Château Visconti

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Château Visconti
Castello Visconteo
Pavia castello Visconteo.jpg
Vue de l'extérieur du château Visconti
Présentation
Destination initiale
Résidence principale à la famille Visconti
Style
Architecte
Bernardo da Venezia
Début de construction
1360
Construction
Occupant
Pavia City Museums (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire initial
Propriétaire
Patrimonialité
Bien culturel en Italie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées

Le château Visconti (Castello Visconteo en italien) est un château situé à Pavie, en Italie et une des forteresses les plus importantes d'Italie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château est construit par le seigneur de Milan Galéas II Visconti en 1360, après sa conquête de Pavie. L'architecte crédité est Bernardo da Venezia[1]. Le château sert de résidence principale à la famille Visconti tandis que la capitale politique de l'État reste Milan.

Résidence préférée du duc qui le tient de ses ancêtres maternels, Galeazzo Maria, s'attachant à fonder sa légitimité, loin de Milan qui lui inspire une certaine méfiance, le fait décorer selon le goût aristocratique de scènes de chasse, de chasse et d'autres loisirs de cour. Le château abrite la bibliothèque des Visconti que Galéas II Visconti enrichit tout au long de son règne[2].

Une campagne de décoration s'étend de 1468 à 1471, motivée d'abord par le mariage de Galeazzo Maria avec Bonne de Savoie à l'été 1468. Il conserve et fait restaurer les anciennes fresques datant de l'époque des Visconti et crée un nouveau décor pour accueillir son épouse et ses futurs enfants. Dans un premier temps, le peintre de cour Bonifacio Bembo est chargé en 1469 de visiter le château pièce par pièce pour faire l'état des peintures. Il propose au couple ducal un programme iconographique qui englobe les fresques des Visconti et de nouvelles scènes de la vie de cour[2].

Au nord du château s'étendait un grand parc où s'est déroulée la bataille de Pavie en 1525.

Le piano nobile[modifier | modifier le code]

Le premier étage, le piano nobile, comprend des pièces destinées à l'administration et aux services de la cour, des salles de réception, la bibliothèque et les appartements ducaux.

Salles de réception[modifier | modifier le code]

Un premier groupe de fresques se trouve dans le grand hall ouvert par douze fenêtres sur le jardin et qui donne accès à de nombreuses pièces, sans doute accessibles à un large public. Le peintre y représente d'abord le duc tenant une audience dans la chancellerie. Le duc et la duchesse sont figurés plus loin en pied et à cheval avec Pietro da Birago, membre d'une vieille famille milanaise et fauconnier du duc. Galeazzo Maria tient son faucon au poing et s'apprête à partir à la chasse. Dans une petite antichambre attenante, une troisième fresque lui fait suite qui représente une chasse au daim. Cette pièce mène à une suite de pièces connues sous le nom de salle des léopards et salle des singes qui sont ornées de fresques de l'époque des Visconti. Elles forment avec la salle des roses et la salle des damoiselles, un appartement utilisé par la famille ducale et les visiteurs de marque. Le roi du Danemark est ainsi accueilli dans la salle des léopards lors de son séjour à Pavie en mai 1474[2].

La scène suivante, mentionnée par Bembo, située dans une loggia à l'entrée des appartements privés, doit représenter les pages et le responsable des écuries, Spagnolo, tenant par les rênes les chevaux du duc. Des membres de la cour qui n'ont pas le droit d'entrer sans permission dans les appartements privés, sont figurés dans la loggia suivante. Dans celle qui suit et qui précède la grande salle peinte de scènes de chasse, sont figurés tous les officiers. La grande salle a été détruite lors de la bataille de Pavie en 1527[2].

