El cóndor pasa

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El cóndor pasa, zarzuela
Description de cette image, également commentée ci-après
Le grand condor des Andes, symbole de liberté et du retour de l'Inca suprême à la jonction des ères, dont la zarzuela tire son nom.
Nbre d'actes 1 acte en 2 tableaux
Musique Daniel Alomía Robles
Livret Julio Baudouin/de La Paz
Langue
originale
espagnol/quechua
Création


Teatro Mazzi
Lima Drapeau du Pérou Pérou

Personnages

   *     Mr. King (Bariton), propriétaire de la mine.
   *     Mr. Cup, propriétaire de la mine.
   *     María (Soprano), épouse de Higinio.
   *     Higinio, époux de María.
   *     Frank (Tenor), fils de María .
   *     Juanacha, fiancée de Ruperto.
   *     Ruperto, fiancé de Juanacha.
   *     Félix, mineur.
   *     Tiburcio, mineur.
   *     Marraine.
   *     Parrain.
   *     Berger.

Airs

 * Final orchestral et choral El cóndor pasa et cri de joie des mineurs libérés ː « nous sommes tous des condors ǃ » 


El cóndor pasa est d'abord une œuvre théâtrale musicale classée traditionnellement comme zarzuela, d'où est extrait l'air de la célèbre chanson du même nom.

La musique a été écrite par le compositeur péruvien Daniel Alomía Robles sur un livret original de Julio de La Paz (Julio Baudouin) en 1913. Mais la pièce ne fut publiée par Robles qu'en 1933 aux Etats-Unis.

Le thème éponyme El cóndor pasa, issu de la musique qui clôt la zarzuela en 1913, a connu un rebond de renommée mondiale considérable à partir de la fin des années 1950 (groupe Achalay) / début des années 1960 (groupe Los Incas), mais sous une forme différente de l'original ː non plus en version orchestrale classique, éventuellement avec chœur, mais maintenant pour un ensemble réduit, en version toujours uniquement instrumentale mais avec des instruments autochtones des Andes (kenas, charango, harpe andine, tinya (es)). C'est sous cette forme nouvelle, avec l'adjonction de nouvelles parties chantées en 1970 (sur des paroles bien différentes de la version originale), que cet air deviendra un standard de la musique folk dans le répertoire du duo Simon and Garfunkel et fera le tour du monde, connaissant des versions et des adaptations quasiment innombrables.

Le succès de cette mélodie ne sera pas pour rien dans l'essor d'un nouveau genre musical ː la World music ou Musiques du monde, à partir des années 1970 et 1980. Ce nouveau genre est distinct de ce qu'on appelle la Musique folk, plus ancienne et plus centrée sur la recherche de racines culturelles plus localisées, quoique tout aussi susceptible qu'elles de pratiquer la fusion de genres musicaux. La world music, à côté des principaux courants occidentaux contemporains que sont la musique classique, le jazz, la pop, le rock, résulte du métissage culturel de patrimoines musicaux variés émanant de cultures traditionnelles, et d'une insatiable curiosité culturelle polycentrée qui se développe dans l'ensemble du monde musical et du public à partir de ces années-là. Non pas que l'intérêt pour les musiques traditionnelles, l'ethnomusicologie, voire pour l'exotisme musical n'y préexiste pas, mais il n'avait pas encore donné lieu à un tel brassage, à un même courant musical fusionnel à échelle mondiale, en lien avec le développement des télécommunications.

El cóndor pasa, avec les instruments traditionnels (kena, charango) qui l'incarnent désormais, deviendra même le symbole d'un réveil de la conscience amérindienne des peuples andins, ou tout au moins d'un regain d'intérêt pour leur passé précolombien, ainsi que l’emblème de la génération du "Flower Power", du "retour à la terre" ou d'un éveil de la conscience écologique. Pour Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU en visite dans les Andes et notamment à La Paz en 2003, ce thème est devenu un symbole de paix, de justice sociale et d'harmonie écologique, d'amitié entre les peuples[1].


Historique[modifier | modifier le code]

Version originale, 1913[modifier | modifier le code]

L'explorateur et archéologue Hiram Bingham près des ruines d'Espiritu Pampa en 1911, avec son guide autochtone, peu avant la découverte de la cité perdue du Machu Picchu.
Le site du Machu Picchu, une des merveilles du patrimoine de l'humanité, ici en 2009.

