Maya Angelou

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Maya Angelou
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Maya Angelou en 2013.
Nom de naissance Marguerite Annie Johnson
Naissance
Saint-Louis
Décès (à 86 ans)
Winston-Salem
Activité principale
poétesse, actrice, productrice de cinéma et de télévision, réalisatrice, professeure, scénariste, écrivaine et dramaturge, essayiste, autrice-compositrice
Distinctions
National Women's Hall of Fame, Langston Hughes Medal, Grammy Award du meilleur livre audio, médaille Spingarn, Grammy Award du meilleur livre audio, Grammy Award du meilleur livre audio, NAACP Image Award for Outstanding Literary Work, Nonfiction, Marian Anderson Award, NAACP Image Award for Outstanding Literary Work, Nonfiction, médaille présidentielle de la Liberté, Literarian Award for Outstanding Service to the American Literary Community, prix Candace, Horatio Alger Award, Arkansas Black Hall of Fame, Paul Robeson Award, Crystal Award, National Medal of Arts, docteur honoris causa de l'université de Caroline du Sud, honorary citizen of Baltimore
Auteur

Œuvres principales

Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, On the Pulse of Morning, And Still I Rise

Maya Angelou, née Marguerite Johnson le à Saint-Louis (Missouri) et morte le (à 86 ans) dans sa maison de Winston-Salem (Caroline du Nord), est une écrivaine, poète, actrice et militante américaine. Figure importante du mouvement américain pour les droits civiques, elle est devenue une figure emblématique de la vie artistique et politique aux États-Unis. Elle a publié sept autobiographies, trois essais, plusieurs recueils de poésies, et a joué dans diverses pièces de théâtre, dans des films et des émissions de télévision sur une période couvrant plus de cinquante ans. Elle a ainsi reçu une douzaine de prix prestigieux, et plus de cinquante diplômes honorifiques. Maya Angelou est surtout connue pour sa série de sept autobiographies mettant l'accent sur son enfance et ses expériences en tant que jeune femme de couleur. Le premier, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage (1969) raconte sa vie jusqu’à l’âge de 17 ans. Ce dernier lui a apporté le succès et la renommée internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maya Angelou[1],[2],[3] est née à Saint-Louis[4] dans le Missouri[5] et, encore bébé, elle part avec ses parents et son frère aîné en Californie[6]. Mais comme de nombreuses familles noires ayant émigré au Nord ou à l'Ouest, les parents font face à la pauvreté et ne peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants. Ils sont envoyés chez leur grand-mère paternelle à Stamps dans l'Arkansas, un État du Sud où sévit la ségrégation. Elle grandit et fréquente l'école primaire de Stamps[7] où son père, Bailey Johnson, vient leur rendre visite de temps en temps. À l'âge de 7 ans, elle retourne, en compagnie de son frère, à Saint-Louis chez sa mère, Vivian Baxter. Elle est victime de viol par le compagnon de celle-ci, lequel est assassiné quelques jours plus tard par l'oncle de cette dernière. Après le procès, elle cesse de parler et elle est renvoyée à Stamps chez sa grand-mère. Grâce à l'aide de Mrs. Bertha Flowers, une femme d'affaires noire, qui lui fait découvrir la littérature, elle retrouve peu à peu confiance en elle et ainsi l'usage de la parole. Elle retourne plus tard en Californie et, comme elle est bonne élève, sa mère l'inscrit dans une école privée. Elle est la première noire à la fréquenter[4],[8].

Avant ses 20 ans, Maya Angelou a travaillé comme cuisinière, danseuse et chanteuse[9] en Californie et a élevé seule son fils Guy. À 20 ans, elle part s'installer à New York, dans le quartier d'Harlem. Maya Angelou fait partie des premiers membres de la Harlem Writers Guild (en) fondée par le romancier John Oliver Killens, le Dr John Henrik Clarke, Willard Moore, Walter Christmas et Rosa Guy[10].

Maya Angelou récitant son poème On the Pulse of Morning lors de l'Inauguration Day de Bill Clinton en 1993.