Appartements privés[modifier | modifier le code]

L'iconographie des pièces des appartements privés évoque leur usage. Seuls quelques courtisans sont admis dans ces appartements. Le duc dîne en privé, ses invités ont leur cuisine et leur salle à manger. Le matin, sa chambre à coucher est remplie des courtisans et des pages qui attendent ses ordres pour la journée. Il y réunit aussi son conseil secret. La chambre blanche, située près de la chapelle, est ornée d'une peinture montrant le duc à son lever, habillé par ses valets de chambre. Seuls quelques privilégiés accèdent à cet important rituel de la vie de cour. La plupart des visiteurs ne sont admis que dans la chambre du Seigneur où il est figuré donnant audience en présence de ses frères et du chancelier Cicco Simonetta. Dans la chambre suivante, il fait peindre son portrait et ceux de ses frères et de ses proches, Filippo Maria, Sforza Maria, Ludovico et des membres de la cour. Dans la chambre de la tour, on découvre le duc attablé devant de la vaisselle d'or[2].

L'appartement de Bonne de Savoie est de l'autre côté de la grande salle. Cette suite n'est pas accessible au public et moins décorée que celle de son époux. Les fresques y dépeignent des scènes de la vie familiale. Un cycle évoque le mariage du duc et de la duchesse depuis le voyage de Bonne de Marseille à Gênes, en passant par le réception à Milan et Pavie jusqu'à sa rencontre avec Galeazzo Maria. Dans une petite salle, la duchesse et des dames de cour sont représentées jouant à la balle et aux tarots, thème pictural fréquent dans les appartements de dames des palais lombards. Une autre fresque montre Bonne attablée avec Octaviano et Elisabetta, les jeunes frère et soeur de son époux, et entourée de secrétaires. Ces peintures ont sans doute été réalisées avant le mariage d'Elisabetta le 16 août 1469 et son départ de la cour de Milan. Dans la chambre de la Tour, une fresque montre le couple ducal avec leur fils nouveau né et sa nourrice. C'était probablement la chambre nuptiale, peinte d'une scène intimiste et réservée à une audience très limitée[2].

La bibliothèque[modifier | modifier le code]

Galeas II Visconti installe sa bibliothèque à l'étage supérieur, dans une des grandes tours. La collection, débutée par les Visconti dès leur arrivée au pouvoir, s'enrichit progressivement par des achats, des dons et des prises de guerre. Elle subit quelques pertes après la mort du dernier Visconti, Filippo Maria, et pendant l'épisode de la République ambrosienne (1447-1450). Elle est ensuite rénovée et enrichie par Francesco Sforza qui la confie au châtelain Bolognino de Attendolo. Seul le duc est habilité à prêter des livres aux membres de la famille ducale, à leurs proches, ou encore aux savants comme l'humaniste de cour Pier Candido Decembrio. À partir de 1469, il exige que les imprimeurs qui souhaitent se placer sous son patronage, déposent à Pavie un exemplaire de chaque édition. Les visiteurs de marque sont invités à admirer la collection comme le marquis de Mantoue Ludovic Gonzague en 1456, le roi de Hongrie Matthias Corvin en 1474, ou encore Laurent de Médicis en 1489. En 1490, Ludovic Sforza demande au châtelain Bartolomé Calvo de procéder à une réorganisation complète de la collection[2].

Les inventaires permettent d'en connaître le contenu. Le plus complet est la consignato librorum de janvier 1426 qui compte 988 manuscrits classiques, des ouvrages de philosophie, d'astronomie, d'histoire, de patristique en latin et de nombreux écrits en français. L'inventaire moins complet de 1459 dénombre des œuvres de poètes et d'humanistes et des ouvrages historiographiques sur les ducs de Milan. Parmi les 824 ouvrages, les manuscrits en latin dominent toujours, suivis par 82 en français, contre 35 en italien. Cette forte présence du français s'explique par les liens entre la cour de Milan et celle de France. Les ouvrages sont surtout des manuscrits luxueusement décorés des armoiries et des devises des ducs Visconti et Sforza. Ils sont dotés de riches reliures. Les imprimés sont moins nombreux. Une grande partie de la collection, au moins 400 manuscrits, est transférée par Louis XII dans son château de Blois après la conquête de Milan[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Notice biographique
  2. a b c d e f g et h Sophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc, Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie, XIIIe-XVIe siècle, Paris, Ellipses, , 551 p. (ISBN 978-2-7298-6345-6)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]