Rappelons qu'au moment de la première de la pièce, la découverte du Machu Picchu par Hiram Bingham, en 1911, était encore toute neuve ǃ Même si le livre de Bingham ː La cité perdue des Incas, ne sera publié à New-York qu'en 1948, l'article qui en fit part au monde entier parut dans le magazine National Geographic d'avril 1913 ; les péruviens intéressés par l'archéologie et l'histoire précolombienne comme Robles furent donc nécessairement informés de cette découverte et impressionnés par elle. Le Machu Picchu fut à l'origine d'un regain d'intérêt pour le passé inca du Pérou, y compris sur le plan politique pour l'affirmation de l'identité nationale, malgré les risques de tension avec les populations amérindiennes.

Nul doute que cette découverte du Machu Picchu n'ait influencé l'atmosphère de la pièce de Daniel Alomía Robles et Julio de la Paz, d'autant que son argument repose sur un conflit, à l'aube du XXe siècle, entre les mineurs autochtones et maltraités d'une mine de la région du Yápac et les patrons coloniaux et nord-américains de la mine. On pourra lire en ligne de larges extraits en espagnol du livre où les dialogues de la pièce de théâtre, soit le livret de Julio Baudouin, ont été republiés récemment à Lima (Pérou), à l'occasion du centenaire de la pièce d'El cóndor pasa et de la musique qui l'accompagne[2].

Résurgence, à partir de 1958[modifier | modifier le code]

La toute première version d'El cóndor pasa enregistrée en France date de 1958. Elle est l'œuvre de Ricardo Galeazzi, co-fondateur en 1956 avec Carlos Benn-Pott, de l'ensemble Los Incas. Ricardo Galeazzi enregistre, avec son Ensemble Achalay, cette version interprétée pour la première fois avec la kena (flûte des Andes à encoche), d'El Condor Pasa sur disque microsillon 33 tours 25 cm, pour la firme BAM, que dirige Albert Lévy Alvarez à Paris.

Ricardo Galeazzi tient cette version — en deux mouvements 1- andante ː Yaraví-Pasacalle puis 2- allegro ː Kashua (danse rapide proche du Huayno, qu'on peut trouver orthographiée ː Cachua (es) ou encore Qashwa)— d'un ensemble équatorien composé de solistes de l'orchestre national de Quito, Los Incaicos, lesquels interprètent l'œuvre essentiellement avec des instruments à cordes pincées (bandolas et guitares) dans un disque microsillon 33 tours 25 cm édité à New York au début des années 1950.

Elle était déjà la chanson péruvienne la plus célèbre au monde lorsqu'elle fut présentée à Paris par Los Incas au début des années 1960, et publiée par eux en 1963 dans un nouvel arrangement de Jorge Milchberg, là encore uniquement instrumental, toujours en deux mouvements, et encore une fois avec des instruments autochtones des Andes ː duo de Kenas, Charangos, Guitare, Harpe andine, tinya (es) (petit tambour andin précolombien) ; ce thème est alors le deuxième titre de leur album (33 tours LP) ː « Amérique du Sud (chants et danses par Los Incas) » dans la collection « Voyages autour du monde » chez Philips (Mercury France), lequel sera réédité tel quel en CD en 2000 (Mercury France, Universal Music). C'est sous cette forme, initiée par Achalay et Los Incas, que la renommée de ce thème du Condor va encore changer d'échelle grâce à des rencontres opportunes.

Des versions par milliers[modifier | modifier le code]

Le thème est repris par Marie Laforêt[3] accompagnée par Los Incas, sous deux versions différentes en 1966 et 1968, le mouvement lent seul sans le Huayno ou Kashua final, avec des paroles en français et les titres ː « Sur le chemin des Andes » (1966), puis « La Flûte magique » (1968). D'autres interprétations reprennent le même air, mais les textes sont souvent très variés (par exemple le chanteur russe Valery Leontiev, la chanteuse Esther Ofarim[4] en 1972, ou le groupe israélien Parvarim, la chanteuse italienne Gigliola Cinquetti[5] ou la version instrumentale de Paul Mauriat[6]). Il existe également une interprétation du même air avec un texte différent de Dana Winner qui, en néerlandais chante Jij en ik (« toi et moi »).

