Campagne de Birmingham

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Dégâts causés par l'explosion d'une bombe au Gaston Motel le 11 mai 1963, qui servait de lieu de résidence pour Martin Luther King, Jr.

La campagne de Birmingham est une manifestation organisée par l'organisation américaine des droits civiques Southern Christian Leadership Conference (SCLC) pour attirer l'attention sur les inégalités de traitement que les Afro-Américains endurent à Birmingham, en Alabama.

La campagne a eu lieu pendant le printemps de l'année 1963, aboutissant à des affrontements entre des jeunes « noirs » et les autorités municipales « blanches », ce qui a finalement permis de faire pression sur le gouvernement municipal pour changer les lois sur la discrimination dans la ville. Les organisateurs, menés par Martin Luther King ont utilisé des tactiques non-violentes d'actions directes pour défier les lois qu'ils jugeaient injustes. Martin Luther King résumera la philosophie de la campagne de Birmingham : « Le propos de […] l'action directe est de créer une situation qui soit un tel paquet de crises qu'elle ouvre inévitablement la porte à des négociations »[1].

Au début des années 1960, Birmingham est l'une des villes les plus racialement divisée aux États-Unis, les citoyens noirs sont confrontés à des disparités économiques et juridiques ainsi qu'une répression violente quand il tentent d'attirer l'attention sur leurs problèmes. Les protestations à Birmingham ont commencé avec un boycott de certaines entreprises afin de faire pression sur leurs dirigeants pour qu'ils offrent des possibilités d'emploi aux personnes de toutes races, et par des revendications de l'arrêt de la ségrégation dans les établissements publics, les restaurants, et les magasins. Lorsque les chefs d'entreprise ont décidé de résister au boycott, Wyatt Tee Walker (leader du SCLC) et Fred Shuttlesworth ont initié puis mis en place ce qu'ils appellent le projet C, une série de sit-in et de marches ayant pour but de provoquer des arrestations massives. La campagne change alors de visage, des volontaires adultes, d'école secondaire, de collège et même d'école primaire sont formés pour participer aux actions par James Bevel coordinateur du SCLC, ce qui entraîne des centaines d'arrestations et une intensification immédiate de l'attention des médias nationaux sur les évènements. Pour dissuader les manifestants et contrôler les protestations du ministère de la police de Birmingham, dirigé par Eugene «Bull» Connor, l'ordre est donné d'utiliser des jets d'eau à haute pression et des chiens policiers sur les manifestants, qu'ils soient enfants ou même parfois simple passant. La couverture médiatique de ces événements met en relief le problème racial et aboutit à un examen minutieux des politiques ségrégationnistes dans les États du sud.

Tous les manifestants n'étaient pas pacifiques, malgré les intentions de la SCLC. Dans certains cas, les personnes présentes ont attaqué la police, qui a répondu avec vigueur. Les scènes de violence qui ont suivi, provoquèrent un tollé international, conduisant à l'intervention fédérale de l'administration Kennedy. Martin Luther King et la SCLC ont été fortement critiqués pour mettre les enfants en danger, malgré ceci à la fin du mouvement, la réputation de Martin Luther King a fait un bond. Connor a perdu son emploi, les lois «Jim Crow» de Birmingham ont été révoqués, et les lieux publics sont devenus plus ouverts aux Noirs.

La campagne de Birmingham fut un modèle de protestation par action directe. En attirant l'attention des médias sur les traitement défavorables des Noirs américains, la question de la ségrégation s'invite au premier plan de la scène national et devient une question prioritaire. Bien que la déségrégation s'est produite lentement à Birmingham, la campagne a été un facteur majeur dans la dynamique nationale vers le Civil Rights Act de 1964, qui interdit la discrimination raciale dans les pratiques d'embauche et les services publics aux États-Unis.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Garrow, (1986) p. 246.