Gallo-roman (langue)

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Article principal : langues gallo-romanes.

Le gallo-roman (ou proto-gallo-roman) est une transition du latin populaire s'étant développée au début du Moyen Âge (Haut Moyen Âge) en Gaule. Le terme employé dans la littérature linguistique du début du XIXe siècle pour désigner le gallo-roman était « roman » ou « langue romane » par opposition à « germanique » et « langue germanique », soit les langues usuelles dans l'Empire de Charlemagne; somme toute, cet usage du terme roman suivait un usage plus ancien pré-scientifique.

Le terme roman, dérivé de l'adjectif latin romanus, s'applique aujourd'hui strictement aux langues issues de celles que parlaient les Romains, d'où le concept des langues romanes[1].

Évolution du proto-gallo-roman[modifier | modifier le code]

L'apparition du gallo-roman ne peut pas être datée avec précision. À la question « Quand a-t-on cessé de parler latin en Gaule ? », l'historien Ferdinand Lot répond « Jamais. » Il y a eu un glissement insensible du latin classique vers le bas-latin de l'époque impériale pour la langue écrite et vers le latin vulgaire pour la langue parlée par le peuple, cette langue populaire étant l'ancêtre des langues romanes; puis vers le gallo-roman mérovingien et carolingien. Les habitants de la Gaule ont toujours eu l'impression de parler la même langue que leurs ancêtres, mais en quelques siècles, elle était devenue méconnaissable.

L'époque de Charlemagne voit une renaissance de l'étude du latin classique, seul employé à l'écrit. Il devient nécessaire de le distinguer nettement de la langue «romane» parlée dans l'Ouest de l'Empire. En 813, le concile de Tours stipule que les sermons dans cette partie de l'Empire devront désormais être prononcés en « rusticam Romanam linguam » (langue romane rustique) et non plus en latin afin d'être compris par tous, démontrant en fait la distance qu'avait prise la langue parlée par rapport latin.

Des traces de ce proto-gallo-roman sont contenues dans la glose retrouvée à Reichenau qui date du VIIIe siècle ainsi que celle conservée à Kassel rédigé vers 802[2]. Toutefois, le premier texte officiel conservé en langue (proto-gallo-)romane est celui des Serments de Strasbourg conclus en 842 entre les deux petits-fils de Charlemagne, Charles le Chauve et Louis le Germanique. La Cantilène de sainte Eulalie, considéré comme le premier texte littéraire écrit en langue d'oïl, date de la fin du IXe siècle.

Ce roman carolingien se distingue du latin par la perte de déclinaisons (deux cas seulement), des éléments syntaxiques et une morphologie qui se rapproche déjà de l'ancien français, et d'autres transformations grammaticales et surtout phonétiques issues du francique (particulièrement les phonèmes du système vocalique), devenant ainsi le précurseur des langues d'oïl et du francoprovençal.

Roman[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui désuet, le terme roman pouvait désigner les langues primitives parlées par les populations conquises du royaume des Francs, soit les territoires à l'Ouest de l'Austrasie, notamment la Neustrie, l'Aquitaine et la Burgondie. Cet usage ancien pré-scientifique se fondait sur le canon 17 du concile de Tours (813) convoqué par Charlemagne qui stipulait que, dans les territoires correspondant à la France et l'Allemagne actuelles, les homélies ne seraient plus prononcées en latin mais en « rusticam Romanam linguam aut Theodiscam, quo facilius cuncti possint intellegere quae dicuntur », c’est-à-dire dans la « langue romane rustique », forme de proto-gallo-roman ou dans la « langue tudesque » (germanique), « afin que tous puissent plus facilement comprendre ce qui est dit ».

Le terme roman, dérivé de l'adjectif latin romanus, s'applique aujourd'hui strictement à toutes les langues issues de celles que parlaient les Romains, d'où le concept des langues romanes[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes : introduction aux études de linguistique romane, Bruxelles : De Boek Ducolot, 1999, p. 136.[1]
  2. Karel Titz, Glossy Kasselské, 1923
  3. Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes: introduction aux études de linguistique romane, Bruxelles : De Boek Ducolot, 1999, p. 136.[2]

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