L'ensemble Los Chacos fondé en 1953 par Jean-Jacques Cayre et Jean Bessalel, premier groupe français interprétant la musique andine et circum andine, enregistre en février 1968 El cóndor pasa sur microsillon 33 tours 30 cm, phonogramme dont ils sont alors les seuls producteurs. Ils reçoivent avec leur disque éponyme la récompense la plus enviée du monde discographique : Le Grand Prix International du Disque de l'Académie Charles Cros 1970.

On estime à plus de 4 000 les interprétations à travers le monde, et à 300 les textes différents.

Au Pérou, elle a été déclarée comme appartenant au patrimoine culturel de la nation en 2004[7]. Elle y est d'ailleurs souvent considérée comme un « second hymne national »[8].

Une rencontre "coup de foudre"[modifier | modifier le code]

D'après le journal péruvien La República, le duo de folk song américain Simon and Garfunkel[9], et notamment Paul Simon, en avait entendu en 1965 une version interprétée à Paris au Théâtre de l'Est parisien par le groupe Los Incas (en première partie d'un de leurs concerts). Charmés par la beauté des mélodies andines interprétées sur instruments traditionnels, Simon et Garfunkel en demandent l'origine au groupe et si l'on pouvait en acheter les droits, car Paul Simon dès cet instant envisage une transposition en chanson de ce thème ; à l'époque Jorge Milchberg, charanguiste, arrangeur, directeur musical du groupe, et surnommé El Inca sur les pochettes de disques, leur présente, probablement de bonne foi, le chant comme une complainte populaire péruvienne remontant au XVIIIe siècle et à la grande révolte indienne de Túpac Amaru II. L'hypothèse n'était pas absurde, car le condor a toujours symbolisé le retour de l'Inca suprême sur les terres andines, et de plus le compositeur Daniel Alomía Robles lui-même était un ethnomusicologue savant qui avait recueilli infatigablement dans les villages les plus reculés des Andes péruviennes, boliviennes et équatoriennes, un grand nombre de mélodies ancestrales héritées des peuples précolombiens et de l'époque coloniale, qui ont été pour lui une source d'inspiration inépuisable. Certaines autres sources[10] envisagent d'ailleurs cette même hypothèse à savoir que Robles se serait en partie inspiré pour cette composition de mélodies ancestrales villageoises issues de ses collectes[11]. En partie seulement, si bien que sa réécriture peut tout de même être considérée comme une création[12].

Une paternité controversée... aujourd'hui apaisée[modifier | modifier le code]

Toujours est-il que lors de la rencontre entre Los Incas et Paul Simon, le nom d'Alomía Robles ne fut apparemment pas prononcé, et le thème fut présenté comme traditionnel sous arrangement de Jorge Milchberg avec une légère modification de la mélodie et l'adjonction d'une introduction inédite. Simon and Garfunkel enregistrent alors une version en 1970 sous le titre El Cóndor Pasa (If I Could), avec des paroles entièrement différentes de la version originale, mais sur la même mélodie et sur l'harmonisation de Los Incas qui les accompagnent sur le disque. Ils deviennent amis et feront même des tournées avec le duo et avec Paul Simon seul, dont témoigne son disque en public Paul Simon in Concert: Live Rhymin'. Paul Simon d'ailleurs, la même année 1974, produira lui-même le disque éponyme Urubamba du groupe Los Incas rejoint par Uña Ramos et reformé sous le nom d'Urubamba. Mais fin 1970, Armando Robles Godoy, le fils du compositeur, poursuit en justice Simon and Garfunkel pour faire reconnaître le droit d'auteur de son père, qui avait officiellement déposé sa composition aux États-Unis en 1933. Simon et Garfunkel n'ayant aucun désir de faire du tort à l'auteur et manifestant un grand respect pour les musiques autochtones, l'affaire judiciaire « s'est résolue sans problèmes majeurs », d'après Armando Robles Godoy[13], et en conclusion la non-attribution a été considérée comme une erreur de bonne foi ("honest mistake") et un malentendu ("misunderstanding"), et les droits d'auteur de Daniel Alomía Robles reconnus. Il est d'ailleurs aujourd'hui crédité au générique des innombrables versions que ce standard mondial a connues. On peut aussi remarquer qu'aujourd'hui l’œuvre est dans le domaine public, puisque sa première présentation (1913) remonte à plus de cent ans, et son enregistrement officiel (1933) à plus de quatre-vingts ans[14]. Enfin, on peut noter qu'Armando Robles Godoy, fils du compositeur comme on l'a dit et cinéaste péruvien, a écrit lui-même de nouvelles paroles pour cette chanson, en prenant comme référence, justement, la version de Paul Simon[15]. La polémique peut donc s'éteindre dans la beauté infiniment suggestive et constamment revisitée de ce thème.

