Booker T. Washington

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Washington.
Booker T. Washington
Description de cette image, également commentée ci-après

Booker T. Washington.

Naissance
Hale's Ford, Virginie
Décès (à 59 ans)
Tuskegee, Alabama
Nationalité Américaine
Pays de résidence États-Unis
Signature de Booker T. Washington

Booker Taliaferro Washington ( à Hale's Ford (Virginie) – à Tuskegee (Alabama)) fut enseignant, écrivain et un militant qui défendit les droits des Américains noirs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Washington est né esclave, d'un père blanc et d'une mère noire, dans une ferme du Sud-Ouest de la Virginie. À l'abolition, en 1865, il exerce divers travaux manuels avant de poursuivre des études à l'université de Hampton, en Virginie. Il devient ensuite lui-même enseignant à Hampton. Sur recommandation du président de l'université de Hampton, le général Armstrong, Washington fonde en 1881 la première école normale (chargée de former les enseignants) destinée aux populations noires dans le Sud, l'institut de Tuskegee en Alabama.

Le 18 septembre 1895, Washington prononça le discours qui marquerait le tournant de sa carrière lors de l'inauguration de l'Exposition Internationale des États producteurs de coton à Atlanta, plus connu sous le nom de compromis d'Atlanta. Devant une assemblée composée de personnes blanches et noires, il expose ses convictions quant à l'émancipation de son peuple, trente ans après la fin de l'esclavage. « Nous pouvons, sous toutes les facettes de notre existence sociale, être séparés comme les doigts, mais nous unir en une main pour toute chose essentielle à notre progrès mutuel[1]. » Ces paroles marqueront durablement les esprits. Car dans l'idéologie de Washington sont encore perceptibles des positions de soumission à l'égard des Blancs et une incapacité à sortir brutalement de la ségrégation, ce qui lui attira les foudres d'autres représentants noirs de l'époque. Toutefois, sa volonté de cohésion des deux groupes, sa foi dans une convergence des intérêts des deux « races » (Washington emploie le terme de race pour parler des Noirs et des Blancs), lui ont permis de se faire entendre des plus hautes instances blanches du Sud comme du Nord.

Jusqu'à sa mort en 1915, Washington a fait figure de représentant majeur de la communauté afro-américaine des États-Unis.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1901, il publie Up From Slavery, qui devient rapidement un livre à succès. En octobre il est est le premier Afro-Américain invité, par un président des États-Unis (Theodore Roosevelt), à un dîner officiel la Maison Blanche. Dans le film Ragtime (1981), il est présenté comme « le premier Noir à la Maison Blanche », bien qu'il soit probable que plusieurs personnes Afro-Américaines aient été présentes à la Maison Blanche auparavant, mais pas en tant qu'invité officiel. Il se pourrait, de même, que des diplomates africains ou caribéens aient été officiellement reçus, précédemment, à la Maison Blanche. La visite fait grand bruit, puisque les journaux commentent des réactions outrées et racistes de personnes blanches. Néanmoins la véracité de ces réactions racistes est difficilement vérifiable.

Le 4 novembre 2008, le sénateur John McCain, défait à l'élection présidentielle face au candidat métisse Barack Obama, a fait référence à Booker T. Washington, dans son discours de clôture de la campagne. Comme le veut la tradition américaine, dans un paragraphe, John McCain fait l'éloge de la victoire de son adversaire vainqueur, qui se trouve être le premier président des États-Unis d'Amérique d'origine métissée. Dans cet éloge il met en relief qu'il aura fallu une centaine d'années entre l'invitation officielle à la Maison Blanche de Booker T. Washington et l'élection de Barack Obama.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction J.M. Vazelle. Up from Slavery, ascension d'un esclave émancipé, Les éditeurs libres, 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Booker T. Washington, Up from slavery, ascension d'un esclave émancipé, traduction française de J.M. Vazelle, Paris Les Éditeurs Libres, 2008.
  • (en) Washington, Booker T. The Atlanta Cotton States Exposition Address (Sep, 1895).
  • (en) Washington, Booker T. The Awakening of the Negro, The Atlantic Monthly, 78 (September, 1896).
  • (en) Washington, Booker T. Up from Slavery (1996) (Dover Publications).
  • (en) The Story of My Life and Work: An Autobiography by Booker T. Washington, (1901) (Kessinger Publishing) 2008.

Sur Booker T. Washington[modifier | modifier le code]

  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1900 (1972) the standard biography, vol 1.
  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1901 (1975) (Oxford University Press).
  • (en) Basil Mathews,Booker T. Washington (2007) (Mathews Press).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]