Sonia Sanchez (poète)

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Sonia Sanchez
Description de cette image, également commentée ci-après
Sonia Sanchez, 2013
Alias
« The Magic City », « Pittsburgh of the South », « The Ham »
Naissance (86 ans)
Birmingham, Alabama
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Formation
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais

Œuvres principales

Morning Haiku (2010); Shake Loose My Skin: New and Selected Poems (1999); Does your house have lions? (1995); Homegirls & Handgrenades (1984); I’ve Been a Woman: New and Selected Poems (1978); A Blues Book for Blue Black Magical Women (1973); Love Poems (1973); We a BaddDDD People (1970); Homecoming (1969)

Sonia Sanchez, née Wilsonia Benita Driver le à Birmingham dans l'État de l'Alabama aux États-Unis, est une poète afro-américaine[1]. Elle est souvent associée au mouvement artistique afroaméricain des années 1960 et 1970, Black Arts Movement. Sanchez est l'auteure d'une douzaine de recueils de poésie, de nouvelles, d'essais critiques, de pièces de théâtre et de livres pour enfants. Elle a reçu d'innombrables distinctions. En 1993, elle obtient une récompense dans la catégorie des arts du centre Pew Fellowships. En 2001, elle remporte la médaille Robert Frost qui représente l'un des prix littéraires les plus prestigieux des États-Unis. L'œuvre de Sanchez a inspiré d'autres poétesses afro-américaines, comme Krista Franklin, notamment.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sanchez est née à Birmingham (Alabama), le [2]. Sa mère est morte lorsque Sanchez n'avait encore que deux ans. Pendant ses premières années, elle a été ballotée entre plusieurs domiciles de son entourage, dont celui de sa grand-mère jusqu'à ce qu'elle meurt. Sanchez avait alors six ans[3]. Puis, en 1943, elle a rejoint son père, sa sœur et sa belle-mère à Harlem. En 1955, Sanchez a reçu un diplôme en Sciences Politiques au Hunter College, où elle a également suivit plusieurs cours d'écriture créative. Puis, elle a passé son doctorat à l'université de New York, où elle a étudié la poésie avec Louise Bogan.

La mort de sa grand-mère l'a particulièrement affectée. À à peine six ans, Sanchez craignant de perdre des êtres chers, développe un important bégaiement ce qui la rend particulièrement introvertie. Cependant, elle commence alors à lire et à porter une attention particulière au langage et à ses sons. À partir du moment où elle rejoint Harlem, elle réussit à vaincre son bégaiement. Très douée à l'école, elle trouve peu à peu son style littéraire favori qui privilégie une voix poétique en se concentrant principalement sur les sons. En effet, elle lit sa poésie à haute voix, ce qui lui permet d'élargir la gamme sonore de ses phrases et la lecture dynamique de ses écrits. Elle se décrit à présent comme un "bégaiement ordonné"[3].

Sonia Sanchez conserve le nom de famille d'Albert Sanchez, avec lequel elle s'est mariée en premières noces. De son second époux, Etheridge Knight, naissent trois enfants: une fille, Anita, et des jumeaux: Moran Neuse et Mingu Neuse. Le fait d'être mère a largement influencé les contours de sa poésie dans les années 1970, alors qu'émergeait l'intérêt dirigé aux liens affectifs entre mère et enfant[3]. Sanchez et Knight sont maintenant divorcés. Elle a également trois petits enfants[4],[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Elle a enseigné le CM2 (Fifth grade) à New York à la Downtown Community School jusqu’en 1967. Sanchez a enseigné comme professeure dans huit universités, et elle a donné des conférences dans plus de 500 universités à travers les États-Unis, y compris à l'université Howard. Sanchez a aussi été une leader dans l’effort d’établir la discipline d’études afro-américaines dans l'éducation supérieure. En 1966, alors qu’elle enseignait à l'université de l'état de San Francisco, elle a introduit les études noires (Black Studies) pour la première fois. Sanchez a été la première à créer et à enseigner une classe s’inspirant des femmes afro-américaines. Elle voyait la discipline des études afro-américaines comme à la fois un nouveau programme pour l’étude des noirs, et comme un défi pour combattre les préjugés institutionnalisés des universités américaines. Ces efforts sont clairement alignés aux objectifs du mouvement d'art afro-américain. Sanchez a été Premier président de l’université Temple, où elle a commencé à travailler en 1977. Là-bas, elle a occupé la chaire Laura Carnell jusqu’à sa retraite en 1999. Elle est actuellement une poète qui réside à l'université Temple. Elle a lu sa poésie en Afrique, dans les Caraïbes, en Chine, en Australie, en Europe, au Nicaragua, au Canada et à Cuba.

