Francisco Pizarro

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pizarro.
Francisco Pizarro
Francisco Pizarro González
Image illustrative de l'article Francisco Pizarro

Naissance
Trujillo, Couronne de Castille
Décès (à 66 ans)
Ciudad de los Reyes, Nouvelle-Castille
Allégeance Drapeau de l'Empire espagnol Empire espagnol
Grade Conquistador
Années de service 1496-1541
Conflits Conquête de l'empire inca
Faits d'armes Bataille de Cajamarca
Distinctions Marquesado de La Conquista
Autres fonctions Capitaine général de Nouvelle-Castille (1529 - 1541)
Gouverneur du Pérou (1535 - 1541)
Famille Gonzalo Pizarro, Juan Pizarro, Hernando Pizarro et Francisco Martin de Alcántara (demi-frères)[1]
Signature de Francisco Pizarro

Emblème

Francisco Pizarro González, marqués de los Atabillos (également appelé François Pizarre en français), né à Trujillo en Espagne le [réf. nécessaire][2] et assassiné à Lima le , fut un conquistador espagnol. Il conquit l'Empire inca et fut aussi gouverneur de l'actuel Pérou (Nueva Castilla).

Il est connu pour avoir emprisonné et condamné à mort en 1533 l'empereur inca Atahualpa après la bataille de Cajamarca.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Fils naturel, analphabète, du navigateur Gonzalo Pizarro Rodríguez de Aguilar (es) (membre de la petite noblesse) et cousin de Hernan Cortés au deuxième degré, il s'engage avec son père dans l'armée, fait la campagne d'Italie, puis en compagnie de Nicolás de Ovando, gagne l'Amérique en 1502. Nommé lieutenant d'Alonso de Ojeda à San Sebastián de Urabá en 1510, il accompagne Vasco Núñez de Balboa dans l'expédition qui atteint l'océan Pacifique en 1513.

Première expédition[modifier | modifier le code]

Maison et musée de Francisco Pizarro, à Trujillo.
Statue de Pizarro, dans sa ville natale.

Intéressé par les nouvelles de l'expédition vers le sud de Pascual de Andagoya en 1522, il organise en 1524 une première expédition à partir de Panama avec pour associés Diego de Almagro, Hernando de Luque et Pedro Arias Dávila. Fin 1524, l'expédition quitte Panama avec un navire, deux canots et quatre-vingts hommes. Les bateaux étant inappropriés, le voyage tourne vite au désastre et s'arrête à Chicama (es), après la bataille de Punta Quemada.

Deuxième expédition[modifier | modifier le code]

En 1526, une deuxième expédition, montée sans Dávila, tourne également au désastre dès juin 1527. Alors qu'Almagro retourne à Panama pour chercher des renforts, Pizarro et douze hommes restent sur l'île d'El Gallo. Bartolomé Ruiz (es) les rejoint en 1528 avec soixante-dix hommes, autant de chevaux et trois arquebuses. L'exploration repart vers le sud, où elle découvre le Pérou, avant de rentrer à Panama, fin 1528.

Malgré le succès final de leur expédition, le gouverneur Pedro de los Ríos (es) refuse son soutien à toute tentative de conquête. Pizarro regagne alors l'Espagne pour demander le soutien de l'empereur Charles Quint. Reçu en juin 1529, l'entrevue débouche sur les Capitulations de Tolède (es), événement par lequel Pizarro se voit accorder d'importants privilèges au détriment de Diego de Almagro, pour qui il s'agit d'une amère déconvenue.

Troisième expédition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête de l'empire inca.
Carte de la conquête du Pérou en 1531.

Pizarro retourne à Panama en 1530 avec une véritable armée. Il est accompagné de ses frères Hernando, Gonzalo, Juan et de son demi-frère Francisco Martin de Alcántara.

Fin janvier 1531, l'expédition part pour le Pérou. Elle compte cent quatre-vingts hommes, trente-sept chevaux et trois caravelles. Arrivé à Tumbes, Pizarro est informé qu'une guerre civile divise l'empire inca : depuis la mort de Huayna Capac en 1529, ses deux fils Huáscar et Atahualpa s'affrontent à mort pour prendre le pouvoir.

