Abri antiatomique

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Porte en béton d'un abri anti-atomique à Berneck, en Suisse.
Dortoir dans un abri anti-atomique de la protection civile à Vernayaz en Suisse.

Un abri antiatomique est destiné à protéger ses occupants des effets mécaniques et thermiques d'une explosion nucléaire (et accessoirement d'un accident nucléaire), ainsi que des retombées radioactives, en leur permettant de survivre un certain temps jugé suffisant pour pouvoir en sortir sans danger.

On peut diviser les abris en deux types : l'abri anti-retombée simple (fallout shelter) et l'abri anti-retombée résistant aussi au souffle d'une explosion proche (blast shelter)[1]. Les seconds correspondent généralement à des installations militaires stratégiques (poste de commandements en particulier) d'une construction « lourde » et on n'en compte que quelques-uns par pays. Les premiers sont plutôt destinés aux civils qui même très loin des cibles seraient exposés au risque mortel des retombées. Ce risque diminuerait de façon sensible en quelques jours à quelques semaines[2]. Les abris civils sont mis en œuvre suite à une initiative personnelle, par exemple dans le jardin ou au sous-sol d'une maison privée, mais aussi par un État, qui dans le cadre d'une politique de sécurité civile, prend en charge la construction ou l'aménagement d'abris collectifs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Inhérent à la guerre froide et au développement de l'arme nucléaire, l'abri antiatomique était une des composantes de la défense passive des deux superpuissances devant permettre à la fois la continuité du gouvernement et la préservation d'une partie de la population.

L'URSS aurait construit des abris antiatomiques dès le début des années (p. 15)[3]. Ces structures s'inscrivaient dans une politique de défense civile, considérée comme faisant intégralement partie des capacités de défense soviétiques au sens large et qui comprenait par exemple des projets d'évacuation des villes, la formation de groupes en charge de la protection civile ou contre les attaques bactériologiques et chimiques[3]. En , dans un document alors classé « top secret », la CIA avait décrit les capacités de défense passive de l'union soviétique[4] et notamment ses abris antiatomiques « durcis » destinés aux dirigeants y compris au niveau local, avec postes de commandement alternatifs en dehors des villes. Le document fait aussi état des réseaux de métro des grandes villes qui étaient conçu pour servir d'abri antiatomique et possédaient des abris adjacents aux quais, restreints à « des groupes spécifiques » (p. 82)[4]. Les structures industrielles importantes pour la vie ou la reprise de l'économie étaient également incluses dans les plans Soviétiques ; par exemple, la centrale électrique de Kharkov pouvait être opérée à distance à partir des abris destinés au personnel (p. 73)[4].

Aux États-Unis durant les années , les pouvoirs publics n'ont pas trouvé l'intérêt d'une défense civile structurée et organisée au niveau de l'État et concentraient leurs efforts par des campagnes éducatives sur les gestes à tenir en cas d'attaque et la promotion de l'abri (privée) anti-retombées[5],[6]. C'est à cette époque que les organismes gouvernementaux consacrés à la protection civile publient un grand nombre d'affiches de sensibilisation[7] et même des films comme le notoire Duck and Cover destiné aux écoles. À la fin de la décennie, l'Office of Civil and Defense Mobilization (en) distribuera à plusieurs millions d'exemplaires un livret intitulé The familly fallout shelter (« L'abri familial anti-retombées »). L'ouvrage était destiné à inciter les familles à construire des abris en brique dans leur sous-sol ou en terre dans leurs jardins. Il contient aussi des plans détaillés d'abris à réaliser soi-même ainsi que des conseils allant du contenu de la trousse de premiers secours aux choses à faire pour éviter l'ennui et s'occuper l'esprit[8].

Cette période représente « l'âge d'or » des articles publiés dans les revues et magazines mais aussi des opportunités commerciales. Ainsi, l'Association nationale des fabricants de bois d'œuvre promouvait la construction d'abris en bois ; l'Institut américaine du fer et de l'acier, les abris en métal et l'association nationale de la maçonnerie produisit un film (Walt Builds a Family Fallout Shelter) montrant le présentateur d'une célèbre émission de bricolage en train de monter un abri en brique dans son sous-sol[9].

Écriteau indiquant l'entrée d'un abri anti-retombée
Pancarte du Programme d'abri communautaire apposée aux bâtiments pouvant abriter au moins 50 personnes.

