Lama (animal)

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Lama glama

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Le lama blanc ou lama (Lama glama) est un camélidé domestique d'Amérique du Sud. Le terme « lama » est souvent utilisé de manière plus large pour s'appliquer aux quatre espèces animales proches qui constituent la branche sud-américaine des camélidés : le lama blanc lui-même, l'alpaga, le guanaco et la vigogne (voir pour cela le genre lama). Sa longévité est comprise entre 10 et 20 ans[1]. Une étude récente montre que, malgré quelques croisements, le lama, animal domestique, descend du guanaco, animal sauvage, alors que l'alpaga, animal domestique, descend de la vigogne, animal sauvage[2].


Origine[modifier | modifier le code]

Le lama appartient à la famille des camélidés, leur sous-continent d'origine est l'Amérique du Nord. Ils ont disparu de l'Amérique du Nord pour une cause inconnue pendant la période de l'éocène certains ayant pu émigrer en Amérique du Sud[3].

Le lama a eu un rôle social et religieux. Utilisé comme bête de somme, il était aussi très prisé pour sa fourrure et sa viande, mais sa charge maximale étant seulement d'une vingtaine de kilos, il ne peut être monté[4].

Classification[modifier | modifier le code]

Les premiers écrits concernant le lama le comparent généralement au mouton. Pourtant, on s'aperçut très vite de sa parenté avec le chameau, et donc avec les camélidés.

Les paléontologues Joseph Leidy, Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh ont interprété la découverte d'espèces disparues de l'ère tertiaire sur le continent américain, qui apporte des lumières sur l'apparition de cette famille et leurs relations avec les autres mammifères. À l'origine, les lamas n'étaient pas cantonnés à la partie du continent américain située au sud du canal de Panama comme ils le sont de nos jours. On en a découvert de nombreuses traces datées du pléistocène dans la région des montagnes Rocheuses ainsi qu'en Amérique centrale, dont certains beaucoup plus grands que les spécimens actuels. De nombreux animaux apparentés aux chameaux, montrant des mutations génétiques et une série progressive de changements, y ont été découverts dans des strates allant du pliocène au début du miocène. Comme aucune trace de camélidé n'a - à ce jour - été découverte dans des fouilles du vieux continent, il est actuellement admis que les Amériques sont leur terre d'origine et que certains sont passés en Asie, descendant vers le sud en fonction des modifications climatiques pour devenir les chameaux. Il y a peu de mammifères dont le passé paléontologique a été retracé avec autant de succès[5].

Caractéristiques[6][modifier | modifier le code]

Anatomie[modifier | modifier le code]

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La denture des adultes est la suivante :

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 2 1 1 1 1 2 3
3 2 1 3 3 1 2 3
mâchoire inférieure
Total : 32

Dans la mâchoire supérieure on trouve un inciseur pointu et aiguisé au bord de la prémaxillaire, suivi d'une véritable canine pointue, incurvée et de taille moyenne sur la partie antérieure de la maxillaire. La prémolaire isolée ressemblant à une canine que l'on retrouve chez les chameaux n'est pas présente. Les molaires qui sont en contact les unes avec les autres sont deux très petites prémolaires (la première étant très rudimentaire) et trois molaires larges, construites généralement comme celles des autres camélidés. Dans la mâchoire inférieure, les trois incisives sont longues et en forme de spatule ; les extérieures sont les plus petites. À côté de celles-ci, il y a une canine courbée, suivie après un intervalle d'une simple prémolaire conique ; puis une série continue composée d'une prémolaire et de trois molaires, qui diffèrent de celles du chameau par une petite colonne formée sur le bord extérieur antérieur.

Le crâne ressemble généralement à celui du chameau, sa taille plus réduite expliquant la cavité crânienne et les orbites relativement plus développées et les cloisons crâniennes plus modestes. Les os nasaux sont plus courts et plus larges, rejoints par la prémaxillaire.

Anatomie superficielle 1 Liste- 2 Oreille - 3 garrot- 4 Dos - 5 Hanche - 6 Croupe - 7 Départ de la queue - 8 queue - 9 fesses - 10 jarret 11 Canon arrière 12 Sabot - 13 Grasset - 14 Glandes arrières du métatarse - 15 Articulation de la jambe- 16 Flanc- 17 Côtes - 18 Coude - 19 Paturon - 20 Cheville - 21 Genou - 22 Poitrine - 23 Articulation de l'épaule - 24 Épaule - 25 Cou - 26 Joue - 27 Museau

Vertèbres :

  • cervicales 7,
  • dorsales 12,
  • lombaires 7,
  • sacrales 4,
  • caudales de 15 à 20.

Les oreilles sont plutôt longues et arrondies. Il n'y a pas de bosse dorsale. Les pieds sont proches, les doigts de pieds sont plus séparés que chez les chameaux, et possèdent chacun leur voûte plantaire distincte. La queue est courte, et la fourrure longue et laineuse.

Dans les caractéristiques structurelles essentielles, ainsi que dans l'apparence générale et leur comportement, tous les animaux de ce genre se ressemblent étroitement, et la question de savoir s'ils doivent être considérés comme appartenant à une, deux ou plusieurs espèces différentes a été la cause de nombreux débats et controverses chez les naturalistes.

