Nicolas Machiavel

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Nicolas Machiavel
Portrait en buste d'un homme souriant aux cheveux courts

Portrait posthume de Nicolas Machiavel (détail), par Santi di Tito.

Naissance
Décès
(à 58 ans)
Florence, Italie
Sépulture
Principaux intérêts
Idées remarquables
Couple Fortune / Vertu, Conservation du pouvoir
Œuvres principales
Influencé par
A influencé
La majeure partie de la philosophie politique ultérieure
Adjectifs dérivés
machiavélien, puis machiavélique (sens dérivé)
Père
Bernardo di Niccolò Machiavelli (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Totto Machiavelli (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
-Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Niccolò Machiavelli (d) (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Nicolas Machiavel

signature

Nicolas Machiavel (en italien : Niccolò di Bernardo dei Machiavelli ; Niccolò Machiavelli prononcé : [nikkoˈlɔ mmakjaˈvɛlli]) est un penseur humaniste italien de la Renaissance, philosophe, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre, né le à Florence, en Italie et mort le dans cette ville[1].

Machiavel a donné naissance à plusieurs termes en français : « machiavélisme » et ses dérivés, qui font référence à une interprétation politicienne cynique de l’œuvre de Machiavel et « machiavélien » qui fait directement référence aux concepts développés par Machiavel dans son œuvre.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Machiavel naquit les yeux ouverts »

— Quentin Skinner, biographe

Statue de Machiavel, par Lorenzo Bartolini, piazzale des Offices, Florence.

Né à Florence, dans une famille noble, Nicolas Machiavel est le fils de Bernard Machiavel, trésorier pontifical à Rome et docteur en droit, et de Bartolomea de' Nelli.

Ses études terminées, il est une première fois candidat à un poste de l'administration florentine le 19 février 1498 mais n'est pas retenu. Après la condamnation au bûcher de Jérôme Savonarole, il est nommé secrétaire de la deuxième chancellerie et prend officiellement son poste le 19 juin 1498. Il mène à ce titre des missions diplomatiques, en Italie comme à l’étranger, se forgeant une opinion sur les mœurs politiques de son temps. Il rédige des dépêches diplomatiques, réunies sous le titre Les Relations diplomatiques, ainsi que des rapports (Rapport sur les choses de l’Allemagne, Rapport sur les choses de la France).

En 1502, Machiavel est envoyé au camp de César Borgia, duc de Valentinois, alors en Romagne. L'écrivain admire chez lui l'association de l'audace et de la prudence, son habile usage de la cruauté et de la fraude, sa confiance en lui, sa volonté d'éviter les demi-mesures, l'emploi de troupes locales, et l'administration rigoureuse des provinces conquises. Machiavel estimera plus tard que la conduite de César Borgia dans la conquête de provinces, la création d'un nouvel État à partir d'éléments dispersés, et son traitement des faux amis et des alliés douteux, était digne de recommandation et méritait d'être imité scrupuleusement[1]

Les Médicis reviennent au pouvoir à Florence, à la suite de la défaite de Prato en 1512. Machiavel est soupçonné d’avoir participé à la conjuration fomentée par Pietro Paolo Boscoli (it), il est emprisonné, torturé, puis interdit de quitter le territoire florentin pour un an, se retire ensuite dans sa propriété de Sant’Andrea in Percussina, frazione de San Casciano in Val di Pesa. Il commence son Discours sur la première décade de Tite-Live, où, parlant de l’Antiquité, il dresse en fait une critique de la situation politique italienne de son époque.

L’année suivante, Machiavel interrompt la rédaction des Discours pour poursuivre la rédaction, en 1513, de son ouvrage le plus célèbre, Le Prince[2], qui doit être lu en parallèle avec ses Discours sur la première décade de Tite-Live, ouvrage explorant à la lumière de l'exemple de Rome les conditions d'édification en Italie d'une république et la reconstruction d'une Italie unie.

