Milo Manara

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Maurillo "Milo" Manara, né le à Luson[1] (dans le Trentin-Haut-Adige en Italie), est un auteur italien de bande dessinée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quatrième d'une famille de six enfants, Milo Manara grandit dans une petite ville italienne proche de la frontière autrichienne. C'est chez le sculpteur espagnol Berrocal qu'il découvre la bande dessinée à travers Barbarella (Jean-Claude Forest) et Jodelle (Guy Peellaert) en 1967. Ses premières planches professionnelles — des récits érotiques — datent de 1968 et elles lui permettent de financer ses études d'architecture à Venise. Il abandonne son métier d'assistant de sculpteur et publie Genius pour les éditions Vanio. Viennent ensuite les aventures de Jolanda, femme pirate.

En 1974, il réalise une adaptation du Décaméron de Boccace. En 1976, Le Singe, son premier récit ambitieux[non neutre], paraît dans Alter-Linus puis dans Charlie Mensuel. À la même période, il dessine plusieurs épisodes de l’Histoire de France en bandes dessinées et de La Découverte du monde en bandes dessinées aux éditions Larousse. En 1978 sort L’Homme des neiges et, la même année, Les Aventures de Giuseppe Bergman dans (À suivre).

En 1983, sa carrière prend une nouvelle direction avec Le Déclic qui fait instantanément de lui un des maîtres de la bande dessinée érotique. En 1987, Hugo Pratt devient son scénariste pour Un été indien, expérience qu'ils rééditent sept ans plus tard avec El Gaucho. Un été indien remporte l'Alfred du meilleur album étranger en 1987[2].

Entre-temps, l’œuvre de Federico Fellini, autre « maître d’aventure » de Manara, a inspiré une autre collaboration avec la mise en image du Voyage à Tulum (1984), qui se poursuit en 1992 avec Le Voyage de G. Mastorna.

Manara continue une production régulière d'histoires érotiques aux éditions Albin Michel[3] mais il participe également à d'autres projets, comme l'illustration de portfolios ou encore la série Borgia avec le scénariste Alejandro Jodorowsky.

En 2016, il est lauréat du grand prix Saint-Michel pour l'ensemble de son œuvre[4] et, en 2019, lors du festival international de la bande dessinée d'Angoulême, une exposition retrace son œuvre[5].

Fin 2019 paraît une monographie sur ses cinquante années de carrière, Sublimer le réel[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Collection « Histoire de France en bandes dessinées », illustrée par Maurillo Manara
    • Sous le sceptre carolingien, Jérusalem ! Jérusalem !, Vive la Nation !, La Chute de l'Aigle, Paris en armes…, éditions Larousse, 1976-1980
  • L’Homme des neiges, Dargaud coll. « Un homme, une aventure », 1979
  • Les Aventures de Giuseppe Bergman, Casterman
    1. HP et Giuseppe Bergman, 1980
    2. Jour de colère, 1983
    3. Rêver, peut-être, 1989
    4. Revoir les étoiles, 1998
    5. L’Odyssée de Giuseppe Bergman, Les Humanoïdes Associés,
  • Quatre Doigts, l’homme de papier, Dargaud, 1982
  • Trompeuse Apparence, Kesselring, 1984
  • Le Déclic, éditions Albin Michel
    1. Le Déclic – Une femme sous influence[7], 1984
    2. Le Déclic 2, 1991
    3. Le Déclic 3, 1994
    4. Le Déclic 4, 2001
  • Le Parfum de l’invisible, Albin Michel, 1986
  • Courts Métrages, Albin Michel, 1988
  • Le Parfum de l’invisible 2, Albin Michel, 1995
  • Candide Caméra, Albin Michel, 1990
  • Miel, toute seule, la nuit, Magic Strip, 1990
  • Nouvelles coquines, J'ai lu, 1990
  • Vénus et Salomé, Himalaya, 1994
  • Rendez-vous fatal, Albin Michel, 1996
  • Gulliveriana[8], Les Humanoïdes Associés, 1996
  • Le Kama Sutra, Albin Michel, 1997[9]
  • Le Piège, Albin Michel, 1998
  • La Bête, Albin Michel, 1999
  • La Métamorphose de Lucius[10], Les Humanoïdes Associés, 1999[11]
  • L'Homme de papier, Albin Michel, 1999
  • Révolution, Albin Michel, 2000
  • Memory, Paquet, 2001
  • Piranèse – La Planète prison, Albin Michel, 2002
  • Le Caravage, Glénat
  1. La Palette et l'Épée, 2015 (ISBN 978-2-7234-8987-4) (notice BnF no FRBNF43491598)
  2. La Grâce, 2018 (ISBN 978-2-7234-9121-1) (notice BnF no FRBNF45548186)
  3. Le Caravage, édition intégrale en noir et blanc, Glénat, 2019 (ISBN 978-2-344-03902-1) (notice BnF no FRBNF45860258)

