Courant lambertiste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pierre Boussel alias « Lambert » (à gauche) lors d'une réunion publique en 1988.

Le courant dit « lambertiste » est un courant trotskiste impulsé par Pierre Boussel, alias Pierre Lambert, représenté par la Quatrième Internationale lambertiste et présent dans plusieurs pays du monde.

L'appellation « lambertiste » est un qualificatif décerné par ses adversaires, et non une dénomination que ce courant utiliserait de manière officielle[1].

La majorité des futurs lambertistes sont exclus du Parti communiste internationaliste (PCI) en 1953 pour leur opposition à la stratégie d'entrisme dans les partis staliniens prônée par la direction de la IVe Internationale alors dirigée par Michel Raptis alias Michel Pablo.

Ils fondent alors l'Organisation communiste internationaliste (OCI).

Les lambertistes sont pour l'indépendance réciproque des partis et des syndicats.

En 1981, ils se réapproprient le sigle de Parti communiste internationaliste (PCI). La même année, ils participent à la création d'un nouveau syndicat étudiant indépendant du Parti communiste français : l'UNEF-ID.

En 1985, les lambertistes fondent le Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT), qui devient en 1991 le Parti des travailleurs (PT) dont ils animent le courant principal, le Courant Communiste Internationaliste (CCI). Pierre Boussel se présente à l'élection présidentielle de 1988 et obtient 0,38 % des voix.

En 2002, le candidat du Parti des travailleurs, Daniel Gluckstein, obtient 0,47 % des suffrages.

Certains dirigeants du Parti socialiste sont d'anciens lambertistes. Parmi eux, Lionel Jospin, les frères David et Daniel Assouline et Jean-Christophe Cambadélis.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 15 février 1940 : Pierre Boussel, alors soldat de deuxième classe, est arrêté avec seize militants se réclamant de la Quatrième internationale. L'inculpation mentionne le chef d'accusation suivant : « infraction au décret du 1er septembre 1939 sur la publication de textes de nature à nuire au moral de l'armée et de la population ». Le rapport de police se termine ainsi « ...se réclame ouvertement du marxisme-léninisme intégral, du défaitisme révolutionnaire et de l'antimilitarisme ». Il est condamné à trois ans de prison, mais s'évade lors de l'invasion allemande.
  • Durant la guerre et sous l'occupation, les trotskistes sont émiettés, désorientés, perdus. Le principal dirigeant du Parti communiste internationaliste (PCI), Henri Molinier alias "Testu" ne « voit de solution que dans les organisations fascistes et staliniennes qui naîtront du triomphe du pacte germano-soviétique ». Henri Molinier préconise jusqu'en 1941 de poursuivre le travail d'entrisme, mais aussi dorénavant dans certains mouvements collaborationnistes. Une petite fraction clandestine pénètre le Rassemblement national populaire de Marcel Déat (Henri Molinier y aurait même pris, selon certaines sources, la parole lors d'un meeting).
  • En 1940-1941 : Lambert, futur dirigeant de l'OCI, s'oppose clairement et nettement à l'orientation de Henri Molinier et milite sur des positions internationalistes. Il est l'auteur notamment, sous pseudonyme, d'articles sur les processus militaires de la guerre en cours.

« Derrière un soldat "nazi" se cache un travailleur allemand ! » explique la thèse de ralliement. Le POI est en effet le seul parti politique qui essaie, durant cette guerre, de favoriser la fraternisation internationaliste contre les nazis et le régime de Vichy. Il paie cette action de la mort par la hache de nombreux militants, tant allemands que français, dont le groupe dit "Widelin" qui publiait le journal en langue allemande "Arbeiter und Soldat"- traduction: "Ouvrier et Soldat". Deux militants trotskistes en Bretagne - Gueguen et Bourhis - sont parmi les otages de Châteaubriant en 1941. D'autres militants sont pris pour le STO, d'autres sont victimes de la fureur de la Gestapo (surtout les militants trotskistes allemands, soldats et marins), d'autres encore meurent en camp de concentration (Source: Quelques enseignements de notre Histoire- Éditions Selio).

  • Janvier 1944 : les groupes trotskistes français s'unifient dans le Parti communiste internationaliste (PCI), section française de la Quatrième Internationale, dont l'organe est La Vérité, pour qui « le fascisme est le fruit naturel du capitalisme, et on ne peut le finir qu'en abattant le capitalisme ». Le PCI se démarque notamment en se prononçant contre l'union sacrée aussi bien extérieure (les Alliés et l'URSS) qu'intérieure (De Gaulle et le PCF). Cette attitude leur vaudra l'inimitié farouche du PCF qui les qualifie d'« hitléro-trotskistes » dans sa presse et ses tracts.

Le PCI est fort actif dans de nombreuses actions populaires et dans les usines, surtout à Paris et sa banlieue, entre fin 1944 et 1947.

  • 1947 : Le militant trotskiste Daniel Renard lance notamment la grève des ouvriers de Renault qui lance le mouvement de Grèves de 1947 en France qui met fin au gouvernement d'union nationale entre gaullistes et PCF.
  • 13-14 juillet 1952 : explosion au grand jour de la crise dite "pabliste" du nom de Michel Pablo. La majorité des militants du Parti communiste internationaliste (PCI), dont Pierre Boussel alias Lambert, Marcel Gibelin, Michèle Mestre etc sont exclus du PCI par la direction de la Quatrième Internationale. Les exclus participent le 23 novembre 1953 à la création du "Comité International de la Quatrième internationale" (CI) avec d'autres partis trotskistes qui veulent garder le "Programme de Transition de la Quatrième Internationale".
  • 1958 : lancement du journal "Informations ouvrières" .
  • 1961 : création par les lambertistes du "Comité de liaison des étudiants révolutionnaires" (CLER)
  • juillet 1970 : annulation par le Conseil d'État de la dissolution de l'OCI, de la FER et du groupe Révoltes; l'OCI reprend son nom d'origine
  • 17 juin 1984 : élections européennes. La "Liste Pour un Parti des Travailleurs" conduite par Marc Gauquelin obtient 0,90 %

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Lequenne, Le trotskysme, une histoire sans fard, Paris, Syllepse, 2005.
  • Jean-Jacques Marie, Le trotskysme et les trotskystes, Paris, A. Colin, 2004.
  • Jacques Roussel, Les Enfants du prophète, histoire du mouvement trotskiste en France, Paris, Spartacus, 1972.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'année 2001 aura connue en France la « percée médiatique » du « lambertisme ». Bien que nous contestions cette appellation, nous pourrions nous en réjouir… s'il s'agissait d'informer honnêtement l'opinion publique sur une organisation, jusque-là ignorée par la presse écrite, orale, et télévisuelle » Daniel Gluckstein et Pierre Lambert, Itinéraires, éd. du Rocher, p.9
  2. Source : france-politique.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]