Oderen

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Oderen
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Blason de Oderen
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Thann
Canton Saint-Amarin
Intercommunalité C.C. de la Vallée de Saint-Amarin
Maire
Mandat
Francis Allonas
2014-2020
Code postal 68830
Code commune 68247
Démographie
Population
municipale
1 303 hab. (2011)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 54′ 36″ N 6° 58′ 34″ E / 47.91, 6.9761 ()47° 54′ 36″ Nord 6° 58′ 34″ Est / 47.91, 6.9761 ()  
Altitude Min. 445 m – Max. 1 264 m
Superficie 19,12 km2
Localisation

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Oderen est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Oderinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Oderen est une commune de la vallée de la Thur en aval de Kruth et en amont de Fellering. Le col d'Oderen (884 m) mène à Ventron dans les Vosges mais la route qui l'emprunte fait un crochet par Kruth. Oderen fait partie du canton de Saint-Amarin et de l'arrondissement de Thann.

Écarts et lieudits ;
  • Raingott
  • Maerel
  • Tscharr
  • Kreuzberg
  • Gomme
Cours d'eau 
  • La Thur
  • Le Durrenbach (Ruisseau sec)
  • La cascade St Nicolas

Toponymie[modifier | modifier le code]

Oderen est dérivé du dialecte alsacien Oder = veine d'eau ou de l'allemand roden = défricher. Le village est dénommé de Odern en 1253

Histoire[modifier | modifier le code]

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  • Oderen est connu depuis le Néolithique par une présence humaine.
  • En l'an 735, le comte Eberhard d'Alsace donne la haute vallée de la Thur aux Chanoinesses de Remiremont.

Le village est cité pour la première fois après avoir été administré par les abbesses de l'abbaye de Remiremont. Dès le XIIe siècle, le couvent de Remiremont possédait à Oderen une cour colongère, autour de laquelle allait se former une agglomération passée au Moyen Âge sous la domination des comtes de Ferrette et de Horbourg, puis sous la dynastie des Habsbourg, avant de dépendre de l'abbaye princière de Murbach (acte du 18 juin 1536).

Après la guerre des Paysans, vers 1525, le village compte plus que 170 habitants et est ainsi le bourg le plus peuplé du bailliage. Pendant la guerre de Trente Ans le village est pillé et dévasté. Il sera ensuite repeuplé grâce à la venue d'une forte immigration suisse et bavaroise. Vers 1680 Oderen est le lieu d'un pèlerinage fort fréquenté grâce à sa chapelle dédiée à Notre-Dame du Bon Secours.

Oderen avait un château qui fut cédé par les comtes de Horbourg à l'abbaye de Murbach qui passa ensuite aux sires de Bollwiller. Il fut l'objet en 1446 d'un litige à main armée entre les comtes de Montbéliard-Wurtemberg et l'abbaye de Murbach. C'est en réalité l'histoire du château de Wildenstein et non d'Oderen.

Au XVIIIe siècle, une verrerie est installée près de la commune qui fait vivre une partie des habitants du vallon. Si une partie de la population semble bénéficier de la présence des verriers, l'autre partie se dit lésée par l'accaparement des droits d'usage des forêts par les forges de Willer qui sont propriétaires de la verrerie. Avec l'absence de débouchés, une partie de la population poussée par la misère se révolte contre la seigneurie de Saint-Amarin accusée de soutenir les forges. La Révolution abroge les privilèges des forges en 1794 et reconnaît la collectivisation de la forêt au profit de la population et de la commune.

Au début de la Première Guerre mondiale, le village est occupé par l'armée française. La Seconde Guerre mondiale apporte son lot de malheurs. La libération intervient cependant le 1er décembre 1944, mais pendant deux mois encore après le retrait des Allemands, le village est la cible de tirs sporadiques de l'artillerie allemande.