À Cajamarca, il envoie des émissaires auprès d'Atahualpa pour lui proposer une entrevue. Le , en digne émule d'Hernán Cortés alors que l'entrevue aurait dû se faire sans armes, Pizarro prend le chef inca par surprise et au prix d'un grand massacre, le fait prisonnier (bataille de Cajamarca)[3].

L'Inca livre à Pizarro six tonnes d'or, mais contrairement à la promesse qui lui a été faite, il ne retrouve pas la liberté. Pour éviter un soulèvement, Pizarro le fait exécuter après un procès expéditif et proclame nouvel Inca Topa Hualpa, frère cadet d'Huáscar et d'Atahualpa, mais celui-ci meurt du choléra en 1533. Son frère Manco Inca lui succède et Pizarro fait son entrée dans Cuzco en 1534. Il met à sac cette cité inca, où s'élève encore aujourd'hui l'église de Santo Domingo, construite sur les fondations de granite qui étaient autrefois celles du Temple du Soleil. Profitant de l'occasion, l'adelantado de Guatemala, Pedro de Alvarado, envahit lui aussi le Pérou pour conquérir Quito. Pizarro envoie alors Sebastián de Belalcázar s'emparer de Quito et Almagro réussit à convaincre Alvarado de renoncer à son projet.

En 1534, Pizarro fonde la première ville espagnole de San Miguel de Piura, puis le Ciudad de los Reyes, qui deviendra Lima. Son frère Hernando rentre en Espagne pour rendre compte de la conquête du Pérou et remettre à l'empereur le fabuleux trésor amassé. En échange il obtient pour son frère le titre de marquis ainsi que le droit d'étendre le territoire de 200 à 270 lieues. Cette fois Diego de Almagro n'est pas oublié et obtient le titre de gouverneur de la Nouvelle Tolède, territoire à conquérir sur 200 lieues, au sud du Pérou

Les guerres entre conquistadors[modifier | modifier le code]

Chapelle dédiée à Francisco Pizarro dans la cathédrale de Lima.
Détail du tombeau de Pizarro, dans la cathédrale de Lima.

Entre Pizarro et Almagro rien ne va plus, la propriété de l'opulente ville de Cuzco est un sujet de discorde et le motif des premières escarmouches entre pizarristes et almagristes, jusqu'à ce que Pizarro persuade Almagro d'entreprendre une expédition pour la conquête du Chili (1535-1536).

En 1536, les abus des frères de Pizarro allument une révolte à travers tout le pays. Sous la conduite de Manco Inca, Lima et Cuzco sont assiégées. C'est le moment où Almagro, déçu de son expédition, décide de rentrer en triomphe à Cuzco où il fait prisonnier Hernando.

À Lima, Pizarro repousse l'assaut des Indiens. Réclamant la souveraineté sur Cuzco, il obtient la libération de son frère. En avril 1538, ce dernier bat Almagro dans la bataille de las Salinas, le capture et le fait exécuter. Maître de Cuzco, Pizarro fait de son domaine le centre de l'expansion coloniale espagnole. Il procède à la distribution des terres et des mines et fonde de nouvelles villes.

Cependant, Manco Inca continue de résister face aux Espagnols. Les almagristes, groupés autour de Diego el Mozo Almagro (fils de Diego de Almagro), attisent le mécontentement contre Pizarro. Cristóbal Vaca de Castro est envoyé par la Couronne pour mettre fin à la dispute. Mais les almagristes précipitent la conspiration contre Pizarro et, le , donnent l'assaut au palais, où ils mettent à mort Pizarro et proclament Almagro le Jeune gouverneur. Celui-ci est lui-même arrêté et décapité par Vaca de Castro qui prend la succession de Francisco Pizarro.

