Ismaïl Ben Chérif

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Moulay Ismail
مولاي إسماعيل
Portrait de Moulay Ismaïl, sultan du Maroc de 1672 à 1727.
Portrait de Moulay Ismaïl, sultan du Maroc de 1672 à 1727.
Titre
Sultan du Maroc
14 avril 167222 mars 1727
(54 ans, 11 mois et 8 jours)
Couronnement 14 avril 1672 à Fès
Prédécesseur Moulay Rachid
Successeur Moulay Ahmed
Gouverneur du Royaume de Fès
166714 avril 1672
Biographie
Dynastie Alaouite
Nom de naissance Ismaïl Ben Chérif
Date de naissance v. 1645
Lieu de naissance Sijilmassa
Date de décès 22 mars 1727 (à ~72 ans)
Lieu de décès Meknès
Père Moulay Cherif
Enfant(s) Entre 1 042 et 1 171 enfants dont :
Moulay Zine El Abidine Red crown.png
Moulay Ahmed Red crown.png
Moulay Abdallah Red crown.png
Mohammed II Red crown.png
Moulay Ali Red crown.png
Moulay Abdelmalek Red crown.png
Moulay Mostadi Red crown.png
Religion Islam
Monarques du Maroc

Moulay Ismaïl (en arabe : مولاي إسماعيل) ou Moulay Ismaïl Ben Chérif[N 1], né vers 1645 à Sijilmassa et mort le 22 mars 1727 à Meknès, est sultan du Maroc de 1672 à 1727. Septième fils de Moulay Chérif, il occupe la fonction de gouverneur du Royaume de Fès et du nord du Maroc à partir de 1667, jusqu'à la mort de son demi-frère, le sultan Moulay Rachid, en 1672. Moulay Ismaïl se proclame alors sultan du Maroc à Fès et affronte son neveu et prétendant au trône, Ahmed Ben Mehrez, pendant une quinzaine d'années, jusqu'à la mort de celui-ci en 1687. Le règne d'Ismaïl correspond à une période d’apogée de la puissance marocaine. Le sultan dote le Maroc d’une puissante armée, composée pour une bonne part d’esclaves noirs qui lui sont totalement dévoués, ce qui permet au pouvoir central d’être moins dépendant des tribus trop souvent rebelles. Moulay Ismaïl réussit à combattre les Ottomans d'Alger et à chasser les Européens des ports qu'ils occupent, en l'occurrence Larache, Assilah, El-Mamoura et Tanger. Il fait des milliers de prisonniers chrétiens et manque de peu de s'emparer de Ceuta.

Il maintient le contrôle sur la flotte de corsaire basée à Salé-le-Vieux et Salé-le-Neuf, qui le fournit en esclaves chrétiens, puis en armement grâce à leurs razzias en Méditerranée et jusqu'à la mer du Nord. Cela ne l'empêche pas de nouer des relations diplomatiques conséquentes avec les puissances étrangères, en particulier avec la France, l’Angleterre et l’Espagne. Souvent comparé à son contemporain Louis XIV par son charisme et son exercice du pouvoir en tant que monarque absolu, Moulay Ismaïl était surnommé le « roi sanguinaire » par les Européens, à cause de sa cruauté et de ses exécutions sommaires.

Roi bâtisseur, il entreprend la construction du grand palais de Meknès, de jardins, de portes monumentales, de plus de quarante kilomètres de murailles et de nombreuses mosquées. Il meurt le 22 mars 1727 à Meknès des suites d'une maladie, et laisse un pays déchiré par une rébellion causée par la garde noire des Abid al-Bukhari qui contrôle le pays jusqu'à l’avènement de Sidi Mohamed Ben Abdellah.

Ismail du Maroc détient à ce jour le record de longévité en tant que monarque absolu, son règne durant pas moins de 55 années, sans régence préalable puisqu'il ne prit le pouvoir qu'à l'âge de 27 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte, origines et accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

dans des tons ocres, sur trois plans, un sol de pierre, un village de terre de même couleur, et des arbres verts éparses
Le Tafilalet, région où les Chérifs alaouites se sont installés à partir du XIIIe siècle.

Né vers 1645 à Sijilmassa, Ismail ben Chérif est le septième fils de Moulay Chérif Ben Ali, prince du Tafilalet et fondateur de la dynastie des Alaouites[1]. Sa mère est une esclave noire et son père descendrait de Muhammad al-Nafs al-Zakiya[L 1]. Il est le descendant de Hassan Ad-Dakhil, qui se réclame 21e descendant de Mahomet et 17e descendant de al-Zakiya, et qui se serait installé à Sijilmassa en 1266[L 2].

Après la mort du célèbre sultan saadien Ahmed al-Mansour, le Maroc entre dans une période mouvementée caractérisée par une lutte entre les fils du défunt pour le trône, et par le morcellement du pays au profit de différents chefs militaires et pouvoirs religieux[L 3],[L 4]. Au commencement du règne de Zaidan el-Nasir, le sultanat saadien est complètement affaibli. La Zaouïa de Dila contrôle le centre du Maroc, la Zaouïa d'Illigh établit son influence du Souss jusqu'au Drâa, le marabout el-Ayachi prend possession des plaines du nord-ouest, des côtes atlantiques jusqu'à Taza, la République de Salé s'établit en état indépendant à l'embouchure du Bouregreg, et la ville de Tétouan devient une cité-État gouvernée par la famille Naqsis[2]. Au Tafilalet, nommés par les filaliens[N 2] pour repousser l'influence de la Zaouïa d'Illigh et de la Zaouïa de Dila, les Alaouites établissent à partir de 1631, une principauté indépendante, la principauté du Tafilalet[L 4].

