Pont-levis

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Un pont-levis est un type de pont mobile défensif qui se baisse et se lève pour ouvrir ou fermer le passage au-dessus d'un fossé encerclant un ouvrage fortifié.

Fonction[modifier | modifier le code]

On associe traditionnellement le pont-levis aux châteaux médiévaux, qui disposaient pratiquement tous d'un tel pont au-dessus de leurs douves ou fossé sec. Le relevage du pont permettait alors de bloquer l'entrée en cas d'attaque. Généralement, pour plus de sécurité, un pont-levis de château fort précède une herse.

Les entrées des fortifications du système Séré de Rivières sont aussi munies de pont-levis, de type divers.

Il existait plusieurs types de ponts-levis.

Les différents types de pont-levis[modifier | modifier le code]

Pont-roulant[modifier | modifier le code]

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Pont roulant du XIIe siècle d'après Violet le Duc

Le pont roulant n'est pas à proprement parler un pont-levis mais il en est toutefois l'un de ses prédécesseurs.
Le pont roulant est le successeur direct des antiques ponts mobiles. Le système restera en vigueur, plus particulièrement dans le midi de la France jusqu'à la la fin du Moyen Âge.

Liste de ponts roulants[modifier | modifier le code]

Pont à effacement latéral[modifier | modifier le code]
Pont à effacement longitudinal[modifier | modifier le code]

Pont-levis à flèches et à chaines[modifier | modifier le code]

Pont-levis à flèches et à chaines du Château de Hautefort en Dordogne.
Isolés ou tenant aux portes

Hormis quelques apparitions au XIIIe siècle, il faut attendre le XIVe siècle pour voir couramment employer ce procédé.

Pont-levis à flèches et à chaines

Au début du XIVe siècle, on établit à l'entrée des ponts jetés sur les fossés devant les portes des ponts-levis de bois tenant aux barrières, ou des ouvrages avancés de maçonnerie.
Vers le milieu du XIVe siècle, les ponts-levis furent appliqués aux portes elles mêmes. Malgré de sérieux inconvénients, grande hauteur de ses flèches, visibles de très loin et donc vulnérables, et de profonde saignée pratiquée sur la façade de la porte pour les recevoir, ils resteront en usage jusqu'à la période moderne.

Pont-levis à flèche et à chaines à rampe escamotable

Ce type de pont-levis est une variante du pont-levis à flèches et à chaines.
On trouve ce type de pont-levis au château de Pierrefonds. Ce type de pont-levis était plus particulièrement utilisé pour le ravitaillement et servait à tirer les marchandises.

Pont-levis à chaines sans flèche de la Porte de Sens à Villeneuve-sur-Yonne. Le treuil de manœuvre est indiqué en T

Pont-levis à chaines sans flèche[modifier | modifier le code]

Ce type de pont-levis est une variante du pont-levis à flèches et à chaines.
Les contrepoids sont suspendus en arrière des longrines du tablier, facilitant le relèvement de celui-ci au moment de la manœuvre du treuil.

Liste de ponts-levis à chaines sans flèche[modifier | modifier le code]

Pont-levis sans flèche basculant en se relevant[modifier | modifier le code]

Pont-levis sans flèche basculant en se relevant. C'est l'arrière qui s'abaisse.
Pont-levis sans flèche basculant en se relevant. C'est l'arrière qui se relève.
Pont-levis sans flèche basculant en se relevant par l'avant. C'est l'arrière qui s'abaisse.

Le plus simple et sans doute le meilleur procédé de pont mobile, car il évite les flèches ou les chaines que l'assiégeant peut détruire avec de l’artillerie (à poudre ou son ancêtre sans poudre).
Le tablier mobile également appelé volée est en équilibre par un faux tablier ou cubée qui descend dans un encuvement lorsque la volée se relève à la manière d'une balance. Ce système médiéval trouva tous ses avantages en réaction à l'artillerie à poudre et resta en usage sans changement jusqu'au début du XVIIIe siècle. Cependant le système nécessitait une fosse assez profonde, de 4 mètres minimum, où l'humidité se révélait néfaste pour le faux tablier, mais cet encuvement à un avantage, car ci l'assaillant réussi à détruire le pont, l'encuvement peut servir de deuxième fossé, ce qui ralenti encore plus l'assaillant.