Par ailleurs, en , le « rapport Gaither » conclura que les Soviétiques avaient pris de l'avance en matière d'armement, mais aussi de protection contre les attaques nucléaires[10], ce qui incitera le président Kennedy à créer en le Community Shelter Program (« Programme d'abri communautaire ») dont le but était de trouver les moyens d'abriter 180 millions d'Américains. Steuart Pittman, qui fut conseiller en chef du plan Marshall, est chargé de réaliser l'inventaire de tout les bâtiments public des États-Unis qui pourraient être converti en abri et d'en assurer l'approvisionnement (en eau et nourriture) mais il démissionnera en face à l'indifférence ou l'hostilité parfois farouche du public et le refus du Congrès d'allouer un budget supplémentaire au projet[11]. L'abri civil, sera donc individuel et anti-retombées, tel que l'avait déclaré en Dwight D. Eisenhower qui ne croyait pas qu'il soit possible de protéger la population des effets directs des explosions atomiques[9] :

The National fallout shelter policy is based firmly on the philosophy of the obligation of each property-owner to provide protection on his own premises.

« La politique nationale de l'abris anti-retombée est fermement fondée sur le principe d'obligation de chaque propriétaire d'assurer la protection de ses propres bâtiments. »

Le nombre d'abris individuels vendus aux Etats-Unis est estimé à environ 200 000 jusqu'au début des années , un chiffre à mettre en rapport à la population de cette époque (environ 180 millions d'habitants)[12]. La « folie du bunker » qui se serait emparée de la société américaine durant ces années serait donc à relativiser car contrairement à la croyance populaire, les Américains étaient, dans l'ensemble, récalcitrants à toute forme de défense civile, mais surtout à l'idée même de l'abri antiatomique[12],[13]. L'opposition venait d'horizons très variés, les arguments l'étaient tout autant : coûts élevés, défaitisme face à l'ennemi, futile à l'heure des bombes thermonucléaires et de l'ICBM, militarisation de la famille, moyen détourné pour rendre une guerre nucléaire acceptable, jusqu'aux questions existentielles (pourquoi survivre dans un monde dévasté) et même religieuses (p. 43 à 50)[13]. De fait, dès sa première année en fonction, Steuart Pittman déplorait[11] :

« Je déteste entendre les gens dire qu'ils préféreraient mourir dans une attaque nucléaire plutôt que d'affronter les horreurs de la survie. »

Ainsi, dans l'esprit du public, le concept de l'abri antiatomique en tant qu'élément protecteur contre la guerre nucléaire c'est globalement érodé à partir des années mais connaît parfois un regain d'intérêt - pas uniquement en Amérique - au grès des tensions entre les pays détenteurs de l'arme nucléaire, comme cela a été le cas dans les années entre les États-Unis et la Corée du Nord[14],[15].

Composition d'un abri[modifier | modifier le code]

Filtres du système de ventilation dans un abri anti-atomique de la protection civile suisse.

Éléments de base[modifier | modifier le code]

Un abri doit comporter les éléments suivants :