Trois souverains précèdent Ismail ben Chérif : il s'agit de son père puis de ses deux demi-frères. Premier souverain de la dynastie alaouite à partir de 1631, Moulay Chérif permet au Tafilalet d'échapper à l'influence de la puissante Zaouïa de Dila[L 5]. Moulay Chérif abdique en 1636 et son fils aîné, Moulay Mohamed Ben Chérif, lui succède. Sous le règne de ce dernier, le domaine alaouite s'étend jusqu'au Moulouya et au Draâ[3]. Son frère Moulay Rachid, ambitieux et désobéissant, se rebelle et réussit à le tuer le 3 août 1664 lors d'une bataille qui se déroule dans la plaine des Amgad[L 6]. Moulay Ismaïl, qui choisit le camp de Rachid, en est récompensé. Nommé gouverneur de Meknès, Ismaïl a soif d'or et il se consacre, dès sa jeunesse, à l'agriculture et au commerce dans le but d'augmenter ses richesses[L 1], pendant que son demi-frère Moulay Rachid règne comme prince du Tafilalet, puis, comme sultan du Maroc après la prise de Fès le 27 mai 1667[L 6]. Jouissant de la confiance de son aîné, Ismaïl reçoit le commandement militaire du Nord du Maroc et devient, à partir de 1667, calife (vice-roi) de Fès pendant que son frère combat dans le Sud du Maroc. Moulay Rachid s'empare de la Zaouïa de Dila en 1668 puis met deux ans à mater les rebelles de Marrakech avant de pénétrer dans la ville en 1669[4]. Alors qu'il continue ses opérations contre les tribus insoumises du Haut Atlas, il meurt le 9 avril 1672 à Marrakech des suites d'une chute de cheval. Après avoir appris la mort de son demi-frère Rachid, Moulay Ismaïl s'empare de Fès, où se trouvent les trésors de son demi-frère, puis se proclame sultan du Maroc le 14 avril 1672[L 1].

Instabilité et révoltes internes[modifier | modifier le code]

gravure d'un homme en armure regardant à sa droite. Il porte un sceptre
Moulay Ismail. Illustration de John Windus tirée de Reise nach Mequinetz, der Residentz des heutigen Käysers von Fetz und Marocco, Hanovre 1726.

Après sa prise de pouvoir, Moulay Ismaïl doit faire face à plusieurs cas de rébellions : tout d'abord la révolte de son neveu Ahmed Ben Mehrez, fils de Mourad Mehrez Ben Chérif ; puis celle de ses frères, parmi lesquels Moulay Harran, qui prend le titre de roi au Tafilalet. Le chef de guerre tétouanais Khadir Ghaïlan oppose également une résistance au sultan Ismaïl, ainsi que plusieurs tribus insoumises et groupes religieux. En 1672, Moulay Ismaïl lance une campagne contre son neveu Ahmed, qui a rallié les tribus du Haouz et s'est proclamé sultan à Marrakech. Ismaïl réussit à remporter une victoire grâce à son artillerie et à entrer dans la ville de Marrakech[L 7], puis à s'y faire reconnaître comme sultan le 4 juin 1672[L 8]. Ahmed, blessé par une balle, s'enfuit dans les montagnes tandis que le nord du pays se soulève avec, à sa tête, Khadir Ghaïlan[L 1]. Ahmed continue à comploter pour le pouvoir et incite les villes de Fès et de Taza à se rebeller. Après une révolte, Fès proclame Ahmed sultan alors que celui-ci se trouve à Taza. Cependant, Ismaïl atteint la ville avant son neveu et met fin à la révolte de ses habitants, qui le proclament à nouveau sultan[L 8]. Taza se soumet ensuite après un siège, ce qui oblige Ahmed Ben Mehrez à prendre la fuite vers le Sahara. Après les révoltes de Marrakech et de Fès, Mouley Ismaïl décide plus tard de faire de Meknès la capitale de son empire[L 7]. Il se tourne ensuite vers le nord-ouest et précisément contre Khadir Ghaïlan qui, avec l'aide des Turcs d'Alger, soulève les régions du Gharb et du Habt. Avec une force de douze mille hommes, Moulay Ismaïl mate la rébellion et soumet les provinces du nord[L 7] en tuant Ghaïlan le 2 septembre 1673, près de Ksar El Kébir[L 9].

