Livron-sur-Drôme

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Livron-sur-Drôme
L'hôtel de ville.
L'hôtel de ville.
Blason de Livron-sur-Drôme
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Valence
Canton Loriol-sur-Drôme
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Drôme
Maire
Mandat
Olivier Bernard
2014-2020
Code postal 26250
Code commune 26165
Démographie
Gentilé Livronnais, Livronnaises
Population
municipale
8 927 hab. (2014)
Densité 226 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 46′ 25″ nord, 4° 50′ 38″ est
Altitude Min. 88 m – Max. 255 m
Superficie 39,52 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.livron-sur-drome.fr/

Livron-sur-Drôme est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armoiries de Livron-sur-Drôme

Les armoiries de Livron-sur-Drôme se blasonnent ainsi :
« D'argent au verrou de sable percé du champ. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Avec près de 10 000 habitants, Livron-sur-Drôme est la 8e commune la plus peuplée du département de la Drôme et la 1128e en France.

Livron se trouve à environ 20 kilomètres au sud de Valence (plus grande ville du département).

Située au confluent de la Drôme et du Rhône, son territoire communal s'étend sur une vaste plaine alluviale de laquelle émerge nettement une série de trois collines calcaires. Le premier village s'est d'abord développé sur le flanc ouest de la colline la plus proche du Rhône pour s'étendre ensuite largement dans la plaine.

L'aire urbaine de Livron-sur-Drôme est centrée sur la ville du même nom. D'après la définition de l'Insee, cette aire urbaine est composée de 4 communes du département de la Drôme. Il s'agit de Livron, Loriol, Saulce et Cliousclat. Ses 15 711 habitants font d'elle la 302e aire urbaine de France.

Le tableau ci-dessous détaille la répartition de la population dans l'aire urbaine (les pourcentages s'entendent en proportion du département) :

Département Communes Communes (%) Superficie (km²) Superficie (%) Population (1999) Population (%)
Drôme 4 1,1 96,26 1,5 15 711 3,6

Voici la liste des communes de l'aire urbaine de Livron-sur-Drôme.

Code INSEE Commune Type Département Superficie
(km²)
Population
(1999)
Densité
(hab./km²)
26097 Cliousclat Pôle urbain Drôme +0009,65 +00 000641, +00066,42
26165 Livron-sur-Drôme Pôle urbain Drôme +0039,52 +0 0007 759, +00196,33
26166 Loriol-sur-Drôme Pôle urbain Drôme +0028,66 +0 0005 698, +00198,81
26337 Saulce-sur-Rhône Pôle urbain Drôme +0018,43 +0 0001 613, +00087,52
Total +0096,26 +00015 711, +00163,21

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Livron-sur-Drôme
La Voulte-sur-Rhône
(Ardèche)
Etoile-sur-Rhône Montoison
Rompon
(Ardèche)
Livron-sur-Drôme Allex
Le Pouzin
(Ardèche)
Loriol-sur-Drôme Grane

Histoire[modifier | modifier le code]

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La ville de Livron se situe à la confluence nord du Rhône et de la Drôme et s’étend dans la plaine. À l’origine, il s’agissait d’un village perché, établi uniquement sur les hauteurs. Les plus anciennes mentions de la localité dans les documents du Moyen Âge la nomment Livron en 1113 et Castrum Liberonis en 1157. Mais il est certain que le premier établissement humain du site est beaucoup plus ancien sans qu'on puisse le dater précisément. Des traces de colonisation romaine prouvent l’existence d’un village au bord de la via Agrippa (voie romaine reliant Arles à Lyon, dont le tracé est proche de l’actuelle RN7) , il y a près de 2 000 ans.

Le nom de Livron vient de « Castrum Liberonis » qui veut dire le domaine d’un homme libre. On appelait castrum, les villages fortifiés. Les premiers châteaux en bois étaient construits sur des hauteurs naturelles ou artificielles que l’on appelle des mottes castrales. Plus tard, ces châteaux sont remplacés par des constructions en pierres pour se protéger des attaques, c’était également là que vivait le seigneur.

Au moyen-âge, le village de Livron est extrêmement fortifié et contrôle la vallée du Rhône et celle de la Drôme. C’est un site stratégique militaire pour se protéger des vagues d’invasions et voir les ennemis arriver de loin. La hauteur et les pièges défensifs permettent de repousser les attaques. Le village fortifié de Livron est une place forte difficile à prendre. L’organisation du Haut-Livron permet de remonter dans le temps en observant certains bâtiments (tour, remparts, ruines, façades, bâtiments anciens : ce sont les vestiges de différentes époques).

Première trace de l’histoire de Livron : son blason. Le blason de la ville est une tour au-dessus d’un verrou. La tour symbolise qu’à l’origine le village est fortifié. Il s’agit d’une place forte à vocation militaire qui permet de contrôler deux vallées. Livron verrouille l’accès à la vallée de la Drôme et celle du Rhône, d’où la présence du verrou.