  • Réserves d’eau potable (2 litres par jour et par personne) et de vivres (0,5 kg par jour et personne, prévoir de l'eau complémentaire si les vivres sont déshydratées) [16] pour une durée minimum de 14 jours.
  • Médicaments et trousses de premiers secours avec traitements préventifs contre les éventuels radioisotopes : comprimés d'iodure de potassium[17] (KI) ou d'iodate de potassium (KIO3), ou à défaut de bétadine iodée en application[18],[19].
  • Éclairage, avec une grosse provision de piles. Par exemple des lampes à DEL. Les DEL présentent l’avantage d’être plus économes en énergie et plus résistantes, tout en chauffant peu. L'inconvénient c'est que leur électronique est nettement moins résistante à l'IEM qu'une ampoule à filament.
  • Un récepteur radio afin de connaître la conduite à tenir (présence de retombées ? possibilité d'évacuer ? vers quelles zones ?)[20]. Bien que de moins en moins présente, la capacité à recevoir aussi bien les grandes ondes, ondes moyennes, que les ondes courtes est un plus indéniable. En France, par exemple, en cas de catastrophe nationale, l’émetteur d’Allouis est l’émetteur officiel pour obtenir des informations sur la fréquence 162 kHz en modulation d’amplitude. De plus, après une explosion nucléaire, les stations radio à proximité, majoritairement dans le spectre VHF, peuvent être momentanément ou définitivement indisponibles du fait de l’impulsion électromagnétique accompagnant l’explosion nucléaire. La zone d’impact peut, selon certains scénarios, s’étendre sur un rayon de plusieurs milliers de kilomètres. Dans cette situation, seules les émissions radio lointaines seront encore en fonction, d’où les spectres radio cités ci-dessus. Le récepteur lui-même peut éventuellement être endommagé par l’IEM s’il n’est pas protégé par une cage de Faraday.
  • Une grosse réserve de sacs plastiques étanches (type sac poubelles) et de l’adhésif. En raison du risque des retombées les premiers jours, il vaut mieux stocker les déchets à l’intérieur de l’abri. Cela permet aussi d'improviser avec un seau des toilettes de fortune. De même, en cas de décès d'un des occupants, les sacs plastiques et adhésifs permettent de disposer du corps jusqu'à ce que la décroissance permette de sortir[20].
  • Des vêtements de rechange et adaptés à différentes saisons.
  • Des bottes qui seraient laissées à l'entrée de l’abri de façon à ne pas rapporter de poussière radioactive lors des sorties.
  • Moyen de couchage (du simple matelas gonflable/sac de couchage au lit à sommier/matelas et couvertures).
  • Divertissements (jeux de carte, lecture, etc.).

Éléments complémentaires[modifier | modifier le code]

Sortie de secours d'un abri anti-atomique de protection civile.

Il est conseillé qu'un abri soit équipé des éléments suivants pour un séjour plus long ou pour s'y abriter plus confortablement :

  • Système de chauffage.
  • Combinaisons imperméables et équipements pour les sorties hors de l'abri, exemple un compteur Geiger et système de protection respiratoire individuel.
  • Douche de décontamination, conseillée pour les sorties hors de l'abri, afin d'éviter d'introduire des particules radioactives en rentrant à l'intérieur de l'abri. La douche se présente généralement sous la forme d'une douche classique et le principe consiste à faire couler de l'eau sur la personne ou les objets à décontaminer. Les particules radioactives sont évacuées avec l'eau en coulant. La douche doit être placée à l'extérieur de l'abri, le plus commode étant dans un sas d'entrée. L'eau ainsi contaminée doit être évacuée vers l'extérieur.
  • Système sanitaire, par exemple une douche à pompe en circuit fermé (un réservoir de 20 litres d'eau par personne).
  • Toilettes, par exemple des toilettes chimiques avec récupérateur d'eau (les seuls déchets sont alors de l'acide urique solide et des excréments déshydratés).
  • Système de traitement de l'eau.
  • Énergie et si possible un moyen de la renouveler, par exemple un ou plusieurs accumulateurs électriques et un générateur électrique.
  • Moyen de télécommunication, un émetteur radio par exemple.

Un abri antiatomique n'est pas nécessairement enfoui profondément dans le sol, il n'a pas nécessairement des murs de plusieurs mètres d'épaisseur ni une lourde porte blindée. Il doit au minimum offrir une protection contre les effets mortels d'une explosion nucléaire. À ce titre, une simple construction de quelques mètres carrés, éventuellement sous la surface du sol et ayant des cloisons n'offrant qu'une épaisseur de quelques dizaines de centimètres, peut être très efficace pourvu qu'elle soit équipée d'un système de filtration de l'air entrant.

Les abris construits avec des cloisons de fortes épaisseurs ne se justifient qu'en cas de frappe directe, ils sont bien souvent destinés à un usage militaire. Les abris des particuliers (civils donc) ne sont généralement pas concernés, à moins d'être situés à proximité de cibles potentielles (base militaire, grande ville, raffinerie, zone industrialo-portuaire, etc.).

Protection[modifier | modifier le code]

L'énergie soudainement dégagée par une explosion nucléaire a plusieurs effets, la moitié prenant la forme d'un souffle puissant avec effet de surpression atmosphérique, le reste étant partagé par le dégagement d'énergie termique (35 %) et de radiation (15 %)[21]. Par ailleurs, la capacité de destruction d'une arme atomique dépend de plusieurs facteurs tels que l'altitude à laquelle elle explose, sa puissance (exprimée en kt ou Mt), la distance entre l'explosion et la population, mais aussi d'autres facteurs comme la météo au moment et après la déflagration.