Ahmed retente une nouvelle fois de se soulever contre son oncle en 1674 en fortifiant Marrakech. Moulay Ismaïl assiège la ville pendant deux ans avant que Ben Mehrez ne s'enfuie au Souss. Cette fois-ci, Ismaïl châtie violemment et avec cruauté ceux qui ont soutenu Ahmed[L 7],[L 10]. En 1675, avec l'aide d'habitants de Taroudant, Ahmed rentre secrètement à Marrakech, puis réoccupe la ville après avoir battu l'armée royale. Ismaïl remet le siège devant la ville avant que Moulay Harran ne négocie une paix entre les belligérants. Ahmed quitte la ville et lorsque Ismaïl comprend que cette médiation a pour but de sauver Ben Mehrez qui n'a plus de munitions que pour huit jours, il devient fou de rage et fait arrêter son frère pour trahison. Il reprend le contrôle du Tafilalet puis laisse la ville être pillée en exerçant lui-même des violences sur les habitants de Marrakech[L 10]. Vers la fin du ramadan 1678-1679, ses trois frères Moulay Harran, Moulay Hachem et Moulay Ahmed se révoltent contre son autorité avec l'aide de la tribu Aït Atta. Mouley Ismaïl réussit, à l'aide d'une importante armée, à défaire les rebelles qui s'enfuient au Sahara[L 7]. La peste fait ensuite son apparition vers la fin de la décennie et tue plusieurs milliers de personnes[L 10], principalement dans les régions du Gharb et du Rif[5].

Stabilisation de l'Empire et apogée[modifier | modifier le code]

Moulay Ismaïl, qui restaure et organise Oujda à partir de 1673[6], tente entre 1678 et 1679 une expédition au-delà du Djebel Amour avant que l'artillerie turque ne repousse l'armée marocaine obligeant le sultan à reconnaître la limite sur la Tafna comme frontière séparant l'Empire ottoman du Maroc[7],[8]. Ismaïl réorganise le Sud de l'Empire après un voyage mené en 1678, des oasis du Touat jusqu'aux provinces de Chenguit, l'actuelle Mauritanie. Dans son périple, il nomme caïds et pachas puis fait construire des forts et ribats, ce qui démontre le contrôle du Makhzen sur ces contrées[9]. Le contrôle marocain sur le Pachalik de Tombouctou redevient effectif en 1670 et le reste tout au long du règne de Mouley Ismaïl[L 4]. En 1680, un descendant des marabouts de Dila, Ahmed ben Abd Allah, soutenu par les Turcs d'Alger, fomente une révolte dans la région de Tadla et les provinces de l'Ouest marocain. La répression ne se fait pas attendre, près de 10 000 têtes de rebelles ainsi que leurs familles sont clouées aux murs de Fès et Marrakech afin d'inspirer la terreur aux deux capitales de l'empire[5],[L 10].

Plan en perspective cavalière d'une place forte donnant sur la mer (côté gauche et bas) entourée de montagnes schématisée laissant une route s'étendant à gauche où se déroulent des combats de cavaliers et d'épées
Gravure de 1680 représentant la place forte tangéroise sous possession anglaise

Après avoir achevé l'unification du Maroc, Moulay Ismaïl décide de mettre un terme à la présence chrétienne dans le pays. Il lance tout d'abord une campagne pour reprendre la ville de Tanger aux Anglais qui n'est plus sous contrôle marocain depuis 1471. Tout d'abord portugaise, la ville passe aux mains des Anglais après la dot de Catherine de Bragance à Charles II. Très fortifiée, la garnison de la ville est importante et atteint 4 000 hommes[10]. Moulay Ismaïl charge l'un de ses plus grands généraux, Ali Ben Abdallah Er-Riffi, de mettre le siège devant Tanger à partir de 1680[L 11]. Durant le siège, Moulay Ismaïl envoie une partie de son armée commandée par Amar Ben Haddou Er-Riffi conquérir la ville d'El-Mamoura en 1681[11]. Cette ville est occupée par les Espagnols depuis 1614, période où le Maroc sombre dans le chaos. Ismaïl assiège la ville, la prive d'eau, puis l'occupe et fait prisonniers tous les Espagnols présents dans la ville. À Tanger les Anglais résistent, mais face au coût très élevé du maintien d'une garnison, les Anglais décident d'abandonner la ville à l'armée marocaine le 5 février 1684[L 11],[L 10].

Fier de ses victoires, Moulay Ismaïl décide de lancer une expédition imprudente face aux montagnards de l'Atlas, où le Sultan perd près de trois mille tentes, une partie de son armée et de sa richesse. Il élimine son vizir pour se venger ainsi que tous ceux qui travaillent avec lui bien qu'ils n'ont rien à voir avec cette défaite[L 10]. C'est après cette humiliation que Moulay Ismaïl a l'idée de créer le corps des Abid al-Bukhari[L 12], puisque l'armée chérifienne n'est composée majoritairement que de soldats issus du Tafilalet, de renégats européens ou de soldats qui viennent des tribus qui doivent être souvent récompensées et qui se voient octroyer des terres en échange[4],[L 2]. Ismaïl décide donc d'acheter un grand nombre d'esclaves noirs, vraisemblablement au nombre de 14 000, totalement dévoués à lui[L 13].

Photographie en couleurs, en trois plans : route asphaltée, alignement de palmiers, et muraille de pierres de grand appareil avec deux tours
Taroudant, ville ayant soutenu l'insurrection de Ahmed Ben Mehrez et Moulay Harran.