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Après le règne de Charlemagne (dans les années 800), les rois et empereurs s’entourent d’hommes fidèles pour les aider à protéger leurs territoires. Comme la monnaie est rare à l’époque, on confie à ces hommes un bout de territoire appelait fief contre leur fidélité. C’est du mot « fief » et du lien de fidélité entre suzerain et vassal que l’on a créé le mot féodalité.

Au Moyen Âge, Livron est un village sûr et en hauteur, il est bien protégé des risques d’attaques. Un château en pierres est alors construit au sommet de la colline vers 1100. Ce château est la demeure du seigneur, le châtelain et de sa famille, il abrite également une garnison de soldats. Le château est protégé par des tours et des murailles. Le vieux village s’établit alors contre le château pour que la population puisse s’y réfugier en cas d’attaques. On parle de château féodal dont la tour du diable et quelques remparts sont les vestiges.

Quand le château féodal est construit, les seigneurs locaux se font la guerre entre eux. Longtemps le Rhône est la frontière entre deux royaumes ennemis, Les seigneurs de Livron et La Voulte s’opposent régulièrement. Durant cette époque, les villes sont régulièrement pillées et il faut se protéger des attaques de ses voisins. Au XIVe siècle, les populations sont victimes de la peste, il faut donc éviter les contacts avec les étrangers, de peur des maladies.

La construction d’une deuxième muraille à la limite du vieux village au sommet de la colline protège la population qui augmente vite. Cette muraille suit la crête de la colline, traverse le cimetière, longe la rue derrière le château actuel et retourne jusqu’à la tour du diable (tour de Raspans). Une seule porte d’accès était prévue au nord du village : la Porte Deybelline. Ce vieux village est aujourd’hui une zone entièrement boisée, non accessible.

Dans les années 1400, les habitants élus du village le gèrent en assemblée, c’est l’équivalent aujourd’hui du conseil municipal. La maison consulaire, équivalent de la mairie actuelle, se trouve en contrebas du cimetière jusqu’à la période révolutionnaire. Cette maison consulaire sera utilisée jusqu’en 1780 puis sera transféré à la maison Clayssac (1784-1931) dans la grande rue (rue Jean Boyer) avant d’être transformée en mairie à la révolution.

Avec l’augmentation de la population, le seigneur suzerain accorde à Livron la possibilité de faire des marchés le mardi dès 1423 sur la place du vieux marché. À cette époque, il fallait une autorisation pour organiser les marchés et les foires. Preuve de croissance, une grande église Livronnaise, la collégiale Saint Prix est également construite en 1493, protégée par la deuxième muraille. On peut en voir les ruines au cimetière.

Dans les années 1500, au XVIe siècle, une troisième muraille est construite qui fixe aujourd’hui les limites du vieux Livron, proches de la RN7. Ces murs sont percés de quatre portes, collées à de solides tours pour se défendre : porte de La Barrière au Sud, porte d’Empechy à l’Ouest, porte de La Chanal au Nord et Tronas à l’Est. Ces portes contrôlent les entrées et les sorties du village.

La rue Chenaille se situe au nord du vieux village, proche de la 3e muraille. Il y a de nombreux arceaux entre les maisons de la ruelle. Les maisons des riches bourgeois étaient caractérisées par quatre rangées de génoises au-dessus des toitures. Les maisons étaient étroites. Au rez-de-chaussée, les écuries ou les boutiques des commerçants, à l’étage une cuisine/cambre et un grenier.

La place du Barry, Barry vient de « barrière ou muraille ». Faite en 1840, elle utilise les angles des vieux remparts du bourg Livronnais. La rue des Fauries veut dire la rue pour sortir. Elle relie la sortie ouest (Porte de Chanal) à l’ancien château féodal au sommet de la colline. Livron a alors la réputation d’être une place forte imprenable. Cette réputation va faire la gloire du village pendant les guerres de religion et puis conduire à sa perte.

Les guerres de religion : Livron, village protestant résiste au roi[modifier | modifier le code]

Depuis 1446, le village de Livron est dans le royaume de France, le village est en paix avec son voisin La Voulte. Mais c’est maintenant la liberté religieuse qui menace les 7 à 800 habitants Livronnais. Dans les années 1500, un prêtre allemand du nom de Luther proteste contre le pouvoir du pape et le nom respect de certaines règles de l’Église. Il critique notamment la richesse de l’Église, l’utilisation du latin dans les messes et dans la bible alors que cette langue n’est pas comprise par la plupart des croyants. Il propose également des changements d’organisation de l’Église.

Le pape décide d’excommunier Luther, c’est-à-dire de le faire sortir de la communauté des chrétiens. Cette décision coupe l’Église catholique en deux (on parle de schisme), les partisans de Luther et de Calvin forment une nouvelle religion qui se développe en Europe : le protestantisme. Autres noms des protestants : Huguenots, calvinistes, Luthériens. Les pays du nord de l’Europe deviennent rapidement protestants, les pays du sud restent catholiques. Comme le roi de France est obligatoirement catholique, il souhaite que sa population reste catholique mais le protestantisme se développe en France et même chez certains proches du roi.

