Bretenoux

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Bretenoux
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Lot
Arrondissement Figeac
Canton Cère et Ségala
Intercommunalité Communauté de communes Cère et Dordogne
(siège)
Maire
Mandat
Pierre Moles
2014-2020
Code postal 46130
Code commune 46038
Démographie
Gentilé Bretenouvien
Population
municipale
1 352 hab. (2012)
Densité 238 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 54′ 54″ N 1° 50′ 21″ E / 44.915, 1.839166666666744° 54′ 54″ Nord 1° 50′ 21″ Est / 44.915, 1.8391666666667
Altitude 136 m (min. : 129 m) (max. : 245 m)
Superficie 5,69 km2
Localisation

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Bretenoux est une commune française située dans le département du Lot, en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Bretenouvien(ne)s.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bastide située au nord du Lot, près de la limite avec le département de la Corrèze, dans la vallée de la Dordogne, Bretenoux est collée à la ville de Biars-sur-Cère. Elle est traversée par la Cère et les anciennes routes nationales RN 140 et RN 703. Fondée en 1277 par le puissant seigneur de Castelnau, elle a conservé son plan en damier, sa place et ses couverts, deux belles maisons à tourelles devenues l'une l'hôtel de ville, l'autre gendarmerie, et des restes de remparts.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Bretenoux est issu de Brittanorum villa. La forme brittus renvoie à bretèche qui désigne une construction qui renforce une fortification[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Villefranche[modifier | modifier le code]

Le nom de Bretenoux apparaît pour la première fois dans le cartulaire de l'ancienne abbaye bénédictine de Beaulieu-sur-Dordogne conservé actuellement à la Bibliothèque nationale de France. Ce document permet d'affirmer que Bretenoux existait déjà en l'an 866 sous le nom qu'il porte aujourd'hui. C'était une « villa » c'est-à-dire une réunion de propriétés rurales appartenant à la Centaine d'Excidunum (la centaine était d'une subdivision administrative de la cicomté de Turenne, vicomté qui se situait dans le département actuel de la Corrèze).

Bretenoux pris de l'importance quand les seigneurs de Castelnau y fondèrent une bastide du nom de « Villa franca ad Orlindam ». Le baron Guérin de Castelnau octroya sa première charte en 1277 presque aussitôt après sa fondation. Cette charte définissait et précisait dans un accord mutuel les droits des seigneurs et les obligations des habitants de la Bastide. Ces « innovations » étaient à l’époque considérées comme libérales, abolissant définitivement le servage. Selon la charte de 1277 la bastide était administrée par quatre consuls élus par les habitants pour un an. Ceux-ci prêtaient serment de défendre les intérêts du seigneur et ceux de la ville. Les quatre consuls étaient assistés de huit conseillers. Tous prêtaient serment au seigneur. Comme marque de leur autorité les consuls étaient chargés de la police de la cité, de lever la taille (corvée peu enviable), de s’assurer du bon état des places, des rues, de veiller sur les foires et marchés, de contrôler les marchands, bouchers, boulangers, tailleurs et autres artisans. Ils assuraient également la garde de jour et de nuit des remparts et des portes de la ville. Ils étaient consultés pour la création des officiers de la baronnie des juges, bayles et sergents.

Le seigneur de Castelnau, ayant à cœur de tenir sa Villefranche bien peuplée, exemptait ses habitants de tout péage dans les terres de la baronnie ainsi que pour la traversée de la Cère et la Dordogne ; ils jouissaient des droits de pêche dans les rivières et ruisseaux. Ils pouvaient vendre à leur gré les denrées dont ils disposaient et acheter celles dont ils avaient besoin. La dite charte fut confirmée et plus ou moins modifiée en 1314 par Manfred et en 1554 par Jacques tous deux seigneurs de Castelnau.