Alors que Moulay Ismaïl est occupé à combattre les Européens et les tribus insoumises de l'Atlas, Ahmed Ben Mehrez profite de la situation, et s'allie avec Moulay Harran pour déstabiliser l'Empire chérifien d'Ismaïl. Lorsque celui-ci apprend en 1684-1685 que les deux rebelles se trouvent à Taroudant, Moulay Ismaïl se met immédiatement en route vers la ville pour l'assiéger. Ahmed est tué durant l'assaut de l'armée chérifienne tandis que Moulay Harran réussit à s’enfuir au Sahara après un siège qui prend fin en 1687. À partir de cette date, plus personne ne conteste le pouvoir du souverain. La guerre qui oppose Ahmed et Ismaïl prend fin après quinze années de conflits[L 7].

dans un cadre doré, portrait d'un noble, en armure et perruque de style Louis XIV. Il porte divers attributs du pouvoir
Portrait de Jean-Baptiste Estelle, consul de France à Salé qui négocie le rachat de captifs français capturés par des corsaires, à Moulay Ismaïl.

Moulay Ismaïl envoie ensuite une forte armée dont le nombre est évalué entre 30 000[L 14] et 50 000 soldats, sous les ordres des généraux Ali Ben Abdallah Er-Riffi[L 15] et Ahmed Ben Haddou Er-Riffi, s'emparer de la ville de Larache, sous contrôle espagnol depuis 1610[L 16]. Le sultan qui déclare ses intentions dès 1688, oblige les Espagnols à fortifier lourdement la ville à l'aide de 200 canons ainsi qu'entre 1 500 et 2 000 hommes[L 14]. Les opérations militaires débutent à partir du 15 juillet 1689, et le siège de la ville à partir d'août 1689[L 15]. L'armée chérifienne s’empare finalement de la ville le 11 novembre 1689 après cinq mois d'affrontements, au prix de lourdes pertes estimées à plus de 10 000 morts. Les Marocains capturent 1 600 soldats Espagnols dont 100 officiers, et 44 canons. L'armée espagnole perd 400 soldats dans les combats[L 14]. Les négociations se terminent par l'échange d'un officier pour dix Maures, soit cent officiers pour mille Maures tandis que le reste de la garnison à l'agonie, reste et travaille en esclavage à Meknès, à l'exception de ceux qui se convertissent à l'Islam[L 17]. À peine Larache conquise, Ismaïl envoie Ahmed Ben Haddou assiéger la ville d'Assilah. Épuisés, les Espagnols prennent la fuite par mer, laissant l'armée marocaine entrer dans la ville en 1691[L 16].

Jean-Baptiste Estelle, consul de France à Salé écrit en 1698 à son ministre, le marquis de Torcy, « que la vaste étendue de l'Empire Chérifien est d'un seul tenant, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal. Y vivent, du Nord au Sud, les mêmes populations Maures qui paient la Gharama au sultan »[9]. À son apogée, l'armée chérifienne est composée de 100 000[L 12] à 150 000 soldats noirs de la garde des Abid al-Bukhari[1], en plus d'autres milices arabes en l’occurrence le guich des Ouadaïs[L 11], de renégats européens et de combattants de tribus soumises qui reçoivent en contrepartie des terres et des esclaves[L 2].

Fin de règne et mort[modifier | modifier le code]

Carte du nord-ouest de l'Afrique délimitant une zone principale en rouge sur la côte atlantique, et une zone en vert, plus à l'Est, sur la frange méditerranéenne.
Empire chérifien alaouite à son apogée au début du XVIIIe siècle, sous le règne de Moulay Ismaïl.

La fin du règne de Moulay Ismaïl est marquée par des échecs militaires et des problèmes familiaux concernant les luttes de succession. Ainsi en 1694, Ismaïl tente d’assiéger la ville de Ceuta avec une armée de 40 000 soldats mais devant l'importance de la résistance espagnol, le siège s'éternise[L 18],[12]. Une partie de l'armée d'Ismaïl assiège également Mellila entre 1694 et 1696, mais en vain devant les fortifications de la ville[L 18]. En 1700, Moulay Ismaïl lance une expédition militaire contre la Régence d'Alger. Avec une troupe estimée entre 10 000 et 12 000 hommes, l'armée ottomane réussit à repousser les 60 000 soldats de l'armée marocaine[L 12], après la perte d'Oujda en 1692[6]. En 1702, Moulay Ismaïl charge son fils Moulay Zidan à la tête d'une armée de 12 000 hommes, s'emparer du Peñón de Vélez de la Gomera. Les Marocains rasent la forteresse espagnole mais ne parviennent pas à garder l'île[L 19]. Entre-temps, l'amiral George Rooke participe au siège de Ceuta en bloquant son port en 1704[L 18].

