Jessie Redmon Fauset

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Jessie Redmon Fauset
Thereisconfusioncropped.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
PhiladelphieVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Eden Cemetery (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université Cornell
Philadelphia High School for Girls (en)
Université de Pennsylvanie (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Membre de
Mouvement
Œuvres principales
Plum Bun (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jessie Redmon Fauset ( (à 79 ans)) est une afro-américaine qui s'est illustrée comme essayiste, auteure, éditrice et poète pendant la Renaissance de Harlem. Son engagement en tant qu'éditrice littéraire a modelé en partie la littérature afro-américaines des années 1920. Dans son travail littéraire Jessie Redmon Fauset s'est attachée à décrire l'histoire des afro-américaines et à donner de leur vie une image réelle[1]. Ses personnages, fictionnels, étaient spécialistes dans leur domaine, et noirs, ce qui dans la société américaine de l'époque, était non seulement impossible mais inconcevable[2]. Ses histoires s'axent autour de la discrimination raciale et de genre, mettant en scène féminisme et passing.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jessie Redmona Fauset (transformé plus tard en Jessie Redmon Fauset)[3] est née le 27 avril 1882 à Fredericksville (aujourd'hui Lawnside), dans le Comté de Camden dans le New Jersey[4], au Snow Hill Center Township[3]. Elle est le septième enfant de Redmon Fauset, un pasteur épiscopal méthodiste d'ascendance africaine, et de Annie (née Seamon) Fauset. Sa mère meurt alors que Jessie n'est encore qu'une enfant. Redmon Fauset se remarie avec Bella, une juive blanche qui s'est convertie au christianisme et qui a d'un premier mariage trois enfants. Ensemble, le couple a trois enfants supplémentaires. Bien qu'embourbés dans la pauvreté, Redmon Fauset comme Bella encouragent la scolarité de leurs enfants. Cependant Redmon Fauset meurt alors que Jessie est encore jeune, deux de ses trois demi-frères et sœurs les plus jeunes n'ayant pas encore atteint leur 5 ans.

Scolarité[modifier | modifier le code]

Jessie suit les cours de la meilleure école de la ville, la Philadelphia High School for Girls et finit le lycée major de sa promotion. Elle est plus ou moins la première afro-américaine à être diplômée[5]. Suite au lycée, Jessie Fauset souhaite s'inscrire au Bryn Mawr College mais le personnel de celui-ci, pour éviter l'écueil d'admettre une étudiante noire sur leurs bancs, lui trouve une bourse d'études dans une autre université. Elle s'inscrit alors à la Cornell University, située au nord de New York et en sort diplômée en lettres classques en 1905[6]. Entre 1903 et 1904, Fauset vit à Sage College. Souvent considérée comme la première femme afro-américaine admise au sein de la confrérie Phi Beta Kappa [6] (il s'agit en fait de Mary Annette Anderson[7]), elle en reçoit les honneurs[8]. Fauset obtient ensuite, à l'Université de Pennsylvanie, une maîtrise de français. Plus tard, alors enseignante, elle suit, en été, des cours à la Sorbonne, à Paris.

Carrière[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Après l'université, Fauset devient professeure à la Dunbar High School (renommée plus tard M Street High School), le lycée pour élèves noirs de Washigton D.C, qui a alors un système éducatif ségrationniste. Elle y enseigne le français et le latin. Fauset suspend son activité d'enseignante entre 1919 et 1926, quand elle est employée comme conseillère littéraire au magazine The Crisis. En 1926, elle reprend au DeWitt Clinton High School à New York City, où elle a sans doute été la professeure du jeune James Baldwin[9]. Fauset poursuit sa carrière d'enseignante dans les écoles publiques de New York City jusqu'en 1944.

Éditrice littéraire à The crisis[modifier | modifier le code]

En 1912, âgée de 30 ans, elle rejoint The crisis le journal de la NAACP. C'est là qu'elle rencontre W. E. B. Du Bois. Entre 1919 et 1926, Fauset y occupe la place d'éditrice littéraire ce qui lui permet de promouvoir la Renaissance de Harlem au travers des œuvres qui, issues de ce courant, mettent en scène les mouvements sociaux. De part sa position, elle décourage les écrivains noirs à diminuer les qualités de leurs personnages racisés au sein des emplois qu'ils occupent. Au contraire, Fauset les amène à écrire honnêtement et ouvertement à propos des afro-américains afin que la représentation de la communauté afro-américaine dans la littérature existe de manière réaliste et positive, ce qui n'avait encore jamais été le cas[1]. Elle est connue pour avoir découvert et encouragé d'autres auteurs afro-américains, parmi lesquels : Langston Hughes, Jean Toomer, Countee Cullen, et Claude McKay. Par ailleurs, Fauset a été également directrice et auteure pour le magazine pour enfants afro-américains The Brownies' Book[10].