Par conséquent, un abri antiatomique peut prendre plusieurs formes, de la simple tranchée à la casemate enterrée profondement ; en fonction des effets et du « scénario » envisagé.

Contre les effets mécaniques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet de souffle.

La conception la plus efficace contre les effets mécaniques d'une explosion nucléaire, (principalement le souffle), est de placer l'abri sous la surface du sol. En effet, alors que l'onde de choc est principalement propagée dans l'air, elle est relativement mieux absorbée par le sol[22]. À titre d'exemple, le complexe militaire de Cheyenne Mountain, aux États-Unis, est creusé dans une montagne, sous 600 m de granite et ses structures sont montées sur des ressorts afin d'absorber les secousses sismiques, qu'elles soient naturelles ou provoquées par une explosion nucléaire[23]. Au Canada, le Diefenbunker près d'Ottawa est enterré sous 22 m de terre et devait résister à une explosion nucléaire de cinq mégatonnes à moins de deux kilomètres[24].

Face à une explosion, la qualité mécanique d'un abri est évaluée selon sa capacité à résister à l'onde de choc, c'est-à-dire à la surpression engendrée par une explosion. La plupart des bâtiments civils en surface étant détruits lorsqu'ils subissent une pression de cinq à dix psi, on estime qu'un abri antiatomique devrait être en mesure de résister à une pression supérieure[1]. À la fin des années , dans une première édition de son célèbre document Nuclear War Survival Skills (en) (Habiletés de survie dans une guerre nucléaire), Cresson Kearny (en) présente les plans et les techniques pour construire à peu de frais un abri antiatomique enterré sous plus de 1,80 m de terre et pouvant résister, selon lui, à une pression de 50 psi[25]. Toujours selon Kearny, il serait possible, même avec un abri enterré, réalisé en rondins de bois et résistant à 15 psi; de survivre à une explosion de 1 Mt à une distance d'un peu plus de 3,5 km[25].

Le point faible d'un abri sous-terrain est constitué par sa porte d'entrée qui devra être tout aussi résistante à l'effet de souffle que le reste de la structure. Elle ne devra pas être positionnée « en cul-de-sac », à la fin du couloir d'accès, mais parallèlement à celui-ci afin que l'onde de choc « glisse » sur la porte plutôt que la frappe de plein fouet. L'idéal étant que l'ouverture de l'abri soit réalisée verticalement (de l'abri vers la surface), ce qui élimine le besoin d'un couloir d'accès tout en donnant à la porte un profile bas face à l'effet de souffle[26]. Dans les années , le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis a réalisé un essai sur une porte anti-souffle qui résista à un pic de pression de 159 psi en son centre, ce qui pour les ingénieurs, signifiait qu'elle pourrait résister sans problème à une explosion nucléaire de 1 Mt à 50 psi[27].

Notons que la littérature évoque souvent des valeurs de 15 et 50 psi, non sans raison. 15 psi est le seuil à partir duquel il est observé de serieux dommages aux poumons et 50 psi provoque la mort de la moitié de la population exposée à ce niveau de pression[28]. C'est aussi une garantie de destruction des bâtiments en surface, y compris ceux en béton armé (une surpression de cet ordre provoque des vents d'une vitesse pouvant aller jusqu'à près de 1 500 km/h[29] et éventuellement, endommage gravement les structures souterraines[30].

L'abri sous-terrain semble en théorie offrir la meilleure protection contre une onde de choc et par le fait même, contre les autres effets d'une explosion nucléaire, il peut cependant être gravement endommagé ou totalement détruit si l'explosion est suffisamment puissante et proche de la surface, à plus forte raison si l'abri n'est pas enterré profondément. Si la plupart des bombes nucléaires sont prévues pour exploser en altitude, souvent à plus de 1 000 m, afin de maximiser l'effet de souffle en surface, une explosion nucléaire au sol a généralement pour but de détruire un abri ou complexe sous-terrain[22],[1].