Reproduction : l'ovulation de la femelle est induite. Il n'y a donc pas, comme chez d'autres mammifères, de périodes de « chaleur » et la fécondation peut ainsi avoir lieu en toute saison, sous réserve du respect d'un cycle folliculaire. La gestation dure généralement 11 mois mais peut en atteindre 13. La mise bas est rapide. Elle a lieu généralement en fin de matinée ou en début d'après-midi, la femelle restant en position debout.

Comportement[modifier | modifier le code]

  • Cri du lama : Le lama s'exprime par toute une gamme de sons, qui peuvent traduire la tristesse, la mise en garde de ses congénères contre un danger supposé, l'hostilité vis-à-vis d'un rival, voire la satisfaction sexuelle.

Le lama crache pour sa défense (très rarement sur l'homme, plus souvent sur ses congénères). Ce crachat est constitué, dans les cas graves, de régurgitations gastriques visqueuses, plus fréquemment, d'une sorte de nébulisation salivaire qu'il projette sur l'objet de sa colère.

Le lama est un animal qui rumine mais n'est pas classé parmi les ruminants.

Galerie[modifier | modifier le code]

Arts et culture[modifier | modifier le code]

Le lama apparaît fréquemment dans les arts des civilisations pré-colombiennes, principalement la culture des Moche et la civilisation inca. Dans la mythologie inca, le dieu Urcuchillay est représenté sous la forme d'un lama multicolore.

Dans la bande dessinée, l'album d'Hergé Tintin et le Temple du Soleil comporte un gag fameux au cours duquel un lama crache sur le capitaine Haddock.

Au cinéma, le film d'animation des studios Disney Kuzco, l'empereur mégalo, sorti en 2000, montre un empereur d'une civilisation précolombienne imaginaire transformé accidentellement en lama.

Élevages de lamas en France[modifier | modifier le code]

Charles Galmiche avec ses lamas domestiqués dans les Vosges en 1865

Le premier élevage de lamas domestiques importés et reproduits pour la laine et le portage de charges date des années 1860 dans les Vosges lorraines[7].Il existe de nombreux élevages de lamas en France en partie recensés par l’Association française des lamas et alpagas[8]. Plus rarement, après un dressage spécial, ils peuvent être utilisés comme gardiens de troupeaux, protégeant le bétail de l'attaque des prédateurs[9]. Les animaux sont élevés pour leur laine, le débroussaillage[10] ou leur intérêt touristique. Les animaux ne portent pas de personnes mais peuvent aider au transport des sacs lors de randonnées en montagne[11].

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Mammal Species of the World (12 février 2014)[12] :

  • sous-espèce Lama glama cacsilensis
  • sous-espèce Lama glama glama
  • sous-espèce Lama glama guanicoe - le guanaco (annexe 2 de la CITES pour cette sous-espèce souvent considérée comme espèce à part entière sous le nom Lama guanicoe)

Selon NCBI (12 février 2014)[13]

  • sous-espèce Lama glama argentina
  • sous-espèce Lama glama ccara
  • sous-espèce Lama glama chaku
  • sous-espèce Lama glama cana

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lama (Lama glama) », sur animaux.com (consulté le 30 août 2013)
  2. Dr Jane Wheeler, « Genetic analysis reveals the wild ancestors of the llama and the alpaca », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 268, no 1485,‎ , p. 2575–2584 (PMID 11749713, PMCID 1088918, DOI 10.1098/rspb.2001.1774)
  3. E. Mukasa-Mugerwa, Le chameau (Camelus dromedarius): etude bibliographique, ILRI (aka ILCA and ILRAD), (ISBN 9789290530626, lire en ligne), P1 Cependant, vers cette époque (éocène) … D'autres camélidés émigrèrent en Amérique du Sud où ils donnèrent naissance aux caméloïdes sans bosse du Nouveau Monde : le guanaco sauvage et le vigogne puis plus tard, le lama et l'alpaga, espèces domestiques.
  4. « Pastoralism in Northern Peru during Pre-Hispanic Times: Insights from the Mochica Period (100-800 AD) Based on Stable Isotopic Analysis of Domestic Camelids. », sur archive.org (consulté le 20 juin 2016), P1 From then onwards, camelids have occupied a fundamental economic, sociel and religious rôle, both in pre-Hispanic and modern Andean cultures (3). During the pre-Hispanic period, the llamas was the only beast of burden and caravans providing goods to different ecological zones were crucial to the development of extensive trade nertworks [1,4-6]. Textiles were manufactured from camelid wood and traded throughout the Andes, their meat was cosumed, leather and bones served as raw materials,,,
  5. E. Mukasa-Mugerwa, Le chameau (Camelus dromedarius): etude bibliographique, ILRI (aka ILCA and ILRAD), (ISBN 9789290530626, lire en ligne)
  6. « Llama Facts », sur www.llamasofatlanta.com (consulté le 20 juin 2016)
  7. Pierre Étienne Denis Leduc (called Saint-Germain Leduc), Serviteurs et commensaux de l'homme, Alfred Mame et Fils, Editeurs, (lire en ligne)
  8. Association française des lamas et alpagas
  9. [1] Elevage de lamas. Production et vente de crias (petits lamas). Spécialisé dans la production et la sélection du lama gardien de troupeau.
  10. Directmatin, « Des lamas pour remplacer les tondeuses à gazon | www.directmatin.fr », sur www.directmatin.fr (consulté le 17 juillet 2016)
  11. Randonnées avec des lamas
  12. Mammal Species of the World, consulté le 12 février 2014
  13. NCBI, consulté le 12 février 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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