Pont-levis sans flèche s'abaissant dans le fossé. C'est l'arrière qui se relève.

Ce pont sans flèche s'abaissait dans le fossé.
Ce procédé évitait l'encuvement mais laissait le tablier à l'extérieur.

Liste de ponts-levis sans flèche basculant en se relevant[modifier | modifier le code]

Pont levis à contrepoids constant[modifier | modifier le code]

Pont-levis sans flèche à bascule en dessous

Dans ce système, la distance qui sépare le centre de gravité du contrepoids de l'axe de rotation est constante.
Le tablier se relève.
Ce système déjà ancien est appelé tape-cul en bascule en dessous en 1699[1]. En 1714, l'ingénieur militaire Milet aide le contrepoids, ou cubée, par l'addition d'une roue dentée, ce qui permet de raccourcir la longueur du faux tablier. Cet aménagement est amélioré à différentes époques; en 1797 par Filley et Dejean avec un cric, en 1819 par Emy avec un bras arrière. La meilleure solution fut présentée en 1860 par le général Jules Tripier qui remplaça le tablier arrière par deux longerons qui basculent séparément par des rainures étroites pratiquées de chaque côté du passage intérieur de l'entrée. Ce système adopté en 1866, sera mis largement en pratique dans les forts Séré de Rivières et restera même en vigueur dans la ligne Maginot.

Pont-levis sans flèche à bascule au-dessus

Le tablier s'abaisse dans le fossé.
Les premiers modèles sont isolés des portes. Les ingénieurs Gallon en 1740, Buret en 1816 et Berguesse en 1819 en construisent. Un beau spécimen se trouve à Bayonne à la nouvelle porte d'Espagne, mais qui est incomplet.

Pont-levis à flèche

Le tablier se relève.
Le pont-levis médiéval à flèche va être repris par les ingénieurs Milet en 1717, Filey en 1743, Delile en 1781 et Duvignau en en 1796.

Liste de ponts-levis Pont levis à contrepoids constant à flèche[modifier | modifier le code]

Pont-levis à transmission rigide[modifier | modifier le code]

Pont-levis dont les contrepoids sont constants et courbe directrice.
Système Richerand-d'Obenheim

Le premier exemple de ce système date de 1697 et il est complètement mis au point en 1762 par l'ingénieur du roi Alexandre-Magnus d'Obenheim[2]. Il supprime le contrepoids de charpente et le remplace par des barres métalliques lestées de manchons de fonte. La conordination des mouvements se fait uniquement par des chaînes passant sur des poulies. Une modification des bras métalliques fut apportée en 1831 par le capitaine du génie Ronmy.

Système Bélidor

Pour remplacer le pont-levis à flèche l'ingénieur Bélidor met au point en 1728 un procédé à sinusoïde souvent emplyé dans les fort à partir de 1750. Le tablier se relève au moyen de deux contrepoids formés par des roues indépendantes descendant le long d'un chemin saut-de-ski. Le capitaine Delile améliore le système en 1812 en plaçant les deux contrepoids sur le même essieu. Mais la trajectoire basse de l'essieu était tellement dangereuse pour les servants que le capitaine Devèze apporta un dernier perfectionnement en 1843 en ajoutant deux galets roulant sur des rails horizontaux.

Pont-levis à porte contrepoids

La porte fait office de contrepoids.
Ce système comporte deux inconvénients :

  1. une très grande longueur de chaîne
  2. l'interdépendance des deux dispositifs (pont et porte).