En collaboration[modifier | modifier le code]

Recueils d'illustrations[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde de Milo Manara, éditions Altaya, 2007, in Manara - Figurines exclusives de collection no 1, p. 2
  2. Mattéo Sallaud, « BD : au festival d’Angoulême, le prix du meilleur album prend du poids chaque année », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  3. Rééditées par Drugstore.
  4. Daniel Couvreur 2016.
  5. La rédaction, « Angoulême 2019 : l’expo Milo Manara », BoDoï,‎ (lire en ligne).
  6. Jean-Laurent Truc, « Manara, 50 ans à si bien sublimer le réel », sur ligneclaire.info, .
  7. L'édition Albin Michel est partiellement censurée, seule l'édition J'ai lu est complète.
  8. D’après Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift.
  9. Nicolas Pothier, « Mana-ra dote », BoDoï, no 4,‎ , p. 50.
  10. D’après L’Âne d’or d’Apulée.
  11. Olivier Maltret, « Asinus asinum... », BoDoï, no 26,‎ , p. 10.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Manara, Del Grifo / Casterman, 1986
  • Eddy Devolder, Milo Manara. Confidences d'un homme-crayon, Vertige Graphic, coll. « Tracés », 1990
  • Milo Manara (interviewé par Olivier Maltret et Frédéric Bosser) (trad. Pierre Frigau), « Manara », DBD, no 2 (cahier n°2),‎ , p. 1-39
  • Vincenzo Mollica, Manara, SEDLI, coll. « Dossiers BD », 1983
  • Manara : Sublimer le réel. Une rétrospective de cinquante ans de carrière, Glénat, , 512 p. (ISBN 9782344039045)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Gilles Ratier, « Les premières BD érotiques de Milo Manara… », sur BD Zoom,
  • Frédéric Potet, « Le Caravage, Pratt, Fellini… les maîtres de Milo Manara », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Aurélia Vertaldi, « Les Belles de Manara à Bruxelles, au sommet de l'érotisme », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Christophe Levent et Milo Manara (int.), « L'érotisme, c'est la vie », Aujourd'hui en France,‎ (lire en ligne)
  • Daniel Couvreur, « "La nudité touche à l’éternité" : Milo Manara, maître de l’érotisme, a reçu le Grand Prix Saint-Michel 2016 », Le Soir,‎
  • Paul Roux, « Bande dessinée : Sexploitation », Le Devoir,‎ .
  • Vincent Bernière, « Milo Manara, L'Âne d'or », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 12-13.
  • Vincent Bernière, « Milo Manara : Candide Camera », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 36-37.
  • Vincent Bernière, « Milo Manara : Le Déclic », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 54-55.
  • Vincent Bernière, « Hugo Pratt et Milo Manara : El Gaucho », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 66-67.
  • Vincent Bernière, « Milo Manara : Kâmasûtra », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 108-109.
  • Vincent Bernière, « Milo Manara : Le Parfum de l'invisible », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 148-149.
  • Vincent Bernière, « Milo Manara : Rendez-vous fatal », dans Les 100 plus belles planches de la BD érotique, Beaux-Arts éditions, (ISBN 979-1020402011), p. 164-165.
  • Milo Manara (int. par Giulio Cesara Cuccolini), « Milo solo », BoDoï, no 47,‎ , p. 35-39.
  • Milo Manara (int.) et Sonia Déchamps, « La BD, seule peinture de notre temps », Casemate, no 132,‎ , p. 4-12.

Liens externes[modifier | modifier le code]