Ensemble Achalay

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L'Ensemble Achalay est un groupe de folklore argentin et de musiques des Andes créé à Paris en 1958 par un musicien argentin, Ricardo Galeazzi. Ce musicien est le pionnier dans ce genre musical car il est le premier à enregistrer avec une quena en France et en Europe. Il est aussi le premier à associer la quena, la guitare et le charango dans le monde sur la première version enregistrée en France de « El Condor Pasa »[1] en 1958 avec ces instruments andins alors que la composition originale est écrite pour orchestre par son compositeur Daniel Alomia Robles.

Historique[modifier | modifier le code]

Prologue[modifier | modifier le code]

Dans les années 50, deux Argentins se rencontrent dans un cabaret parisien (l’escale), l’un est Carlos Benn-Pott et l’autre Ricardo Galeazzi[2]. Le premier étudie aux beaux-arts et le deuxième est contrebassiste de jazz fraichement arrivé à Paris après avoir quitté, avec son ami pianiste, son quartet "Los Bop-Hemians"[3]. Cet ami pianiste qui vient lui aussi à Paris n'est autre que Lalo Schifrin[4] qui deviendra célèbre à Hollywood pour ses arrangements et ses nombreuses compositions à succès pour les séries et le cinéma.

Carlos, qui est en train de s’initier à la quéna (instrument andin), demande à Ricardo de faire de même. Chose faite, ils décident de jouer de la quéna en duo. Ils commencent à jouer occasionnellement comme accompagnateurs avec les musiciens titulaires de « l’escale ».

L’idée, ou plus exactement la nécessité, de créer un groupe est venue en 1956. Ils créent à cette date le groupe « Los Incas »[5] à la demande d'un couple de danseurs sud-américains qui avait besoin d'un groupe de musiciens pour les accompagner. Un disque est sorti cette même année sous le titre « Chants et danses de l’Amérique latine ».

Mais avant, ce disque sera publié un 45 tours par Paco Sanchez. Paco est chanteur et danseur, il incorporera plus tard comme danseur le groupe « Les Guaranis »[6]. Dans ce 45 tours et pour la première fois en Europe, on entend une quena, elle était jouée par Ricardo Galeazzi, cofondateur de Los Incas,[7], Ricardo Galeazzi sera le premier à laisser une trace sonore de cet instrument. Il est à préciser que la publication de ce disque se situe entre la fondation du groupe Los Incas et la publication de leur premier disque, ce qui permet de souligner la continuité de ces musiques dans le circuit des cabarets du Quartier Latin.

Les créations de C. Benn-Pott et R. Galeazzi subjuguent tous ceux qui les entendent jouer. C’est alors que Ricardo Galeazzi décide de quitter Los Incas en 1958 pour pouvoir interpréter des thèmes de sa composition et arranger les thèmes du folklore car il va surtout s’intéresser à quelques-unes des musiques enregistrées dans des disques publiés par Folkways Records pour les reprendre dans un disque enregistré en 1958 par l’ensemble Achalay, le groupe qu’il a fondé après avoir quitté Los Incas.

Création du groupe[modifier | modifier le code]

Achalay est créé, il est avec Los Incas, le premier groupe sud-américain à exister en France bien avant tous ceux qui voudront suivre leurs pas par la suite dans les années 1960/70.

Parmi les morceaux choisis par Ricardo se trouve une version à la guitare d’une mélodie qui s’appelle « El Condor Pasa ». Il décide de l’incorporer dans le premier disque d’Achalay en l’adaptant pour les instruments de son ensemble. Ainsi, dans la version d'Achalay, la guitare joue seulement le rôle d’accompagnement à laquelle s‘ajoute un charango, la mélodie étant reprise entièrement par la quena. C’est donc à l’occasion de l’écoute de disques publiés en Amérique que la toute première publication commerciale en France de « El Condor Pasa » a vu le jour en 1958 avec pour la première fois dans le monde l’association quena, charango et guitare. Il sera édité d’abord un 45 tours avec « El Condor Pasa » puis un 33 tours appelé volume 1 complètera le tout pour l'ensemble, celui-ci se verra proposer d'enregistrer d'autres volumes les années suivantes.

Cet enregistrement précède de cinq ans la version de la décennie suivante par Los Incas (en 1963, donc) elle-même reprise à son tour par Simon and Garfunkel[8] en 1970. La version d’Achalay est la première à avoir utilisé la quena comme instrument soliste, ce qui deviendra la norme par la suite pour les autres groupes en France et aussi en Amérique Latine. Sans oublier le fait que ce premier album d’Achalay est aussi le premier disque consacré exclusivement aux musiques des Andes en France (Musique indienne des Andes, BAM, LD 349, 1958)[9].

La fondation de l’ensemble Achalay marque le début d’une nouvelle période dans l’évolution de la musique des Andes en France et dans le monde. L’ensemble enregistre alors cinq 33 tours dans les années 60 et 70 suite au grand succès du premier album en 1958.

