Yerres (rivière)

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Yerres
Passerelle sur l'Yerres.
Passerelle sur l'Yerres.
Caractéristiques
Longueur 97,5 km
Bassin 1 030 km2
Bassin collecteur Seine
Débit moyen 3,5 m3/s (la confluence avec la Seine
Villeneuve-Saint-Georges)
Régime pluvial océanique
Cours
Source au nord du hameau de Courbon
· Localisation La Celle-sur-Morin
· Altitude 132 m
· Coordonnées 48° 47′ 42″ N 2° 56′ 42″ E / 48.79497, 2.94513 (Source - Yerres)  
Confluence Seine
· Localisation Villeneuve-Saint-Georges
· Altitude 32 m
· Coordonnées 48° 43′ 35″ N 2° 26′ 37″ E / 48.72636, 2.44362 (Confluence - Yerres)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Visandre, Yvron, ru d'Avon
· Rive droite ru de Bréon, Marsange, Réveillon
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Île-de-France
Principales villes Rozay-en-Brie, Chaumes-en-Brie, Soignolles-en-Brie, Boussy-Saint-Antoine, Epinay-sous-Sénart, Brunoy, Yerres, Crosne, Villeneuve-Saint-Georges

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro
L'Yerres près de Soignolles en Brie vue depuis le viaduc de l'ancienne ligne de Vincennes.
L'Yerres au niveau du moulin de Pompierre dans la commune de Bernay-Vilbert

L'Yerres (prononcé [ jɛʁ ]) est une rivière d'Île-de-France, affluent de la rive droite de la Seine, qui traverse la campagne et quelques villes dont une reprenant son nom située en Essonne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'Yerres (ou Yères) était appelée la rivière d'Erre en 1384, Edera au XVIIe siècle, probablement d'un ancien Atura[1]. Le nom actuel a subi l'influence de l'ancien français yerre 'lierre'. Le -s final n'est pas fondé.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bassin versant de l'Yerres couvre environ 1 030 km2 dans trois départements : la Seine-et-Marne, l'Essonne et le Val-de-Marne. Il intéresse 121 communes et environ 160 000 habitants. Pour 85 % de sa surface, ce bassin est couvert de cultures et de forêts, essentiellement en Seine-et-Marne. Les zones urbanisées, environ 10 % du total, sont concentrées en aval près du confluent avec la Seine.

L'urbanisation rapide, dans la partie basse de son cours, a maintenant réduit le nombre de prairies inondables refuges de biodiversité, qui régulaient ses crues.

La rivière prend sa source en Seine-et-Marne à Courbon (commune de la Celle-sur-Morin), au nord de l'étang de Guerlande, et se jette dans la Seine à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). La source se trouve en bordure de la route départementale D 20E.

L'Yerres est une rivière calme, d'une profondeur variant de 1 à 6 mètres selon les zones argileuses qu'elle traverse. De son parcours sinueux, elle part des marécages situés aux alentours de Courbon non loin de Mortcerf, traversant ensuite la forêt de Crécy en contournant l'étang de Guerlande. Près de Touquin, l'Yerres grossit en « fusionnant » avec le ru de l'Étang de Beuvron, qui selon les géographes pourrait être la vraie « Yerres » tant les débits des deux ruisseaux sont proches. La même hypothèse a été émise pour la Visandre. C'est en aval des sources abondantes près de Voinsles que l'Yerres s'élargit pour donner forme à une rivière large et paisible.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

De sa source à Courbon, à son embouchure à Villeneuve-Saint-Georges, où elle se jette dans la Seine, son cours fait 97,5 km. L'Yerres reçoit 19 affluents principaux. Par ordre géographique, d'amont en aval :

  • le ru des Marnières 2,7 km
  • le ru de l'Étang de Beuvron 10,4 km
  • le ru de la Fontaine Saint-Jean 3,2 km
  • la Visandre 30,9 km
  • le ru de Vulaine 5,5 km
  • le ru des Fontaines Blanches 4,9 km
  • l'Yvron 30,1 km
  • le fossé du Miroir 2,2 km
  • le ru de Bréon 22,1 km
  • la Marsange 30,4 km
  • le ru d'Avon 20,9 km
  • le ru de Fontaine 6,4 km
  • le ru de Vaulois 1,6 km
  • la Barbançonne 12,1 km
  • le ru Blanchard 2,6 km
  • le ru de Ganisse 2,5 km
  • le ru du Cornillot 6,9 km
  • la Rigaude 1,1 km
  • le Réveillon 21,6 km
  • le ru d'Oly, qui prend sa source en forêt de Sénart, traverse les communes de Vigneux, Montgeron, et Villeneuve-Saint-Georges pour se jeter dans l'Yerres dans le quartier de Belleplace.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