Les paroles inspirées par la version originale[modifier | modifier le code]

Il est à noter que, selon plusieurs sources[16], la version originale du thème final El Cóndor pasa de la Zarzuela éponyme ne comportait en 1913 aucune parole ː il était présenté en version orchestrale uniquement (orchestre classique), accompagnant les cris des personnages « nous sommes tous des condors ǃ », émerveillés de la visite dans leur ciel, la première depuis longtemps, d'un grand condor. Ils y voient un heureux présage de renaissance, d'une nouvelle vie de liberté, et la vision de ce condor les emplit d'espérance. C'est la dernière image de la pièce, juste avant le défilé des comédiens, et ce thème instrumental du Condor sert d'accompagnement à la parade finale. Toutes les paroles apposées sur ce thème, y compris celles en langue quechua, devraient donc être considérées comme apocryphes, ce qui d'ailleurs ne leur retire en rien leur légitimité... Celles qui suivent semblent les plus proches de l'esprit de la pièce originale.

Texte en quechua Version en espagnol Version en anglais Sens des paroles en français

Yaw kuntur llaqtay urqupi tiyaq
Maymantam qawamuwachkanki,
kuntur, kuntur

Apallaway llaqtanchikman, wasinchikman
chay chiri urqupi, kutiytam munani,
kuntur, kuntur.

(Ichaqaː)
Qusqu llaqtapim plazachallanpim
suyaykamullaway,
Machu Piqchupi Wayna Piqchupi
purikunanchikpaq.

Oh majestuoso Cóndor de los Andes,
llévame, a mi hogar, en los Andes,
Oh Cóndor.

Quiero volver a mi tierra querida
y vivir con mis hermanos Incas,
que es lo que más añoro
oh Cóndor.

(Fugaː)
En el Cusco, en la plaza principal,
espérame
para que a Machu Picchu y Huayna Picchu
vayamos a pasear.

Oh mighty condor owner of the skies,
Take me home, up into the Andes
Oh mighty condor.

I want go back to my native place
to be with my Inca brothers,
that's what I miss the most, Oh mighty Condor.

(Fugaː)
Wait for me in Cusco, in the main plaza,
so we can take a walk in Machu-Picchu
and Huayna-Picchu.

Ô majestueux condor des Andes, [souverain des cieux]
Ramène-moi à la maison, dans les Andes
Ô [puissant] condor.

Je veux revenir à ma terre [natale] chérie
et vivre avec mes frères Incas,
oui, c'est ce qui me manque le plus,
Ô condor.

(Fugaː)
Au Cuzco, sur la Grand'Place,
Attends-moi,
Alors, nous pourrons randonner
au Machu Picchu et au Huyana Picchu.

Les paroles des adaptations en français pour Marie Laforêt[modifier | modifier le code]

♪Sur le chemin des Andes (El Cóndor Pasa, 1ère version) 1966 ♪La Flûte Magique (El Cóndor Pasa, 2ème version ː Michel Jourdan /

Jorge Milchberg / Daniel Alomía Robles / Paul Simon / A. Canfora) 1968

Sur les chemins des Andes, il s'en va
Chantant, dans le soir, ses douleurs et ses joies
Et l'aigle noir qui vole dans le ciel
S'arrête un instant ébloui de soleil
 
La terre qui s'endort en bas
En refermant les bras
Lui renvoie l'écho de sa voix
Sans comprendre pourquoi
Elle s'éteint au loin, au loin

«Mon bel oiseau, je t'en prie, apprends-moi
La joie d'accrocher le ciel à mes doigts »
Mais l'aigle, jamais, ne lui répondit
Son cri se perdit au sommeil de la nuit
 
(vocalises) La la hala hala…
 
Sur les chemins des Andes, il repartit
La nuit engloutit ses chansons et ses cris
 
La la halala…

Une flûte magique j'ai trouvé
C'est vrai
Regardez et surtout écoutez
La la la la la ....

Une flûte magique m'a donné
La clé des secrets
Que longtemps j'ai cherchés
La la la la la ....

