Décoration du Lys

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Décoration du Lys

Depuis fin 1813, les armées françaises se battent sur leur propre sol : c’est la campagne de France. Napoléon Ier termine son règne par une série de victoire à la Pyrrhus qui ne sauve pas son empire et le mène à l’abdication le 5 avril 1814.

Dans un Paris occupé par les coalisés, la Garde Nationale assure l’ordre public en arborant la cocarde blanche, abandonnant ainsi le tricolore révolutionnaire. C’est sur ce corps d’armée que les Bourbons choisissent de s’appuyer pour leur retour au pouvoir, délaissant ainsi les armées impériales et leurs officiers jugés encore trop peu fiables.

Création de la Décoration du Lys[modifier | modifier le code]

Le 3 mai, le roi Louis XVIII arrive dans la capitale, accompagné de son frère Charles de Bourbon, Comte d’Artois, futur Charles X. C’est alors que commencent à circuler dans un Paris rassuré et apaisé des petites médailles à l’effigie du nouveau roi et à fleurs de lys, suspendues par des rubans blancs.

Un ordre du jour du comte d’Artois créa, le 26 avril 1814, la Décoration du Lys en faveur de la garde nationale de Paris : « un signe perpétuel des services qu’elle a rendus, soit lorsque après avoir combattu pour ses foyers et, chargée seule dans la nuit du 30 mars de la garde et de la sûreté de Paris, elle a conservé au Roi sa capitale et à tant de familles leurs biens, la vie et l’honneur soit, lorsqu’en occupant outre ses postes ceux de la troupe de ligne, elle a offert l’exemple du dévouement et du sacrifice, soit, enfin, quand malgré ce pénible service elle a fait celui de la maison militaire du Roi et donné à la famille royale la satisfaction de n’être, pour sa garde, environnée de français. »

Par ordre du jour, le 9 mai 1814, le roi Louis XVIII approuve la création de la Décoration du Lys en l’étendant à l’ensemble des gardes nationales de France. Elle était remise aux gardes nationaux après avoir prêté le serment suivant : « Je jure fidélité à Dieu et au Roi pour toujours. » L’attribution de la Décoration du Lys entraînait la remise d’un brevet officiel.

Assurant à la nouvelle monarchie la fidélité de l'élite sociale grâce à ce simple honneur, l'attribution de la Décoration du Lys sera sans cesse étendue et elle sera rapidement très largement répandue dans toutes les régions de France puisque des délégations de pouvoir furent données successivement aux généraux, aux ministres, aux préfets et enfin aux maires…

Interdite pendant les Cent-jours, puis remise à l’ordre du jour lors de la Seconde Restauration, c’est sous Louis-Philippe, par ordonnance datée du 10 février 1831, que sera définitivement supprimée la Décoration du Lys.

Bénéficiaires[modifier | modifier le code]

  • Ordonnance du 26 avril 1814 : la Décoration du Lys récompense les troupes de la garde nationale de Paris « officiers, sous-officiers, grenadiers ou chasseurs qui justifiaient d’avoir bien fait leur devoir ».
  • Ordonnance du 9 mai 1814 : l'attribution de la Décoration du Lys est étendue à l’ensemble des gardes nationales de France.

Puis elle fut décernée également aux fonctionnaires des diverses administrations, aux notables, aux membres de la députation, aux officiers supérieurs et généraux, etc.

Les lycéens méritants, dès la remise des prix de l'année scolaire 1813-1814, se virent également décerner la Décoration du Lys : Honoré de Balzac, élève de 3e au Lycée de Tours, la reçut le 5 septembre 1814 (voir Balzac, Correspondance, t.I, Bibliothèque de la Pléiade, p. 5)

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Rubans[modifier | modifier le code]

Tableau récapitulatif des rubans de la Décoration du Lys par départements.
  • Ordonnance du 26 avril 1814 : un simple ruban blanc.
  • Ordonnance du 9 mai 1814 : un ruban blanc moiré avec une rosette blanche ; mais pour distinguer la garde nationale de Paris, les armes de la capitale pourront être brodées ou brochées sur le ruban.
  • Ordonnance du 5 août 1814 : le ruban de la Garde nationale de Paris devint blanc avec, sur chaque bord, un liseré bleu de 2 mm.
  • Ordonnance du 5 février 1816 : les gardes nationales départementales portèrent la Décoration du Lys suspendue à un ruban spécifique à chaque département. Sur les 86 départements du royaume, seul 12 conservèrent le ruban blanc d’origine.

Agrafes[modifier | modifier le code]

  • Ordonnance du 9 mai 1814 : le roi autorise, sur la tenue civile, le port d’un simple ruban blanc, quelquefois surchargé d’une agrafe à trois bandes, généralement en argent mais parfois en or, représentant une réduction de la croix du Lys, ou un lys souvent couronnée et encadrée par deux branches d’olivier.

A l’instar de la croix du Lys, certaines portaient l’inscription Gage de la paix- Vive le Roi. Ces agrafes furent parfois portées sur le ruban de la Légion d’honneur.

Insignes[modifier | modifier le code]

  • Ordonnance du 26 avril 1814 : une simple fleur de lys en argent.
  • Ordonnance du 9 mai 1814 : une fleur de lys en argent de la couronne royale.
  • Règlement du 31 août 1816 : suite aux abus trop nombreux de port d'insigne la plupart du temps fantaisiste, le comte d’Artois fixe les règles définitives du port de la Décoration du Lys.
  • 5 mai 1824 : le Grand chancelier de la Légion d’honneur rappelle notamment que « La Décoration du Lys ayant fourni le prétexte à une multitude d’abus, le Roi en a donné la surveillance au Grand chancelier. Il rappelle donc ici que cette décoration ne doit être qu’une simple fleur de lys en argent suspendue à un ruban blanc ou de couleurs diversement réglées pour chacun des départements du royaume. (...) La manie des rubans et des décorations, la cupidité de quelques bijoutiers, les fantaisies et les caprices, en ont fait imaginer et fabriquer de diverses formes, imitant les ordres royaux ou étrangers. On ne doit porter le ruban que d’un seul département et la simple fleur de lys primitivement établie ; toutes les autres sont abolies et doivent disparaître. »

Existe-t-il un Ordre du Lys ?[modifier | modifier le code]

La Décoration du Lys fut à tort souvent appelée Ordre du Lys. Même si à partir de 1824, elle fut contrôlée par la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, il n’y avait ni Grand Maître, ni chancellerie spécifique. Elle n’a jamais été notifiée dans les documents officiels sous la désignation d’Ordre.

Décoration de la Fidélité[modifier | modifier le code]

En 1816 les gardes nationaux qui étaient en service à Paris en 1815 reçurent la Décoration de la Fidélité.

Collection[modifier | modifier le code]

Malgré le très grand nombre de Décorations du Lys distribuées lors de la Restauration, les vrais exemplaires sont finalement très difficiles à trouver, notamment avec leur ruban d'origine.

Liens externes[modifier | modifier le code]