L'Yerres à Rozay en Brie
L'Yerres à Bernay-Vilbert (début septembre)
Dans la Seine-et-Marne 
Hautefeuille ~ Lumigny-Nesles-Ormeaux ~ Pézarches ~ Touquin ~ Rozay-en-Brie ~ Bernay-Vilbert ~ Courtomer ~ Argentières ~ Chaumes-en-Brie ~ Ozouer-le-Voulgis ~ Solers ~ Soignolles-en-Brie ~ Évry-Grégy-sur-Yerres ~ Brie-Comte-Robert ~ (Villemeneux) ~ Combs-la-Ville
Dans l'Essonne 
Varennes-Jarcy ~ Brunoy ~ Yerres ~ Montgeron ~ Crosne ~ Quincy-sous-Sénart ~ Boussy-Saint-Antoine ~ Épinay-sous-Sénart
Dans le Val-de-Marne 
Périgny ~ Villeneuve-Saint-Georges ~ Mandres-les-Roses

Protection de la vallée de l'Yerres et de ses abords[modifier | modifier le code]

La vallée de l'Yerres et ses paysages sont en voie de classement en loi paysage 1930, la plus haute protection de patrimoine naturel. Les séquences actuellement classées vont de :

Randonnée[modifier | modifier le code]

On peut suivre la vallée de l'Yerres depuis la gare de Villeneuve-Saint-Georges en empruntant soit le chemin de randonnée de la vallée de l'Yerres qui passe par le Mont Griffon à Yerres, la Vallée du Réveillon à Villecresnes, puis par les champs de Mandres-les-Roses et de Périgny et ensuite à Périgny elle retrouve l'Yerres jusqu'à sa source, soit par la Liaison Verte des bords de l'Yerres et du Réveillon depuis la gare de Villeneuve jusqu'à Périgny en suivant la vallée de l'Yerres et en rejoignant le chemin de randonnée de la vallée de l'Yerres.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L'Yerres est une rivière très irrégulière, beaucoup plus que sa voisine l'Essonne par exemple. Son débit a été observé sur une période de 41 ans (1967-2007), à Courtomer, localité du département de Seine-et-Marne située malheureusement à assez grande distance de son confluent avec la Seine[2]. Le bassin versant de la rivière y est de 429 km2 sur un total de 1 030 km² pour l'entièreté du bassin.

Le module de la rivière à Courtomer est de 1,47 m3/s. L'Yerres présente de très importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 2,23 à 3,71 m3/s, de décembre à début avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d'été de mai à novembre inclus avec un minimum mensuel moyen de moins de 0,2 m3 en aout et en septembre.

En période d'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 0,003 m3, en cas de période quinquennale sèche, soit 3 litres seulement par seconde, ce qui est proportionnellement près de 100 fois moins que le VCN3 de l'Orge par exemple.

Les crues sont assez importantes et créent des menaces pour certaines zones de son bassin. Ainsi le débit instantané maximal enregistré à Courtomer a été de 72,8 m3/s le 21 mars 1978, tandis que la valeur journalière maximale était de 62,5 m3/s le même jour. Ces valeurs sont près du triple de celles de l'Essonne, bien que le bassin versant de l'Yerres soit quatre fois moins étendu. Le QIX 10 est de 40 m3/s, le QIX 20 de 48 m3 et le QIX 50 de 58 m3. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 20 et 32 m3. D'où il ressort que les crues maximales de mars 1978, étaient bien plus que cinquantennales, certainement au moins centennales et en tout cas tout à fait exceptionnelles.

L'Yerres est une rivière peu abondante, alimentée par des précipitations réduites. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 109 millimètres annuellement, une des plus faible de France, nettement inférieure tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (220 millimètres), qu'à la moyenne d'ensemble de la France. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 3,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Pour apprécier la diversité de comportement des petites rivières de l'Île-de-France, une comparaison entre les données de l'Orge et ses affluents, l'Yvette et la Rémarde, de l'Yerres, de l'Essonne et du Grand Morin paraît utile.

