Olympias

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Zeus séduit Olympias. Fresque de Giulio Romano, entre 1526 et 1534 (Palais Te à Mantoue).

Olympias (aussi appelée Olympie ; en grec ancien Ὀλυμπιάς / Olympiás), née vers 375 av. J.-C., morte en 316 av. J.-C., est la princesse d'Épire. Son père Néoptolème Ier est roi d'Épire et chef de la tribu des Molosses et membre de la dynastie des Éacides. Épouse de Philippe II de Macédoine, elle donne naissance à Alexandre le Grand et à Cléopâtre de Macédoine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olympias est sans doute née vers -375. Elle épouse Philippe II de Macédoine en -356, qu'elle a rencontré sur l'île de Samothrace lors de son initiation aux mystères des Grands Dieux. Elle était en effet prêtresse de Zeus avant d'épouser Philippe. Elle avait été instruite au temple de Dodone dès l'enfance. De cette union va naître Alexandre le Grand en -356. Mais ce mariage devient vite conflictuel entre les infidélités répétées de Philippe et le caractère ambitieux, autoritaire, acariâtre et sans pitié d'Olympias. Une légende, connue dès l'Antiquité, raconte qu’Olympias n’a pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d’elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents[1], mais avec Zeus. Plutarque nous rapporte les divisions des auteurs antiques sur l'attitude d'Olympias à ce propos, affirmant qu'elle en avait fait l'aveu à son fils ou, au contraire, qu'elle en rejetait l'idée comme impie[2]. Au pouvoir, Alexandre s'est servi de cette croyance et s'est fait confirmer sa filiation divine par l’oracle d’Ammon-Zeus à Siwa[3].

En -337, Olympias se retire chez son père en Épire lorsque Philippe II s'éprend de Cléopâtre, nièce du chancelier Attale et l'épouse. En août -336, Philippe II est assassiné. Sans qu'il soit possible d'être totalement affirmatif, il paraît vraisemblable qu'Olympias ait trempé dans cet assassinat qui arrange bien les affaires de son fils Alexandre (même si celui-ci ne fut sans doute pas impliqué dans ce meurtre). Pendant que son fils est dans le nord de son royaume afin d'assurer sa frontière septentrionale, elle fait assassiner Cléopâtre et son fils.

Lors de l'expédition en Asie de son fils (qu'elle ne reverra plus), elle entre à de nombreuses reprises en conflit avec le régent Antipater et doit même s'exiler en Épire (-331) qu'elle gouverne au nom d'un de ses petit-fils, né de sa fille Cléopâtre et de son frère Alexandre le Molosse, roi d'Épire. La mort d'Alexandre en -323 ne met pas fin à sa soif de pouvoir. Elle cherche à marier sa fille Cléopâtre, devenue veuve, à Léonnatos puis à Perdiccas. À la mort d'Antipater en -319, elle s'allie au nouveau régent de Macédoine, Polyperchon, lequel a besoin de son autorité pour vaincre Cassandre de Macédoine, le fils d'Antipater.

Ensemble ils sont vainqueurs du demi-frère d'Alexandre le Grand, Philippe III Arrhidée, qui est mis à mort avec son épouse Eurydice (-317). La haine d'Olympias à l'égard de ses adversaires est sans limite et ceux-ci sont éliminés sans pitié. Mais Cassandre est un militaire aguerri ; il assiège Olympias dans Pydna avec Roxane et le fils que cette dernière a eu d'Alexandre. Contrainte de se rendre contre la promesse d'une vie sauve, Olympias est livrée par Cassandre aux parents de ses victimes. Elle est exécutée, par lapidation, après un simulacre de jugement en -316.

Olympias dans les arts[modifier | modifier le code]

Olympias à travers la littérature[modifier | modifier le code]

Olympias trouve sa place dans la littérature autour du personnage d'Alexandre : ainsi dans le Roman d'Alexandre du pseudo-Callisthène, où elle occupe une place centrale. Le début du roman narre ainsi l'aventure (fictive) de la reine avec le pharaon déchu Nectanébo, réfugié en Macédoine après l'invasion de l'Égypte par les Perses. Celui-ci lui prédit qu'elle sera enceinte d'Ammon, le dieu des dieux, et se fait l'instrument de la volonté divine. Par la suite, Olympias apparaît comme le modèle de l'amour maternel.

Elle est l'un des personnages du livre de fantasy de David Gemmell Le Lion de Macédoine. Elle est la mère d'Alexandre et a donné naissance au Dieu Noir sur l'île de Samothrace lors de son initiation aux mystères.

Olympias à travers le cinéma[modifier | modifier le code]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joyce E. Salisbury, Encyclopedia of Women in the Ancient World, ABC-CLIO, , 385 p., p. 256-257
  2. Plutarque, Vies parallèles, III, 2-3
  3. Plutarque, Vies parallèles, III, 37-39
  4. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Olympias
  5. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) E. Carney, Olympias, Routledge, New York, 2006 (ISBN 0-415-33317-2)
  • C. Jouanno, « Alexandre et Olympias, de l'histoire au mythe », Bulletin de l'association Guillaume Budé, 3 (1995), p. 211–230
  • E. Kornemann, Femmes illustres de l'Antiquité, Horizons de France, 1958
  • (en) G.H. Macurdy, Hellenistic Queens: a Study of Woman-Power in Macedonia, Seleucid Syria, and Ptolemaic Egypt, Johns Hopkins Press, coll. « Studies in Archæology », n° 14, Baltimore, 1932.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]