Arsenal nucléaire du Pakistan

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Pakistan
Arsenal nucléaire
image illustrative de l’article Arsenal nucléaire du Pakistan
Programme
Date de lancement 1972[1]
Premier essai nucléaire 28 mai 1998[1]
Premier essai Bombe H N/A
Dernier essai nucléaire 30 mai 1998[1]
Statistiques
Charge nucléaire la plus élevée 35 Kt[1]
Nombre maximal d'armes nucléaires
Nombre total d'essais nucléaires 6[1]
Arsenal courant 300 (2017)
Portée maximale Shaheen-II (12500 km)
Traités internationaux
Traités signés N/A

La République islamique du Pakistan est le 7e pays du monde à réussir à développer et tester des armes nucléaires. Ces capacités ne sont pas rendues publiques, conduisant à des estimations allant du simple au double. Ainsi, en 2013, une source indique que les forces armées pakistanaises posséderaient de 300 à 350 ogives nucléaires[2] contre une cinquantaine en 2007 alors que le SIPRI estime en 2017 son arsenal de 250 à 300 ogives, largement supérieure à celui de l’Inde[3].

Le Pakistan n'est pas signataire du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Historique[modifier | modifier le code]

Commencé en janvier 1972 sous le premier ministre Zulfikar Alî Bhutto, le programme nucléaire pakistanais est, à l'origine, une réponse au développement d'armes nucléaires par l'Inde.

Le Pakistan accède au nucléaire militaire en 1987, année durant laquelle le docteur Abdul Qadeer Khan, directeur du programme, confirme dans une interview les allégations de la CIA concernant l’obtention de capacités nucléaires militaires[4].

Le premier essai nucléaire souterrain du Pakistan est réalisé le , nom de code Chagai-I dans des laboratoires dans le district de Chagai situé dans la province du Baloutchistan. Une série de cinq tests nucléaires de faible puissance, semble-t-il, est annoncée ce jour-là.

Le dernier essai (Chagai-II), dans lequel les Pakistanais firent détonner 12 kilotonnes d'équivalent en TNT eut lieu dans le désert de Kharan deux jours plus tard, le 30 mai 1998[5]. Sur les six essais, un était au plutonium, les autres à l'uranium enrichi[6].

Soutien international[modifier | modifier le code]

La Chine est accusée d'avoir fourni l'arme nucléaire au Pakistan et de continuer à l'aider dans son programme d'armement[7].

L'Arabie saoudite a soutenu économiquement le programme nucléaire pakistanais et, en 2013, un article de la BBC allègue que ce pays a acheté et payé le droit d’utiliser des armes, qui pour l’instant resteront stationnées au Pakistan[8].

La Corée du Nord et le Pakistan ont collaboré dans le domaine nucléaire et balistique[6].

Vecteurs[modifier | modifier le code]

Transporteur-érecteur-lanceur avec quatre missiles de croisière Babur/Hatf 7 exposé en 2008.
Missile balistique pakistanais exposé en 2008.

Terre[modifier | modifier le code]

Parmi les vecteurs utilisés, on peut citer le missile balistique Shaheen-II disposant d'une portée de 2 500 kilomètres[9],[10] et le missile de croisière Hatf 7 en service depuis la fin des années 2000.

Air[modifier | modifier le code]

Article principal : Force aérienne pakistanaise.

Elle a créé un commandement des forces stratégiques des forces aériennes.

Plusieurs F-16A et F-16B sont modifiés et transformés pour transporter des bombes nucléaires. Depuis 2010, les deux escadrons que l'on soupçonne d'être à capacité nucléaire sont équipés de JF-17 Thunder.

Marine[modifier | modifier le code]

La marine pakistanaise a créé un Commandement de la force navale stratégique en inaugurant, le 19 mai 2012, des locaux de ce nouvel état-major chargé des armes nucléaires de la marine.

Elle dispose en 2015 de 5 sous-marins : 2 Agosta 70 (PNS/M Hasmat et Hurmat, entrée en service en 1979) dont l'installation de système anaérobie (AIP) est en cours fin 2012 et 3 Agosta 90B (PNS/M Khalid, Saad et Hamza). En , le gouvernement pakistanais annonce son intention d'acquérir huit sous-marins S-20 dérivés du type 039A chinois[11].

Il se pourrait que cette annonce soit la confirmation de l’existence d’une version sous-marine du missile de croisière Babur/Hatf 7 capable d'être emporté par les Agosta[12].

Industrie nucléaire[modifier | modifier le code]

La première centrale nucléaire du Pakistan, KANUPP, se trouve au sein du complexe « KNPC » (Karachi Nuclear Power Complex) à environ 25 km à l'ouest de Karachi dans la province du Sind. Elle a été mise en service en 1972 et arrêtée en 2002 après 30 ans de fonctionnement.

La seconde centrale nucléaire, CHASNUPP, est située à Chashma dans la province du Pendjab. Initiée dans les années 70 en collaboration avec la France, elle a finalement été construite par la Chine et mise en service en 2000.

Depuis 2008, le Pakistan développe la mine d'uranium de Dera Ghazi, près de la ville de Dera Ghazi Khan, à côté de laquelle il a mis en place un complexe chimique qui produit de l'uranium-métal pour fabriquer des armes nucléaires[13].

D'autre part, le Pakistan a construit deux usines de séparation du plutonium adjacentes, à proximité de Rawalpindi, selon des experts de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS)[13].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Le programme nucléaire du Pakistan est évoqué en détail dans le roman Aurore noire, de Gérard de Villiers, paru en 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (fr) LES ESSAIS NUCLÉAIRES INDIENS ET PAKISTANAIS : UN DÉFI LANCE A LA NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE, ridi.org, consulté le 9 janvier 2013
  2. « Chine, Inde et Pakistan continuent de renforcer leur arsenal nucléaire », sur Le Monde, (consulté le 10 janvier 2014)
  3. Nathan Gain, « Le désarmement nucléaire ralentit », sur http://forcesoperations.com/, (consulté le 15 juillet 2017).
  4. Collectif, « Quel stratégie de puissance pour le Pakistan », sur Base de connaissance, (consulté le 10 janvier 2014)
  5. Jean-Pierre Chevènement, « Le Pakistan et l’arme nucléaire », sur Fondation Res Publica, (consulté le 10 janvier 2013)
  6. a et b Claude Helper, Qui a peur de la Corée du Nord ? : La saga nucléaire de Kim Jong-Il, L'Harmattan, , 350 p. (ISBN 2296045561), p. 130
  7. Anne-Marie Blondeau, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, p. 340 : « Elle est accusée de faire commerce de ses armes et, en particulier, d'avoir fourni l'arme nucléaire au Pakistan et de continuer à l'aider dans son programme d'armement (Domenach et Richer, 1987, pp. 605 et 625-626). »
  8. (en) Mark Urban, « Saudi nuclear weapons 'on order' from Pakistan », sur British Broadcasting Corporation, 6 novembre2013 (consulté le 10 janvier 2014)
  9. (en) BALLISTIC AND CRUISE MISSILE THREAT, FAS.org
  10. (en) How 'Shaheen' Was Developed, Hanif Khalid Rawalpindi Jang, 19 avril 1999
  11. (en) « Beijing eyes bigger arms exports after Pakistan deal, experts say », sur South China Morning Post, (consulté le 3 juillet 2015)
  12. (en) Usman Ansari, « Pakistan Acknowledges Sea-Based Nuclear Deterrent », sur Defense News, (consulté le 3 octobre 2012)
  13. a et b Confronté à la pression des talibans, le Pakistan étend son programme nucléaire - Le Monde, 20 mai 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]