Contre les radiations thermiques[modifier | modifier le code]

35 % de l'énergie dégagée par une explosion est constituée de radiations thermiques susceptibles de causer des brûlures de la peau et d'enflammer les matériaux secs et légers (papier, carton) et les liquides inflammables (carburants) sur une distance relativement élevée à partir du lieu de la détonation d'une bombe nucléaire. Cependant, cette distance décroît rapidement ; précisément à l'inverse du carré de la distance à partir de l'explosion ; ainsi, à 3,2 km du point central de la détonation, l'énergie thermique reçue n'est que le quart de celle à 1,6 km[31]. Les effets du rayonnement thermique seront aussi atténués si l'explosion à lieu au-dessus de la couche nuageuse ou lorsque la visibilité est réduite à cause de la pluie, du brouillard, et même de la pollution atmosphérique. En d'autres termes, plus le temps est sec et la visibilité importante, plus l'onde de chaleur pourra de propager loin[31].

Se protéger du rayonnement de chaleur nécessite simplement d'être dans un abri (maison) ou derrière un écran quelconque (mur). Si le flux thermique présente un niveau d'énergie élevé (plus de 1 000 W/cm2, à comparer à 0,14 W/cm2 exposé au soleil), son effet est relativement court dans le temps, de l'ordre du dixième de seconde à plusieurs secondes, selon la puissance de la bombe[32]. Par conséquent, un mur en bois d'au moins 13 mm et peint en blanc de façon à refléter la chaleur, est suffisant pour se protéger de l'onde de chaleur ainsi que le montre la célèbre séquence de la maison en bois filmée lors d'un essai atomique en dans le désert du Nevada : la facade carbonise mais ne s'enflamme pas[33],[note 1].

L'explosion d'une bombe de 1 Mt peut provoquer, jusqu'à une distance de 12 km, des brûlures au troisième degré sur les personnes qui ne sont pas adéquatement protégées par un abri[32]. À Hiroshima et Nagasaki, les brûlures ont été subies à une distance considérablement plus grande des explosions que tout autre type de blessure ; jusqu'à plus de 4 km à Nagasaki alors que la bombe était d'une puissance « que » d'environ 21 kt[34]. Cependant, chercher à se protéger contre l'effet thermique est évidemment futile si l'onde de choc (qui vient juste après) détruit l'abri : à Hiroshima, la population qui était dans une maison en bois a souffert de blessures dues à l'onde de choc dans un rayon bien plus grand que les blessures dues aux radiations thermiques[35].

Contre les rayonnements[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Rayonnement et Syndrome d'irradiation aiguë.

Il convient de distinguer deux formes d'irradiations consécutives aux explosions nucléaires[36]. Elles n'ont pas la même intensité, ne se produisent pas au même moment et nécessitent donc des approches différentes pour s'en protéger :

  1. l'irradiation spontanée relative au rayonnement intrinsèque à la détonation
  2. l'irradation due aux retombées radioactives éventuelles

Irradiation spontanée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bombe à neutrons.

Des rayons gamma et des neutrons sont émis instantanément lors de la détonation[37]. Leur « durée de vie » est courte (de l'ordre de la minute) mais ils voyagent loin, sont très pénétrants et peuvent, pour une explosion de 1 Mt à près de 1,5 km, provoquer la mort de personnes entourées par des murs en béton de 60 cm (p. 324 à 325)[38].

Il est à noter que la relation entre la dose de rayonnement reçue et la distance est la même que celle du rayonnement thermique ; c'est-à-dire inversement proportionnelle au carré de la distance par rapport à l'explosion (p. 333)[38].

À distance plus raisonnable de la détonation, seules d'épaisses parois aux matériaux très dense comme le plomb ou le fer permettent de se protéger efficacement du rayonnement gamma et, dans une moindre mesure, des neutrons. Les parois constituées de terre, de sable humide, d'argile ou de béton sont aussi d'excellents matériaux mais doivent être d'une épaisseur plus conséquente. Plus un abri est enterré profondément, plus il protège des rayonnements. Ainsi, 15 cm de terre multiplient le facteur de protection par douze, comparativement à une exposition hors abri. Chaque couche d'argile ou de sable, plus dense, peut offrir jusqu'à 66 % de protection supplémentaire contre les rayonnements par rapport à une couche de terre de même épaisseur[39].