Conséquences en France, les guerres de religion : 8 guerres civiles de 1562 à 1598 opposent catholiques et protestants dans des conflits violents et meurtriers jusqu’à l'Édit de Nantes qui autorise chacun à croire comme il le souhaite.

En 1562, au début des guerres de religion, 95 chefs de familles sur 104 sont favorables à la création d’une église protestante. Livron une place forte protestante de la région. On estime alors la population du village à 1 200 habitants. Cette même année, un pasteur arrive à Livron, les protestants prennent la collégiale Saint Prix et en font un temple protestant. Ils la rendent aux catholiques un an plus tard et créent un nouveau temple dans la rue centrale du village (place de l’ancienne église). Les troupes protestantes qui séjournent à Livron vont saccager la collégiale Saint Prix et la brûler en partie en 1568. Elle sera utilisée, même en ruine jusqu’en 1632 par les catholiques qui récupéreront à cette date, le temple protestant pour en faire leur église.

Plusieurs fois, les troupes catholiques du roi de France Henri III assiègent Livron en 1574 et 1575. C’est un lourd échec pour le roi et une victoire pour les Livronnais. La bataille de la prise de Livron rend le village célèbre : il y a 2 sièges en juin-juillet 1574 et en décembre-janvier 1575 qui opposent 400 soldats Livronnais à 8 000 soldats du roi. Ces sièges échouent, pour 300 soldats Livronnais tués, il y a plus de 1 000 soldats du roi. En 1575, un accord de paix est signé. En 1575, pendant les guerres de religion, l’armée royale tenta pendant cinquante jours de prendre la ville, sans succès[1]. Sous Henri IV, Livron était une place-forte concédée aux protestants par l'Édit de Nantes. Contrairement à d’autres régions de France, les protestants Livronnais peuvent croire en leur religion et ont accès à des professions interdites (réservées aux catholiques). La ville est partiellement détruite : les dégâts et le manque de ressources sont couteux pour les Livronnais. Lors de l’Édit de Nantes en 1598, Livron devient l’une des 12 places fortes protestantes du Dauphiné.

Pour éviter d’assiéger sans succès Livron, après la fin des guerres de religions, le cardinal Richelieu et le roi Louis XIII ordonnent la démolition de toutes les murailles de Livron en 1623 et celle du château en 1633. Seule restera la tour de Raspans, surnommée la tour du diable que personne n’osera toucher, de peur que le diable s’en échappe. Légende de la tour du diable : d’après des écrits qui datent de 1211 « Cette tour était habitée par des êtres surhumains qui se réservaient la garde de la forteresse. Lorsqu’on introduisait, le soir, un soldat pour faire le guet, au lever du jour, celui-ci était retrouvé endormi au pied de la tour et cependant les portes étaient closes. Il n’avait rien vu, rien entendu… »

La destruction du château et des murailles fait de Livron un village sans défense et sans protection. L’utilisation comme place forte est terminée. À partir de 1632 vient le temps de la reconquête catholique. Les catholiques récupèrent d’abord le temple pour en faire leur église. La veille église a été agrandi de 1860 à 1865 en établissant des tribunes latérales supportées par des colonnes. Abandonnée en 1935 pour être remplacée par l’église du bas : elle est démolie en 1966. Le portail datant de 1775 a été conservé.

Puis, en 1634, les catholiques très largement minoritaires dans la commune, seront aussi nombreux que les protestants dans les assemblées consulaires (3 de chaque religion, élus tous les ans). En 1666, le conseil n’élit plus que deux consuls par an mais le premier consul est alors obligatoirement catholique. De plus, le curé est présent à chaque séance.

Sous Louis XIV, c’est la fin de tolérance religieuse. Dès 1683, il interdit le protestantisme dans la région et ordonne la démolition des temples. Les protestants qui abjurent ont une prime ou sont exemptés d’impôts. Ceux qui refusent, subissent chez eux, la présence d’un dragon : un soldat qui les maltraite jusqu’à ce qu’ils changent de religion. Face à la persécution, beaucoup de Livronnais émigrent, surtout vers l’Allemagne.

En 1685, le roi interdit à nouveau la religion protestante par l'Édit de Fontainebleau qui rend la religion catholique obligatoire pour tous. En 1785, les registres communaux incomplets comptent 420 abjurations. 2 ans plus tard l’évêque de Valence compte parmi les 1 366 Livronnais, 71 % de « nouveaux convertis ».

Premier développement dans la plaine : industrie de la soie et voie de passage[modifier | modifier le code]

Dans les années 1600, à la fin des guerres de religion, Livron n’a plus de hautes murailles pour se protéger, les Livronnais vont alors commencer à coloniser la plaine grâce aux industries et aux axes de communication.

