Empoisonnement

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Pour la criminologie, l'empoisonnement est le fait de se suicider ou d'attenter à la vie d'autrui par l'emploi ou l'administration de substances (poison) de nature à entraîner la mort (immédiate ou différée).

Pour la médecine il s'agit d'une intoxication, généralemnet aigüe, le poison pouvant aussi avoir été ingéré, inhalé ou inoculé accidentellement ; on parle alors plutôt d'intoxication (ou d'empoisonnement accidentel). L'empoisonnement implique une prise en charge du patient, adaptée au contexte (selon qu'il survienne en milieu résidentiels, industriels, professionnels ou être lié à un accident de transport de produit chimique, à une catastrophes naturelles ou en cas de guerre...). Les empoisonnements accidentels sont fréquents en milieu domestique. La pollution est aussi une source à ne pas négliger : à titre d'exemple, les autorités fédérales américaines ont estimé que vers 2010 et rien que pour les États-Unis, plus de 10 000 rejets accidentels ou illégaux potentiellement dangereux de substances chimiques toxiques de base se produisent chaque année dans l'environnement[1],[2]. Un cas particulier est celui des armes chimiques et de leurs composants (de nombreux composés ont été développé principalement comme armes militaires, avec une toxicité extrêmement élevée, ils sont aujourdh'hui interdit par une convention internationales de 1993 : la Chemical Weapons Convention (CWC), gérée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques ou OPCW (Organization for the Prohibition of Chemical Weapons).

L'étude des poisons relève de la toxicologie.

Prise en charge médicale[modifier | modifier le code]

L'empoisonnement aigu est une urgences médicale où le diagnostic doit être posé aussitôt que posssible afin de trouver le meilleur antitode[3]. Dans le même temps, il faut éviter que les soignants soient éventuellement touchés par le poison, ce qui implique dans certains cas une décongtamination du patient, des équipements de protection et la pose de barrières multiples de protection[4],[5],[6],[7]. En cas d'exposition à grande échelle, il convient aussi de limiter le risque d'empoisonnement d'autres personnes[8],[9]. Certains poissons ont des effets systémiques qui impliquent de maintenir les fonctions vitales du patient, mais aussi de traiter d'éventuelles lésions oculaires[10],[11] et/ou dermatologiques. Des effets sur le cerveau ou un stress post-traumatique sont également possibles[12].

Des poisons à action rapide (cyanure ou organophosphates impliquent un antidote rapidement prescit)[13]. La détermination de la source exacte de l'empoisonnement est parfois longue ou difficile (ex : un poison est parfois issu de la combinaison de deux substances qui prises séparément sont moins dangereuses), ce pourquoi une approche fondée sur les toxidromes a été dévoloppée[14],[15],[16] (un toxidrome est un groupe de signatures cliniques, concernant les signes vitaux, d'état mental et de troubles oculaires, respiratoires, neurologiques, cutanés etc. typique d'une classe générale de poison)[13].

bien qu'interdits, des agents inervants de type Novitchok ou d'autres armes chimiques sont encore parfois utilisées intentionnellement dans le contexte du terrorisme chimique[17] (de 8 à 10 tentatives d’assassinat ciblé[14],[18],[19] ou d’attaques contre la population civile en temps de guerre, comme récemment lors de la guerre en Syrie [20],[21]). Les personnes âgées, enfants, femmes enceintes ou certains groupes peuvent présenter des vulnérabilités particulières à certains poisons, vulnérabilités à anticiper par les systèmes médicaux de prise en charge des empoisonnements[22],[23],[24],[25].

Pour la justice[modifier | modifier le code]

En France notamment, il n'est pas nécessaire que le résultat soit la mort de la victime pour que l'infraction soit constatée : il suffit que la substance puisse donner la mort pour qu'elle soit considérée comme un poison. Il est cependant nécessaire de prouver un animus necandi, à savoir l'intention de tuer de la personne ou la volonté de lui nuire (si l'empoisonnement n'est pas mortel).
La simple administration d'une substance mortifère en ayant la connaissance du caractère mortelle de celle-ci ne saurait à elle seule qualifier un empoisonnement (Cour de cassation, 2 juillet 1998). Cette infraction est classée dans la catégorie des crimes et est punie, au regard de la loi française, par 30 ans de réclusion criminelle (article 221-5 du Code pénal).

Empoisonnement d'un animal[modifier | modifier le code]