En 1706, devant les intrigues, les calomnies et la haine de sa belle-mère Lalla Aïcha Moubarka, qui veut introniser son fils Moulay Zidan, l'ainé Moulay Mohammed se révolte et s'empare de Marrakech. À l'approche de son frère Moulay Zidan à la tête d'une armée, Moulay Mohammed prend la fuite et se cache à Taroudant. Son frère assiège la place, puis le capture et l'emmène à Meknès. Son père le punit cruellement en l'amputant d'une main et d'un bras, puis exécute le boucher qui a refusé de répandre le sang du chérif et celui qui l'a mutilé[L 20]. Il élimine ensuite avec une violence inouïe, un caïd de Marrakech coupable d'avoir livré la ville à Moulay Mohammed[L 21]. Celui-ci décède quelques jours plus tard malgré les précautions de son père pour le garder en vie. Puis en apprenant les horreurs que commet Moulay Zidan à Taroudant, Ismaïl organise la mort de son fils et engage ses femmes qui l'étouffent en 1707 alors qu'il était en état d’ébriété[L 20]. Mécontent de Moulay Abdelmalek, gouverneur du royaume de Souss, du fait que celui-ci se comporte comme un souverain absolu et indépendant, et qu'il refuse en 1718 de payer les tribus, Ismaïl décide de changer l'ordre de succession d'autant plus que la mère d'Abdelmalek n'a plus d'importance pour lui[L 22]. Abdelmalek présente plus tard ses excuses après une réconciliation[L 23], mais Ismaïl conserve une haine envers son fils[L 22]. C'est Moulay Ahmed que choisit Mouley Ismaïl[L 24].

En 1720, Philippe V d'Espagne qui veut se venger de Moulay Ismaïl pour avoir fourni de l'aide aux impériaux durant la guerre de succession d'Espagne, envoie le marquis de Lede, à la tête d'une flotte lever le siège de Ceuta et forcer l'armée marocaine à renoncer à une entreprise qu'il lui a coûté de lourdes pertes. La ville de Ceuta qui résistait depuis 1694 malgré le conflit en Espagne, n'est plus en état de siège pendant près d'un an grâce à l'opération avant que lorsque la flotte avec à sa tête le marquis de Lede retourne en Espagne, Moulay Ismaïl décide de remettre le siège devant Ceuta en 1721. Le Sultan qui voulait se venger des Espagnols avait préparé un armement considérable qu'une tempête détruit en 1722. Le siège de Ceuta dure jusqu'à la mort du souverain alaouite en 1727[L 20],[L 18].

Moulay Ismaïl meurt finalement le 22 mars 1727 à l’âge de 81 ans[L 20], d'un abcès au bas-ventre accompagné du chagrin de ne plus pouvoir monter à cheval selon ses habitudes. Moulay Ahmed lui succède[L 24]. À sa mort, l'Empire se déchire en raison d'une rébellion causée par les Abid al-Bukhari, où plus de sept prétendants au trône se succèdent entre 1727 et 1757, dont certains à plusieurs reprises comme Moulay Abdallah qui a été sultan six fois[L 25].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Selon les écrits du diplomate français Dominique Busnot, Moulay Ismail entretient pas moins de 500 concubines, dont il a eu plusieurs centaines d'enfants. Un total de 867 enfants dont 525 fils et 343 filles est mentionné en 1703 et il aurait obtenu son 700e fils en 1721 dépassant largement le millier d'enfants vers la fin de son règne[1], 1 042 selon le Livre Guinness des records[13], 1 171 selon deux chercheurs anthropologues de l'université de Vienne[14].

Parmi ses quatre femmes officielles, se trouve Lalla Khenata qui était la fille du grand Cheikh Bakkar des M'ghafra de Chenguit. Belle, intelligente, lettrée, elle était l'une des rares personnes dont Moulay Ismail admettait remarques et conseils. Moulay Abdallah était son fils. Lalla Aïcha Moubarka est également l’une de ses quatre femmes officielles, elle était très influente envers Moulay Ismaïl et faisait tout pour introniser son fils, Moulay Zidan, qui est finalement tué sous les ordres de son père en 1707. Lalla Aïcha Moubarka ou Zaïdana, était surnommée l’Impératrice du Maroc par les Européens[1].

Constructions[modifier | modifier le code]

route passant sous une porte monumentale à arc outre passé, flanquée de deux imposantes tours symétriques, et se poursuivant sur une muraille
Bab El-Khmiss, porte construite sous le règne de Moulay Ismaïl au XVIIe siècle.

Moulay Ismaïl est un roi bâtisseur, ses constructions sont autant politique, économique, culturelle, religieuse que militaire. Il choisit Meknès comme capitale de son empire en 1672. En raison de la frénésie de constructions qu'il déploie dans cette ville, il est souvent comparé à son contemporain Louis XIV. Il vide ainsi le palais saadien d'El Badi de Marrakech de la quasi-totalité de ses richesses pour les faire transporter à Meknès[L 26], ainsi que tout le marbre et autres piliers encore utilisable dans la ville antique de Volubilis avoisinante[L 27]. Employant pas moins de 30 000 de ses sujets comme ouvrier, ainsi que 2 500 esclaves chrétiens, Ismaïl aime aller au milieu de ses chantiers, corrige ou renverse ce qu'il ne lui convient pas[L 26], mais travaille aussi avec ses esclaves et ouvriers. Il est également cruel envers eux, et n'hésite pas à exécuter et punir ceux qui font mal leur travail. C'est par ces méthodes que Moulay Ismaïl impose ce travail d'esclaves à des populations entières[L 28].

enfilade d'arcs outre passés
Les écuries royales, d'une capacité de 1200 chevaux.
Plan d'eau rectangulaire enserré dans une muraille de même forme.
Bassin de l'Agdal.