Le Prince, dédié à Laurent II de Médicis, est pour Machiavel une tentative de retrouver une place dans la vie politique de Florence. Dans ce livre, comme il l'écrit dans sa dédicace, il « ose donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent » :

« Il ne faut pas que l’on m’impute à présomption, moi un homme de basse condition, d’oser donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent. Mais comme ceux qui ont à considérer des montagnes se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu’ils veulent considérer une plaine, de même, je pense qu’il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et être du peuple pour bien connaître les princes. »

— Nicolas Machiavel, Dédicace du Prince à Laurent II de Médicis

Machiavel est un homme politique avant tout, qui loin des affaires de son pays se sent complètement inutile. Ouvrage intéressé donc, Le Prince contient, entre les lignes de cet appel à la réunification de l'Italie fait aux Médicis, toutes les théories républicaines qu'il y a dissimulées. Machiavel, théoricien de la ruse, n'en manquait pas : Le Prince, de lecture simple en apparence, est un ouvrage d'une grande densité dans lequel sont inscrites des théories fortes et nouvelles.

Revenu à Florence en 1514, Machiavel écrit une comédie, La Mandragore, en 1518. À la demande du cardinal Jules de Médicis, il rédige L’Histoire de Florence en 1520 (achevée en 1526). C’est une nouvelle disgrâce pour lui à l’avènement de la république, en 1527, où on lui reproche sa compromission avec les Médicis. Il meurt cette même année à Florence.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Pour Machiavel, la politique se caractérise par le mouvement, par le conflit et par des ruptures violentes. Afin de prendre puis de conserver le pouvoir dans un État, le Prince doit faire preuve de virtù, pour s'adapter aux aléas de la fortuna. En effet, la politique est l’art de gérer la cité mais aussi celui de se maintenir au pouvoir dans une situation ouverte à tous les retournements. « Si tu savais changer ton caractère, quand changent les circonstances, ta fortune ne changerait point »[3]. D'où l'importance des notions machiavéliennes de fortuna et de virtù.

Fortuna et Virtù, deux notions indépendantes à l’origine de l’action politique ?[modifier | modifier le code]

La fortuna est une force non humaine, la chance, bonne ou mauvaise, qui intervient dans les affaires humaines. La virtù (terme traduit abusivement par « vertu »), principale qualité du prince, renvoie à une disposition humaine de réaction, ou de non réaction, face à l'événement. S'exerçant dans et à travers la fortuna, la virtù est au cœur de l'art du prince. Les thèmes de la fortuna et de la virtù sont développés dans Le Prince de Nicolas Machiavel (écrit en 1513, publié en 1532).

La fortuna est une nécessité extérieure à laquelle il faut répondre dans l'urgence. Cela illustre la part d'imprévisible avec laquelle les acteurs politiques doivent composer. Aussi l'action politique ne peut être rapportée uniquement à l'imposition d'une volonté, même la plus déterminée ; les intentions ne suffisent pas et la réussite de l'action politique suppose quelque chose de plus que la volonté. La fortuna dicte sa loi à ceux qui abdiquent devant elle et ne lui opposent rien : « Là où défaille la virtù des hommes, la fortuna porte ses coups les plus efficaces ». « Je juge qu'il peut être vrai que la fortuna soit l'arbitre de la moitié de nos actions, mais aussi que l'autre moitié, ou à peu près, elle nous la laisse gouverner ». Dans Les Capitoli, Machiavel utilise une longue prosopopée pour définir la fortuna : « Je suis l’occasion, je ramène devant moi tous mes cheveux flottants et je dévoile sous eux ma gorge et mon visage pour que les hommes ne me reconnaissent pas. Derrière ma tête, pas un cheveu ne flotte, et celui devant lequel je ne serais pas passée se fatiguerait en vain pour me rattraper ».

La virtù définie par la Fortuna[modifier | modifier le code]

La virtù (du latin virtus le courage) est l'autre versant de la pensée de l'action politique de Machiavel. Elle doit avant tout être comprise comme la capacité d'imposer sa volonté à la fortuna. Aussi, la virtù des acteurs politiques ne renvoie pas à leur caractère vertueux mais plutôt à leur vaillance, à la qualité avec laquelle ils abordent la fortuna et essayent de la maîtriser. C'est la souplesse plus que la rigidité que Machiavel entend défendre ; la virtù implique que les acteurs politiques sachent s'adapter aux circonstances. Ainsi Machiavel recommande une conduite pragmatique de l'action politique ; une conduite qui sache adapter l'action politique aux circonstances. L’analogie du fleuve déchaîné et des digues explique que la fortuna « montre surtout son pouvoir là où aucune résistance n’était préparée »[4]. La fortuna sans virtù est à l’image de la nature non maîtrisée (cf. Discours sur la première décade de Tite-Live, III, 12). Le rôle de la virtù est donc de prévoir les catastrophes, de les prévenir.