Vieille ville[modifier | modifier le code]

De ce qui reste du vieux Bretenoux dont le nom se substitua quelques années plus tard à Villefranche-d’Orlinde, il nous est facile d’en reconstituer le plan primitif. La ville était entourée de rempart à créneaux, de fossés destinés à fortifier les défenses, le tout formant un quadrilatère de 140 mètres de côté. Chaque côté dans son milieu était pourvu d’une porte à cintre brisé. De nos jours une de ces portes est toujours visible. Il s’agit de la porte de la Guierle donnant sur la rivière Cère. Dans la partie sud du bourg subsistent encore quelques pans de murailles fortifiées. L’intérieur de la cité était constitué de rues en damier pavées de galets avec caniveau en leur milieu pour l’écoulement des eaux. Les maisons étaient séparées par des venelles ou andrones. La place était entourée de couverts ou porches dont la plus grande partie a été conservée.

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Cent Ans le Quercy fut sous occupation anglaise. Le baron de Castelnau, en 1360 protesta avec d’autres seigneurs du pays contre cette occupation déclarant que ses terres dont faisait partie Bretenoux étaient inaliénables et ne pouvaient être séparées de la couronne de France. Lors des guerres de religion, il semblerait que Bretenoux fut épargné ce qui ne fut pas le cas de communes voisines grâce en particulier à la diplomatie et au prestige du baron de Castelnau.

Confrérie de pénitents[modifier | modifier le code]

Il manquerait un chapitre à l'histoire de Bretenoux si l'on passait sous silence l'existence de la confrérie des Pénitents bleus « 1602 - 1875 ». Les confréries de pénitents abondaient jadis en France comme en Espagne et en Italie. Elles répondaient aux besoins que ressentait la chrétienté de s’unir dans le malheur pour implorer Dieu et mériter sa miséricorde.

Pénétrées de l'esprit de l'Évangile mais laïques et indépendants (l’évêque n'avait qu’à approuver le statut ou règlement) elles s’administraient ensuite elle-même. Dans la paroisse elles ne seront pas une entrave mais plutôt un auxiliaire puissant pour le clergé qui pourra compter sur leur dévouement. Une chapelle leur fut consacrée. Cette chapelle dont la façade principale donnait sur la place des Consuls fut détruite en 1920.

Accident de 1749[modifier | modifier le code]

En 1749 la commune fut endeuillée par un accident. À cette époque la liaison rive droite et rive gauche de la rivière Cère était assurée par bac. Des personnes de communes voisines venues assister à l’office du dimanche avaient pris place sur « le plus grand vaisseau du port quand celui-ci par un triste accident coula à fond ». Sept ou huit personnes furent sauvées et une trentaine périrent noyées.

De la Révolution à nos jours[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution, Bretenoux devint chef-lieu de canton du district de Saint-Céré puis de l’arrondissement de Figeac. De 1789 à nos jours plusieurs faits plus ou moins importants se rattachent à l’histoire locale. En 1848 le révolutionnaire et socialiste Louis Auguste Blanqui traqué par toutes les polices se réfugia à Bretenoux où grâce à la complicité d’un habitant le docteur Lacambre il réussit à échapper aux gendarmes avant de se faire reprendre. Il est à noter également la venue à Bretenoux de Pierre Loti qui dans son adolescence venait passer ses vacances chez son « oncle du Midi » et dont il relate son séjour dans Le roman d’un enfant. En 1891 est inaugurée la gare de Bretenoux - Biars sur une portion de la ligne de chemin de fer reliant Aurillac à Saint-Denis près Martel (combinaison des lignes de Souillac à Viescamp-sous-Jallès et de Figeac à Arvant). Ce service de transport fut complété à partir de 1907 par la ligne des Tramways du Quercy, reliant cette gare à la ville de Saint-Céré.

Comme dans les campagnes, lors de la guerre de 1914-1918 de nombreux jeunes hommes de la commune furent tués au cours des combats.

