compte Langston Hughes, Countee Cullen, Eric Walrond, Helene Johnson, Wallace Thurman, Richard Bruce Nugent, Aaron Douglas, Alta Sawyer Douglas, Rudolph Fisher and Zora Neale Hurston. Il est soutenu par Charles S. Johnson, Alain Locke, W. E. B. Du Bois, Jessie Fauset, and James Weldon Johnson. Dans un interview en 1979, Bennett dit que ce n'était « rien de comparable à ce genre de groupe où tu vois tous le temps les mêmes gens. On était toujours content de se voir. On était toujours excités de se retrouver et d'être ensemble.[10] » Ce groupe développé par Gwendolyn B. Bennett lui a permis de rester très fortement connectée à la Renaissance de Harlem, alors qu'elle n'était plus nécessairement sur place.

Travail artistique et réception critique[modifier | modifier le code]

En 1926, en parallèle de ses activités pour Opportunity, Bennett reçoit une bourse de la Fondation Barnes pour son travail d'art et de design. La même année elle reprend également l'enseignement des beaux-arts à l'Université Howard.

Gwendolyn Bennett écrit la même année To a Dark Girl, l'un de ses plus célèbres poèmes d'inspiration romantique et lyrique, célébrant le fait d'être d'ascendance africaine. Dans une logique d'empowermentempuissancement des caractéristiques afro-américaines, les images qu'utilise Bennett figurent des reines permettant aux afro-américaines de renouer avec le fait d'être noires[11].

Le travail que Gwendolyn B. Bennett a accompli pendant cette période de sa vie a été salué par ses confrères et ses consœurs de Harlem. Le dramaturge Theodore Ward a déclaré que le travail de Bennett était l'un des plus prometteurs parmi les poètes de la Renaissance de Harlem, soulignant la profondeur et la compréhension mise en oeuvre dans son travail. J. Mason Brewer, folkoriste et conteur, dit de Bennett qu'elle est connue nationalement comme artiste et poète, ce qu'il attribue à l'orgine texane qu'il partage avec Bennett : « Les texans éprouvent leur droit à revendiquer la beauté de ses paroles poignantes, du fait même qu'elles traduisent en partie ses impressions d'enfance s'éveillant face aux paysages du Texas. »

Vie adulte et influence de Harlem[modifier | modifier le code]

Bennett se marie en 1927 avec le Dr. Albert Joseph Jackson. Devant le désaveu de l'administration de l'Université Howard face à cette relation, le couple déménage à Eustis, en Floride. Cela a un impact négatif sur le travail de Bennett - comme si l'éloignement de Harlem l'empêchait de recevoir les informations nécessaires pour écrire dans sa rubrique d’Opportunity. Du fait du racisme, et de leurs problèmes financiers, le couple ne reste que trois ans en Floride, puis il déménage à Long Island en 1930. Bennett comment à écrire plus fréquemment après avoir travaillé avec les groupes Federal Writers Project et Federal Art Project. En 1936 le couple perd sa maison de Long Island, suite à quoi Jackson meurt. Bennett déménage à nouveau à New York[12],[13].

En 1940, Bennett se remarie avec l'écrivain et enseignant Richard Crosscup, d'origine européenne[14]. A cette époque, ce mariage interracial n'est pas socialement accepté. Harlem demeure la passion de Bennett, cependant, à partir de la fin des années 1930 et durant les années 1940 elle continue à exercer dans les arts visuels. Elle est membre de la Guilde des Artistes de Harlem en 1935. Entre 1939 et 1944 elle dirige le Centre d'Art de la Communauté de Harlem[15]. Durant ce mandat, elle fait également parti du conseil de la Guilde d'Art Dramatique Noir et s'implique dans le développement de l'école Georges Washington Carvver Community School

A partir de 1941 et jusqu'en 1959, soupçonnant Bennett d'être communiste, le FBI enquête sur elle sans trouver de preuves. Cette expérience la fait se retirer d'une exposition publique et elle commence à travailler pour une association de consommateurs, la Consumers Union. Bennett prend sa retraite en 1968 et déménage avec son mari, Crosscup, dans une petite ville de Pennsylvanie, Kutztown. Ils y ouvrent un magasin d'antiquités qu'ils appellent Buttonwood Hollow Antiquites.

En 1980 le mari de Bennett, Richard Crosscup, décède. Gwendolyn B. Bennett succombe à des complications cardiovasculaires le 30 mai 1981 à l'hôpital Reading, à Reading en Pennsylvanie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1926 – "Wedding Day", Fire!!
  • 1927 – "Tokens", Ebony & Topaz

Non-fiction[modifier | modifier le code]