Activisme[modifier | modifier le code]

Sanchez soutient le National Black United Front (Front national noir uni, NBUF). Sanchez a eu une influence certaine sur le mouvement des droits civiques et le mouvement d’arts afro-américain. Au début des années 1960, Sanchez est devenue membre du CORE (Congrès pour l’égalité des races), où elle a rencontré Malcolm X. Bien qu’elle ait originairement été une intégrationniste, après avoir écouté Malcolm X parler, Sanchez est devenue plus séparatiste, et elle s'est concentrée plus sur son héritage afro-américain et sur son identité[6].

Style et thèmes[modifier | modifier le code]

Sanchez est connue pour son mélange innovant de formats musicaux - par exemple le blues - et des formats poétiques traditionnels comme le haiku et la tanka. Elle a aussi tendance à utiliser une orthographe incorrecte pour célébrer le son unique de l'anglais noir, dont elle attribue le mérite à des poétes comme Langston Hughes et Sterling Brown[7].

Sa première anthologie de poème, Home Coming (1969), est connue pour ses influences blues, tant dans la forme que dans le contenu. Cette anthologie décrit les difficultés à définir l'identité noire aux États-Unis, mais souligne aussi des raisons de célébrer la culture noire[8]. Son deuxième livre, We a BaddDDD People (1970), a renforcé sa contribution à l'esthétique du Black Arts Movement en se concentrant sur la vie de tous les jours des hommes et des femmes noirs. Ces poèmes utilisent la langue vernaculaire noire urbaine, une ponctuation expérimentale, ainsi que l'orthographe, l'espacement, et la qualité performative du jazz.

Tout en continuant à souligner ce qu'elle voit comme le besoin d'un changement révolutionnaire de culture, les derniers travaux de Sanchez, par exemple I’ve Been a Woman (1978), Homegirls and Handgrenades (1984), et "Under a Soprano Sky" (1987), ont tendance à se concentrer moins sur les thèmes séparatistes (comme ceux de Malcome X), et plus sur l'amour, la communauté, et l'émancipation. Elle continue d'explorer les formes du haiku, du tanka, et du sonku, ainsi que les rythmes influencés par le blues. Ses derniers travaux continuent ses expérimentations avec les formes comme l'épopée dans Does Your House Have Lions? (1997) et le haiku dans Morning Haiku (2010)[9].

En plus de sa poésie, la contribution de Sanchez au Black Arts Movement inclut le drame et la prose. Elle a commencé à écrire des pièces de théâtre à San Francisco dans les années 1960. Plusieurs de ses pièces de théâtre défient l'esprit masculiniste du mouvement, et se concentrent sur les femmes protagonistes. Sanchez a été reconnue comme championne novatrice du féminisme noir[10].

Œuvres contemporaines[modifier | modifier le code]

Une de ses travaux les plus récents est un interlude phrasé sur Hope is an Open Window. Il s'agit d'une chanson co-écrite par Diana Ross dans son album Everyday is a New Day. La chanson est mise en vedette dans un film qui rend hommage au 9/11. Le clip est disponible sur Youtube. Elle est l'une des vingt femmes noires-américaines qui font partie de "Freedom Sister", une exposition initiée par le Cincinnati Museum Center at Union Terminal et par le Smithsonian Institution.[[11]]

Sanchez a été nommée première poétesse lauréate de Philadelphie par le maire Michael Nutter. Elle l'est restée pendant deux ans de 2012 à 2014[12]. En 2013, Sanchez a été la tête d’affiche du 17e événement annuel de poésie Poetry Ink, où elle a lu son poème Under a Soprano Sky[13]. BaddDDD Sonia Sanchez, est un documentaire par Barbara Attie, Janet Goldwater, et Sabrina Schmidt Gordon. BaddDDD Sonia Sanchez, est un documentaire par Barbara Attie, Janet Goldwater, et Sabrina Schmidt Gordon. Le documentaire est sur le travail, carrière, l'influence et la vie de Sonia Sanchez. Le documentaire est sorti en 2015[14],[15], quand il a été diffusé au Full Frame Documentary Film Festival[16].Le film est sorti au Royaume-Uni le à Rivington Place[17].