Le rapport Fortuna/Virtù[modifier | modifier le code]

Machiavel montre que la Virtù est la capacité d’imposer sa loi à la Fortuna. En effet, bien que « ce que les grands fondateurs d’État durent à la fortune, ce fut l’occasion qui leur fournit une matière à laquelle ils purent donner la forme qu’ils jugèrent convenable »[3]. Elle est donc l’occasion de faire preuve de ses talents politiques ; sans elle, l’occasion peut disparaître. La Fortune vole au secours de qui sait ne pas s’illusionner et être habile. Là où la Virtù est à son maximum, la Fortuna n’a qu’un rôle d’appoint. Affrontée grâce à la lucidité, la Fortuna apparaît comme l’aiguillon de la nécessité : ce qui signifie qu’elle montre la nécessité d’agir, et d’analyser les rapports de force en présence. La Virtù est donc effort de lucidité en des circonstances particulières, effort intellectuel à l’œuvre dans le concret de l’histoire. Le concept de « nécessité » indique la place des circonstances incontournables, jamais totalement claires, sauf pour une pensée politique avisée.

Les concepts de Fortuna et Virtù dans la littérature et la philosophie[modifier | modifier le code]

John Greville Agard Pocock, dans The Machiavellian Moment (1970), présente la complexité et la richesse de l’opposition entre la virtù et la fortuna dans Le Prince. Cette opposition est selon lui au cœur du « moment machiavélien » et de l’idée républicaine. Elle gagne d’ailleurs en épaisseur dans les écrits républicains de Machiavel.

Selon Helmuth Plessner (contemporain de Heidegger) la politique se définit de manière très « machiavélienne », comme « l'art de l'instant favorable, de l'occasion propice », ce que les Grecs appelaient le kairos et ce pourquoi Machiavel associait la fortuna à la virtù nécessaire à l'homme politique.

Machiavel et le républicanisme[modifier | modifier le code]

Machiavel et le machiavélisme[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir Machiavélisme.
Son portrait posthume par Santi di Tito, au Palazzo Vecchio de Florence.

Machiavel est aujourd'hui encore présenté comme un homme cynique dépourvu d’idéal, de tout sens moral et d’honnêteté, ce que définit l’adjectif machiavélique. Or, ses écrits montrent un homme politique avant tout soucieux du bien public, qui donne à la République de Florence la force politique qui lui manque à une période où, paradoxalement, elle domine le monde des arts et de l’économie. Cependant il ne nourrit aucune illusion sur les vertus des hommes puisqu'il présuppose que ceux-ci sont par nature mauvais.

L'adjectif « machiavélique » apparaît au cours du XVIe siècle. Si Machiavel n'est pas un défenseur d'une idée du Bien en politique, qu'il juge naïve et incohérente, son but est l'efficacité de la politique du prince, pour le bien du prince et donc de sa nation.

Ainsi, les interprétations les plus courantes à son sujet, sinon les plus pertinentes, se divisent en celles qui en font le héraut du machiavélisme, pour qui la fin justifierait les moyens (par exemple Leo Strauss ou tout le courant de l'anti-machiavélisme), tandis que d'autres en font un représentant du courant du républicanisme, tel que, par exemple, Rousseau, qui écrit « En feignant de donner des leçons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples. Le Prince est le livre des républicains »[5], ou Philip Pettit et Quentin Skinner.

En 1578, Innocent Gentillet publia un essai après le massacre de la Saint-Barthélemy pour réfuter l'œuvre de Machiavel. L'ouvrage est diffusé largement à travers toute l’Europe et contribue aux malentendus durables sur l’œuvre de Machiavel. Comme si la révélation publique des ressorts du pouvoir rendait Machiavel responsable de sa corruption et des moyens employés à le conserver. En révélant ces mécanismes, en recommandant leur usage lorsque la situation l'exige et lorsque la faiblesse de caractère aurait des conséquences pires, Machiavel montre une voie pour en sortir tout en n'évacuant jamais de ses raisonnements sa méfiance vis-à-vis de la nature humaine. C'est la naissance d'un point de vue unique d'un homme de terrain, d'un théoricien de génie, d'un écrivain dont Nietzsche fait l'éloge stylistique[6], et d'une honnêteté pratique et intellectuelle complète. Althusser dit de lui qu'il est pour toutes ces raisons un penseur de l'impossible[7].

