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Passacaille

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Début de la Passacaille et Fugue en ut mineur BWV 582 de Jean-Sébastien Bach.

La passacaille[1] est une forme musicale pratiquée aux XVIIe et XVIIIe siècles et une danse.

Initialement, la passacaille est une forme musicale populaire lente, à trois temps, originaire d'Espagne à la fin de la Renaissance. Elle est jouée par des musiciens ambulants (comme le dénote son étymologie : pasar por la calle).

Transplantée dans d'autres pays d'Europe, elle devient une danse prisée par la noblesse. C'est alors une pièce stylisée, à trois temps, au rythme lent, parfois un peu solennel, qui peut atteindre des proportions importantes. Cette forme de passacaille développe des variations à partir d'un thème couplé à une basse obstinée (basse constituée de quelques notes répétées jusqu'à la fin de la pièce ; un exemple célèbre est la Passacaille pour orgue en ut mineur de Jean-Sébastien Bach[2].

À ce stade de son évolution, elle est indiscernable de la chaconne[3], car les noms semblent interchangeables selon les compositeurs : Louis Couperin intitule une de ses pièces « chaconne ou passacaille » ; François Couperin fait de même dans sa première suite pour viole (passacaille ou chaconne) et évite la question en nommant une de ses compositions pour clavecin L'amphibie ; une des différences, selon Mattheson et d'Alembert, serait que la passacaille est plus lente que la chaconne.

Ces deux pièces sont construites selon trois procédés qui peuvent se combiner :

  • le rondeau (un refrain répété entre des couplets variés) ;
  • la variation mélodique ou rythmique ;
  • la basse obstinée (motif thématique répété à la basse qui peut parfois passer aux voix supérieures dans la passacaille).

La passacaille, comme la chaconne est utilisée de façon occasionnelle dans la suite de danses, dont elle est presque toujours la pièce finale. Elle est également utilisée en France comme morceau final des pièces lyriques importantes : tragédies lyriques, opéras-ballets. Mozart, en 1781, insère une passacaille dans son opera seria Idoménée.

Mais cette forme musicale est délaissée pendant près d'un siècle et demi, avant de refaire une apparition grandiose dans le dernier mouvement de la 4e Symphonie de Johannes Brahms. Ce dernier ne nomme pas le mouvement « passacaille », mais utilise un motif de basse obstinée trouvé dans la cantate no 150 de Bach : Nach dir, Herr, verlanget mich.

En Angleterre, au XVIIe siècle, le ground est une forme similaire à la passacaille et à la chaconne. Ces trois formes (ground, passacaille, chaconne) reposent sur le principe de l’ostinato, basse obstinée. On trouve un exemple de ground dans l'aria de la mort de Didon, dans l'opéra de chambre Didon et Énée de Purcell (mais c'est un lamento, pas une passacaille).

Durant le XXe siècle, la passacaille est à nouveau employée.

Quelques passacailles remarquables

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Période baroque

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Période classique

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Le genre tombe en désuétude durant la période classique, on ne compte qu'une poignée d'exemples notables : The fourth movement of Luigi Boccherini : Passacaille, quatrième mouvement du Quintettino n°6, Op. 30 (connu sous le nom Musica notturna delle strade di Madrid)

Période romantique

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À l'exception de quelques œuvres pour orgue, qui se situent dans la redécouverte des œuvres baroques et notamment des pièces de Bach (citons notamment une Passacaille en do mineur par Felix Mendelssohn et le final de la huitième sonate de Josef Rheinberger), le genre est peu pratiqué sur l'ensemble du XIXe siècle. Johannes Brahms va fortement remettre le genre à l'honneur, dans deux œuvres emblématiques : le Final de la Quatrième symphonie et le Final des Variations sur un thème de Haydn. À noter que le premier mouvement du Concerto pour piano n°3 de Hans Huber est une passacaille.

Périodes moderne et contemporaine

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Dans la musique populaire

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Notes et références

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  1. On trouve aussi le nom italien passacaglia ou passagaglia.
  2. Roland de Candé, Nouveau dictionnaire de la musique, Editions du Seuil, (OCLC 868385728, lire en ligne)
  3. « Passacaille : définition de passacaille », sur www.cnrtl.fr (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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