Au XVIIIe siècle, c’est l’industrie de la soie qui permet à Livron de prospérer. Des filatures, des moulinages, des tissages et l’élevage de ver à soie créent de nombreux emplois. D’imposants bâtiments sont construits dans ce but dans la plaine. Ces usines se servent de la force motrice de l’eau et de l’utilisation d’un réseau de canaux qui sillonnent le secteur. En 1756, les frères Dessoudeys établissent au Brézème, un important moulinage : 4 roues hydrauliques pour 12 moulins, l’entreprise emploie une centaine d’ouvriers. De nombreux moulins se construisent le long des canaux. En 1843, il y a à Livron : 5 moulinages, 3 filatures, 4 taillanderies, 1 scierie à marbre, 1 four à puddler, 2 scieries à bois, 2 tanneries, plusieurs tuileries et briqueteries. Aujourd’hui, ces industries, notamment filature et moulinage utilisant l’eau ont fermé (concurrence soie asiatique, maladie et ouverture du canal de Suez).

Jusqu’en 1767, le fleuve Rhône est le moyen d’acheminer les marchandises du nord vers la mer. Aucun pont durable ne permet de franchir la rivière Drôme, les convois ne peuvent pas toujours passés à gué ou par un bac sur la rivière. Avant la construction du pont, avec l’attente du bac, les voyageurs montaient souvent au village en attendant que le bateau soit prêt. La placette, enseigne du maréchal-ferrant de 1762, entrée de son atelier montre que les rues étaient commerçantes. À cette époque, une grande partie de la population ne savait pas lire, chaque artisan avait sur sa boutique une enseigne spécifique par rapport à son activité.

En 1767, un pont en pierre est construit sous ordre du roi. Il y a un véritable développement du trafic routier et plus d’arrêt dans le village. Jusqu’en 1780, il y a moins de vingt maisons le long de la Grande Route, la présence du pont développe le pied de la colline avec des relais, des commerçants, artisans aubergistes, des maréchaux-ferrants et des charrons qui s’installent le long de la route. Cela fabrique le début de village de ce qu’on appelle « le Bas », le bourg ancien devient « le Haut ».

Le Bas Livron était pendant des siècles un espace agricole et les habitations sont concentrées sur le Haut Livron. La conséquence de la construction du pont se note avec l’évolution de la population dans la plaine. En 1635, seuls 13,8% des Livronnais vivent dans la plaine. En 1801, c’est 32,9 % des 2 265 habitants qui y vivent et en 1841, 44,8 % des 3 730 habitants.

Expansion dans la plaine : Période révolutionnaire et révolution industrielle[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1780, la population Livronnaise est de plus en plus pauvre, les impôts du Tiers état sont très élevés. Les paysans ne peuvent plus acheter de terres et les récoltes sont catastrophiques. Dans ce contexte, la révolution française est bien accueillie. À partir de 1789, les citoyens sont égaux et les membres du tiers-état ne sont plus les seuls à payer des impôts. Il n’y a plus de noble à Livron. Le château, appartenait au dernier châtelain de Livron Jacques Cartier de la Sablière de 1781 à 1789. Il a des parties renaissances et des aménagements successifs sur le reste des anciennes murailles au fil du temps.

Pont sur la Drôme au XIXe siècle, par Alexandre Debelle (1805-1897).

La révolution de février 1848 est favorablement accueillie à Livron, et un arbre de la liberté est planté en célébration de la Deuxième République. Quatre ans plus tard, le régime est devenu réactionnaire, et le préfet Ferlay demande leur arrachage (décret du 8 janvier 1852). La municipalité ne s'exécute pas immédiatement, ce qui lui vaut un rappel le 20 mars[2].

À partir du milieu du XIXe siècle, sans que le "vieux Livron" soit délaissé, le bourg se développe dans la plaine, le long de la "grande route", actuelle Nationale 7, grâce à l’essor de l’industrie, notamment celle de la soie. Après la Seconde Guerre mondiale, le déclin de la soie fut largement compensé par une usine de fabrications pharmaceutiques qui existe toujours.

Au XXe siècle, l’espace agricole s'est accru dans la vaste plaine alluviale qui se trouve entre la rivière Drôme et le Rhône, en gagnant des zones longtemps restées inondables, mais l’édification de digues a permis de canaliser les crues de la rivière et du fleuve. L'agriculture demeure aujourd'hui importante avec des exploitations surtout vouées aux productions fruitières, notamment la pêche.

Le 16 août 1944, le pont enjambant la Drôme fut détruit par la Résistance. Cette action eut un impact important sur le cours des opérations militaires de cette période en perturbant le repli des colonnes allemandes (voir l'article détaillé sur le sabotage du pont de Livron).

Contexte de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale débute en septembre 1939 et oppose entre autres Français et Allemands. Jusqu’en mai 1940, il n’y a pas de combat, c’est la drôle de guerre. En mai-juin 1940, les Allemands passent par la Belgique et font une guerre éclair « blitz krieg ».

Le maréchal Pétain déclare la défaite de la France et signe un armistice avec les Allemands le 17 juin 1940. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle demande aux Français de continuer le combat contre les Allemands en se battant avec ses alliés Anglais ou en résistant en France.

À partir de 1940, la moitié nord de la France et toute la côte Atlantique est occupée par les Allemands. Le reste de la France, la zone dite libre, collabore avec les Allemands. Elle sera finalement occupée à son tour à partir de 1942. C’est en 1944 que la France est libérée à partir deux débarquements : celui de Normandie en juin 1944 et celui de Provence en août où le pont de Livron jouera un rôle important.

