Atahualpa

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Atahualpa
Image illustrative de l'article Atahualpa
Titre
5e empereur inca
1532
Prédécesseur Huascar
Successeur Topa Hualpa
Biographie
Date de naissance 1500
Lieu de naissance Cuzco ou Quito
Date de décès
Lieu de décès Cajamarca
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'empereur inca. Pour le musicien, voir Atahualpa Yupanqui. Pour la province bolivienne, voir Province d'Atahuallpa.

Atahualpa (1497[1], 1500 ou 1502[2] - 1533) est le dernier empereur de l'empire inca indépendant. D'abord implanté dans la partie nord du royaume, une région dont les principales villes sont à l'époque Quito et Tomebamba, il s'empare du trône impérial de Cuzco après sa victoire lors de la guerre fratricide qui l'oppose à son demi-frère Huascar pour le pouvoir après la mort de leur père Huayna Capac. Sa victoire coïncide toutefois avec l'arrivée au Pérou des conquistadors espagnols menés par Francisco Pizarro, par lesquels il est capturé en 1532 lors de la bataille de Cajamarca, puis exécuté en 1533.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un avènement difficile[modifier | modifier le code]

Fils d'une princesse de l'ancien du Royaume de Quito et du Sapa Inca Huayna Capac, Atahualpa naît dans le royaume de Quito vers 1500. Lorsque son père décède, la succession au trône reste incertaine, le fils désigné par Huayna Capac ayant été emporté par une épidémie de variole. Dans l'incertitude, Huascar dont la mère est une princesse de Cuzco est couronné. La noblesse du nord de l'empire étant hostile à cette décision décide de couronner Atahualpa comme Sapa Inca. Le prince régnera ainsi deux années sur les provinces du nord de l'empire où il est honoré et respecté comme souverain unique. Un statu quo se maintient jusqu'à ce que les généraux quiténiens arrivent à persuader le prince de monter sur le trône de Cuzco : l'empire ne doit pas rester divisé. Les généraux Quizquiz, Chalcuchimac et Rumiñahui sont à la tête des armées de Quito, les hostilités s'ouvrent ainsi. Après des mois de guerre civile, les armées de Huascar sont presque défaites. Atahualpa semble pouvoir devenir le 13e empereur inca du Tahuantinsuyu (l'empire inca), il est en route pour Cuzco lorsqu'il reçoit la nouvelle du débarquement des hommes blancs et barbus dans la baie de Tumbes. Le prince fait surveiller les étrangers et on rapporte déjà de nombreux abus de leur part.

L'arrivée des conquistadores[modifier | modifier le code]

Portraits et Vies des Hommes Illustres, 1584

Le , après quelques pourparlers, Atahualpa est invité par le conquistador espagnol Francisco Pizarro, dans le village de Cajamarca au nord de l'actuel Pérou.

L'empereur Atahualpa se rend à proximité de Cajamarca entouré de sa cour et escorté de ses armées triomphantes, celles-ci sont suffisamment nombreuses pour encercler toute la ville et camper sur tous les flancs de la vallée. Pour convaincre Atahualpa de le rencontrer, Pizarro lui propose de l'aider dans la lutte qui l'oppose à son frère Huascar. Méfiant, Atahualpa accepte néanmoins et convient d'une entrevue à laquelle Indiens et Espagnols doivent se rendre sans armes.

N'ayant pas décelé le piège, l'Inca se rend en très grande pompe dans la ville de Cajamarca : il souhaite impressionner les étrangers. Dans sa litière d'or, portée par les plus nobles princes de l'empire, le « Fils du Soleil » est escorté par pas moins de 30 000 hommes et femmes de sa cour et de son armée. Un prêtre espagnol présente une bible au prince en lui demandant s'il accepte de suivre la « parole du Dieu unique ». Atahualpa se saisit du livre et le porte à son oreille. Celui-ci s'exclame qu'il n'entend aucune parole et jette le livre à terre. Erreur fatale : pour les Espagnols, le sacrilège sera le prétexte qu'ils attendaient pour capturer le prince, et ils donnent alors le signal de l'attaque.

Cachés dans les maisons de la ville, les Espagnols en armes se ruent sur les Indiens venus désarmés. Ayant attaché des grelots aux jambes de leurs chevaux et tirant en tout sens avec leurs fusils, ils créent une véritable panique chez les Indiens, ceux-ci tentent de s'enfuir de la place dont les issues sont trop petites, beaucoup sont déjà piétinés. Les Espagnols finissent par se saisir de lui et le souverain inca est fait prisonnier. Mais cela ne semble pas suffire aux Espagnols qui, jusqu'à la nuit tombée, pourchassent les Indiens dans toute la vallée, laissant derrière eux plus de vingt mille cadavres dont une grande partie de la noblesse et de l'élite impériale venue en paix.