Il commence la construction de son magnifique palais de Meknès avant de connaître les travaux de son contemporain Louis XIV à Versailles, selon les ambassadeurs occidentaux présents à Meknès à l'époque les remparts du palais seul faisaient plus de vingt-trois kilomètres de long. Dâr-el-Kbira le premier des palais à être fini après trois ans de construction était immense à lui seul et possédait des jardins suspendue à l'image de ceux de Babylone, sitôt fini il se met à poser les fondations de Dâr-al-Makhzen qui devait relier une cinquantaine de palais les uns aux autres chacun comprenant ses propres thermes et sa propre mosquée pour ses multiples femmes et concubines et leur descendances, suivi ensuite par Madinat er-Riyad qui serait le lieu de résidence des vizirs[15].

Sur le plan militaire, il fait édifier un réseau de soixante-seize forteresses qui jalonnent les principales routes et entourent les montagnes. Meknès est protégée par quarante kilomètres de murailles percés de vingt portes fortifiées de tours et de bastions[16]. Dans le cadre de ses expéditions contre les Ottomans d'Alger, Moulay Ismaïl permet la pacification de l'Est du pays grâce à ses campagnes et à la construction d'un nombre important de forts protégeant le nord-est du pays. Des forts sont également construits dans les territoires de chaque tribu maintenant ainsi la sécurité dans le pays[5]. Il édifie également des constructions défensives lors de son périple des oasis du Touat jusqu'aux provinces de Chenguit[9], puis réorganise et reconstruit des murailles dans certaines villes à l'image d'Oujda[6] et de Taza[5]. Les garnisons d'Abid al-Bukhari sont souvent protégées de kasbah dans les grands centres de population[L 13], à l'image de la kasbah des Gnaouas de Salé[17].

Économiquement, Mouley Ismaïl construit le Hri Souani, important lieu de stockage des denrées alimentaires qui alimentent grâce à ces puits aussi bien le bâtiment que le bassin de l'Agdal, celui-ci construit pour irriguer les jardins de Meknès. De grandes écuries d’une capacité de 1 200 chevaux sont également construites par le sultan. Sur le plan politique et intérieur, il reçoit ses ambassadeurs dans le Koubat Al Khayatine, pavillon qu'il construit à la fin du XVIIe siècle, tandis que c'est dans la prison Qara, que tous les criminels, esclaves chrétiens et prisonniers de guerre sont incarcérées. Sur le plan religieux et culturel, Ismaïl dote la ville d'un nombre important d'institutions religieuses, mosquées et medersas, places publiques, fontaines et jardins. Il en est ainsi d'un perpétuel travail de construction acharné pendant tout le long de son règne de 55 ans[16].

Relation diplomatique[modifier | modifier le code]

Moulay Ismail recevant l'ambassadeur de Louis XIV François Pidou de Saint-Olon, 1693, peinture de Pierre-Denis Martin.

Poursuivant la politique d'ouverture initiée par Abu Marwan Abd al-Malik, Moulay Ismaïl entretient de bonne relations avec la France et la Grande-Bretagne afin de lier des relations commerciales. Elles concernent aussi la vente des marins chrétiens capturés sur mer principalement par les corsaires de Salé, mais aussi la création d'alliance. C'est ainsi que Moulay Ismaïl demande en vain à la France de l'aider dans son combat contre l’Espagne. Une alliance contre la régence d'Alger est également élaborée en association avec la France et le Bey de Tunis[5]. La Grande-Bretagne participe aussi en 1704 au blocus du port de Ceuta lors du siège de la ville[L 18].

En 1682, un traité d’amitié entre le Maroc et la France est signé à Saint-Germain-en-Laye[18], mais l’accès au trône d’Espagne du petit-fils de Louis XIV en 1710 condamne cette alliance, puis provoque en 1718 une rupture des relations diplomatiques avec la France et l'Espagne, puis le départ des commerçants et consuls français et espagnols[L 29],[L 30].

Moulay Ismaïl reçoit de nombreux ambassadeurs de France, d'Angleterre et d'Espagne à des fins commerciales, dont notamment le rachat de captifs chrétiens. Moulay Ismaïl envoie également de son coté des ambassadeurs dont les plus connus sont Mohammad Temim et Abdellah Benaïcha qui ont visité la France. Une mission diplomatique a pour but de demander la main de Mademoiselle de Blois, l'une des filles naturelles Louis XIV, mais sans succès[L 29],[5].

Les relations avec la Grande-Bretagne sont très bonnes, puisque les Britanniques malgré la perte de Tanger aident Moulay Ismaïl dans son combat contre l'Espagne, et signent également plusieurs traités de paix et de commerce[18]. Après la rupture des relations avec la France, l'influence anglaise augmente[L 30]. Moulay Ismaïl traite également avec Jacques II d'Angleterre, lui propose son aide et lui demande de se convertir à l'Islam[L 31].

Pour les diplomates français, Moulay Ismaïl est extrêmement cupide, et ses négociations et alliances ont seulement pour but de recevoir des présents. Une fois sa cupidité satisfaite, il n'hésite pas à nier ce qu'il a proposé aux puissances occidentales et même ses lettres[L 32],[L 33].

Description physique, caractère et regards des contemporains[modifier | modifier le code]

gravure d'un homme debout, couronné d'un turban, portant une cape et un sceptre
Mouley Ismaïl, sultan du Maroc de 1672 à 1727.