Une flûte magique a tout changé
Oui mais je me suis tout à coup
Réveillée
J'entends à nouveau je n'ai pas rêvé
Je n'ai pas rêvé
Je n'ai pas rêvé

Les paroles de l'adaptation en anglais par Paul Simon[modifier | modifier le code]

El Cóndor pasa (If I could) 1970 Sens des paroles en français ː

Passe le Condor (Si je pouvais)

I'd rather be a sparrow than a snail
Yes I would, if I could, I surely would
I'd rather be a hammer than a nail
Yes I would, if I only could, I surely would

Away, I'd rather sail away
Like a swan that's here and gone
A man gets tied up to the ground
He gives the world its saddest sound
Its saddest sound

I'd rather be a forest than a street
Yes I would, if I could, I surely would
I'd rather feel the earth beneath my feet
Yes I would, if I only could, I surely would


[Original English lyrics by Paul Simon, 1970. Arrangement of 18th Century melody, notated in 1913 and published in 1933 by Daniel Alomía Robles. Arranged by Jorge Milchberg in 1963. (Peruvian folk)]

Je préférerais être un colibri* plutôt qu'un limaçon
Oui je le ferais, si je le pouvais, assurément je le ferais
Je préférerais être un marteau plutôt qu'un clou
Oui je le ferais, si seulement je le pouvais, j'en serais un sans nul doute

Au loin, je préférerais naviguer loin
Tel un cygne s'éclipsant promptement
Un homme est arrimé à la terre [/Un homme appartient à sa terre]
Il transmet au monde sa mélodie la plus mélancolique
Son chant le plus triste

Je préférerais être une forêt plutôt qu'une rue
Oui j'en serais une, si je le pouvais, j'en serais une assurément
Je préférerais sentir la terre sous mes pieds
Oui je le ferais, si au moins je le pouvais, je le ferais sans nul doute


(*Sparrow, comme gorrión en espagnol, signifient « moineau » en Europe, mais ils prennent le sens de « colibri » en Amérique du Sud. Ce "faux-sens" est ici volontaire, donc, pour affirmer le caractère andin de ce thème).

Les paroles de l'adaptation en espagnol pour Esther Ofarim[modifier | modifier le code]

Esther Ofarim - El Cóndor Pasa, 1972 Traduction en français

des paroles d’Esther Ofarim :

El cóndor de los Andes despertó
Con la luz de un feliz amanecer.
Sus alas lentamente desplegó
Y bajó al río azul para beber.

Tras él la Tierra se cubrió
De verdor, de amor y paz.
Tras él la rama floreció
Y el sol brotó en el trigal, en el trigal.
 
El cóndor de los Andes descendió
Al llegar un feliz amanecer.
El cielo, al ver su marcha sollozó
Y volcó su llanto gris cuando se fue.

Tras él la Tierra se cubrió
De verdor, de amor y paz.
Tras él la rama floreció
Y el sol brotó en el trigal en el trigal...

Le Condor des Andes s’est éveillé
Avec la lumière d’une aube heureuse.
Ses ailes lentement a dépliées
Puis est descendu au fleuve bleu pour boire.

Derrière lui la Terre s’est recouverte
De verdure, d’amour et de paix.
À sa suite, la branche a fleuri
Et le soleil a jailli dans le champ de blé, dans le champ de blé.
                                                                                                               
Le Condor des Andes est descendu [/s'est sacrifié]
Pour faire advenir une aube heureuse.
Le ciel, voyant son départ, s’est mis à sangloter
Et a répandu ses larmes grises quand il est parti.
                                                                                                
Derrière lui la Terre s’est recouverte
De verdure, d’amour et de paix.
À sa suite, la branche a fleuri
Et le soleil a jailli dans le champ de blé, dans le champ de blé...

Musique[modifier | modifier le code]


<<
  \new ChordNames \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \chordmode {
    \key a \minor
    \partial 4
    s4
    a2:m g:7
    c2. g4:7
    c2. g4:7
    c2. e4:7
    a2*5:m g2:7
    c2. g4:7
    c2. g4:7
    c2. e4:7
    a1*2:m
    f
    c2. g4:7
    c1
    f1*2
    c2. g4:7
    c2. e4:7
    a1*2:m
  }