Des poisons et appâts empoisonnés sont utilisés ou l'ont été pour euthanasier ou piéger et tuer de nombreux animaux jugés nuisibles pour l'homme, pour les animaux d'élevages ou pour certaines activités humaines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tomassoni AJ, French RNE, Walter FG. Toxic industrial chemicals and chem- ical weapons: exposure, identification, and management by syndrome. Emerg Med Clin North Am 2015;33:13-36.
  2. Duncan MA, Orr MF. Evolving with the times, the new National Toxic Sub- stance Incidents Program. J Med Toxicol 2010;6:461-3.
  3. Kales SN, Christiani DC. Acute chem- ical emergencies. N Engl J Med 2004;350: 800-8.
  4. Larson TC, Orr MF, Auf der Heide E, Wu J, Mukhopadhyay S, Horton DK. Threat of secondary chemical contamination of emergency departments and personnel: an uncommon but recurrent problem. Disaster Med Public Health Prep 2016;10:199-202.
  5. Cibulsky SM, Kirk MA, Ignacio JS, Leary AD, Schwartz MD. Patient decontamination in a mass chemical exposure incident: national planning guidance for communities|Washington, DC: Department of Homeland Security, Department of Health and Human Services, 2014 (https://www.dhs.gov/sites/default/files/ publications/Patient%20Decon%20 National%20Planning%20Guidance _Final_December%202014.pdf ).
  6. Leary AD, Schwartz MD, Kirk MA, Ignacio JS, Wencil EB, Cibulsky SM. Evidence-based patient decontamination: an integral component of mass exposure chemical incident planning and response. Disaster Med Public Health Prep 2014;8: 260-6.
  7. Holland MG, Cawthon D. Personal protective equipment and decontamination of adults and children. Emerg Med Clin North Am 2015;33:51-68.
  8. Chilcott RP, Amlôt R. Primary Re- sponse Incident Scene Management (PRISM) guidance for chemical incidents. Vol. 1. Strategic guidance for mass casu- alty disrobe and decontamination. Wash- ington, DC: Department of Health and Human Services, 2015 (https://www .medicalcountermeasures.gov/barda/ cbrn/prism/).
  9. Chilcott RP, Larner J, Durrant A, et al. Evaluation of U.S. federal guidelines (Primary Response Incident Scene Manage- ment [PRISM]) for mass decontamination of casualties during the initial operational response to a chemical incident. Ann Emerg Med 2018 August 23.
  10. Sharma A. Ophthalmic principles. In: Hoffman RS, Howland MA, Lewin NA, Nelson LS, Goldfrank LR, eds. Goldfrank’s toxicologic emergencies. 10th ed. New York: McGraw-Hill, 2015:324-30.
  11. Baradaran-Rafii A, Eslani M, Haq Z, Shirzadeh E, Huvard MJ, Djalilian AR. Current and upcoming therapies for ocular surface chemical injuries. Ocul Surf 2017;15:48-64.
  12. McCormick LC, Tajeu GS, Klapow J. Mental health consequences of chemical and radiologic emergencies: a systematic review. Emerg Med Clin North Am 2015; 33:197-211.
  13. a et b Henretig F.M, Kirk M.A & McKay Jr (2019) Hazardous chemical emergencies and poisonings. New England journal of medicine, 380(17), 1638-1655.
  14. a et b Ciottone GR. Toxidrome recognition in chemical-weapons attacks. N Engl J Med 2018;378:1611-20.
  15. Holstege CP, Borek HA. Toxidromes. Crit Care Clin 2012;28:479-98.
  16. Report on the toxic chemical syn- drome: definitions and nomenclature workshop, May 8-9, 2012. Washington, DC: Department of Homeland Security, 2012 (https://chemm.nlm.nih.gov/Report _from_Toxic_Syndrome_Workshop _final_with_ACMT_edits_cover.pdf).
  17. Burklow TR, Yu CE, Madsen JM. Industrial chemicals: terrorist weapons of opportunity. Pediatr Ann 2003;32:230-4. 10. Russell D, Simpson J. Emergency planning and preparedness for the delib- erate release of toxic industrial chemicals. Clin Toxicol (Phila) 2010;48:171-6.
  18. Paddock RC, Sang-Hun C. Use of nerve agent in Kim Jong-nam killing is condemned by Malaysia. New York Times. March 2, 2017 (https://www.nytimes.com/ 2017/03/02/world/asia/kim-jong-nam -malaysia.html).
  19. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant. (en + langue non reconnue : url=https + langue non reconnue : www + langue non reconnue : nytimes + com + langue non reconnue : 2018 + langue non reconnue : 09 + langue non reconnue : 05 + langue non reconnue : world + langue non reconnue : europe + langue non reconnue : russia + langue non reconnue :  + langue non reconnue : html?action=click& + langue non reconnue : module=relatedcoverage&pgtype + langue non reconnue : =article&region=footer) Pérez-Peña R et Barry E., « U.K. charges 2 men in Novichok poisoning, saying they’re Russian agents », sur New York Times,
  20. Sahloul MZ, Monla-Hassan J, Sankari A, et al. War is the enemy of health: pulmonary, critical care, and sleep medicine in wartorn Syria. Ann Am Thorac Soc 2016;13:147-55.
  21. John H, van der Schans MJ, Koller M, et al. Fatal sarin poisoning in Syria 2013: forensic verification within an international laboratory network. Forensic Toxi- col 2018;36:61-71.
  22. Teran-Maciver M, Larson K (2008) Implications of chemical biological terrorist events for children and pregnant women. MCN Am J Matern Child Nurs ;33: 224-32.
  23. Chen J, Wilkinson D, Richardson RB, Waruszynski B (2009). Issues, considerations and recommendations on emergency pre- paredness for vulnerable population groups. Radiat Prot Dosimetry ;134: 132-5.
  24. Henretig FM, Cieslak TJ, Eitzen EM Jr. Biological and chemical terrorism. J Pedi- atr 2002;141:311-26
  25. Disaster Preparedness Advisory Council. Medical countermeasures for children in public health emergencies, di- sasters, or terrorism. Pediatrics 2016; 137(2):e20154273

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Birlouez, Eric (2016) Histoire des poisons, des empoisonnements et des empoisonneurs, Ouest-France
  • Henretig F.M, Kirk M.A & McKay Jr (2019) Hazardous chemical emergencies and poisonings. New England journal of medicine, 380(17), 1638-1655.

Articles connexes[modifier | modifier le code]