Les principaux traits de caractère de Moulay Ismail, sur lesquels insistent toutes les chroniques et toutes les légendes de l'époque, sont sa « tendance à l'ordre et à l'autorité, ainsi que sa volonté de fer ». Sa vigueur et sa force, il les met au service d'une volonté à toute épreuve : « Si Dieu m'a donné le royaume, personne ne peut me l'ôter », dit-il. Cette volonté va toujours apparaître dans ses actions et décisions[19].

Cruel, cupide, avide, mais aussi sans parole et sans honneur lorsqu’il traite avec les Européens, Moulay Ismaïl laisse aux Européens une mauvaise image de lui. C'est surtout sa cruauté et sa sauvagerie qui attire l'attention des Européens. Selon un esclave chrétien, en 26 ans de règne, Moulay Ismaïl aurait tué de ses mains plus de 36 000 personnes, ce qui semble exagéré[L 34]. Mais selon François Pidou de Saint-Olon, ce serait 20 000 personnes que Moulay Ismaïl aurait assassiné en 20 ans de règne[L 35]. Il était décrit par plusieurs auteurs tel que Dominique Busnot, comme un « monstre sanguinaire »[L 36].

C'est aussi un très bon cavalier, d'une grand vigueur physique, d'une agilité et d'une adresse extraordinaire qu'il conserve dans sa vieillesse[L 20],[L 35]. « L'un de ses divertissements ordinaires était de tirer son sabre en montant à cheval, et de couper la tête à l'esclave qui lui tenait l'étrier[L 20]. ».

Sa description physique est presque définie de la même façon par les Européens. Il a « le visage long, plutôt noir que blanc, c’est-à-dire fort mulâtre », selon Saint-Amans, ambassadeur de Louis XIV, ajoute « il est l'homme le plus fort et le plus vigoureux de ses États. ». Sa taille est moyenne et son visage de couleur noir l'est sûrement par sa mère[L 20], qui était une esclave noire[L 1].

Selon Germain Moüette, captif français ayant vécu au Maroc jusqu'en 1682, dans son ouvrage intitulé Relation de la captivité du Sr. Mouette dans les royaumes de Fez et de Maroc :

« C'est un homme vigoureux, bien bâti, assez haut mais de taille fort déliée […] Son visage qui est d'un châtain clair est un peu long, et les traits en sont assez bien faits, il porte une longue barbe qui est un peu fourchue ; son regard qui paraît assez doux, n'est pas un indice de son humanité, au contraire, il est fort cruel, et jusqu'à un tel excès […][L 37]. »

Religion[modifier | modifier le code]

« Sultan fidèle et pieux observateur de sa religion[L 38] », il tente de convertir le souverain Jacques II d'Angleterre à l'Islam, par l'envoi de lettres dont la sincérité et les sentiments religieux ne sont pas contestables[L 31]. Même Dominique Busnot habitué à le juger avec peu d'indulgence avoue « qu'il avait un grand attachement à sa Loi et en pratiquait publiquement toutes les cérémonies, ablutions, prières, jeûnes et fêtes avec une scrupuleuse exactitude[L 27]

Il aime parler de théologie avec les religieux trinitaires qui se trouvent au Maroc sur des points de controverses. Ainsi, il demande à plusieurs reprises lorsqu'il revient de la mosquée le vendredi, d'amener dans sa cour des religieux chrétiens. Il dit ceci au cours d'un débat aux Pères de la Mercy :

« J'en ai dit assez pour l'homme qui fait usage de sa raison ; si vous êtes des opiniâtres, tant pis pour vous. Nous sommes tous enfants d'Adam et par conséquent frères ; il n'y a que la religion qui met de la différence entre nous. C'est donc, en qualité de frère et en obéissant aux commandements de ma loi que je vous avertis charitablement que la vraie religion est celle de Mahomet, que c'est la seule où l'on puisse faire son salut. Je vous donne cet avis pour la décharge de ma conscience et pour être en droit de vous accuser au grand jour du jugement[L 39]. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aussi orthographié « Mouley Ismaël ». Moulay est un titre marocain porté par les descendants d'Al Hassan et Al Hussein.
  2. Les habitants du Tafilalet sont appelés les Filaliens.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Michaud 1821, p. 376
  2. a, b et c Bensoussan 2012, p. 67
  3. Mission scientifique du Maroc 1912, p. 1
  4. a, b et c L'Économiste, p. 4
  5. Marchat 2013, p. 49
  6. a et b Mission scientifique du Maroc 1912, p. 8
  7. a, b, c, d, e et f Ogot 1998, p. 174
  8. a et b Mission scientifique du Maroc 1912, p. 10
  9. Mission scientifique du Maroc 1912, p. 63
  10. a, b, c, d, e et f Michaud 1821, p. 377
  11. a, b et c Ogot 1998, p. 175
  12. a, b et c Michaud 1821, p. 378
  13. a et b Bensoussan 2012, p. 68
  14. a, b et c Castries 1927, p. 352
  15. a et b Figueras et Joulia Saint-Cyr, p. 195
  16. a et b Ogot 1998, p. 176
  17. Castries 1927, p. 353
  18. a, b, c, d et e Rézette, p. 41
  19. Rézette, p. 43
  20. a, b, c, d, e, f et g Michaud 1821, p. 379
  21. Castries 1903, p. 20
  22. a et b Braithwaite, p. 2
  23. Braithwaite, p. 4
  24. a et b Braithwaite, p. 5
  25. Bensoussan 2012, p. 69
  26. a et b Castries 1903, p. 29
  27. a et b Castries 1903, p. 31
  28. Castries 1903, p. 30
  29. a et b Marchat 2013, p. 50
  30. a et b Marchat 2013, p. 51
  31. a et b Castries 1903, p. 34
  32. Castries 1903, p. 27
  33. Castries 1903, p. 28
  34. Castries 1903, p. 17
  35. a et b Castries 1903, p. 18
  36. Castries 1903, p. 24
  37. Moüette, p. 150
  38. Castries 1903, p. 22
  39. Castries 1903, p. 32