En théorie, il est possible pour une épaisseur donnée d'évaluer l'efficacité d'un blindage en terme d'atténuation du rayonnement en utilisant la règle « du dixième de valeur ». Ainsi, pour une source initiale de 500 rads, l'épaisseur d'un blindage quelconque diminue le niveau de rayonnement jusqu'à environ 50 rads puis à 5 rads en ajoutant une épaisseur supplémentaire de blindage de même nature. Dans la pratique, la nature complexe d'une explosion nucléaire fait que ce calcul n'a pu être réalisé qu'à l'aide d'ordinateurs et quelques ordres de grandeur ont pu être avancées ; ci-dessous exprimés en centimètres (p. 336 à 337)[38] :

Épaisseurs du « 1/10 de valeur » en fonction des matériaux
Matériaux gamma neutrons
Acier 7,6 10,1
Béton 28 40,5
Terre 40,6 61

En prenant l'exemple du béton, les résultats montrent que chaque nouvelle couche de 28 cm fera baisser le niveau de rayonnement gamma jusqu'au dixième de la valeur initiale.

Notons qu'il faudra une épaisseur 50 % plus importante afin d'obtenir une baisse de même ampleur du flux de neutrons. Cette composante du rayonnement est celle qui pose le plus de difficulté, car les neutrons très rapides doivent d'abord être ralenti à un niveau « modérément rapide » à l'aide d'un blindage contenant du fer. Ensuite, ces neutrons devront à nouveau être ralentis à l'aide d'une matière constituée d'éléments légers comme l'eau, d'où la présence de piscine dans les centrales nucléaires. Le problème qui survient alors est que ce processus de « capture de neutrons » s'accompagne d'une émission de rayons gamma qu'il conviendra donc de neutraliser à son tour (en d'autres termes, le barrage anti-neutrons émet lui-même des rayons gamma). Un bon compromis sera un abri réalisé avec des murs de terre humide ou de béton ; ces matériaux contenant une grande proportion d'hydrogène (élément léger contre les neutrons), ainsi que d'oxygène contre les rayons gamma. Ainsi, construire un abri avec des murs en béton de 30 cm peut ralentir d'un facteur 10 le flux de neutron émanant d'une explosion nucléaire et en y ajoutant une grande proportion de limonite (oxyde de fer), seulement 18 cm seront nécessaires pour atteindre le même résultat (p. 346 à 348)[38].

Le niveau de protection que permettent différents matériaux peut être donné sous la forme d'un ratio qui représente la dose de radiations reçue derrière un blindage par rapport à celle reçue au même endroit sans protection adéquate. Étant donné la complexité des calculs (et des contextes) en jeu, les valeurs de ce « ratio de transmission de dose » sont des estimations représentées par des plages (p. 348 à 349)[38].

Facteur de transmission de doses pour différentes structures
Structure gamma neutrons
91 cm sous terre 0,002-0,004 0,002-0,01
Maison à ossature en bois 0,8-1 0,3-0,8
Sous-sol 0,1-0,6 0,1-0,8
Appartement (étages du bas) 0,3-0,6 0,3-0,8
Abri en béton, murs de 23 cm 0,1-0,2 0,3-0,5
Abri en béton, murs de 30 cm 0,05-0,1 0,2-0,4
Abri en béton, murs de 61 cm 0,007-0,02 0,1-0,2
Abri en partie au-dessus du niveau du sol, couvert de 61 cm de terre 0,03-0,07 0,02-0,08
Abri en partie au-dessus du niveau du sol, couvert de 91 cm de terre 0,007-0,02 0,01-0,05

Retombées radioactives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Retombée radioactive.

Les retombées sont constituées d'une poussière fine, à l'aspect de cendre, mais aussi souvent invisible car pouvant être microscopiques. Elles sont constituées par des particules radioactives issues de l'explosion nucléaire, dont les débris de la bombe, des produits de fission ainsi que des débris du sol si la détonation a eue lieu près du sol. Il y a très peu de retombées radioactives dangeureuses à court terme si l'explosion a lieu à une altitude suffisamment élevée pour que la boule de feu n'atteigne pas le sol[40].