Voyant que les Espagnols portaient un intérêt spécial aux métaux précieux, le prince propose pour sa libération une fabuleuse rançon en or et en argent. Les Espagnols acceptent. Sur ordre du souverain, les sujets apportent de tout l'empire une quantité extraordinaire d'or et d'argent, les temples sont vidés (on parle alors de 12 tonnes d'or et d'argent).

Pendant sa détention, Atahualpa reçoit des nouvelles de ses armées : le prince de Cuzco, Huascar est fait prisonnier et est enfermé au Sacsahuaman, Atahualpa qui semble croire que les Espagnols vont le libérer, ordonne de faire exécuter son rival. (On peut considérer qu'Atahualpa fait la même chose à son rival étant donné qu'Huascar avait demandé auparavant l'éxecution de son demi-frère).

Exécution d'Atahualpa par le feu (illustration du XIXe siècle).
Funérailles d'Atahualpa.

Après versement de la rançon, les Espagnols, ayant pris la mesure de la puissance du prince en son royaume, commencent à penser que cet homme qui a tant de prestige et d'autorité sur son peuple finira tôt ou tard par reprendre le dessus sur eux. Les Espagnols les plus radicaux proposent d'exécuter le prince et de placer un empereur fantoche à sa place, lequel sera plus manipulable. Pizarro, à contre cœur, doit condamner Atahualpa qu'il a appris à estimer. Le prince est donc condamné à être brûlé sur un bûcher. Les Espagnols l'estimant le supplient de se convertir, auquel cas il sera garrotté et non brûlé ; Atahualpa accepte. L'exécution a lieu dans sa cellule le .

L'empire inca est anéanti. Les Espagnols poursuivront leur plan en plaçant sur le trône Manco Inca aussi appelé Manco Capac II, qui par la suite mènera une grande rébellion.

L'exécution de l'empereur Atahualpa[modifier | modifier le code]

Exécution de l’empereur Atahualpa[modifier | modifier le code]

L’exécution du dernier empereur Inca Atahualpa est principalement survenue le 29 août 1533, sous les ordres du conquistador espagnol Francisco Pizarro, un peu moins d’un an près sa capture lors du guet-apens de Cajamarca le 16 novembre 1532 par les espagnols. L’empereur, qui était au départ condamné à brûler sur le bûcher en raison de son caractère « hérétique » aux yeux de la Sainte Église catholique, fut finalement exécuté par strangulation sous le supplice du garrot, après avoir accepté de se conformer à la foi catholique des espagnols[3].

La guerre de succession, l’arrivée de Pizarro et les circonstances de la mort de l’empereur[modifier | modifier le code]

Suite à la guerre de succession inca de 1530 à 1532 que se livrent les demi-frères Atahualpa et Huascar pour savoir lequel doit être le véritable successeur d'Huayna Capac, la puissance de l’empire Inca commence à chuter. L’arrivée en 1531 du conquistador espagnol Francisco Pizarro au Pérou ne fait qu’empirer la situation. En effet, le peuple inca se retrouve alors divisé en deux : d’une part les partisans d'Atahualpa (les Quitenos), et de l’autre les partisans d'Huascar (les Cusquenos). Puisque l’empire se retrouve affaiblit par la guerre de succession qui fait rage au sein du pays, les incas, même s’ils sont plus nombreux, ne peuvent affronter les espagnols. La conquête tourne alors à l’avantage des conquistadors, qui profiteront de la situation afin de s’emparer de l’empire et du territoire[4].

Après la prise de Cajamarca par les espagnols le 16 novembre 1532[5], l’empereur Inca Atahualpa est capturé puis emprisonné. Puisque les conquistadors portaient une attention plus particulière à l’or et aux métaux précieux dont disposait l’empire Inca, Atahualpa promet alors une rançon d’argent assez importante à Francisco Pizarro et ses hommes en l’échange de sa libération. Cependant, après le versement de la rançon promise par l’empereur, le conquistador Pizarro ordonne malgré tout son exécution. Au départ, Atahualpa était censé être exécuté sur le bûcher en raison de sa foi non-catholique, mais cette condamnation fut par la suite commuée en la sentence moins sévère du supplice du garrot. En effet, le conquistador espagnol Francisco Pizarro ainsi que le Père Vicente de Valverde le suppliait de se conformer à la foi catholique afin d’éviter le sort cruel qui l’attendait. C’est ce que l’empereur Inca fit. Le 29 août 1533, Atahualpa est exécuté dans sa cellule par le supplice du garrot; sentence de mort par strangulation que les espagnols pratiquaient contre les criminels à l’époque. L’exécution de l’empereur Atahualpa s’explique comme suit : « le 29 août 1533, Atahualpa fut amené, les chaînes aux pieds et aux mains. Le père Vicente de Valverde était à son côté, le persuadant d’abjurer sa superstition et d’embrasser la religion de ses conquérants, lui promettant que s’il y consentait, la mort cruelle à laquelle il était condamné serait commuée en la peine moins terrible du garrot - supplice par strangulation, employé en Espagne pour les criminels »[6]. Cette condamnation, comme le précise Rafael Karsten[7], fut justement inspirée par le Père Vicente de Valverde, afin que celle-ci représente la Sainte foi Catholique romaine, et délivrée au nom de la Sainte Église[7]. La mort d’Atahualpa est ainsi un symbole à caractère religieux, et par le fait même, un exemple de la puissance de l’Église à cette époque. La mort du dernier empereur Inca symbolise ainsi la chute ainsi que la fin définitive de l’empire, et demeure l’un des événements les plus marquants de la période coloniale au Pérou.