La commune possédait au XIXe siècle une florissante industrie de tissage mécanique et à bras qui faisait vivre les habitants. À cette époque il existait également un moulin, une scierie mécanique et une huilerie.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Oderen

Les armes d'Oderen se blasonnent ainsi :
« Parti, au premier de gueules à deux fasce d'argent posées en sautoir, au second d'argent au lévrier de sable colleté de gueules, enté en pointe, d'argent à trois fasces ondées d'azur. »[1]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Francis Allonas UDI Cadre commercial France Telecom, retraité depuis 2004
1974 2001 Pierre Egler UDF Conseiller général jusqu'en 1998
**** 1974 Joseph Wilhelm Centre droit Comptable
**** Xavier Weiss Centre droit Comptable
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 303 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 466 1 164 1 225 1 468 1 685 1 768 1 803 1 840 1 878
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 944 1 893 1 831 1 746 1 648 1 621 1 521 1 472 1 409
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 405 1 475 1 448 1 416 1 362 1 366 1 269 1 195 1 249
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 326 1 254 1 241 1 331 1 340 1 318 1 320 1 320 1 303
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas
Chapelle Notre Dame du Bon Secours (1894)
Crypte de la chapelle de Notre Dame du Bon Secours
Intérieur de l'église Saint-Nicolas
Monument aux morts d'Oderen

Église Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

L'introduction du christianisme dans le val d'Oderen reste encore mystérieuse, mais il fort probable que le petit monastère fondé par saint Amarin, moine de Luxeuil, y ait pu joué un rôle majeur dès le VIIe siècle. La paroisse d'Oderen remonte à bien plus tard, à l'époque où l'abbaye de Remiremont possédait des biens dans la vallée. Elle réunissait au départ les trois villages de la haute vallée de la Thur, Fellering, Oderen et Kruth. La construction de la première église n'est pas connue. C'est seulement à partir de 1305 que l'église y est mentionnée pour la première fois "Ecclesia Ader" faisant partie du diocèse de Bâle jusqu'en 1790. Dévastée à plusieurs reprises par les différentes guerres du Moyen Âge, l'église fut reconstruite en 1771 par le curé Wohlgroth. Bénie le 21 mai 1773, cette église de style baroque fut consacrée le 27 avril 1786 par le prince Roggenbach, prince-évêque de Bâle. La Révolution fut fatale au curé Wohlgroth contraint de se cacher puis finalement de quitter sa paroisse. Après avoir été restaurée, l'église a été embellie en vue de la célébration du bicentenaire en 1971.

Vierge du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cette statue se trouve encastrée dans la façade d'une maison située 29, Grand-Rue et semble être la réplique exacte d'une miniature de la Vierge du XVIIe siècle en Bavière.