Dans le cas contraire, c'est-à-dire si l'explosion à lieu près ou sur le sol, les retombées peuvent être localement importantes en termes de quantité et de dangerosité. Il est toutefois difficile d'évaluer les risques avec précision puisque de nombreux facteurs entrent en jeu, tels que la nature du sol, les conditions météorologiques pendant et après la détonation ainsi que la puissance de la bombe ; cette variable est déterminante au regard de l'étendue géographique des retombées, notamment en ce qui concerne les éléments à longue vie comme le césium 137 ou le strontium 90 qui persistent des années après l'explosion[41]. Par exemple, il a été calculé en considérant des vents soufflant à 24 km/h de façon stable, qu'une explosion atomique de 1 Mt sur Détroit provoquerait un panache radioactif qui s'étendrait sur près de 400 km (pour une trentaine de kilomètres de largeur) et que les deux premiers tiers de cette surface serait dangereusement contaminé durant une dizaine d'années et deux à trois ans pour le dernier tiers le plus éloigné[42].

Les abris antiatomiques destinés aux opérations militaires jugées cruciales et aux gouvernements, sont généralement conçus dans le cadre de la continuité du gouvernement et par conséquent, sont techniquement équipés pour fonctionner durant plusieurs jours ou plusieurs mois en autonomie complète (vivres, eau, énergie) et possèdent des systèmes de filtration d'air ou de surpression afin de minimiser, voir empêcher, l'introduction de particules radioactives.

Pour la population civile, le rôle de l'abri anti-retombées ne s'inscrit pas dans la durée. Si le niveau local de radioactivité décroît très rapidement après l'explosion[43], le principal objectif d'un abri anti-retombées est plutôt de fournir une protection temporaire avant une éventuelle évacuation. Suivant le principe de « la dose évitée plutôt que la dose projetée », évacuer un abri ne veut pas dire que la radioactivité extérieure est alors descendue à un niveau sans danger pour la population mais selon les estimations de l'AIEA, les inconvénients à rester dans un abri plus de 24 heures peuvent surpasser les avantages initiaux puisque les retombées radioactives finiront par pénétrer les bâtiments[44].

Là encore, l'abri le plus adéquat est constitué de briques ou de béton. L'idée étant d'être le plus loin possible de l'extérieur ; les sous-sols ou les appartements situés au milieu d'un immeuble résidentiel offrent la meilleure protection[45].

Contre les effets d'impulsion électromagnétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Impulsion électromagnétique.

Une détonation nucléaire produit une onde de choc électromagnétique pouvant se propager sur de grandes distances et suffisamment puissante pour endommager, ou même détruire, les dispositifs électriques comme les câbles et les transformateurs ainsi que tout appareil électronique comme les ordinateurs ou les postes de radio qui se comportent alors comme autant d'antennes réceptrices de l'onde électromagnétique[46],[47].

Contrairement aux autres types d'ondes ou radiations émises lors d'une explosion nucléaire, ni la profondeur, ni l'épaisseur des murs de l'abri sont en mesure de protéger les appareils et les circuits électriques contre les surtensions provoquées par les trois types d'IEM[48] induites par une explosion nucléaire. Essentiellement, les meilleurs gestes sont de déconnecter les appareils du réseau électrique (mesure contre le type E3 des IEM) et de conserver les plus importants, notamment les récepteurs radios, dans une cage de Faraday (contre le type E1)[49].

Il est toutefois nécessaire de souligner que les dégâts causés par les impulsions électromagnétiques sont d'autant plus probables et importants que l'explosion a lieu à très haute altitude (HEMP), entre 40 et 400 km, c'est-à-dire à une distance telle que les autres effets de l'explosion (souffle, radiation et chaleur) n'ont aucun effet au sol[50]. Dans le cadre d'une explosion nucléaire plus proche de la surface terrestre (SREMP), l'impulsion électromagnétique est considérablement réduite et ne dépasse pas de façon significative la zone des dégâts causés par les autres effets de la détonation. En d'autres termes, si l'abri est suffisamment éloigné du lieu de l'explosion pour que ses occupants survivent à l'onde de choc, à la chaleur et aux radiations, les IEM ne sont pas un facteur d'inquiétude[51].

Défense passive par pays[modifier | modifier le code]

Corée du Sud[modifier | modifier le code]

La Corée du Sud a un important réseau d'abris antiaériens pour faire face à la menace conventionnelle et, depuis les années 2000, nucléaire que fait peser la Corée du Nord depuis la guerre entre ces deux pays entre 1950 et 1953.

