Booker T. Washington

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Booker T. Washington
BookerTWashington-Cheynes.LOC.jpg
Booker T. Washington.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Tuskegee University Campus Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Booker Taliaferro WashingtonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Mère
Jane Ferguson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Beau-parent
Washington Ferguson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
John H. Washington (d)
Amanda Washington (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Fannie Smith Washington (en) (de à )
Olivia Davidson (en) (de à )
Margaret Murray Washington (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Booker T. Washington, Jr. (d)
Portia Washington Pittman (en)
Ernest Davidson Washington (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Statut
Esclave (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Archives conservées par
Bibliothèques de l'Université du Maryland (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Booker T. Washington
signature

Booker Taliaferro Washington, né le dans une petite plantation de tabac, nommée Hale's Ford, dans le comté de Franklin en Virginie, mort le à Tuskegee dans l’Alabama, est enseignant, écrivain américain et un défenseur des droits des Afro-Américains. Il est le co-fondateur et premier président du Tuskegee Institute, devenu la Tuskegee University.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Booker T. Washington[1] est né esclave, d'un père inconnu[2], probablement blanc et d'une mère esclave afro-américaine, dans une ferme du Sud-Ouest de la Virginie[3].

À l'abolition de l'esclavage, en 1865, il exerce divers travaux manuels avant de poursuivre des études à l'université de Hampton, en Virginie. Il devient ensuite lui-même enseignant à Hampton.

Carrière[modifier | modifier le code]

Sur recommandation du président de l'université de Hampton, le général Armstrong[4], Booker T. Washington fonde en 1881 la première école normale chargée de former les enseignants, destinée aux populations noires dans le Sud, l'institut de Tuskegee en Alabama[5]. Ce projet est critiqué par W. E. B. Du Bois, pour qui il est impossible de s’accommoder du système ségrégationniste. D'autre part, Du Bois s'inquiète du soutien financier et médiatique d'homme d'affaires blancs qui voient dans cette école un système permettant de maintenir les Noirs à un rang subalterne et de contrôler cette main d’œuvre.

Le 1895, Booker T. Washington prononce le discours[6] qui marque le tournant de sa carrière lors de l'inauguration de l'Exposition internationale des États producteurs de coton à Atlanta, plus connu sous le nom de « compromis d'Atlanta » . Devant une assemblée composée de personnes blanches et noires, il expose ses convictions sur l'émancipation de son peuple, trente ans après la fin de l'esclavage. Il déclare : « Nous pouvons, sous toutes les facettes de notre existence sociale, être séparés comme les doigts, mais nous unir en une main pour toute chose essentielle à notre progrès mutuel[7]. » Ces paroles marquent durablement les esprits. Pour Booker T. Washington, des positions de soumission à l'égard des Blancs sont perceptibles et cela traduit une incapacité à sortir de la ségrégation, Son discours attire les foudres d'autres représentants noirs de l'époque. Toutefois, sa volonté de cohésion des deux groupes, sa foi dans une convergence des intérêts des deux « races » (Booker T. Washington emploie le terme de race pour parler des Noirs et des Blancs), lui permette de se faire entendre des plus hautes instances blanches du Sud comme du Nord.

En 1901, il publie Up From Slavery, qui devient rapidement un livre à succès. En octobre il est le premier Afro-Américain invité, par un président des États-Unis Theodore Roosevelt[8], à un dîner officiel à la Maison-Blanche. Dans le film Ragtime (1981), il est présenté comme « le premier Noir à la Maison-Blanche », bien qu'il soit probable que plusieurs personnes Afro-Américaines aient été présentes à la Maison Blanche auparavant, mais pas en tant qu'invité officiel. La visite fait grand bruit. Les journaux commentent des réactions outrées et racistes de personnes blanches. Néanmoins la véracité de ces réactions racistes est difficilement vérifiable.

Jusqu'à sa mort en 1915, Booker T. Washington fait figure de représentant majeur de la communauté afro-américaine des États-Unis.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il s'est marié trois fois[9] :

  • 1882 : il épouse Fanny Smith, qui décède en 1884, ils ont une fille
  • 1884 : il épouse Olivia Davidson, ils ont deux fils (Booker T. Washington Jr. et Ernest Davidson Washington).elle décède en 1889
  • 1892 : il épouse Margaret Murray, le couple adopte Laura Murray, une nièce orpheline de Margaret.

Il repose au cimetière du campus de l'université de Tuskegee aux côtés de ses épouses et de ses enfants[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (fr) Booker T. Washington, Up from slavery, ascension d'un esclave émancipé, traduction française de J.M. Vazelle, Paris Les Éditeurs libres, 2008.
  • (en) Washington, Booker T. The Atlanta Cotton States Exposition Address (sep. 1895).
  • (en) Washington, Booker T. The Awakening of the Negro, The Atlantic Monthly, 78 ().
  • (en) Washington, Booker T. Up from Slavery (1996) (Dover Publications).
  • (en) The Story of My Life and Work: An Autobiography by Booker T. Washington, (1901) (Kessinger Publishing) 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1900 (1972) the standard biography, vol 1.
  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1901 (1975) (Oxford University Press).
  • (en) Basil Mathews, Booker T. Washington (2007) (Mathews Press).

Postérité[modifier | modifier le code]

Le , le sénateur John McCain, défait à l'élection présidentielle face au candidat métis Barack Obama, a fait référence à Booker T. Washington, dans son discours de clôture de la campagne. Comme le veut la tradition américaine, dans un paragraphe, John McCain fait l'éloge de la victoire de son adversaire vainqueur, qui se trouve être le premier président des États-Unis d'Amérique d'origine métisse. Dans cet éloge il met en relief qu'il aura fallu une centaine d'années entre l'invitation officielle à la Maison-Blanche de Booker T. Washington et l'élection de Barack Obama.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Booker T. Washington | Biography, Facts, & Accomplishments », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 11 septembre 2019)
  2. (en-US) « Booker Taliaferro Washington | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 11 septembre 2019)
  3. (en-US) « Biography of Booker T. Washington, Early Black Leader and Educator », sur ThoughtCo (consulté le 11 septembre 2019)
  4. (en-US) « Booker T. Washington », sur Biography (consulté le 11 septembre 2019)
  5. (en-US) « Booker T. Washington », sur History (consulté le 11 septembre 2019)
  6. « e-WV | Booker T. Washington », sur www.wvencyclopedia.org (consulté le 11 septembre 2019)
  7. Traduction J.M. Vazelle. Up from Slavery, ascension d'un esclave émancipé, Les Éditeurs libres, 2008.
  8. (en-US) « Washington, Booker T. (1856–1915) », sur www.encyclopediavirginia.org (consulté le 11 septembre 2019)
  9. (en-US) « Booker T. Washington », sur Encyclopedia of Alabama (consulté le 11 septembre 2019)
  10. (en-US) « Booker Taliaferro Washington, Sr », sur Find a Grave (consulté le 11 septembre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]