La débâcle de 1940 amena sur son territoire une forte colonie de Lorrains et de Polonais

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune subit la répression nazie du « régiment SS Der Führer », appartenant à la 2e division SS Das Reich. Depuis le au matin, 27 maquisards avaient barrées le pont sur la Cère avec d'énormes troncs d'arbres. Le , les allemands attaquent et utilisent leur artillerie[2]. Au cours des combats qui s’en suivirent 19 maquisards trouvèrent la mort ainsi que 13 victimes civiles.

Contrairement à ce qui est communément admis, cette division quitta ses cantonnements le 7 juin 1944 non pour rejoindre à marche forcée la Normandie, comme la date pourrait le laisser supposer, mais pour mettre fin à l’insécurité qui régnait dans le périmètre Brive Clermont-Ferrand Limoges. Alors que les maquisards étaient persuadés que leur action avait pour but de freiner la progression de renfort, c’est seulement le 10 juin que parviendra l’ordre de rejoindre cette région.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Bretenoux Blason D'or au château à trois tours crénelées de gueules, celle du milieu plus élevée, ouvert du champ, surmonté et accosté de trois fleurs de lis d'azur 1 et 2.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 réélu en 2008 Jean Launay PS Député et ancien conseiller général

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 352 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
676 589 582 647 800 840 852 883 942
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
968 972 1 011 922 942 932 985 969 892
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
913 927 841 756 781 862 822 802 826
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
931 1 071 1 115 1 213 1 211 1 231 1 311 1 322 1 352
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 1691 d'après un Livre de l'estat des Ames et des registres de catholicité la population de la paroisse était de 590 habitants Au début du XXe siècle, Bretenoux comptait 927 habitants[5].

Économie[modifier | modifier le code]

Viticulture : Coteaux-de-glanes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • la place centrale : de forme carrée, entourée de maisons à arcades ;
  • la maison de l'oncle du Midi de Pierre Loti, à l'angle de la rue d'Orlinde et de la rue Pierre-Loti ;
  • la mairie.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Loti (1850-1923), écrivain, passa une partie de son enfance à Bretenoux. Il y séjourna chez son oncle, Pierre Bon, durant les vacances scolaires d’été de 1861 à 1864. Il en garda des souvenirs inoubliables qu’il décrit dans ses derniers ouvrages comme : Le Roman d’un enfant, Prime jeunesse ou Journal intime ;

Sports[modifier | modifier le code]

  • Club de rugby à XV : le Club de Rugby Bretenoux-Biars Cére et Dordogne (CRBB) évolue dans le Championnat territorial du Comité du Limousin en Honneur Pour la saison 2012-2013.
  • Club de basket-ball : le Dynamic Basket Lot Corrèze (ou DYBA) évolue en championnat régional du Limousin ; une grande partie de ses équipes jouent dans le gymnase de Bretenoux-Biars. Les autres équipes jouent sur les sites de Meyssac, Saint-Sozy et Vayrac.
  • Club Rassemblement Rugby Nord Quercy (RRNQ), regroupant les cadets et juniors de Bretenoux-Biars, Saint-Céré, Beaulieu et Vayrac.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Chanoine J.S Gouzou, Bretenoux en Haut-Quercy, Note d'histoire locale imprimerie Salingardes 2e édition 1955.
  • Pierre Laborie, Les Mots de 39-45, Presses universitaires du Mirail mai 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gaston Bazalgues, À la découverte des noms de lieux du Quercy : Toponymie lotoise, Gourdon, Éditions de la Bouriane et du Quercy,‎ , 127 p. (ISBN 2-910540-16-2), p. 107.
  2. Gilbert Lacan, Figeac en Quercy : sous la terreur allemande, Paris, Union Amicale des Enfants de l'Arrondissement de Figeac,‎ , 99 p., p. 77.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012.
  5. Le Lot chapitre Centres d'excursion p. 248 - Armand Viré - Réédition de l'ouvrage de 1907 - ISBN 2-7455-0049-X

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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