Chapelle Notre Dame du Bon Secours[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, Oderen était surtout connu pour son pèlerinage dont l'origine n'est pas établie avec précision. Selon la tradition, une des statues du Christ et de la Vierge avaient été placées dans une grotte façonnée par l'érosion, sur la pente rocheuse et abrupte du "Maerel". De nombreux voyageurs de passage s'arrêtaient, priaient et récitaient le chapelet devant cette grotte. La route d'Oderen reliant l'Alsace au département des Vosges étant un passage très fréquenté, le lieu fut de plus en plus fréquenté. D'après une lettre adressée en 1683 à l'official de Bâle, le curé Chrétien Böh officiant alors à Oderen avait fait placer dans le rocher une statue de la Vierge qui provenait de l'abbaye de Murbach. Le curé d'Oderen relate dans ce courrier avoir connu en l'espace de deux années deux hommes décédés qui auraient délivrés du purgatoire grâce à des dons qu'ils firent à l'église paroissiale. C'est en 1680, que le curé Basile Staub, originaire de Zoug (Suisse) fit construire une petite chapelle au lieu-dit "Lager" où se trouvait une statue de la Vierge; il fonda également à Oderen une confrérie du Saint-Rosaire. Il obtint par ailleurs l'autorisation de célébrer le Saint-sacrifice dans le petit sanctuaire qui avait été construit en dur et l'autre taillé dans la roche sur la pente du "Maerel". Par la suite une messe anniversaire à l'intention du bienfaiteur fut célébrée chaque 22 juillet, fête de sainte Marie-Madeleine, le samedi avant le troisième dimanche après pâques, le jour de Quatre-Temps, le jour de la Pentecôte et celui de la fête de Saint-Michel.La chapelle s'étant bientôt avérée trop petite fut l'objet d'un agrandissement et d'un aménagement, complétée par une sacristie. Le sanctuaire entièrement transformé fut doté d'une cloche en 1714. Il fut béni le 10 mai 1716 en présence de tout le village et de personnalités religieuses. Une cinquantaine d'années après le sanctuaire fut à nouveau agrandi, puis restauré. À cette époque la paroisse d'Oderen comptait 1500 âmes. Le 5 octobre 1779, à la sollicitation du maire de la vallée supérieure de la Thur fut rédigé un registre où il est fait mention de la chapelle sous le vocable "Notre Dame du Bon Sauveur". Mais la chapelle sera la proie des Révolutionnaires. Les fidèles durent assister impuissants à la démolition de la chapelle par des "patriotes". Après le règne de la Terreur, le pèlerinage renaitra de ses cendres et dès 1813, le culte dans le sanctuaire fut à nouveau autorisé. Mais l'humidité allait peu à peu délabrer le sanctuaire. L'évêque de Strasbourg, Monseigneur Fritzen de passage à Oderen en 1892, encouragea l'abbé Lintzer curé d'Oderen à entreprendre des travaux de rénovation qu'il accepta au prix d'innombrables embuches. Le nouvel sanctuaire fut achevé le 22 mai 1893 et l'inauguration interviendra le 9 septembre 1894 en présence de Monseigneur Marbach, coadjuteur de l'évêque de Strasbourg. Le nouvel édifice comportera deux cryptes qui renferment des œuvres remarquables, parmi lesquels l'autel de la Vierge douloureuse, la statue de la Vierge entourée des quinze mystères du saint rosaire, avec en particulier le décor de la chapelle de Notre Dame, plusieurs belles fresques, la Visitation, la nativité du Christ, la présentation de la Vierge et la Mère des Douleurs. À l'extérieur sur la pente du Mearel, existe un chemin de croix en fer monumentale qui sert de douzième station d'où l'on jouit d'une vue imprenable sur la haute vallée de la Thur. La chapelle fut épargnée au cours de la Seconde Guerre mondiale. Seuls les vitraux représentant Marie fut endommagés. En 1954, l'abbé Staempflin, curé d'Oderen, fit exécuter plusieurs travaux de rénovation.

Le cimetière[modifier | modifier le code]

La partie droite du cimetière que les habitants dénomment Glasereck, qui signifie coin des verriers, contient les tombes d'anciens verriers qui ont travaillé dès le XVIIIe siècle dans la verrerie de Wildenstein.

Colline du Calvaire[modifier | modifier le code]

On trouve sur cette colline quatorze stations de chemin de croix construit grâce aux dons des sapeurs pompiers d'Oderen en 1898. Un calvaire domine la colline et semble être le plus ancien. Il se trouvait à l'origine plus bas, près de la chapelle Notre Dame du Bon Secours.

Canal Usenier[modifier | modifier le code]

Le canal alimentait une turbine qui était située à l'intérieur de l'usine de tissage du XIXe siècle. Cette usine a aujourd'hui disparu.

Étang du Maerel[modifier | modifier le code]

L'étang du Maerel a fait l'objet de travaux entre 1850 et 1860. Lors des travaux de consolidation, on a découvert à proximité immédiat des monnaies en or de l'époque romaine frappées entre 30 avant Jésus Christ et 426. Des habitations très anciennes montées sur des pilotis ont été également découverts.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts construit après la seconde Guerre mondiale rend hommage aux militaires et civils tués lors des deux grandes guerres. En 1914-1918 24 militaires français ont trouvé la mort dans le village. Entre 1939-1945 ce sont 23 militaires et dix civils qui ont été tués.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baquol et P. Ristelhuber: l'Alsace ancienne et moderne. Dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865
  • Josbert, Léon: Maria Hilf in Oderen, Imprimerie de l'Alsace, 1954
  • Josebet, Léon: Notre Dame du Bon Secours, 3e édition, 1973
  • Stintzi, P. Bicentenaire de l'église d'Oderen (1771-1971), 1971
  • S.N - Oderen et ses sanctuaires, S.A.E.P, Colmar-Ingersheim, 2e trimestre 1975, Imp. n° 592

Liens externes[modifier | modifier le code]

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