Malgré cette réputation entachée par la méconnaissance et l’Église, Machiavel tient une grande place dans la pensée politique. Il est particulièrement apprécié dans son pays natal, notamment à Florence, où le grand-duc Pierre-Léopold-Joseph érige un monument à côté des tombeaux de Galilée ou de Michel-Ange. Il y est inscrit :

« Tanto nomini nullum par elogium

Nicolaus Machiavelli »

« Aucun éloge n'est digne d'un si grand nom »

Publications[modifier | modifier le code]

Discours sur la première décade de Tite-Live[modifier | modifier le code]

La pensée politique de Machiavel apparaît principalement dans les Discours sur la première Décade. Dans la carrière de l'écrivain, Le Prince ne représente que quelques mois, consacrés à l'étude d'un projet illusoire. Seuls les Discours, commencés avant Le Prince puis poursuivis et achevés après lui, expriment la véritable pensée de l'écrivain[8]. Basés sur l'étude des dix premiers livres de l’Histoire romaine de Tite-Live, ces discours constituent une réflexion sur la république. Ils sont publiés à titre posthume en 1531.

Le Prince[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Prince.

« Bréviaire de l'absolutisme[9] », Le Prince est une analyse des méthodes par lesquelles un homme ambitieux peut s'élever au pouvoir[1]. Machiavel décrit le contenu de son œuvre comme un résumé non embelli de sa connaissance de la nature des princes et des « actions des grands hommes », fondée non seulement sur ses lectures, mais également sur ses expériences personnelles. L'ouvrage a connu une grande postérité et a été loué et analysé par de nombreux penseurs.

L'Art de la guerre[modifier | modifier le code]

L'art de la guerre est un dialogue de forme socratique, exposant les vues de Machiavel sur les questions militaires, résumant ses théories sur la supériorité des troupes nationales, l'inefficacité des forteresses, la nécessité de compter sur l'infanterie dans la guerre et l'insignifiance relative de l'artillerie. Il constitue un supplément aux Discours et au Prince. La péroraison contient un noble appel au libérateur italien de ses rêves, et un parallèle avec l'histoire macédonienne. C'est le seul ouvrage historique et politique de Machiavel publié de son vivant[1].

Histoires florentines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Florence (Machiavel).

Le 8 novembre 1520, Machiavel reçoit commande de la part du cardinal Jules de Médicis d'une histoire de Florence. Il consacre six ans à sa composition et la présente au Pape en mai 1525. La lettre dédicace semble toutefois laisser entendre qu'il prévoit d'enrichir le texte[10]. Dans cette lettre, il se présente comme un humble serviteur. Toutefois, tout en étant conscient d'une certaine nécessité de flatter, il revendique la véracité de son histoire et sa dignité[11]}. Le livre retrace l'histoire de Florence de l'origine de la cité à la mort en 1492 de Laurent de Médicis[11]. Pour Machiavel, l'histoire est une étude, une enquête. Comme pour les historiens humanistes, la recherche historique a des motifs pratiques et théoriques. Si dans cette étude il aborde le contexte sous ses aspects intellectuel, culturel, économique et social, c'est pour étudier leurs conséquences politiques[12]. À la différence de deux historiens humanistes (Leonardo Bruni et Poggio Braciolini) qui l'ont précédé dans l'écriture d'une histoire de Florence, il perçoit les divisions et les discordes qui animent la vie politique Florentine comme des signes de grandeur qu'il leur reproche de pas pas avoir su voir[13]. D'une certaine façon, selon lui, ces auteurs surestiment le pouvoir de la morale et sous-estiment l'ambition des hommes et leurs désirs de voir leurs noms se perpétuer[14].

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Oeuvres historiques et politiques
  • Discorso sopra le cose di Pisa (1499)
  • Del modo di trattare i popoli della Valdichiana ribellati (1502)
  • Del modo tenuto dal duca Valentino nell’ammazzare Vitellozzo Vitelli, Oliverotto da Fermo, etc. (1502)
  • Discorso sopra la provisione del danaro (1502)
  • Rapport sur les choses de l'Allemagne (1508-1512)
  • Rapport sur les choses de la France (1510)
  • Discours sur la langue (1514)
  • Discorso sopra il riformare lo stato di Firenze (1520)
  • Sommario delle cose della città di Lucca (1520)
  • La vie de Castruccio Castracani da Lucca (1520)
  • Frammenti storici (1525)
Oeuvres poétiques et théâtrales
  • Les décennales (1506-1509)
  • Andria, comédie traduite de Térence (1513?)
  • La Mandragore (1518)
  • Clizia, comédie en prose (1515?)
  • Belfagor arcidiavolo (1515)
  • L'Âne d'or (1517)