Romancière[modifier | modifier le code]

Entre les 20 et les années 30, Fauset publie quatre romans, explorant la vie de afro-américains de classe moyenne. Plum Bun, publié en 1928 est en cours de traduction en français. The Chinaberry Tree: A Novel of American Life a été publié en 1931.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

En 1929, âgée de 47 ans, Fauset se marie pour la première fois, à Herbert Harris, courtier en assurances. Ils déménagent de New York pour rejoindre Montclair et y mènent une vie paisible[9]. Harris meurt en 1958. Fauset se réinstalle à Philadelphie avec son demi-frère, un des enfants de Bella. Jessie Redmond Fausset meurt le 31 avril 1961 d'une maladie de coeur.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Entre 1924 et 1933, Fauset publie quatre romans : There is Confusion (1924), Plum Bun (1928), The Chinaberry Tree (1931), et Comedy, American Style (1933). Elle estime que le roman de T. S. Stribling, Birthright, écrit par un homme blanc qui prend pour sujet la vie des noirs ne fait pas justice à son propre peuple et que de manière générale, il manque dans la littérature qui lui est contemporaine, des descriptions positives de la vie des afro-américains. Ainsi, Fauset travaille à dresser de manière réaliste le portrait d'afro-américains aussi positivement que possible. Elle écrit sur la classe moyenne qu'elle-même observe de son point de vue de personne cultivée. Parallèllement, elle explore les problèmes d'identité qui peuvent surgir entre afro-américains, notamment ceux que soulèvent la constitution de communautés selon la couleur de la peau, du fait même quebeaucoup d'entre eux ont parmi leurs ancêtres des européens.

La Grande Migration a pour résultat que beaucoup d'afro-américains s'installent dans de villes industrielles. Dans certains cas, les personnes essaient de profiter de changement pour se forger une nouvelle identité. Certains d'entre eux se servent de leurs racines européennes pour se faire du passing, ici se faire passer pour blanc, de manière à bénéficier de manière temporaire de certains avantages, par exemple, être servi plus respectueusement au restaurant, ou encore obtenir un travail. D'autres pénètrent la société blanche presque en permanence pour bénéficier des avantage économiques et sociaux, abandonnnant parfois leurs parents à la peau plus foncée. Si ce problème avait été étudié par d'autre écrivains de la Renaissance de Harlem, Fauset était de carnation claire et visiblement métis. Vashti Crutcher Lewis, dans un essai intitulé L'hégémonie des mulâtres dans les romans de Jessie Redmon Fausset ("Mulatto Hegemony in the Novels of Jessie Redmon Fauset") suggère que Fauset illustre parfaitement la hiérarchie qui s'instaure en fonction des degrés de couleurs de peau, les plus claires obtenant davantage de privilèges.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Johnson, Arthur, Literary Midwife: Jessie Redmon Fauset and the Harlem Renaissance, Atlanta, Clark Atlanta University, (JSTOR 274509), pp. 143–153
  2. (en) Johnson, Arthur, Literary Midwife: Jessie Redmon Fauset and the Harlem Renaissance, Atlanta, Clark Atlanta University, (JSTOR 274509), p149
  3. a et b (en) Bigelow, Barbara C., Contemporary Black biography. profiles from the international Black community, vol. Volume 7, Detroit, Mich.: Gale Research Inc., (ISBN 9781414435350)
  4. (en) « "Fauset, Jessie R. (1882-1961)". The Black Past: Remembered and Reclaimed. », sur blackpast.org (consulté le 3 décembre 2018)
  5. (en) West, Kathryn, Fauset, Jessie Redmon, Encyclopedia of the Harlem Renaissance (dir. Wintz, Cary D., Finkelman, Paul), New York, Routledge,
  6. a et b (en) Sylvander, Carolyn Wedin, Jessie Redmon Fauset, Black American Writer.
  7. (en) Evans, Stephanie Y., Recent Research Rewrites Society’s History With Identity of First Black Woman Member, vol. 70 : The Key Reporter, (lire en ligne), p3
  8. (en) « Early Black Women at Cornell », sur rmc.library.cornell.edu (consulté le 4 décembre 2018)
  9. a et b (en) Zafar, Rafia, Harlem Renaissance: Five Novels of the 1920s., Library of America., , p850
  10. « Jessie Redmon Fauset (1885-1961): A Selected Annotated Bibliography », African American Review, St. Louis University,‎ , p. 147