Le débarquement en Provence et destruction du pont de Livron[modifier | modifier le code]

Le 15 août 1944, les troupes alliées débarquent sur les côtes de Provence malgré l'opposition de la 19e armée Allemande. À Livron : le 15 août, un résistant FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), chef d’un groupe de résistants, le capitaine Henri Faure reçoit l’ordre de faire sauter le pont de Livron.

Le 16 août, le groupe de résistants se rassemble dans une ferme, située 3 km à l'est, en amont du pont. Le groupe approche du pont en suivant la voie ferrée, cette ligne ne fonctionnant plus à cause des sabotages.

Un groupe de protection est placé au nord du pont. Il est composé de 7 hommes. Ils sont équipés d'un fusil-mitrailleur, de mitraillettes, de grenades. Le reste des hommes franchit le pont. Deux groupes de protection se placent au sud du pont. Le premier, de 5 hommes près d’une ferme à 100 mètres du pont. L'autre, de 6 hommes, près du pont.

Une fois les protections mises en place, les résistants creusent à l'aide de barres à mine deux trous à 6 mètres d'intervalle. Afin d'éviter d'être découverts, ils espacent leurs coups et protègent leur barre par des chiffons. Un arrêt du forage est provoqué par l'arrivée de véhicules allemands qui s'arrêtent au campement. Le travail reprend. Après avoir creusé les trous, des charges explosives sont placées à l’intérieur. Les résistants quittent le pont. Quelques minutes après, les explosifs détruisent l'arche sud du pont sur 27 mètres. Un trou de cette longueur ne pourra pas être réparé par les Allemands.

Le sabotage du pont a évité un bombardement de Livron par les Américains pour le détruire et a sûrement sauvé de nombreuses vies livronnaises. Ces bombardements américains ont fait dans la Drôme 550 civils tués, 713 blessés et 2 355 immeubles détruits. Les plus grosses pertes : 280 morts et 200 blessés le 15 août à Valence où 2 avions américains touchés, lâchent toutes leurs bombes sur la Ville.

Conséquences de la destruction du pont[modifier | modifier le code]

Le 27 août 1944, la Drôme était dans une énorme crue, la traversée à gué était impossible pour les véhicules Allemands. La force du courant a empêché toute traversée de la rivière alors que, jusque-là, la destruction du Pont ralentissait mais n'empêchait pas les colonnes de passer. L’armée allemande ne peut plus remonter vers le nord comme prévu. Les véhicules doivent donc faire un détour par Crest dans une zone non sécurisée par les Allemands.

Les véhicules allemands s’entassent alors dans un énorme embouteillage sur la RN7 et sont bombardés par les Américains, ils ne peuvent ni fuir, ni se protéger : c’est la bataille de Montélimar. C’est la bataille la plus importante engagée par les Américains dans le sud de la France.

Pendant la Bataille de Montélimar les Américains perdent 246 hommes et les résistants FFI drômois 67. Pour les Allemands il y a plus 1 200 morts, 3 000 prisonniers, 1 500 chevaux tués, 2 500 véhicules détruits, l’artillerie de presque deux divisions est démolie et 6 canons lourds sur voie ferrée saisis.

Par la suite, les Américains installent un pont provisoire à Livron-Loriol, ce qui permet de faire remonter massivement des soldats et de libérer la France.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Listes des écoles publiques :

  • École maternelle Paul Éluard
  • École maternelle Frédéric Mistral
  • École élémentaire Alphonse Daudet
  • École élémentaire Marcel Pagnol
  • École primaire des Petits Robins
  • École primaire de Saint Genys

Liste des écoles privées :

  • École primaire Anne Cartier
  • Collège Anne Cartier

Liste des établissements de formation :

  • CFA Batipole
  • CFA Lucien Ravit

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 5 000 et 9 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 29.

À l'issue de l'élection municipale de 2014, le conseil municipal est composé de 8 adjoints et de 20 conseillers municipaux[3].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

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Liste des maires depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Maurice Beraud    
1947 1971 Daniel Bouix    
1971 1983 Lucien Ravit    
1983 1989 Jean Despert    
1989 1989 Claude Bon    
1989 2001 Dominique Querré PS Conseiller général
2001 2008 Daniel Morcel-Paquien PS  
2008 2014 Daniel Jarjat PS  
2014 en cours Olivier Bernard[3] UDI Chef d'entreprise

Sports[modifier | modifier le code]

Livron possède de nombreux clubs sportifs :

En mai 2013, l'équipe première féminine a remporté la coupe de France régionale de handball.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire urbaine de Livron-sur-Drôme.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 8 927 habitants, en diminution de -0,45 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 234 2 289 2 352 2 623 3 275 3 457 3 730 4 034 4 022
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 799 4 039 4 058 4 265 4 386 4 258 4 261 4 070 4 241
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 320 4 324 3 905 3 834 4 099 4 110 4 002 4 285 4 491
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
5 288 5 616 5 674 6 822 7 294 7 759 8 608 8 972 8 927
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Le tissu économique de Livron-sur-Drôme est essentiellement constitué de TPE et de PME. 680 entreprises (tous statuts sociaux confondus) sont recensées en 2009 sur la commune dont 274 entreprises issues du commerce des services et de l'industrie qui emploient 1 300 salariés - dont :

  • 242 sièges sociaux ;
  • 32 établissements secondaires.