Victimes des conquistadors[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2015)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

La conquête de l'Empire inca - le plus vaste empire des Amériques, au moment de l'arrivée des Espagnols, un des plus structurés administrativement et militairement - constitue une étape importante de la colonisation de l'Amérique et de ce que Tzvetan Todorov appelle le "génocide" amérindien : selon les estimations des démographes, en 1500, la population des Amériques s'élève à 80 millions ; "au milieu du seizième siècle, de ces 80 millions il en reste 10. Aucun des grands massacres du vingtième siècle, écrit T. Todorov, ne peut être comparé à cette hécatombe" (T. Todorov, La Conquête de l'Amérique : La Question de l'autre, Seuil, 1982, p. 170). Pourtant, la chute démographique observée est expliquée scientifiquement par la variole véhiculée contre laquelle les autochtones ne sont pas immunisés et dont les conséquences déjà catastrophique dans l'ancien monde produisirent une hécatombe chez les populations amérindiennes [4]

Découvertes archéologiques[modifier | modifier le code]

Inaugurée en 1935 et installée face au palais du Gouvernement du Pérou de 1952 à 2003, la statue du fondateur de la ville trône désormais dans le parc des murailles de Lima.

Aux environs de Lima, des travaux de construction d'une autoroute ont mis au jour les restes d'environ 70 hommes, femmes et enfants portant des signes d'une mort extrêmement violente. 500 ans après leur décès, le sol sableux de leur dernière demeure a préservé leurs ossements, conservant des preuves médico-légales, comme l'a constaté Guillermo Cock, archéologue péruvien qui a exhumé d'autres cimetières incas. Les blessures au mousquet donnent un indice sur l'identité des assassins. Certaines victimes ont été tuées à coups de hache, écartelées ou empalées. « De nombreux autochtones ont été victimes des armes européennes pendant la colonisation » explique-t-il. « Mais c'est peut-être la première fois qu'on en a la preuve [par l'archéologie] ». Guillermo Cock estime que la mort remonte à l'été 1536, pendant le soulèvement des Incas contre les Espagnols[5].

Les frères Pizarro[modifier | modifier le code]

  • Gonzalo Pizarro né en 1502 à Trujillo province espagnole de Cáceres, vengea la mort de son frère Francisco en assassinant le vice-roi de Lima en 1546. Proclamé dictateur du Pérou, il fut renversé et exécuté par l'envoyé spécial de l'empereur Charles Quint qui le tua près de Cuzco en 1548.
  • Juan Pizarro né en 1505 à Trujillo province espagnole de Cáceres, fut gouverneur de Cuzco en 1535 et mourut lors du siège de la ville.
  • Hernando Pizarro né en 1508 à Trujillo province espagnole de Cáceres, succéda comme gouverneur de Cuzco à son frère Juan en 1535 et vainquit Almagro qui assiègeait la ville en 1537, et le fit exécuter en 1538. Rappelé en Espagne en 1539, il y fut emprisonné jusqu'en 1560. Il mourut à Trujillo en 1578. Il épousa sa nièce, Francisca Pizarro Yupanqui, fille de Francisco Pizarro et de sa maîtresse Inca, Inés Yupanqui, et postérité.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Jean-François Marmontel, Les Incas, 1777. Ce roman d'un auteur qui a participé à l'entreprise de l'Encyclopédie est extrêmement critique à l'égard des conquistadors en général, et de Pizarre en particulier[6].

Le personnage de Pizarro apparaît en tant qu'antagoniste dans le dessin animé Les Mystérieuses Cités d'or, réalisé au début des années 1980.

Le onzième épisode de la série Il était une fois... les Amériques, réalisée par Albert Barillé, est consacré à Pizarro et à sa conquête de l'Empire Inca.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lavallé 2004, p. 10.
  2. « Universalis : authentification », sur www.universalis-edu.com (consulté le 8 janvier 2016)
  3. Selon le code Inca la capture de l'empereur aurait dû arrêter le massacre
  4. [1] (The Fates of Human Societies, W. W. Norton, 1997 (prix Pulitzer du meilleur livre de science), pages 78, 374.) - (Dr Robert Royal, 1492 and All That : Political Manipulations of History, University Press of America, 1992, page 63.)
  5. (en) « First-Known Gunshot Vicitim Of New World Found In Peruvian Inca Cemetery », sur press.nationalgeographic.com, (consulté le 28 mai 2015)
  6. disponible sur Gallica