  \new Staff \with {
    midiInstrument = "flute"
  } \relative c' {
    \key a \minor
    \partial 4
    e4
    a8 gis a b c b c d
    e2. g8 g
    e2. a8 g
    e2 r8 e d c
    a2. c4 a2. e4 \break
    a8 gis a b c b c d
    e2. g8 g
    e2. a8 g
    e2 r8 e d c
    a2. c4
    a2. e'4 \break
    a4. gis8 a gis a gis
    a2. c8 a
    g2 r8 g a g
    e2. c4 \break
    a'4. gis8 a gis a gis
    a2. c8 a
    g2 r8 g a g
    e2 r8 e d c
    a2. c4
    a2. \bar "|."
  }
>>

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « LA GRAND CROIX DU CONDOR DES ANDES, SYMBOLE DE L’AMITIE ENTRE LA BOLIVIE ET L’ONU, DECERNEE AU SECRETAIRE GENERAL, et la fameuse chanson andine «El Condor Pasa», 13 novembre 2003 », sur Nations Unies, couverture des réunions & communiqués de presse (consulté le 17 octobre 2018)
  2. (es) Julio Baudouin, El cóndor pasa..cien años después..., Colectivo Cultural Centenario "El Cóndor Pasa", (ISBN 9786124647208, lire en ligne)
  3. https://www.youtube.com/watch?v=1Gvboa1IumA
  4. https://www.youtube.com/watch?v=-F2XKf7nHFY
  5. https://www.youtube.com/watch?v=3taClBTAHTU
  6. https://www.youtube.com/watch?v=IxAtwqy7e4Y
  7. (es) "El cóndor pasa" declarada Patrimonio Cultural de Perú - Latinoamerica-online, 13 avril 2004
  8. voir notamment la première section de l'article espagnol, ainsi que ː (es) La República, « "El cóndor pasa" patrimonio cultural de la nación » [« "El cóndor pasa", patrimoine culturel de la nation »], (consulté le 21 octobre 2018)
  9. https://www.youtube.com/watch?v=pey29CLID3I
  10. (es) Latinoamerica-online, citant Raimundo López et Enrique Pinilla, « "El cóndor pasa" declarada Patrimonio Cultural de Perú » [« "El cóndor pasa" déclaré Patrimoine Culturel du Pérou »], 2004 et 2005 (consulté le 21 octobre 2018)
  11. Notamment d'un chant d'amour de la province de Jauja, cité dans le célèbre livre des époux d'Harcourt La Musique des Incas, exemple musical n°47, page 303, publié à Paris en 1925, soit douze ans après la première de la pièce de Robles et Baudouin à Lima.
  12. Enrique Pinilla ː « Los tres primeros compases de la canción jaujina son idénticos, pero luego la melodía cambia totalmente. Por ello, no se puede decir que no haya auténtica creación, como variación de un tema popular, por parte de Alomía Robles. » (La Música en la Republica. Siglo XX. En "La Música en el Perú". Patronato Popular y Porvenir Pro-Música Clásica, Lima 1985. pp.139-140). Traduction ː « Les trois premières mesures de la chanson de Jauja sont identiques [à celles du thème d'El Cóndor pasa], mais ensuite la mélodie change totalement. Pour cela, on ne peut pas dire qu'il n'y aurait pas création authentique, comme variation d'un thème populaire, de la part d'Alomía Robles. » L'apport par Milchberg de quelques notes et d'une introduction nouvelle à la mélodie de Robles, quoique plus modeste, ainsi que l'instrumentation autochtone de cet air par Galeazzi et Milchberg, peuvent alors aussi être considérés comme une création, et représentent à tout le moins une contribution non négligeable à la renommée de ce thème...
  13. (es) « El cine, los libros, la muerte » - Interview d'Armando Robles Godoy, Juan Carlos Bondy, La Primera, 6 juillet 2008 [PDF].
  14. (es) Mario Cerrón Fetta, « "El cóndor pasa...", Calvario de una Zarzuela. » [« "El cóndor pasa...", calvaire d'une Zarzuela »] [page Face Book], (consulté le 21 octobre 2018)
  15. Voir à ce sujet la cinquième section de l'article espagnol.
  16. C'est notamment le cas pour l'article du wiki en espagnol, qui réaffirme plusieurs fois que la version originale était uniquement instrumentale et ne comportait aucune parole ; on peut aussi le voir sur les vidéos de la version originale reconstituée en 2013 à Lima, pour le centenaire de la pièce, dont les liens sont disponibles ci-dessous dans la section "liens externes".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur la Zarzuela originale de Daniel Alomía Robles et Julio Baudouin de La Paz[modifier | modifier le code]

Autres versions[modifier | modifier le code]