Gaztelu zahar

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L'Abarratea (Ayherre) est un gaztelu zahar à trois gradins qui contrôle le passage entre Labourd et Basse-Navarre.

Gaztelu zahar /gas̪telu s̪ahar/ (du latin castellum[1]) est le nom donné dans le Pays basque aux places fortes protohistoriques. Ce nom signifie simplement en basque « ancien château fort » ou « vieux château ».

Fréquents sur les points culminants de l'ordre de 300 à 600 m de haut, ils permettaient le contrôle militaire des voies de communication entre vallées.

Description[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Les gaztelu zahar étaient des enceintes défendues par des lices dont ne subsiste aujourd'hui que le tracé des fossés, délimitant une sorte de calotte autour du sommet. Spectaculaires en vue aérienne, ces enceintes ne laissent apparaître du sol que des décrochements sur la silhouette du mont. Ils passent souvent inaperçus quand la végétation est haute.

On en distingue de trois types :

  • les enceintes à gradins : des gradins sont creusés dans la pente dégageant les lices probablement abritées à l'époque par une palissade ; ce type d'enceinte semble particulier au Pays basque ;
  • les enceintes à parapets de terre : les plus nombreuses, où la terre du fossé est relevée en amont pour former un parapet défensif derrière la lice ;
  • les enceintes à parapets de pierre : les plus hautes (à 600 m en moyenne) et les moins nombreuses.

Le nombre de lignes de défense peut varier de 1 à 7 pour le Gazteluzahar de Lantabat.

Qui les a construits ?[modifier | modifier le code]

Ils n'ont pu être datés, mais leur construction est généralement attribuée à des groupes militaires de l'âge du bronze tardif ou du premier âge du fer, maîtrisant l'équitation, probablement les mêmes qui ont introduit dans la région le rituel funéraire des harrespils.

Les Jentils, ces géants de la mythologie basque, à la fois étrangers, sages et puissants, qui étaient censés vivre au sommet des montagnes, pourraient bien véhiculer la mémoire populaire de ces élites antiques. À Alçay, le gaztelu zahar Maide korralea « l'enclos des Maide » est clairement attribué aux Maidé, des êtres mythologiques reprenant certains traits des Jentilak et des Laminak.

Fonction[modifier | modifier le code]

Au contraire des oppida gaulois, plus récents, ces gaztelu zahar n'avaient qu'une fonction militaire occasionnelle, éventuellement pastorale ou religieuse, mais ne servaient pas de lieu d'habitation permanent.

Des châteaux comme ceux de Mauléon ou de Luxe, ont été implantés sur des gaztelu zahar.

Noms[modifier | modifier le code]

On remarque que les gaztelu zahar laissent souvent leur nom à la montagne concernée. Les noms les plus fréquents étant :

  • Gaztelu(a) « (le) château fort » simplement,
  • Gazteluzahar ou gazteluzaharre(a) (généralement transcrit gastelusare par les cartographes),
  • Gaztelu-mendi(a) « (la) montagne du fort », ,
  • Gaztelu-gain(a) « (le) sommet du fort »,
  • Gaztelu-harri(a) « (le) roc du fort » (noté gastelary, gastalaria, gastellaya)
  • Kurku(a) « (le) cercle »,
  • Mokorreta « à l'éperon ».

Voir liste en annexe.

Liste de gaztelu zahar[modifier | modifier le code]

Enceintes à parapets de terre[modifier | modifier le code]

La terre dégagée pour former les lices est amoncelée en hauteur formant ainsi des parapets défensifs.

nom altitude emplacement observations
Elhina 350 m Armendarits
Kurku 272 m Béguios 4 lignes de défense, endommagé
Harribeltza 522 m Suhescun
Ullumendi Gaztelüzaharre 416 m Ordiarp
Gaztelü-harria, Gaztelaia 479 m Chéraute
Mokorreta 453 m Macaye très endommagé
Gazteluzahar 472 m Lantabat
Gazteluzaharre 361 m Arhansus
Ursuia 436 m Hasparren
Ursuia 387 m Hasparren
Ursuia 330 m Hasparren
Redoute Louis XIV 237 m Sare détruite en 1977
Redoute Napoléon 1.. m Bardos
 ? 229 m Saint-Martin-d'Arrossa détruite à 95 %
Sardatz 148 m Béhasque-Lapiste rebord de plateau
Gaztelu-harri, le Tuquet 225 m Etcharry
Gazteluxaga 282 m Arrast-Larrebieu
Gaztelü-gain 371 m Libarrenx
Larleta 279 m Berrogain-Laruns crête barrée
Txoikantegia 326 m Idaux-Mendy
Pekatenborda 92 m Larressore endommagé
Lexegita 653 m Trois-Villes
Kurku 152 m Nabas
Zihorri 267 m entre Mendionde et Hélette
Belozea 118 m Itxassou
Larreondoa 85 m Saint-Pée-sur-Nivelle
Gaztalepo 550 m Ahaxe
Ahiga 300 m Lohitzun-Oyhercq détruite en 1978
Xerrapo 299 m Çaro détruite en 1981
Haitzhandialtea 440 m Barcus
Mendixko 300 m Irouléguy
Khoxü-gaina 343 m Esquiule

Enceintes à parapets de pierre[modifier | modifier le code]

Les parapets en pierre se rencontrent sur les gaztelu zahar les plus élevés.

nom altitude emplacement observations
Gaztelu 629 m Lecumberry
Larrango 579 m Saint-Martin-d'Arrossa éperon barré
Urxilo 566 m Saint-Martin-d'Arrossa éperon barré
Lerdatze 390 m Armendarits
Jarra 445 m Irouléguy
Maide-korralea 667 m Alçay
Zerkupe 1 085 m Saint-Michel
Munhoa 592 m Hosta

Enceintes à gradins[modifier | modifier le code]

Les lices sont implantées sur des gradins découpés dans la pente.

nom altitude emplacement observations
Abarratea 342 m Ayherre 3 gradins
Mehaltzu 648 m Pagolle éperon barré
Ursuia 678 m Macaye
Hoxa handia 571 m Lantabat
Gazteluzaharrea 256 m Irissarry
Gaztelu-gaina 382 m Bustince-Iriberry
Montarey 370 m Etchebar
Gaztelü-harria (Gastalaria) 354 m Sauguis
Gaztelu-mendi 343 m Uhart-Cize
Gaztelü 582 m Aussurucq
Ahaize 272 m Ossès
Gaztelü-gaina 658 m Sainte-Engrâce
Gaztelua (Gastellia) 313 m Ahaxe
Xerberoenea 321 m Hasparren
Lomendi 446 m Etchebar
Moncayo 418 m Aussurucq

Divers[modifier | modifier le code]

nom altitude emplacement observations
Gaztelü-harriko botxea 894 m Etchebar
Mokorreta 680 m Lecumberry éperon barré

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Veyrin, Les Basques de Labourd, de Soule et de Basse Navarre : leur histoire et leurs traditions (monographie), Pau, Cairn [publié avec le concours du conseil régional et la direction régionale des Affaires culturelles de la région Aquitaine], [rééd.] (1re éd. Bayonne, Musée basque et de l'histoire de Bayonne, ), 347 p. (ISBN 9782350682617, OCLC 826784280, notice BnF no FRBNF42791812, présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Gaudeul, Enceintes protohistoriques du Pays Basque Français, Hommage au Musée Basque, (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]