Mary Louise Smith

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Mary Louise Smith
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Biographie
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Activité

Mary Louise Smith (devenue plus tard Mary Louise Smith Ware ; née en 1937) est une militante afro-américaine pour les droits civiques. Elle est connue pour avoir été arrêtée en octobre 1955, alors qu'elle avait 18 ans, à Montgomery, dans l'état de l'Alabama, pour avoir refusé de céder son siège dans le cadre du système de ségrégation alors en vigueur dans les autobus. Elle est l'une des femmes à avoir été arrêtée pour ce délit au cours de l'année 1955 avant que ce ne soit le cas de Rosa Parks. C'est autour de la figure de Parks que s'organisa le Boycott des bus de Montgomery, qui commença le 5 décembre 1955[1].

Le , Smith fut l'une des cinq femmes nommées parmi les plaignantes du procès civil fédéral Browder v. Gayle, qui remit en cause la constitutionnalité des lois ségrégationnistes de l'état et du réseau d'autobus. Le 13 juin 1956, un comité de trois juges de la Cour fédérale de district (United States District Court) établirent que ces lois étaient anticonstitutionnelles. Ce jugement fut soutenu le 13 novembre par la Cour Suprême des États-Unis qui affirma son caractère historique et qui, en décembre de la même année, refusa de réviser la décision. Le 20 décembre 1956, la Cour Suprême enjoignit à l'Alabama de cesser la ségrégation dans les bus et le Boycott des bus de Montgomery prit fin.

Origines et éducation[modifier | modifier le code]

Mary Louise Smith est née à Montgomery, dans l'état de l'Alabama, dans une famille catholique. Elle-même ainsi que ses frères et sœurs furent tous scolarisés puis diplômés à l'Institut d'éducation Saint Jude. Elle est encore aujourd'hui un membre de l’Église Saint Jude, où elle fut baptisée.

À l'âge de 18 ans, le 21 octobre 1955, alors que Smith rentrait chez elle par le bus municipal de Montgomery, elle reçut l'ordre de céder son siège à un passager blanc qui avait embarqué après elle. Elle refusa de s'exécuter et fut arrêtée. Elle fut inculpée pour refus d'obtempérer aux consignes de ségrégation, quelque 40 jours avant l'arrestation de Rosa Parks pour des motifs similaires. Son père la fit sortir de prison en payant son amende de neuf dollars. L'incident ne fut d'abord connu que dans le cercle familial et le voisinage de Mary Louise Smith.

Plus tard, lors d'un rassemblement de masse destiné à soutenir un boycott planifié des bus, un cousin de Smith parla de son cas avec les organisateurs. L'avocat Fred Gray demanda alors à Smith et à son père de se porter plaignants pour une action juridique collective en faveur des droits civils, pour mettre fin à la ségrégation raciale dans les bus municipaux, ce qu'ils acceptèrent.

Le procès Browder v. Gayle[modifier | modifier le code]

Le , Fred Gray et d'autres avocats ouvrirent un procès civil, Browder v. Gayle, à la Cour fédérale de district, pour attaquer la constitutionnalité des lois de ségrégation de l'état d'Alabama et du réseau de bus. Smith était l'une des cinq plaignantes, parmi lesquelles se trouvaient également Aurelia Browder, Claudette Colvin, Susie McDonald et Jeanette Reese. (Reese abandonna l'affaire ce même mois de février pour cause d'intimidations)[2]. Les femmes témoignèrent devant un comité de trois juges, et le 13 juin 1956, la cour jugea que les lois étaient anticonstitutionnelles, se basant sur le principe d'égalité devant la loi garanti par le Quatorzième Amendement de la Constitution des États-Unis.

La ville de Montgomery et l'état de l'Alabama firent appel, amenant l'affaire devant la Cour Suprême des États-Unis. Le 13 novembre 1956, cette dernière confirma le jugement précédent. Le 17 décembre, elle refusa la demande de révision de jugement fait par la ville et l'état, et le 20 décembre, elle exigea de l'Alabama qu'il cesse la ségrégation dans les bus. Le Boycott des bus de Montgomery s'acheva avec cette victoire.

L'après-procès[modifier | modifier le code]

Smith épousa un certain M. Ware, avec qui elle eut quatre enfants, et dont elle est aujourd'hui divorcée. Smith Ware continua d'œuvrer pour les droits civils au-delà du boycott et du procès. Elle travailla par exemple au service de la campagne pour le droit de vote, qui aboutit au Voting Right Acts de 1965, et participa à la Marche sur Washington en 1963. Le fils de sa sœur Annie se porta plaignant dans le procès demandant la déségrégation de la Y.M.C.A.

Smith est active auprès de ses 12 petits-enfants et arrière-petits-enfants. Elle apprécie la lecture et est active dans plusieurs églises et clubs de citoyens senior.

En 1995, un journaliste déclara à Smith que des leaders noirs avaient parlé de son cas comme d'un test pour l'organisation d'un boycott des bus, mais qu'ils ne l'avaient pas choisie car son père était décrit comme alcoolique[3], et qu'ils ne voulaient laisser de place à aucun motif de critique envers les participants. Smith répondit que ce n'était pas vrai, et qu'elle était davantage dérangée par la rumeur en elle-même que par le fait que sa propre participation soit négligée. Étant donnée l'attention nationale qu'a attirée le Boycott des bus de Montgomery, Rosa Parks est la femme la plus souvent associée à l'événement.

À la mort de Rosa Parks en octobre 2005, Smith Ware, qui avait alors 68 ans, assista au serive funéraire à Montgomery. "Je devais lui rendre hommage", déclara Ware, "elle était notre modèle"[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Randall Williams et Ben Beard, This Day in Civil Rights History, NewSouth Books, (ISBN 9781588352415, lire en ligne)
  2. (en) « Veterans of the Civil Rights Movement -- Montgomery Bus Boycott Biographic Sketches », sur www.crmvet.org (consulté le 21 octobre 2016)
  3. (en) Brooks Barnes, « No Longer a Civil Rights Footnote: Claudette Colvin », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  4. (en) « Other heroes of bus boycott », tribunedigital-chicagotribune,‎ (lire en ligne)