Bien qu'ils ne soient pas officiellement mariés, Maya Angelou suit le Sud-Africain Vusumzi Make, compagnon de lutte de Nelson Mandela, jusqu'en Égypte[11]. Après la fin de cette union, elle s'installe au Ghana avec son fils Guy[12] où elle côtoie Malcom X[4]. Elle rentre aux États-Unis en 1965 pour travailler avec lui lorsque celui-ci est assassiné[4]. Elle est ensuite la coordinatrice de la section new-yorkaise de l'organisation de Martin Luther King[12]. Poussée par l'écrivain de Harlem James Baldwin, Maya Angelou va se mettre à écrire après la mort de Martin Luther King, assassiné le jour même où elle fête son quarantième anniversaire, le [4].

Elle a beaucoup voyagé et parle anglais, français[4], espagnol, italien et arabe[réf. nécessaire].

À compter de 1981, elle vit à Winston-Salem en Caroline du Nord où elle tient la chaire d'études américaines à l'université de Wake Forest[4]. Elle possède également une résidence à Harlem, et participe en tant qu'oratrice à la Million Man March de 1995.

Maya Angelou est connue pour ses œuvres autobiographiques I Know Why the Caged Bird Sings (1969) et All God's Children Need Traveling Shoes (1986). Son recueil de poèmes Just Give Me a Cool Drink of Water Fore I Die (1971) a été proposé pour le prix Pulitzer. En 1993, Maya Angelou a lu son poème On the Pulse of Morning à la demande de Bill Clinton lors du discours inaugural de celui-ci. De plus, en 2008[12], comme de nombreux leaders afro-américains historiques, elle a apporté son soutien à Hillary Clinton lors des primaires du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine avant de se ranger au côté de Barack Obama.

Elle a influencé de nombreuses personnalités noires américaines, dont la journaliste Oprah Winfrey, qui fait souvent référence à elle.

Le , Maya Angelou décède des suites d’une longue maladie, après avoir été trouvée inconsciente dans sa maison de Winston-Salem en Caroline du Nord[13], quelques jours après avoir annulé une apparition au Beacon Awards de Houston où elle devait être honorée. Elle avait 86 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses premiers ouvrages traduits en français ont été publiés en 2008 par l'éditeur montréalais Les Allusifs avec Tant que je serai noire () et Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage ().

Influence[modifier | modifier le code]

Quand I Know Why the Caged Bird Sings fut publié en 1969, Angelou a été saluée comme un nouveau genre de mémoriste, l’une des premières femmes afro-américaines à voir discuter publiquement de sa vie personnelle. Selon Hilton Als, les écrivaines noires étaient marginalisées jusqu’à maintenant. Le linguiste John McWorter était d’accord. Il appelait les œuvres d’Angelou comme une écriture « apologétique ». Il l’a placée dans la tradition de la littérature afro-américaine comme une défense de la culture noire, qu’il a appelée « une manifestation littéraire de l’impératif qui régnait dans l’érudition noire de l’époque ».

L’écrivain Julian Mayfield qui a appelé I Know Why the Caged Bird Sings “une oeuvre d’art qui échappe à la description », a soutenu que les autobiographies d’Angelou ont créé un précédent non seulement pour d’autres écrivains noirs mais pour l’autobiographie afro-américaine dans son ensemble.

Littérature[modifier | modifier le code]

Autobiographies[modifier | modifier le code]

Publié en français sous le titre Je sais pourquoi l'oiseau chante en cage, traduit par Philippe Bonnet et Dominique Lemann, Paris, Hachette, 1980 (ISBN 2-01-007341-X)
Publié en français sous le titre Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, traduit par Christiane Besse, Paris, Belfond, 1990 (ISBN 2-7144-2448-1)
  • Gather Together in My Name, 1974.
Publié en français sous le titre Rassemblez-vous en mon nom, inclus dans le volume Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, traduit par Christiane Besse, Paris, Belfond, 1990 (ISBN 2-7144-2448-1) ; réédition, Paris, UGE, coll. « 10/18 » no 2445, 1993 (ISBN 2-264-01807-0) ; réédition, Montréal/Arles, Les Allusifs, 2008 (ISBN 978-2-922868-82-1) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 31533, 2009 (ISBN 978-2-253-12753-6)
  • Singin' and Swingin' and Gettin' Merry Like Christmas, 1976.
  • The Heart of a Woman, 1981.
Publié en français sous le titre Tant que je serai noire, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal/Arles, Les Allusifs, 2008 (ISBN 978-2-922868-75-3) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 31531, 2009) (ISBN 978-2-253-12754-3)
  • All God's Children Need Traveling Shoes, 1986.
Publié en français sous le titre Un billet d'avion pour l'Afrique, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal/Arles, Les Allusifs, 2011 (ISBN 978-2-923682-14-3) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 32629, 2012 (ISBN 978-2-253-16226-1)
  • A Song Flung Up To Heaven, 2002.
  • The Collected Autobiographies of Maya Angelou, 2004.
  • Mom & Me & Mom (2013)
    Publié en français sous le titre Lady B, traduit par Claire Chabalier et Louise Chabalier, Paris, Buchet/Chastel, 2014 (ISBN 978-2-283-02739-4)réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 34264, 2016 (ISBN 978-2-253-09989-5)