En mai 2017, elle dispose de 17 501 abris dont 3 321 installations d'évacuation de la sécurité civile tels stations de métro et abris dans les immeubles de bureaux et bâtiments officiels ayant une superficie totale de 23,69 km2 pour la seule ville de Séoul[52].

Suède[modifier | modifier le code]

Au temps de la guerre froide, le gouvernement suédois craint une attaque nucléaire contre le pays, et a du reste pour ambition la construction de sa propre bombe atomique. Or, il n'y a que peu d'abris antiatomiques à Stockholm. Dans le même temps, la capitale manque de places de stationnement pour accueillir un nombre toujours croissant de véhicules à moteur.

C'est ainsi que dans les années 1950 et 1960 voient le jour à Stockholm plusieurs grands abris antiatomiques destinés à la population civile, qui sont utilisés en temps de paix comme parkings souterrains. Il s'agit par exemple de l'abri de Klara (superficie 6 650 m2) et de l'abri de Johannes (sv) (superficie 7 400 m2). Avec ses 15 900 m2, l'abri de Katarinaberget inauguré en 1957 et toujours en activité en 2017 est toutefois le plus grand de tous[53].

Des installations de taille plus modeste sont également créées, et ce sont en tout 14 500 abris qui voient le jour avant le début des années 1990, pour une capacité d'accueil totale d'environ 1,7 million de places[54]. Chaque projet de construction ou de rénovation d'un immeuble s'accompagne d'une étude de la commune qui décide du nombre de places d'abri à y créer. Au centre-ville, où la pénurie est la plus forte, dix-huit stations de métro sont également aménagées pour pouvoir être rapidement transformées en centres d'accueil d'urgence.

À partir de et durant une quinzaine d'années, le pays ne fera pratiquement plus construire d'abris[55]. En , alors qu'on en dénombre 65 000 pouvant recueillir sept millions de personnes, l'Agence suédoise de protection civile (sv) dans un rapport au gouvernement, recommande la mise à niveau des anciens abris ainsi que la construction de nouveaux afin de protéger 50 000 personnes supplémentaires contre « toutes les armes qui pourraient être utilisées ». Le projet doit débuter en et s'étaler sur dix ans pour un coût estimé de 238 millions de dollars[55].

L'agence de protection civile (MSB) maintient une carte en ligne permettant de localiser tous les abris en Suède[56].

Suisse[modifier | modifier le code]

Le Tunnel du Sonnenberg était aussi conçu pour pouvoir servir d'abri pour 20 000 personnes en cas d'attaque conventionnelle, atomique ou chimique. C'était le plus grand abri anti-atomique civil du monde jusqu'à son démantèlement en 2006[57].
Article connexe : Protection civile en Suisse.

En Suisse, selon la loi fédérale sur la protection de la population et sur la protection civile : « Chaque habitant doit disposer d'une place protégée dans un abri situé à proximité de son lieu d'habitation et atteignable dans un délai raisonnable » (article 45) et « Lors de la construction de maisons d'habitation, de homes et d'hôpitaux, les propriétaires d'immeubles doivent réaliser des abris, les équiper et, par la suite, les entretenir » (article 46)[57]. On trouve de tels abris dans la plupart des bâtiments construits dès les années 1960 et encore aujourd'hui[57].

En , la Suisse comptait 300 000 abris dans des habitations, institutions et hôpitaux ainsi que 5 100 abris de protection civile publics[57]. Cela correspond à 8,6 millions de places pour une population de 7,5 millions d'habitants, c'est-à-dire un degré de couverture de 114 % sur l'ensemble du pays[57], bien que dans les faits, ce taux soit inégalement réparti ; certaines communes étant en deçà de 100 %. Au début des années , la loi a donc été modifiée ; la construction d'abris est désormais obligatoire uniquement dans les zones déficitaires et l'accent est mis sur des abris plus grands, plutôt que sur les abris individuels[58].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Films et audio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La maison dite « House N°1 » était située à un peu plus 1 km (3 500 ft) de l'explosion de 15 kt, soit la même puissance estimée que Little Boy. Pour référence, la B83 (en), bombe la plus puissante en service dans l'arsenal des États-Unis, a une puissance pouvant aller jusqu'à 1 200 kt.
  2. Jeu de mot avec « bamboozle » qui signifie « tromper », « embobiner ».

Références[modifier | modifier le code]

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