Le sixième album en cours d'enregistrement en 1979 n'est pas achevé car seulement deux thèmes sont enregistrés.

L’ensemble voit une compilation double album de ces meilleurs succès sortir dans les années 70 sous le label AZ.

Concerts sur scène[modifier | modifier le code]

Achalay donne des concerts en France, en Suisse, en Grèce, en Hollande, en Allemagne et en Belgique dans les années 1960/70/80. Ils font des représentations pour la première fois sur le paquebot "France". L'Ensemble sera engagé par le "club méditerranée" pour animer leurs villages dans le monde. Le groupe aura alors une activité sur scène jusqu'en 1987 avant de reprendre sous l’impulsion de deux de ses derniers membres scéniques de l'époque dont l’un, Gilberto Piedras qui débute alors dans le cabaret El Rancho Guarani à Paris, est présenté à Ricardo Galeazzi par Virgilio Rojas et Ramon Romero (membres du groupe Les Guaranis de Francisco Marin) lorsqu'il cherche désespérément un harpiste pour participer à l’enregistrement du dernier disque (volume 5) en décembre 1978 en remplacement, au dernier moment, du harpiste Robert Dekorver (Roberto Guarani). La dernière formation de l'Ensemble Achalay de 1978 à 1987 était composée de Ricardo Galeazzi, Jorge Peñalosa, Gilberto Piedras, Sergio Piedras et Alfredo de Robertis. Parmi les membres qui participèrent à cet ensemble au fil des années : Mario Ardila, Enrique Capuano, Narciso Debourg, Jorge Diaz Peñaloza, Françoise « cholita » Galeazzi, Michel Leroy, Raul Maldonado, César Molinero, Otto Palma, Juan Perez, Gilberto Piedras, Sergio Piedras, Alfredo De Robertis, Virgilio Rojas, Lucho. A. Ramirez, Pedro Serrano, Romano Zanotti,Jean Michel Cayre...

Actualité[modifier | modifier le code]

Le volume 6 de l'ensemble est en cours d’enregistrement par les musiciens qui ont joué dans la dernière formation d'Achalay en 1979 (renforcés par les nouveaux venus) à la demande de Françoise "Cholita" Galeazzi pour fêter le 60e anniversaire de la création du groupe en hommage posthume à son fondateur visionnaire Ricardo Galeazzi. Ce disque inclura les deux thèmes enregistrés par l'Ensemble en 1979 et non commercialisés jadis. La kantutita (Bolivie) et La llorona (Mexique) sont les deux derniers duos et ultimes témoignages sonores inédits, de deux quénistes qui ont marqué l'histoire des flûtes des Andes en France : Ricardo Galeazzi et Alfredo de Robertis.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • BAM. EX.668 : Ensemble Achalay - Musique des Andes "El Condor Pasa" 45 tours 1958;
  • BAM. LD 349 / LD 5349 : Ensemble Achalay - Musique des Andes (Vol.1) 1958[10]
  • BAM. LD 414 / LD 5414 : Ensemble Achalay - Musique des Andes (Vol.2) 1964;
  • BAM. LD 422 / LD 5422 : Ensemble Achalay - Musique des Andes (Vol.3) 1965;
  • BAM. LD 5747 : Ensemble Achalay - Musique des Andes (Vol.4) 1971[11]
  • BAM. LD 5799 : Ensemble Achalay - Musique des Andes (vol.5) 1978.
  • Disques Az FL 85070 / 85071 Double Album : Ensemble Achalay - Musique des Andes (compilation)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Disque Musique des Andes El condor pasa Ensemble Achalay 1958
  2. Jorge Andres Aravena-Decart. Représentations et fonctions sociales des musiques d’inspiration andine en France (1951-1973). Sociologie. Université de Franche-Comté, 2011. Français.
  3. (es) « Los Bop-Hemians », Los Bop-Hemians,‎
  4. « Lalo Schifrin », page officielle de Lalo Schifrin,‎ (lire en ligne, consulté le 6 avril 2017)
  5. « Los Incas », Jorge Andres Aravena-Decart. Représentations et fonctions sociales des musiques d’inspiration andine en France (1951-1973). Sociologie. Université de Franche-Comté,‎
  6. Jorge Andres Aravena-Decart. Représentations et fonctions sociales des musiques d’inspiration andine en France (1951-1973). Sociologie. Université de Franche-Comté, 2011. NNT : 2011BESA1046. tel-01290504
  7. Jorge Andres Aravena-Decart., Représentations et fonctions sociales des musiques d’inspiration andine en France (1951-1973). Sociologie. Université de Franche-Comté, 2011., Université de Franche-Comté
  8. « Simon and Garfunkel », page officielle,‎ (lire en ligne, consulté le 4 avril 2017)
  9. Musique indienne des Andes / l'Ensemble Achalay, (lire en ligne)
  10. « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 4 avril 2017)
  11. « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 4 avril 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]