(Source aef [1])

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château du Haut-Livron tel que l'on peut le voir depuis la rue.
Le domaine de La Rolière vu depuis la route.
  • Pont du XVIIIe siècle qui enjambe la Drôme. En 1767, un pont en pierres est construit sous ordre du roi. Il y a un véritable développement du trafic routier et plus d’arrêt dans le village. Jusqu’en 1780, il y a moins de vingt maisons le long de la Grande Route, la présence du pont développe le pied de la colline avec des relais, des commerçants, artisans aubergistes, des maréchaux-ferrants et des charrons qui s’installent le long de la route. Cela fabrique le début de village de ce qu’on appelle « le Bas », le bourg ancien devient « le Haut ». Avec le pont en pierres de Livron-Loriol, Livron va se retrouver au cœur d’un carrefour de voies de circulation dans la fin des années 1800. Avant cela, les voyageurs devaient passer à gué ou par un système de bacs qui nécessitaient de longs temps d'attente et se rendaient généralement dans les commerces du vieux village ou devaient faire le tour par le pont sur le village de Crest. Grâce à ce pont, la population augmente et la ville, réorganisée, attire de nouvelles personnes pour y vivre en lien avec l'industrie du tissage, essentiellement venues d’Ardèche. Les commerces du vieux Livron sont peu à peu désertés et la ville débute son implantation dans la plaine avec de nouveaux commerces s'installant proches du pont. Livron est sur la grande route (RN7) reliant Paris à Marseille. Une route longeant la rivière Drôme jusqu’à Allex et Crest est établie, et une autre route jusqu’à l’Ardèche avec la construction des deux ponts de La Voulte en 1891/92. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des résistants font sauter une arche du pont, coupant la retraite des Allemands. Le pont sera renommé : pont du Commando-Henri-Faure en mémoire de cette nuit du 16 au 17 août 1944.
  • Vieux village avec ruelles, belles façades, portes Renaissance.
  • Château du Haut-Livron (propriété privée). Bâti au bord des remparts, il est d'origine Renaissance mais a été remanié au XIXe siècle. La demeure a appartenu au XVIIIe siècle à la famille d'Yze de Rozans qui l'a vendu en 1795 à Jacques Vivant Cartier de la Sablière, dernier châtelain de Livron de 1781 à 1789. Sa fille, Adèle Cartier à épousé en 1804 le comte de Sinard, maire de Livron de 1808 à 1815, et ont habité ensemble le château. On peut admirer de la rue la tour carrée et la tour ronde en poivrière, qui n'ont toutes deux jamais eu de rôle défensif. Le château est inscrit partiellement (les quatre pièces décorées de peintures murales au rez-de-chaussée) aux monuments historiques depuis le 28 décembre 1990.
  • Château de Fontgrand : maison forte du XVIe siècle dont l'appellation de château est due à sa grosse tour ronde.
  • La Givardière : maison forte.
  • Château La Rolière : domaine viticole comportant une maison forte du XVIe siècle.
  • La Tour du Diable, Tour d'angle de l'enceinte fortifiée du haut de la colline détruite en 1623.
  • Restes d'une enceinte urbaine du Haut Livron avec une tour ronde.
  • Ruines de la Collégiale Saint-Prix.
  • Maison consulaire, équivalent de la mairie actuelle, se trouve en contrebas du cimetière jusqu’à la période révolutionnaire. Cette maison consulaire sera utilisée jusqu’en 1780 puis sera transféré à la maison Clayssac.
  • Maison Clayssac, équivalent de la mairie actuelle de 1784 à 1931, se trouve dans la grande rue (rue Jean Boyer), elle est accolée au Beffroi.
  • Ancienne église (place de l'ancienne église au Haut Livron): Après les troubles des guerres de religion. À partir de 1632 vient le temps de la reconquête catholique sur le village très protestant de Livron. Les catholiques récupèrent d’abord le temple pour en faire leur église. La veille église a été agrandi de 1860 à 1865 en établissant des tribunes latérales supportées par des colonnes. Abandonnée en 1935 pour être remplacée par l’église du bas : elle est démolie en 1966. Le portail datant de 1775 a été conservé.
  • Fenêtre à meneaux renaissance au nord de l’ancienne église. Ancienne maison des Odde De Bonniot et des Cartier.
  • La porte cloutée, derrière cette porte renaissance du début du XVIe la demeure d’un ancien châtelain de Livron Odde De Bonniot. La porte est ornée de clous décoratifs. Au Moyen-Âge, les portes cloutées sont des éléments défensifs, en effet, elles résistent plus longtemps à une attaque et gène les éventuels coups de haches. Au-dessus de cette porte, il y a un fronton brisé rajouté par la suite. Porche de la porte, il y a un four à pain en étage qui dépasse dans la rue. Si certaines maisons témoignent de la richesse d’une partie de la population, ce n’est pas le cas de l’ensemble des Livronnais.