Suite et conséquences de l’exécution[modifier | modifier le code]

Après l’exécution de l’empereur Atahualpa, l’empire Inca est anéanti. Les espagnols le remplacent par Manco Capac II (ou Manco Inca); demi-frère de Atahualpa et d’Huascar. Au départ, le plan des espagnols était de renverser l’empereur Atahualpa afin d’instaurer un monarque plutôt fantoche et plus facilement manipulable. Malgré cela, le nouvel empereur Manco Capac II s’est rebellé contre les conquistadors et réussit à renverser pendant quelque temps la puissance des espagnols. Après la guerre de résistance, les conquistadors amplifient leur puissance militaire au Pérou et Manco Capac II sera finalement assassiné par le fils de Diego de Almagro.

Le tombeau[modifier | modifier le code]

L'historienne Tamara Estupiñán Viteri, chercheuse à l’Institut français des études andines, est convaincue que la dépouille d'Atahualpa se trouve sur un site archéologique qui a été découvert dans la région de Sigchos, dans l’actuelle province de Cotopaxi en Équateur[8]. Entre 2004 et 2010, Tamara Estupiñán Viteri y découvre les premiers vestiges, et à proximité, un lieu-dit appelé Machay qui signifie l’endroit où repose le malqui (l'empereur en quechua). Les ruines apparentes sont constituées d’un bassin, alimenté par des canaux, surmonté d’une plateforme ou d’un ushnu, une sorte d’oratoire solaire où pouvait s’asseoir l’Inca, et d’une place en forme de trapèze. Une campagne de fouilles devrait débuter en avril 2012[9].

Vidéo avec Yahoo.fr et l'AFP[10].

Représentations[modifier | modifier le code]

Aux yeux de nombreux habitants des pays andins, le prince Atahualpa reste une figure historique très estimée en raison de l'aspect tragique de sa capture par les Espagnols.

Il est également souvent considéré comme le XIIIe et dernier empereur inca annoncé par la prophétie faite à l'époque de Tupac Yupanqui.

Par ailleurs la capture de l'empereur Atahualpa à Cajamarca fut l'objet d'un poème de Pablo Neruda : Las Agonías.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article Atahualpa du Diccionario biográfico ecuatoriano, Rodolfo Pérez Pimentel, article Atahualpa
  2. Selon Burr Cartwright Brundage, (Empire of the Inca, p. 373), à sa mort, Atahualpa avait un peu plus de trente ans car les sources indiquent soit qu'il avait trente ans (Francisco de Jérez, Verdadera relación de la conquista del Perú y provincia del Cuzco, 1853), soit plus de trente ans, soit « trente ou trente-deux ».
  3. Planète Pérou (s.d.) « La chute de l’empire Inca » Planète Perdu : terres de l’Inca [En ligne], Consulté le 16 novembre 2012. http://planeteperou.over-blog.com/article-la chute-de-l-empire-inca 90918076.html
  4. Compagnon, Olivier (s.d.) « Chute de l’empire Inca », Encyclopédie Universalis [En ligne] http://www.universalis-edu.com.proxy.cegepat.qc.ca/encyclopedie/chute-de-l-empire-inca/
  5. (Berthe, Jean-Pierre, « Amérique (Histoire) – Amérique espagnole » page. 5
  6. Prescott, William H. (1969) « La fin tragique de l’empire Inca », Histoire de la conquête du Pérou, Éditions de Fernier, Genève, Suisse, page 104.
  7. a et b Karsten, Rafael, (1957) « La civilisation de l’empire Inca » Un état totalitaire du passé, Bibliothèque Historique, Payot, Paris, France, page 65
  8. Scienceshumaines.com, [1]».
  9. Tamara Estupiñán Viteri, « Los Sigchos, el último refugio de los incas quiteños. Una propuesta preliminar », Bulletin de l’Institut français d’études andines, t. XL, no 1, 2011.
  10. Vidéo avec Yahoo et l'AFP, [2]».

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Felipe Pérez Monosalba, Atahuallpa, Fundación el Libro Total,‎ 1852, 261 p. (lire en ligne)
Précédé par Atahualpa Suivi par
Huascar
(règne : 1527-1532)

Empereurs incas
Topa Hualpa