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Just Give Me a Cool Drink of Water 'Fore I Diiie, 1971.
  • Oh Pray My Wings are Gonna Fit Me Well, 1975.
  • Still I Rise, 1978.
  • Shaker, Why Don't You Sing, 1983.
  • Now Sheba Sings the Song, 1987.
  • I Shall Not Be Moved, 1990.
  • Life doesn't frighten me, 1991.
    Le poème a été édité en français dans un livre jeunesse bilingue, La vie ne me fait pas peur, illustré par Géraldine Alibeu (Éditions Seghers, )[14]
  • On the Pulse of Morning' , 1993[15].
  • The Complete Collected Poems of Maya Angelou, 1994.
  • Phenomenal Woman: Four Poems for Women, 1995.
  • A Brave and Startling Truth, 1995.
  • From a Black Woman to a Black Man, 1995.
  • Amazing Peace, 2005.
  • Mother, a Cradle to Hold Me, 2006.
  • Celebrations, Rituals of Peace and Prayer, 2006.
  • Poetry for Young People, 2007.
  • We Had Him, 2009 (hommage à Michael Jackson).

Essais[modifier | modifier le code]

  • Lessons in Living, 1993.
  • Wouldn't Take Nothing for My Journey Now, 1993.
  • Even the Stars Look Lonesome, 1997.
  • Hallelujah! The Welcome Table, 2004.
  • Mother: A Cradle to Hold Me, 2006.
  • Letter to My Daughter, 2008.

Livres pour enfants[modifier | modifier le code]

  • Maya Angelou et Étienne Delessert (illustrations), Mrs. Flowers: A Moment of Friendship, 1986 (sélection de I Know Why the Caged Bird Sings).
  • Maya Angelou et Jean-Michel Basquiat (illustrations), Life Doesn't Frighten Me, Sara Jane Boyers, 1993.
  • Maya Angelou, Tom Feelings (illsutrations) et al., Soul Looks Back in Wonder,1993.
  • Maya Angelou et Margaret Courtney-Clarke (photographies), My Painted House, My Friendly Chicken and Me, 1994.
  • Maya Angelou et Margaret Courtney-Clarke (photographies), Kofi and His Magic, 1996.
  • Maya Angelou et Lizzy Rockwell (illustrations), Maya's World, 2004 (séries).

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Cabaret for Freedom avec Godfrey Cambridge, New York, Village Gate Theatre revue
  • 1966 : The Least of These, Los Angeles drame en deux actes
  • 1966 : The Best of These drame
  • 1966 : The Clawing Within drame en deux actes
  • 1967 : Gettin' up Stayed on My Mind
  • 1967 : Adjoa Amissah comédie musicale en deux actes
  • 1974 : Sophocles, Ajax, Los Angeles, Mark Taper Forum drame en deux actes
  • 1976 : And Still I Rise, Oakland (Californie) comédie musicale en un acte
  • 1983 : Theatrical Vignette pièce en un acte
  • 1990 : King, paroles d'Alistair Beaton, livret de Lonne Elder III, musique de Richard Blackford, Londres

Scénarios[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]
Télévision[modifier | modifier le code]
  • 1968: Black, Blues, Black, PBS série de dix épisodes
  • 1975 : Assignment America, PBS série de six épisodes
  • 1976 : The Legacy
  • 1976 : The Inheritors
  • 1979 : I Know Why the Caged Bird Sings
  • 1982 : Sister, Sister
  • 1988 : Trying to Make It Home
  • 1988 : Maya Angelou's America: A Journey of the Heart
  • 1990-1991 : Brewster Place
  • 1996 : Angelou on Burns