Prix

En 1969, Sanchez a reçu le prix d'écriture P.E.N. Elle a remporté le prix de l'Association nationale de l'éducation (NEA) de 1977-1978. En 1978-1979, elle a gagné le prix de Académie nationale des arts et le prix du National Endowment for the Arts. En 1985, elle a reçu le prix du livre Américain pour son livre Homegirls and Handgrenades. Elle a reçu le prix de Service public du National Black Caucus of State Legislators, le prix Lucretia Mott, le prix du gouverneur pour l'excellence en humanités , et le prix de la paix et liberté de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté. Elle a aussi gagné le prix de Langston Hughes en 1999, le prix Harper Lee en 2004 et en 2006 elle a reçu National Visionary Leadership Award[11]. En 2009, elle a reçu le Robert Creeley Award, du Robert Creeley Foundation[18]. Le , Sanchez a reçu le 16e prix annuel de Dr.Betty Shabazz à l'Arthur Schomburg Center for Research in Black Culture à Harlem[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • Homecoming, Broadside Press, 1969
  • We a Baddddd People (1970), Broadside Press, 1973
  • Love Poems, Third Press, 1973
  • A Blues Book for a Blue Black Magic Woman, Broadside Press, 1974
  • Autumn Blues
  • Continuous Fire: A Collection of Poetry
  • Shake Down Memory: A Collection of Political Essays and Speeches
  • It's a New Day: Poems for Young Brothas and Sistuhs (1971)
  • Homegirls and Handgrenades (1985) (reprint White Pine Press, 2007, (ISBN 978-1-893996-80-9))
  • Under a Soprano Sky, Africa World Press, 1987, (ISBN 978-0-86543-052-5)
  • I've Been a Woman: New and Selected Poems, Third World Press, 1985, (ISBN 978-0-88378-112-8)
  • Wounded in the House of a Friend, Beacon Press, 1995, (ISBN 978-0-8070-6826-7)
  • Does Your House have Lions, Beacon Press, 1997, (ISBN 978-0-8070-6830-4)
  • Like the Singing Coming Off of Drums, Beacon Press, 1998
  • (en) Shake Loose My Skin, Beacon Press, (ISBN 978-0-8070-6853-3, lire en ligne)
  • Ash (2001)
  • Bum Rush the Page: A Def Poetry Jam (2001)
  • (en) Morning Haiku, Beacon Press, (ISBN 978-0-8070-6910-3, lire en ligne)

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

Livres pour enfants[modifier | modifier le code]

  • It's a New Day (1971)
  • A Sound Investment
  • The Adventures of Fat Head, Small Head, and Square Head, The Third Press, 1973, (ISBN 978-0-89388-094-1)

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • We Be Word Sorcerers
  • 360 Degrees of Blackness Coming at Ya!
  • (en) The Best American Poetry, 1999, Scribner, (ISBN 978-0-684-84280-6)
  • (en) The Beacon Best of 2001: Great Writing by Women and Men of All Colors and Cultures, Beacon Press, (ISBN 978-0-8070-6239-5, lire en ligne), « A Poem for My Father »
  • (en) The Oxford Anthology of African-American Poetry, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-512563-4, lire en ligne), « answer to yo / question of am i not yo / woman even if you went on shit again »

Interviews[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Sanchez, Sonia (1934) », sur oxfordindex.oup.com (consulté le 15 juin 2015).
  2. Raquel Rodriguez, Writing African American Women: An Encyclopedia of Literature by and about Women of Color, Westport, Connecticut, Greenwoodcacca Press, , 764–8 p. (ISBN 0-313-33197-9)
  3. a b et c The Norton Anthology of African-American Literature, New York, Norton, , 708–10 p. (ISBN 978-0-393-92370-4)
  4. African American Dramatists: an A-to-Z guide, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-32233-4, lire en ligne)
  5. Impossible to Hold: Women and Culture in the 1960's, NYU Press, (ISBN 978-0-8147-9910-9, lire en ligne)
  6. « Université Howard » (consulté le 7 novembre 2016)
  7. « Library System - Howard University », sur www.howard.edu (consulté le 14 mars 2018)
  8. (en) « We a BaddDDD People - Oxford Reference » (DOI 10.1093/oi/authority.20110803121509417, consulté le 31 mars 2018)
  9. (en) Jennifer Ryan-Bryant, « Sonia Sanchez - American Literature », Oxford Bibliographies -obo,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2018)
  10. Henry Louis Gates et Valerie Smith, The Norton Anthology of African American Literature, W.W. Norton & Company,
  11. a et b (en) « Praise and Awards" »,
  12. (en) Jazmyn Burton, « Philadelphia names Sonia Sanchez first poet laureate », Temple News Center,‎ 28 janvier 2012.
  13. (en) Sulaiman Abdur-Rahman, « "Philadelphia's Poetry Ink brings together diverse voices", », Philly.com,‎
  14. (en) « "BaddDDD Sonia Sanchez", », sur Attie & Goldwater Productions.
  15. (en) « "Poet-activist Sonia Sanchez subject of new documentary" », sur Yahoo! TV,, 7 mars 2016.
  16. (en) Tambay A. Obenson, « "Docs on Sonia Sanchez, Senegal’s 2011 Presidential Elections, Mavis Staples, Althea Gibson Are Full Frame 2015 Selections" », Indywire,‎ 11 mars 2015.
  17. (en) « "Black Atlantic Cinema Club — BADDDDD: SONIA SANCHEZ, », sur Autograph ABP, juin 2016.
  18. (en) « Award – Robert Creeley Award". », sur Robert Creeley Foundation (consulté le 23 mars 2018)
  19. (en) Lisa Pacino, « "The 16th Annual Dr. Betty Shabazz Awards Honoring Poet Sonia Sanchez 2017", », Under The Duvet Productions.,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]