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale de Catalogne • WorldCat
  • (es) José Antonio del Busto, « El conquistador Martín Pizarro, primer alguacil de Lima », Mercurio Peruano 44, partie 1, 1963, p. 111-125.
  • (es) José Antonio del Busto, Francisco Pizarro. El Marqués Gobernador, 2ème éd. revue, Lima, Studium, 1978.
  • (es) José Antonio del Busto, La conquista del Perú, 2ème éd., Lima, Studium, 1981.
  • (es) José Antonio del Busto, La pacificación del Perú, Lima, Studium, 1984.
  • (es) José Antonio del Busto, Diccionario histórico biográfico de los conquistadores del Perú, Lima, Studium, 1986-87.
  • (es) José Antonio del Busto, La tierra y la sangre de Francisco Pizarro, Lima, Universidad de Lima, 1993.
  • (es) Luis Fernández Martín, « Hernando Pizarro en el Castillo de la Mota. Valladolid », Consejería de Cultura y Bienestar Social, Junta de Castilla y León, 1991.
  • Bernard Lavallé, Francisco Pizarro, Conquistador de l'extrême, Paris, Payot, , 352 p. (ISBN 2-228-89812-0, présentation en ligne).
  • (es) Hugo Ludeña, « Versiones tempranas sobre la muerte de don Francisco Pizarro », Boletín de Lima, n° 37, janvier 1985, p. 5-32.
  • (es) Miguel Muñoz de San Pedro (comte de Canilleros), « Francisco Pizarro debió apellidarse Díaz o Hinojosa », Sobretiro de Revista de Estudios Extremeños, n° 6, 1950.
  • (es) Miguel Muñoz de San Pedro (comte de Canilleros), « Las últimas disposiciones del último Pizarro de la conquista », Boletín de la Real Academia de la Historia, n° 126, 1950, p. 387-425 ; n° 127, 1950, p. 203-252, 527-560.
  • (es) Miguel Muñoz de San Pedro (comte de Canilleros), « La total extinguida descendencia de Francisco Pizarro », Revista de Estudios Extremeños, n° 20, 1964, p. 467-72.
  • (en) Rafael Varón Gabai et Auke Pieter Jacobs, « Peruvian Wealth and Spanish Investments : The Pizarro Family during the Sixteenth Century », The Hispanic American Historical Review, Duke University Press, vol. 67, no 4,‎ , p. 657-695 (lire en ligne).
  • (es) Rafael Varón Gabai et Auke Pieter Jacobs, « Los dueños del Perú : negocios e inversiones de los Pizarro en el siglo XVI », Histórica, vol. 13, no 2,‎ , p. 197-242 (lire en ligne).
  • (es) Rafael Varón Gabai, La ilusión del poder : Apogeo y decadencia de los Pizarro en la conquista del Perú, Limz, Institut français d’études andines (IFEA), Instituto de Estudios Peruanos, coll. « Travaux de l'IFEA » (no 98), , 450 p. (ISBN 9789972510007, présentation en ligne, lire en ligne)
    Traduction anglaise : (en) Rafael Varon Gabai (traducteur : Javier Flores Espinoza), Francisco Pizarro and His Brothers : The Illusion of Power in Sixteenth-Century Peru, University of Oklahoma Press, 1997, 368 p.
  • (es) Luis Vázquez Fernández, « Los Pizarros, la Merced, el convento de Trujillo (Cáceres) y Tirso », Madrid, revue Estudios, juillet-décembre 1984, p. 203-427.
  • (es) Luis Vázquez Fernández, « Tirso y los Pizarro. Aspectos histórico-documentales », Trujillo, Fundación Obra Pía de los Pizarro y Kassel, éditions Reichenberger, 1993.
  • (es) Juan José Vega, Los Incas frente a España. Las guerras de la resistencia, 1531-1544, Lima, Peisa, 1992.
  • (es) Nathan Wachtel, Los vencidos. Los indios del Perú frente a la conquista española (1530-1570), Madrid, Alianza, 1976.

Articles connexes[modifier | modifier le code]