Réalisation[modifier | modifier le code]

  • 1974 : All Day Long
  • 1976 : And Still I Rise
  • 1988 : Moon on a Rainbow Shawl
  • 1998 : Down in the Delta[16]

Actrice[modifier | modifier le code]

Films et pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1954-1955 : Porgy and Bess
  • 1957 : Calypso Heat Wave
  • 1960 : Les Nègres (The Blacks)
  • 1960 : Cabaret for Freedom
  • 1964 : Mother Courage
  • 1966 : Medea in Hollywood
  • 1973 : Look Away
  • 1993 : Poetic Justice
  • 1993 : There Are No Children Here
  • 1995 : How to Make an American Quilt
  • 1995 : The Journey of the August King
  • 1996 : Elmo Saves Christmas
  • 1999 : The Amen Corner
  • 2006 : Madea's Family Reunion
  • 2008 : The Black Candle

Émissions de télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Musique de films[modifier | modifier le code]

Albums parlés[modifier | modifier le code]

  • 1969 : The Poetry of Maya Angelou
  • 1975 : An Evening with Maya Angelou
  • 1978 : I Know Why the Caged Bird Sings
  • 1981 : Women in Business
  • 1988 : Making Magic in the World
  • 1993 : On the Pulse of Morning
  • 1993 : Wouldn't Take Nothing for My Journey Now
  • 1995 : Phenomenal Woman
  • 1996 : Been Found
  • 2007 : Celebrations

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1957 : Miss Calypso
Maya Angelou recevant la médaille présidentielle de la Liberté des mains de Barack Obama en 2011.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Maya Angelou | Biography, Books, Poems, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 9 juin 2019)
  2. (en-US) « Maya Angelou | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 9 juin 2019)
  3. (en) Stefanie K. Dunning, « Angelou, Maya », Oxford Research Encyclopedia of Literature,‎ (DOI 10.1093/acrefore/9780190201098.013.625, lire en ligne, consulté le 9 juin 2019)
  4. a b c d e f et g Corine Lesnes, « Maya Angelou, 80 ans d'Amérique », Le Monde, 25 octobre 2008.
  5. (en-US) « Maya Angelou », sur www.u-s-history.com (consulté le 9 juin 2019)
  6. (en) « THE messenger, Dr. Maya Angelou », sur African American Registry (consulté le 9 juin 2019)
  7. Academy of American Poets, « Maya Angelou | Academy of American Poets », sur poets.org (consulté le 9 juin 2019)
  8. Maya Angelou, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Les Allusifs, 2008 (ISBN 978-2-922868-82-1).
  9. (en) Poetry Foundation, « Maya Angelou », sur Poetry Foundation, (consulté le 9 juin 2019)
  10. (en-GB) Margaret Busby, « Rosa Guy obituary », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 11 juin 2020)
  11. Maya Angelou, Tant que je serai noire, Les Allusifs, 2008 (ISBN 978-2-922868-75-3).
  12. a b et c « Maya Angelou, l'icône du combat contre le racisme », La Tribune, , p. 33.
  13. « La poétesse américaine Maya Angelou est morte », Le Monde, .
  14. « Notice bibliographique La vie ne me fait pas peur », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 5 décembre 2018).
  15. Maya Angelou, « On the Pulse of Morning », Electronic Text Center, University of Virginia Library, .
  16. (en) Dana Kennedy, « Holiday Films; A Poet, at 70, ventures into the unknown », The New York Times, .
  17. (en) Martha Waggoner, « Maya Angelou to host show on XM Radio », Fox News, (consulté le 28 septembre 2007).
  18. (en-US) « Angelou, Maya », sur National Women’s Hall of Fame (consulté le 1er novembre 2020)
  19. http://mayaangeloufilm.com.
  20. « IAU Minor Planet Center », sur www.minorplanetcenter.net (consulté le 16 juin 2020)
  21. « Planetary Names: Crater, craters: Angelou on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le 16 juin 2020)
  22. https://www.google.com/doodles/dr-maya-angelous-90th-birthday
  23. https://www.amazon.fr/Conversation-transatlantique-autour-lart-poesie/dp/198511979X/ref=sr_1_1/259-4572994-4021466?s=books&ie=UTF8&qid=1522864367&sr=1-1
  24. Grown up Janet Jackson talks about racism, sensuality and the Jackson family

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]