Thérapie d'acceptation et d'engagement

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La thérapie d'acceptation et d'engagement (en anglais, Acceptance and commitment therapy ou ACT) est une forme de psychothérapie qui prend son origine dans les thérapies cognitivo-comportementales et correspond à la troisième vague de celles-ci. En anglais, cette thérapie se nomme Acceptance and commitment therapy (ou ACT, qui se prononce tel quel en anglais comme en français). Cette psychothérapie fut élaborée par Steven C. Hayes (en) et fut testée par Robert Zettle en 1985, mais elle fut réellement développée et finalisée fin des années 1980. Il existe une grande variété de protocoles qui dépendent de la cible thérapeutique.

L'objectif de cette thérapie n'est pas la suppression des sensations de difficulté, mais plutôt d'apprendre à faire face à ce que la vie nous amène et d'évoluer vers des comportements recherchés[1]. Cette thérapie demande aux patients de s'ouvrir aux émotions déplaisantes et à apprendre à ne pas sur-réagir à celles-ci, ainsi qu'à ne pas chercher à éviter les situations qui les font surgir. Pour y parvenir, cette thérapie fait la promotion de la flexibilité psychologique qu'elle définit selon 6 processus: la défusion, l'acceptation, la pleine conscience, le soi observateur, les valeurs et les actions engagées

Les processus centraux de l’ACT[modifier | modifier le code]

L’ACT propose d'agir selon six processus centraux[2] :

Le contact avec le moment présent[modifier | modifier le code]

L’ACT encourage un contact sans jugement avec les événements psychologiques et environnementaux, au fur et à mesure qu’ils se produisent.

L’intérêt de vivre une expérience plus directe du monde est d’assouplir nos comportements et d’avoir des actions plus proches de nos valeurs.

La défusion cognitive[modifier | modifier le code]

La défusion cognitive consiste à réduire les fonctions indésirables des pensées, plutôt que d’essayer de modifier leur forme, leur fréquence ou leur sensibilité aux situations.[3]

Le but de la défusion est une diminution de la crédibilité ou de l’attachement à nos propres pensées, nous permettant des agissements plus souples en lien avec nos valeurs.

L’acceptation expérientielle[modifier | modifier le code]

L’acceptation est l’alternative à l’évitement expérientiel.

Il s’agit de s’autoriser à vivre de façon consciente les émotions et les affects occasionnés par notre histoire, sans tentatives de changer leur fréquence ou leur forme.

L’acceptation n’est pas une fin en soi, elle est encouragée pour accroître l’action fondée sur les valeurs.

Le « soi comme contexte »[modifier | modifier le code]

Le « soi comme contexte » peut aussi être appelé « soi-observateur ».

Il peut-être décrit comme la capacité à observer les expériences internes (nos pensées, nos émotions…) ou externes (nos actes), et les stimuli de notre environnement.

Il se distingue de l’état mental de « pilote automatique », qui ne fait que réagir au vécu de ces expériences.

Les valeurs[modifier | modifier le code]

Les valeurs sont les qualités que nous souhaitons développer en tant que personne agissante dans le monde.

Qu’est-ce qui est important à mes yeux ? Quelle genre de personne est-ce que je souhaite devenir ? Qu’est-ce que je désire représenter ?

L’objectif de l’ACT est d’offrir la possibilité d’agir de façon plus conforme à nos valeurs.

L’action engagée[modifier | modifier le code]

L’action engagée signifie décider d’entreprendre des actions efficaces et guidées par nos valeurs. C’est l’ensemble des actions que nous allons effectuer au quotidien et en conformité avec nos valeurs, même si cela doit apporter une part de souffrance et de désagrément.

L’ensemble des interventions de la TCC traditionnelle, telle que se fixer des objectifs, l’exposition, le renforcement et l’acquisition de compétences, fait partie de cet axe d’intervention.

Validité scientifique[modifier | modifier le code]

L'ACT a été étudiée et validée sur de nombreuses pathologies, dont :

-l’anxiété sociale[4]

-la dépression[5] ;

-la réduction du stress et l'amélioration du bien être sur les patients atteints de cancer[6] ;

-l’arrêt du tabac[7] ;

-la prévention de la ré-hospitalisation de patients psychotiques[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hayes, Steven C. et Wilson, Kelly G., Acceptance and commitment therapy : the process and practice of mindful change, Guilford Press, , 402 p. (ISBN 978-1-60918-962-4 et 1609189620, OCLC 713181786, lire en ligne)
  2. « RG » (consulté le 4 octobre 2020)
  3. « The Six Core Processes of ACT | Association for Contextual Behavioral Science », sur contextualscience.org (consulté le 4 octobre 2020)
  4. Lisa J. Burklund, Jared B. Torre, Matthew D. Lieberman et Shelley E. Taylor, « Neural responses to social threat and predictors of cognitive behavioral therapy and acceptance and commitment therapy in social anxiety disorder », Psychiatry Research: Neuroimaging, vol. 261,‎ , p. 52–64 (ISSN 0925-4927, DOI 10.1016/j.pscychresns.2016.12.012, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2020)
  5. (en) Aino Kohtala, Raimo Lappalainen, Laura Savonen et Elina Timo, « A Four-Session Acceptance and Commitment Therapy Based Intervention for Depressive Symptoms Delivered by Masters Degree Level Psychology Students: A Preliminary Study », Behavioural and Cognitive Psychotherapy, vol. 43, no 3,‎ , p. 360–373 (ISSN 1352-4658 et 1469-1833, DOI 10.1017/S1352465813000969, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2020)
  6. Arunima Datta, Chandana Aditya, Abhijit Chakraborty et Priyabrata Das, « The Potential Utility of Acceptance and Commitment Therapy (ACT) for Reducing Stress and Improving Wellbeing in Cancer Patients in Kolkata », Journal of Cancer Education, vol. 31, no 4,‎ , p. 721–729 (ISSN 0885-8195 et 1543-0154, DOI 10.1007/s13187-015-0935-8, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2020)
  7. Jonathan B. Bricker, Wade Copeland, Kristin E. Mull et Emily Y. Zeng, « Single-arm trial of the second version of an acceptance & commitment therapy smartphone application for smoking cessation », Drug and Alcohol Dependence, vol. 170,‎ , p. 37–42 (ISSN 0376-8716, DOI 10.1016/j.drugalcdep.2016.10.029, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2020)
  8. Patricia Bach et Steven C. Hayes, « The use of acceptance and commitment therapy to prevent the rehospitalization of psychotic patients: A randomized controlled trial. », Journal of Consulting and Clinical Psychology, vol. 70, no 5,‎ , p. 1129–1139 (ISSN 1939-2117 et 0022-006X, DOI 10.1037/0022-006x.70.5.1129, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2020)

Lien externe[modifier | modifier le code]