L'influence de Machiavel[modifier | modifier le code]

Influence sur les penseurs et les politiques des 16e siècle et 17e siècle[modifier | modifier le code]

Pour Francis Bacon la science moderne doit être basée davantage sur les expériences et l'expérimentation, sans recourir à des hypothèses métaphysiques. Elle doit viser à un contrôle croissant de la nature. Il considère Machiavel comme un de ses prédécesseurs.

Robert Bireley écrit :[15] « ...il y avait approximativement quinze éditions du Prince et dix-neuf du Discours ainsi que des traductions en français de chacun de ces ouvrages avant qu'ils ne soient mis à l' Index par le pape Paul IV en 1559, une mesure qui stoppa la publication dans les zones d'influence catholique à l'exception de la France. Trois auteurs s'opposèrent principalement à Machiavel avant sa mise à l'Index de 1559, confirmée en 1564 : le cardinal anglais Reginald Pole, l'évêque portugais Jeronymo Osorio, deux hommes qui vécurent de nombreuses années en Italie, ainsi que l'humaniste italien et plus tard évêque Ambrogio Caterino Politi. »

Les idées de Machiavel ont eu un impact profond sur les dirigeants occidentaux, grâce notamment au développement de l'imprimerie. Selon Pole, "Le Prince" était tenu en haute estime par Thomas Cromwell. Avant lui, le livre aurait influencé Henri VIII tant dans ses tactiques, par exemple pendant le Pèlerinage de Grâce, que dans sa décision de se tourner vers le protestantisme[16]. L'empereur Charles Quint possédait également une copie du livre[17]. En France après un accueil initialement mitigé, le nom de Machiavel est associé à Catherine de Medicis et au Massacre de la Saint-Barthélemy. Selon Birely [18], au 16e siècle les catholiques associaient Machiavel aux protestants et les protestants le considéraient comme un Italien, et donc un catholique. En fait, il a influencé à la fois les rois catholiques et protestants[19].

Parmi les premiers ouvrages critiques envers la pensée de Machiavel, un des plus remarquables est celui du huguenot Innocent Gentillet, dont l'ouvrage Discours sur les moyens de bien gouverner publié à Genève en 1576 est souvent appelé Discours contre Machiavel ou Anti Machiavel[20]. Il accuse Machiavel d'être athée et considère son livre Le Prince comme le Coran des courtiers : He accused Machiavelli of being an atheist and accused politicians of his time by saying that his works were the "Koran of the courtiers", that "he is of no reputation in the court of France which hath not Machiavel's writings at the fingers ends"[18]. Gentillet s'interroge aussi sur l'efficacité de stratégies immorales. Sur ce point, il rejoint Machiavel lui-même qui explique que de telles stratégies marchent quand même quelquefois. Ces thèmes reviendront souvent dans les discours politiques du 17e siècle notamment parmi les tenants de la Contre-Réforme : Giovanni Botero, Justus Lipsius, Carlo Scribani, Adam Contzen, Pedro de Ribadeneira, et Diego Saavedra Fajardo[21]. Si ces auteurs critiquent Machiavel, force est de constater que, de bien des manières, ils reprennent ses idées. Ils acceptent la nécessité pour un Prince de se soucier de sa réputation, d'avoir recours à la ruse et à la tromperie, mais comme les modernistes plus tard, ils insistent plus sur la croissance économique que sur les risques liés à des guerres hasardeuses. Ces auteurs préfèrent citer Tacitus comme source de leurs conseils politiques réalistes, une revendication qui fut connue comme du Tacitisme[22]. Le Tacitisme noir qui supportait la loi du prince et le Tacitisme rouge qui supportait la République, un peu dans l'esprit de Machiavel dans les Discours sur Titelive, devinrent de plus en plus importants à cette époque.

