Animal-totem

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L’animal-totem est un animal vénéré comme une divinité, l'ancêtre d'un clan ou un protecteur. Très présent dans les cultures amérindiennes, l'animal-totem se trouve également dans de nombreuses cultures africaines et en Europe.

Quelques animaux-totems de l'Ancien Monde[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses traces d'animaux-totem et de vénérations associées dans les sociétés anciennes, en particulier en Afrique où la gazelle était honorée après sa mort, ce qui a donné naissance à un conte swahili mettant en scène une gazelle comme animal-totem protecteur. Chez les Wanika, peuple d’Afrique orientale, c'est la hyène qui était considérée comme l'ancêtre du clan et célébrée plus solennellement que le chef à sa mort[1]. On retrouve le même type de vénération en Mongolie, dans un conte où la mort d'un renard qui a aidé un jeune homme à se marier donne lieu à quinze jours de funérailles et au sacrifice d'un taureau[2], ou encore en Grèce antique, aussi bien pour le homard que pour le hibou, enterré par les membres du clan des hiboux de Samoa comme s'il était un homme[1].

De manière générale, ces animaux qui jouent un rôle de totem protecteur dans les contes et légendes sont plus fréquemment le renard, la gazelle, le chacal et bien sûr le chat, plus rarement le chien et le singe[3].

Le Chat botté[modifier | modifier le code]

Pierre Saintyves pense que le conte de Perrault Le Maître chat ou le Chat botté se reporte au temps des cultes d'animaux et au concept d'animal-totem[4]. Jacques Barchilon et Henry Pettit notent dans l'introduction de The Authentic Mother Goose: Fairy Tales and Nursery Rhymes que le thème principal du Chat botté est celui du donateur et que le conte « porte les mémoires ataviques de l'animal totem familial en tant que protecteur paternel de la tribu, qui se retrouvent en anthropologie et dans les missions. »[5].

À l'époque où le conte du Chat botté est écrit par Perrault, le chat est largement considéré comme un animal malfaisant, compagnon des sorcières et incarnation du Diable en Europe occidentale. Pierre Saintyves se demande si l'on doit admettre « que le chat fut jadis considéré en Europe comme un animal gardien, ou tout au moins comme un être sacré ». Le culte du chat est attesté en Égypte antique, mais cet animal domestiqué a gagné assez tardivement les foyers d'Europe occidentale. Plus étonnant, ces chats domestiques seraient descendants du chat ganté de Nubie, qui est un chat « botté », précisément honoré par les anciens Égyptiens[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Saintyves 1990, p. 474
  2. Saintyves 1990, p. 473
  3. Saintyves 1990, p. 476
  4. Saintyves 1990, p. 472
  5. Barchilon 1960, p. 14, 16
  6. Saintyves 1990, p. 479

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Pierre Saintyves, Les contes de Perrault et les récits parallèles: leurs origines: coutumes primitives et liturgies populaires, Slatkine, , 646 p. (ISBN 9782051010979), p. 406. 
  • (en) Jacques Barchilon, The Authentic Mother Goose: Fairy Tales and Nursery Rhymes, Denver, CO, Alan Swallow,