  • Télégraphe Chappe / chapelle de la vierge Marie au sommet de la colline: L’apparition du télégraphe aérien change la vitesse de communication des informations. Cet appareil créé par Claude Chappe en 1794 va être utilisé pour couvrir le territoire Français. Des symboles codés sont faits en haut d’une tour et permettent de transmettre un message au début des années 1800. Une ligne télégraphique reliant Paris à Toulon passe par Livron. Un poste de télégraphe « Chappe » y est construit. Cela permet de communiquer dans de brefs délais des nouvelles sur de grandes distances alors que les déplacements se font encore à cheval. Malheureusement, ces messages ne peuvent pas être transmis la nuit ou par mauvais temps et nécessitent beaucoup d’opérateurs (2 tours tous les 15km). En 1855, le télégraphe aérien est abandonné mais d’autres technologies bouleversent le paysage Livronnais. La tour de l’ancien télégraphe sera convertie en une chapelle dédiée à la vierge Marie dès 1946, les Livronnais voulaient remercier la vierge de les avoir protégés durant les combats de la guerre 1939-1945.
  • Le lavoir est un bassin alimenté en eau naturelle qui a pour but de rincer le linge après l'avoir lavé. Il est le plus souvent public, gratuit ou payant selon les communes. Les lavandières s'y rende le plus souvent pour rincer le linge (et non pour le laver). Le passage au lavoir est en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d'eau claire.
  • Bains/douches ou douches municipales, elles constituent un service public d’hygiène des villes pour les personnes qui n’ont pas l'eau courante (eau du robinet). Avant l’eau courante dans les maisons, Il fallait chercher l’eau au puits ou aux fontaines publiques. Les toilettes se trouvaient à l’extérieur des maisons. En ce qui concerne l’hygiène, il fallait faire chauffer beaucoup d’eau pour remplir des baignoires de particuliers, les bains n’étaient pas si fréquents qu’aujourd’hui. Dans la plupart des villes, des établissements publics et payants de bains/douches sont alors proposés aux habitants à la fin des années 1800. Elles se généralisent dans les années 1920-1930, sont modernisées dans les années 1950, et ont tendance à fermer dans les années 1980. Proche de ces bains douches, à l’ombre des arbres de la grande route (RN7) une nouvelle école apparaît dans les années 1930 : groupe scolaire Marcel Pagnol (séparation en plusieurs cours : école de garçons et école de filles).
  • Moulins électriques : Les moulins sont installés à proximité des canaux de Livron. Le courant de l’eau fait tourner les roues du moulin. La roue transforme la force de l’eau en énergie motrice ou électrique. Le développement d’autres moyens de fabriquer l’énergie rendent les moulins peu à peu inutiles.
  • Hospice militaire (usine Haupt Pharma actuelle) : Durant la guerre de 1914,1918, de très nombreux soldats sont tués ou blessés dans les zones de combat. Ce très grand nombre de blessés remplit tous les hôpitaux proches du front. Pour alléger ces hôpitaux, les blessés convalescents ou permanents sont envoyés dans des hôpitaux situés à l’arrière. Les soins des blessés sont généralement confiés à des religieuses. Livron contribue comme d’autres villes de la Drôme à l’accueil de ces hommes.
  • Gare de Livron: Axe de communication moderne : le chemin de fer développe l’attractivité de la ville. Le chemin de fer relie Lyon à Marseille dans les années 1850. C’est une révolution pour le transport des marchandises et des hommes. Les premiers trains fonctionnent grâce à des locomotives à vapeur. On met du charbon dans un four pour chauffer de l’eau qui entraîne des turbines et transforme cette énergie en mouvements. La ligne Lyon-Avignon passe par Livron en 1856, une autre reliant Drôme et Ardèche passe en 1861, enfin Livron relie par le train les villes de la vallée de la Drôme à partir de 1870. La gare de Livron s’adapte à ce tracé et s’établit loin du village dans la plaine. Un quartier, le quartier de la gare va alors se développer. Des bâtiments pour l’accueil des voyageurs sont créés (hôtel, relais). On peut noter l’évolution de la gare avec bâtiments postaux, buffet pour les voyageurs, zone d’attente séparant les différentes classes. L’évolution de l’hôtel des Voyageurs et le développement du quartier de la gare. Des axes de communications relient la gare au village et aux usines pour acheminer hommes et marchandises. Une petite gare, la gare du pont permet la liaison avec la vallée de la Drôme. Ardouin-Dumazet écrit en 1890 : « La ville moderne de Livron, ou ville basse, s’ouvre sur le pont enjambant la Drôme, près d’une halte du chemin de fer de Die. C’est une grande et large rue, bordée de maisons cossues [...]. Sur le rocher à pic est la vieille ville [...] c’est un assez pénible séjour malgré la splendeur du panorama. Aussi les habitants descendent-ils un à un dans la ville basse où sont les moulinages de soie [...], où les canaux dérivés de la Drôme ont fait de la plaine caillouteuse une merveille de fraîcheur et de richesse agricole. Entre la ville et le chemin de fer, les champs sont superbes. La gare principale est assez loin de la ville, mais elle est importante ; là se détachent les lignes de Privas et de Briançon. C’est à ce nœud de voies ferrées que Livron, simple commune, doit d’avoir dépassé en population son chef-lieu de canton, la ville voisine de Loriol ».