L'influence de Machiavel est sensible sur la plupart des penseurs politiques majeurs de la période. Bodin[18] apprécie l'ouvrage de Machiavel Méthode pour une compréhension aisée de l'histoirepubliée en 1566, de même que Harrington et John Milton[23]. Francis Bacon écrit « Nous sommes très redevables à Machiavel et à d'autres auteurs de ce type qui, ouvertement et sans feindre, annoncent et décrivent ce que l'homme fait, et non ce qu'il devrait faire »[24]. Il a aussi influencé Spinoza[25], Rousseau, Hume[26], Edward Gibbon et Adam Smith. Bien qu'il ne soit pas toujours mentionné comme une source d'inspiration en raison des controverses qui entourent son nom, il a aussi marqué les pensées d'autres philosophes majeurs tels que Montaigne[27], Descartes[28], Hobbes, Locke[29] et Montesquieu[30].

John Adams admire la description rationnelle des réalités des choses de l'État et utilise la pensée de Machiavel pour promouvoir un gouvernement mixte.

Influence sur les Pères fondateurs de la République américaine[modifier | modifier le code]

L'insistance mise par Machiavel sur le Républicanisme fait que Machiavel est souvent vu comme étant une source majeure, tant de façon directe qu'indirecte, de la pensée politique des Pères fondateurs des États-Unis[31]. C'est la pensée républicaine de Machiavel qui animait Benjamin Franklin, James Madison et Thomas Jefferson quand ils s'opposaient à Alexander Hamilton, craignant qu'il ne vise à former une nouvelle aristocratie à travers le parti fédéraliste[32]. Hamilton a appris de Machiavel l'importance de la politique étrangère pour la politique intérieure. Toutefois, alors que chez Machiavel l'idée de conflit d'idées à l'intérieur d'une république est valorisée, Hamiton insiste plus sur la notion d'ordre[33][34]. George Washington fut le Père fondateur le moins influencé par Machiavel[35].

John Adams est le père fondateur qui a peut-être le plus étudié et apprécié Machiavel. Il le commente abondamment dans son ouvrage A Defence of the Constitutions of Government of the United States of America[36]. Dans ce travail, John Adams considère Machiavel, Algernon Sidney et Montesquieu comme les défenseurs d'un gouvernement mixte. Pour Adams, Machiavel (restored empirical reason to politics, while his analysis of factions was commendable). De même, Adams approuve le Florentin quand il considère que la nature humaine est immobile et conduite par les passions. Il acquiesçait aussi à l'idée de Machiavel selon laquelle toutes les sociétés étaient soumises à des périodes cycliques de croissance et de déclin. Pour Adams, Machiavel manquait seulement d'une claire compréhension des institutions nécessaires à un bon gouvernement[36].

Machiavel dans les arts et la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • Machiavel, interprété par l'acteur, dramaturge et metteur en scène Jean-Pierre Ronfard, apparaît dans Le Confort et l'Indifférence, documentaire du cinéaste québécois Denys Arcand. Le personnage y est utilisé à maintes reprises pour livrer des extraits du Prince dont le cinéaste se sert de manière analogique, afin d'interpréter les circonstances de la première défaite référendaire sur l'indépendance du Québec en 1980.
  • Machiavel apparaît aussi, bien que nommé ainsi très tardivement, dans la série Da Vinci's Demons. Il est représenté comme le jeune apprenti timide de Léonard de Vinci. Il y est connu comme étant « Nico » et fait office d'aide pour Léonard de Vinci. Il faut attendre que le personnage évolue et s'impose pour qu'il se présente complètement comme Machiavel. Il est incarné par Eros Vlahos.
  • Il est interprété par Thibaut Evrard dans la série Borgia de Tom Fontana. Le personnage de Machiavel est créé dans le but de montrer la relation admirative entre Machiavel et César Borgia.
  • Machiavel est le sujet du deuxième chapitre de Discourse on Fillies par Daedalus Aegle.