Liste de ponts-levis à transmission rigide[modifier | modifier le code]

Pont-levis à transmission flexible[modifier | modifier le code]

Contrepoids variables et bras de levier constant
Système Poncelet

Ce système est conçu vers 1820 par le général mathématicien Jean Victor Poncelet. Le contrepoids des chaînes agissant sur le tablier est formé d'un chapelet de lourds maillons qui descend dans une fosse à mesure que le tablier se relève. La manœuvre est facile dans un espace restreint. Ce procédé, avec ou sans variante, équipe tous les ouvrages construits ou modernisés entre 1840 et 1875.

Système Gueze et Mangin

En amélioration du système Poncelet, les capitaines du génie Gueze et Mangin proposèrent en 1830 de remplacer les plaques de fonte formant contrepoids par deux série de cylindres gigognes semblables. Le système est appliqué en 1833 à Grenoble, à la porte de Secours de la Bastille puis à celle de la citadelle du Rabot. Ce système révéla rapidement sa fragilité car les frottements des cylindres entraînaient leur destruction. Ce système fut donc rapidement abandonné.

Système Lacoste

En 1831, le capitaine du génie Lacoste remplace les tuyaux par des plaques carrées de section de plus en plus réduite guidées par des tiges verticales.

Système Deffeux

Pour améliorer le système Poncelet, le capitaine de génie Deffeux (ou Desfeux) proposa, en 1837, de constituer le contrepoids avec des plaques de fontes circulaires s'emboitant les unes dans les autres et disposées à l'extrémité de la chaîne extérieure.

Le donjon du fort de la Bastille à Grenoble
Contrepoids constants et bras de levier variables
Système Derché

Ce système est mis au point par le capitaine Derché vers 1810, améliore le levage par des chaînes extérieures grâce à un dispositif allongeant ou raccourcissant le bras de levier par enroulement de la chaîne autour d'une spirale.

Système Devèze

En 1846 le colonel Devèze alourdit la spirale à l'aide d'un disque supplémentaire pour qu'il joue un rôle de contrepoids. Vers 1860, le fer est introduit pour les tabliers et les charpentes.

Liste de ponts-levis à transmission flexible[modifier | modifier le code]

Pont mobile sans contrepoids[modifier | modifier le code]

Système Ardagt et Pilter à double bascule

Plusieurs ouvrages Français ont été dotés, vers 1877, de ce système inventé en 1869 par le lieutenant anglais Adagt. Ce système fut introduit et installé en France, en particulier sur la place de Toul par l'entreprise Pilter. Pour relever le pont il suffit de débloquer l'arrière du tablier. Celui-ci muni de roulettes, descend dans le fond du fossé par son propre poids, guidé par deux rails courbés, relevant ainsi l'avant maintenu en permanence à la maçonnerie de l'ouvrage.

Système Azibert

Liste de ponts mobiles sans contrepoids[modifier | modifier le code]

Pont mobile simple à bascule[modifier | modifier le code]

Le tablier se relève à l'aide d'une chaîne roulant sur des galets.

Liste de ponts mobiles simple à bascule[modifier | modifier le code]

Pont roulant moderne[modifier | modifier le code]

Le pont roulant du fort de Feyzin.

Le pont roulant est le successeur du plancher coulissant médiéval. L'ingénieur L. Mauvais propose en 1867 un pont mobile à la fois en bascule en dessous et roulant. Le principal défaut de ces derniers ponts mobiles étaient qu'ils nécessitaient la construction de locaux spéciaux tant pour la manœuvres que pour pour la surveillance.
Après 1885 le pont dormant disparait et le fossé du pont mobile est un fossé diamant.

Liste de ponts roulants modernes[modifier | modifier le code]

  • Arsenal de Metz
  • Batterie de Limeil - Ce pont roulant de 14 mètres de longueur totale et 3,80 mètres de large se déplaçait sur galets grace à un mouvement d'engrenage.
  • L'entrée de paix de certain forts de la deuxième ceinture de Lyon
  • L'entrée de guerre de certain forts de Verdun

Galerie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Précis de la fortication de guy le Hallé
  2. Alexandre-Magnus D'OBENHEIM ou DOBENHEIM (1752-1840)