  • Gare du pont : Aujourd'hui habitation privée ; à l'origine lorsque le chemin de fer s'établit aux alentours de Livron et que la gare fut construite, elle était très éloignée du village qui se trouvait essentiellement sur les collines, les rares habitations en plaine se trouvaient (en dehors des hameaux) à l'entrée Nord et à l'entrée Sud du village, proche du pont. Une petite gare, la gare du pont permettait de relier les Livronnais et les voyageurs à la gare de Livron, isolée dans la plaine à plusieurs kilomètres du village.
  • La placette, enseigne du maréchal-ferrant de 1762, entrée de son atelier montre que les rues étaient commerçantes. À cette époque, une grande partie de la population ne savait pas lire, chaque artisan avait sur sa boutique un enseigne spécifique par rapport à son activité.
  • Le Brézème : Au XVIIIe siècle, c’est l’industrie de la soie qui permet à Livron de prospérer. Des filatures, des moulinages, des tissages et l’élevage de ver à soie créent de nombreux emplois. D’imposants bâtiments sont construits dans ce but dans la plaine. Ces usines se servent de la force motrice de l’eau et de l’utilisation d’un réseau de canaux qui sillonnent le secteur. En 1756, les frères Dessoudeys établissent au Brézème, un important moulinage : 4 roues hydrauliques pour 12 moulins, l’entreprise emploie une centaine d’ouvriers. De nombreux moulins se construisent le long des canaux. En 1843, il y a à Livron : 5 moulinages, 3 filatures, 4 taillanderies, 1 scierie à marbre, 1 four à puddler, 2 scieries à bois, 2 tanneries, plusieurs tuileries et briqueteries. Aujourd’hui, ces industries, notamment filature et moulinage utilisant l’eau ont fermé (concurrence soie asiatique, maladie et ouverture du canal de Suez).
  • La vie : sculpture monumentale de Jean-Paul RAVIT représentant 3 alpinistes s'entre-aidant pour gravir un obstacle.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles D'Arene, sculpteur et ferronnier d'art.
  • Jean-Paul Ravit, sculpteur.
  • François Pie: soldat né à Livron en 1763, durant la révolution, il est engagé volontaire dans le bataillon des volontaires de la Drôme. Blessé et pensant mourir à la retraite de Quiévrain en 1792, il dit au général Beauharnais « Mon Adjudant, achevez-moi que je ne vois pas la honte de cette journée. Vous le voyez, je meurs à mon poste, à côté de mon fusil, avec le regret de ne plus pouvoir le porter. ». Il survécut et la garde nationale vota pour lui à Paris un Sabre d’Honneur. Blessé mortellement en Hollande en 1798, son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe à Paris.
    • Henri Sibourg, poète Livronnais et ancien maire de Livron. Poème sur les coteaux du Brézème, production de vins réputés, relancée dans les années 2000 (réhabilitation des terrasses délaissées depuis près d’un siècle suite à la mort des vignes par maladies): «  Lou vi dé vâ Lioourou, Amis, voou méui qué tout, ei mi qué vous oou dizou ! Que sias’ en bas, que sias’ en aou, din la plano, din lou coutaou, oubé plézi, m’en grizou ! » « Le vin de Livron, Amis, vaut mieux que tout, c’est moi qui vous le dis ! Que vous soyez en bas, que vous soyez en haut, dans la plaine ou sur le coteau comme ça vous plaît, je m’en grise ! »
    • Anne Cartier, religieuse, sœur du châtelain de Livron, durant la révolution, elle est exécutée avec les sœurs de la charité. Déclarée martyre, elle fut proclamée "bienheureuse".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Bois et Chrystèle Burgard, Fortifications et châteaux dans la Drôme, éditions Créaphis, 192 p, 2004
  • Lucien Delay, Livron sur Drôme - Hier et aujourd'hui, les presses de l'imprimerie du Crestois, 1991.
  • Thierry Chazalon, Dans la tourmente de la débâcle Allemande de l'été 44, collection un témoignage dans l'histoire de la Drôme.
  • Thierry Chazalon, La Drôme en armes Résistances Tome 1: les prémices; collection un témoignage dans l'histoire de la Drôme.
  • Musée de la Résistance en Drôme et de la déportation : http://www.resistance-drome.org/dvd-rom.resistance.drome.vercors.shtml

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 307
  2. F. Monteiller « Enquêtes sur les arbres remarquables de la Drôme », Études drômoises, (no)69, décembre 1986, p. 45.
  3. a et b Livron-sur-Drôme sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 7 mars 2015).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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