Musique[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Machiavelli, Niccolò », Encyclopædia Britannica, Eleventh Edition, 1911. [1]
  2. Christian Bec, Machiavel, Balland, , p. 19
  3. a et b Le Prince 1532, chapitre VI
  4. Le Prince 1532, chapitre XXV
  5. Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, III, 6, en note.
  6. Nietzsche, Par-delà bien et mal, I, §28. Voir aussi Crépuscule des idoles, « Ce que je dois aux Anciens », §2.
  7. Louis Althusser Machiavel et Nous, Stock 1994.
  8. Augustin Renaudet, Machiavel, Paris, 1942, p. 137-138. Source
  9. Renaudet [1942], p. 227.
  10. Banfield et Mansfield JR. 1990, p. xii.
  11. a et b Banfield et Mansfield JR. 1990, p. vii.
  12. Banfield et Mansfield JR. 1990, p. x.
  13. Banfield et Mansfield JR. 1990, p. Xii.
  14. Banfield et Mansfield JR. 1990, p. XIV.
  15. Bireley 1990, p. 14.
  16. Bireley 1990, p. 15.
  17. Haitsma Mulier 1999, p. 248.
  18. a, b et c Bireley 1990, p. 17.
  19. Haitsma Mulier 1999.
  20. . La première édition anglaise A Discourse upon the meanes of wel governing and maintaining in good peace, a Kingdome, or other principalitie, fut traduite par Simon Patericke.
  21. Bireley 1990, p. 18.
  22. Bireley 1990, p. 223–30.
  23. Worden, 1999
  24. Of the Advancement of Learning, « II.21.9 ».
  25. « Spinoza's Political Philosophy », Stanford Encyclopedia of Philosophy (consulté le 19 mars 2011)
  26. Danford "Getting Our Bearings: Machiavelli and Hume" in Rahe, 2006}}.
  27. Schaefer 1990.
  28. Kennington 2004.
  29. Barnes Smith "The Philosophy of Liberty: Locke's Machiavellian Teaching" in Rahe, 2006.
  30. Carrese "The Machiavellian Spirit of Montesquieu's Liberal Republic" in Rahe, 2006
  31. John P. McCormick, Machiavellian democracy (Cambridge University Press, 2011) p. 23
  32. Rahe 2006.
  33. Walling "Was Alexander Hamilton a Machiavellian Statesman?" in Rahe,2006
  34. Harper 2004.
  35. Spalding "The American Prince? George Washington's Anti-Machiavellian moment" in Rahe, 2006.
  36. a et b Thompson 1995.
  37. « Actualités de Machiavel : « Le Prince », nouvelle édition », sur contrepoints.org, (consulté le 20 novembre 2015) : « le jeu vidéo Assassin’s Creed propose aujourd’hui un Machiavel virtuel et cynique dont la mission est de veiller à la préservation du libre-arbitre de l’humanité, noble mission s’il en est. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions en français
  • Œuvres complètes, « Bibliothèque de la Pléiade », introduction par Jean Giono, édition établie par Edmond Barincou, Paris, Gallimard, 1952.
  • Œuvres, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999.
  • Discours sur la première décade de Tite-Live, coll. Champs, traduction de T.Guiraudet, notes d'A.pélissier, préface de Claude Lefort, Flammarion, 1985.
  • Discours sur la première décade de Tite-Live, coll. Bibliothèque de Philosophie, trad. de l'italien par Alessandro Fontana et Xavier Tabet, Gallimard, 2004.
  • Le Prince, suivi de choix de Lettres, Paris, Le Livre de poche classique, 1972.
  • Le Prince, traduction de Christian Bec, commentaires de Marie-Madeleine Fragonard, Bordas, Pocket, Garnier, Paris, 1998.
  • Le Prince, traduction française de J. Gohory, 1571. Traduction française de A.-N. Amelot de la Houssaye, 1683, éditions Ivrea, Paris, 2001.
  • Le Prince, col. « Les Intégrales de Philo », notes et commentaires de Patrick Dupouey, Préface d’Étienne Balibar, Paris, Nathan, 1998.
  • De Principatibus. Le Prince, coll. « Fondements de la politique », traduction de Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, texte italien de G. Inglese, Paris, PUF, 2000.
  • Histoire du diable qui prit femme, trad. et postface par Joël Gayraud, Paris, Mille et une nuits, 1995.
  • Le Prince et autres textes, Gallimard, coll. Folio, 1986.
  • L'Art de la guerre, Paris, Flammarion, GF, 1991.
  • Le Prince, trad. par V. Périès, postface de Joël Gayraud, Paris, Mille et une nuits, 2003.
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  • Mandragola / La Mandragore. Texte critique établi par Pasquale Stoppelli, introduction, traductions et notes de Paul Larivaille. Suivi d'un essai de Nuccio Ordine. Paris, Les Belles Lettres, 2008.
  • La Clizia, traduction et notes de Fanélie Viallon, Paris, éditions Chemins de tr@verse, 2013.
  • Lettres à Francesco Vettori, traduction de Jean-Vincent Périès, préface et notes de Joël Gayraud, Paris, Rivages, 2013.
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Sources de l'article[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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