Nom Localité Débits en m³ par seconde Maxim.
enregistré
Lame
d'eau
(mm)
Surface
bassin
(km²)
Module VCN3
(étiage)
QIX 2 QIX 5 QIX 10 QIX 20 QIX 50 QIX 100
Essonne Ballancourt 8,420 4,000 13 17 19 22 25 24,7 142 1 870
Orge Morsang 3,900 1,100 23 30 34 38 44 41,2 133 922
Rémarde Saint-Cyr 0,663 0,170 5 8,5 10 12 15 12,5 142 147
Yvette Villebon 1,340 0,260 9 13 15 17 19 18,2 189 224
Yerres Courtomer 1,470 0,003 20 24 32 40 48 72,8 109 429
Grand Morin Pommeuse 5,680 1,800 54 77 93 110 130 97,9 233 770

On peut voir que les régimes de l'Yerres et du Grand Morin se partagent la palme de l'irrégularité et de l'importance des crues, ce qui n'est pas étonnant, étant donnée leur proximité au sein du plateau briard. Les deux grandes différences - liées sans doute - sont d'une part que le Grand Morin conserve un solide débit aux étiages, tandis que celui de l'Yerres (à Courtomer) tombe quasi à zéro. D'autre part, la lame d'eau mesurant l'écoulement du Grand Morin vaut plus du double de celui de l'Yerres, dont le bassin apparaît comme particulièrement sec face aux autres petites rivières du sud-est et de l'est de l'Île-de-France.

L'Essonne est régulier, car son débit d'étiage ne tombe qu'à un peu moins de la moitié du débit moyen, et dont le niveau de crue cinquantennale - le QIX 50 - ne dépasse pas trois fois ce même débit. Quant à l'Orge et ses affluents, ils occupent une position intermédiaire dans ce classement.

Service de Gestion de l'Yerres[modifier | modifier le code]

La gestion de l'Yerres est assurée par un syndicat mixte créé en 1990, le SMIRYA (Syndicat mixte interdépartemental de la région de l’Yerres et de ses affluents) formé :

Le SMIRYA a été dissous le 31 décembre 2007 [3] , et ses compétences ont été reprises par le SyAGE.

Un SAGE (Schéma d'aménagement et de gestion des eaux) est en cours d'élaboration depuis 2002 sous l'égide de la CLE (commission locale des eaux) du bassin versant de l'Yerres.

Qualité des eaux[modifier | modifier le code]

Au regard des paramètres physico-chimiques relevés par les équipes techniques du Syage durant le mois de janvier 2014, la qualité de l'eau varie de la classe de qualité Moyenne à Très Bonne (critères établis par la Directive-cadre sur l'eau)[4].,

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Périssoires sur l'Yerres, Gustave Caillebotte

La rivière a inspiré de nombreux peintres ayant séjourné à proximité qui lui ont consacré des tableaux : Gustave Caillebotte, dont la propriété de Yerres jouxtait la rivière; Jean Baptiste Corot qui, séjournant à Brunoy, peint plusieurs tableaux dessus[5], Paul Flandrin, séjournant puis vivant à Montgeron; Claude Monet, qui peint  L'Yerres près de Montgeron[6] ou encore Jean Dubuffet qui ne peint pas l'Yerres mais élève l'une de ses plus grandes œuvres, La closerie Falbala, tout près de la rivière, à Périgny-sur-Yerres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 1, 1990.
  2. Banque Hydro - Station H4322030 - L'Yerres à Courtomer (ne pas cocher la case "Station en service")
  3. "2008 "Préfecture de l'Essonne, recueil des actes administratifs", pages 320-321-322, Janvier 2008, http://www.syage.org/download/Archives-wikipedia/2007/arrete-actant-la-dissolution-du-smirya.pdf
  4. Bilan Janvier 2014 d'évaluation des cours d'eau effectué par le service Contrôle des Milieux Naturels du Syage, http://www.syage.org/download/Archives-wikipedia/bilan_qualite_janvier_2014.pdf
  5. http://fr.topic-topos.com/patrimoine-montgeron
  6. L'Yerres près de Montgeron, Claude Monet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Rousseau, La Vallée de l'Yerres, Presses du Village, 1998, 71 p. (ISBN 2-84100-158-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]