  • 1926–28 — "The Ebony Flute" (rubrique), Opportunity
  • 1924 — "The Future of the Negro in Art", Howard University Record (décembre)
  • 1925 — "Negros: Inherent Craftsmen", Howard University Record (février)
  • 1928 — "The American Negro Paints", Southern Workman (janvier)
  • 1934 — "I go to Camp", Opportunity (août)
  • 1934 — "Never the Twain Must Meet", Opportunity (mars)
  • 1935 — "Rounding the Century: Story of the Colored Orphan Asylum & Association for the Benefit of Colored Children in New York City", Crisis (juin)
  • 1937 — "The Harlem Artists Guild", Art Front (mai)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 1923 — "Heritage", Opportunity (décembre)
  • 1923 — "Nocturne", Crisis (novembre)
  • 1924 — "To Usward", Crisis (mai) and Opportunity (mai)
  • 1924 — "Wind", Opportunity (novembre)
  • 1925 — "On a Birthday", Opportunity (septembre)
  • 1925 — "Pugation", Opportunity (février)
  • 1926 — "Song", Palms (octobre)
  • 1926 — "Street Lamps in Early Spring", Opportunity (mai)
  • 1926 — "Lines Written At the Grave of Alexandre Dumas", Opportunity (juillet)
  • 1926 — "Moon Tonight", Gypsy (octobre)
  • 1926 — "Hatred", Opportunity (juin)
  • 1926 — "Dear Things", Palms (octobre)
  • 1926 — "Dirge", Palms (octobre)

Son travail est présent dans de nombreuses anthologies dont ; 

  • Countee Cullen's Caroling Dusk (1924)
  • Alain Locke's The New Negro (1925)
  • William Braithwaite's Yearbook of American Poetry (1927)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Gwendolyn Bennett's Life and Career », sur www.english.illinois.edu (consulté le 24 mai 2018)
  2. Sandra Y. Govan, "Gwendolyn Bennett's Life and Career", Modern American Poetry.
  3. (en) "Gwendolyn Bennett", DC Writers.
  4. (en) Theresa Leininger Miller, « Gwendolyn Bennett », sur American National Biography, (consulté le 10 mai 2018)
  5. (en) « Bennett, Gwendolyn (1902-1981) | The Black Past: Remembered and Reclaimed », sur www.blackpast.org (consulté le 10 mai 2018)
  6. (en) Sandra Govan, « Gwendolyn Bennett's Life and Career », sur Modern American Poetry (consulté le 30 mai 2017)
  7. (en) Emmanuel Sampath Nelson, African American Authors, 1745-1945: Bio-bibliographical Critical Sourcebook, Westport Connecticut, Greenwood Press, , 19 p. (ISBN 0313309108)
  8. (en) Maureen Honey, Aphrodite's Daughters: Three Modernist Poets of the Harlem Renaissance, New Brunswick, New Jersey, Rutgers University Press, , 242 p.
  9. (en) « Gwendolyn Bennett - The Black Renaissance in Washington, DC », sur 029c28c.netsolhost.com (consulté le 25 mai 2018)
  10. The Concise Oxford Companion to African American Literature, 198 Madison Ave, New York, New York, Oxford University Press, Inc, , 33 p. (ISBN 019513883X)
  11. (en) « Analysis of Gwendolyn B. Bennett’s poetry », The Harlem Renaissance,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Theresa Haas, « Gwendolyn Bennett »,
  13. (en) Sandra Govan, « Gwendolyn Bennett's Life and Career »
  14. (en) « Gwendolyn Bennett », sur Biography (consulté le 10 mai 2018)
  15. (en) Sandra Y. Govan, « Gwendolyn Bennett's Life and Career », sur Modern American Poetry,

Pour aller plus loin (en anglais)[modifier | modifier le code]

  • Cullen, Countee, ed. Caroling Dusk: An Anthology of Verse by Negro Poets. New York: Harper, 1927.
  • Chaney, Michael A. "Traveling Harlem's Europe: Vagabondage from Slave Narratives to Gwendolyn Bennett's 'Wedding Day' and Claude McKay's Banjo." Journal of Narrative Theory, 32:1 (2002): 52–76.
  • Johnson, Charles S., ed. Ebony and Topaz: A Collectanea. New York: Opportunity, National Urban League, 1927. 140–150.
  • Govan, Sandra Y. "A Blend of Voices: Composite Narrative Strategies in Biographical Reconstruction." In Dolan Hubbard, ed., Recovered Writers/Recovered Texts. Knoxville, TN: University of Tennessee Press. 1997. 90–104.
  • Govan, Sandra Y. "After the Renaissance: Gwendolyn Bennett and the WPA years." MAWA-Review 3:2 (December 1988): 27–31.
  • Govan, Sandra Y. "Kindred Spirits and Sympathetic Souls: Langston Hughes and Gwendolyn Bennett in the Renaissance." In Trotman, C. James, ed. Langston Hughes: The Man, His Art and His Continuing Influence. New York, NY: Garland Press, 1995. 75–85.
  • "Gwendolyn, Bennetta Bennett". Encyclopedia of African-American Culture and History. New York: Simon and Schuster, 1996.
  • Hine, Darlene Clark, ed. Black Women in America. New York: Carlson Press, 1993.
  • Hoffman, Lenore. "The Diaries of Gwendolyn Bennett." Women Studies Quarterly 17.3–4 9[1989]:66.
  • Jones, Gwendolyn S. "Gwendolyn Bennett ([1902]–[1981])." In Nelson, Emmanuel S., ed., African American Authors, [1745]-[1945]: A BioBibliographical Critical Sourcebook. Westport, Connecticut: Greenwood Press, 2000. 18–23.
  • Shockley, Ann Allen, Afro-American Women Writers 1746–1933: An Anthology and Critical Guide, New Haven, Connecticut: Meridian Books, 1989. (ISBN 0-452-00981-2).

Liens externes[modifier | modifier le code]