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « The Alawi Dynasty-GENEALOGY : Morocco 03 », sur Royalark.net (consulté le 8 septembre 2014)
  2. Brahim Harakat, « Le Makhzen sa'adien », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 15-16,‎ 1973, p. 43-60 (lire en ligne)
  3. (en) « The Alawi Dynasty-GENEALOGY : Morocco 02 », sur Royalark.net (consulté le 14 septembre 2014)
  4. a et b « Les Alaouites (1636 à nos jours) », sur Mémoart.com (consulté le 6 septembre 2014)
  5. a, b, c, d, e et f Clifford Edmund Bosworth et al., Encyclopédie de l'Islam, t. VI, G.-P. Maisonneuve & Larose S. A.,‎ 1989 (lire en ligne), chap. 111-112, p. 884-885
  6. a, b et c Abdelkader Retnani, Oujda : années 1920, Casablanca, La croisée des chemins,‎ 2010, 149 p. (ISBN 9789954102855, lire en ligne), p. 25
  7. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à 1830, Paris, Payot et Rivages,‎ 1994, p. 605
  8. Laurent Pointier, Sahara occidental : La controverse devant les Nations unies, Paris, Karthala,‎ 2004 (lire en ligne), p. 46
  9. a, b et c « Province marocaine », sur Maroc-hebdo.press.ma (consulté le 7 septembre 2014)
  10. Jean Louis Miège et al., Tanger : porte entre deux mondes, ACR éditions,‎ 1992, 288 p. (lire en ligne), p. 12-13
  11. Georges Spillmann, Esquisse d'histoire religieuse du Maroc : confréries et zaouïas, J. Peyronnet,‎ 1951, 332 p. (lire en ligne), p. 82
  12. Bibliothèque de l'État de Bavière, Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ce - Cha, Volume 12, Belin-Mandar, 1834, p. 284
  13. (en) « Some magical Moroccan records », Guinness World Records, Guinness World Records Limited,‎ March 3, 2008 (consulté le 20 mars 2010)
  14. « Histoire du Monde : un père prolifique », sur RTBF,‎ 3 mars 2014
  15. White Gold. The extraordinary Story of Thomas Pellow and North Africa's One Million European Slaves (Hodder & Stoughton, London, 2004)
  16. a et b « Médina de Meknès », sur Minculture.gov.ma (consulté le 17 septembre 2014)
  17. « La Kasba des Gnaouas », sur Wassila.ma (consulté le 17 septembre 2014)
  18. a et b « Chronologie de Mouley Ismaïl », sur Kronobase.org (consulté le 14 septembre 2014)
  19. Mustapha Sehimi, La Grande Encyclopédie du Maroc, Volume 8, p. 121.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Francophone[modifier | modifier le code]

  • Germain Moüette, Relation de la captivité du S. Moüette dans les royaumes de Fez et de Maroc,‎ 1683, 375 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henry de Castries, Moulay Ismail et Jacques II : une apologie de l'Islam par un sultan du Maroc, E. Leroux,‎ 1903, 128 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henry de Castries, Les Sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845 : Tome 2. Dynastie sa'dienne, 1530-1660. [pte. I] France. [pte. II] Pays-Bas. [pte. III] Angleterre. [pte. IV] Espagne. [pte. V] Portugal, Paris, coll. « Archives de la Bibliothèque de France »,‎ 1924, 587 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henry de Castries, Les Sources inédites de l'Histoire du Maroc, Tome 3, Paris, coll. « Archives de la Bibliothèque de France »,‎ 1927, 587 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mission Scientifique du Maroc, Archives Marocaines - Volume XVIII, Paris, E. Leroux,‎ 1912, 451 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Joseph Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Michaud,‎ 1821 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • John Braithwaite, Histoire des révolutions de l'empire de Maroc, depuis la mort du dernier Empereur Muley Ismaël..., P. Mortier,‎ 1731, 473 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Bensoussan, Il était une fois le Maroc : Témoignages du passé judéo-marocain, iUniverse,‎ 2012, 620 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Marchat, Le Maroc et "les puissances" : Un empire convoité ; de 711 à 1942, L'Harmattan,‎ 2013, 662 p. (ISBN 9782336297637, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Busnot, Histoire du règne de Moulay Ismaïl, Mercure de France
  • Gilles Milton, Captifs en barbarie, Petite Bibliothèque Payot
  • Le Mémorial du Maroc, Encyclopédie en 8 Volumes, Laarbi Essakali, Henri Maurin
  • White Gold. The extraordinary Story of Thomas Pellow and North Africa's One Million European Slaves (Hodder & Stoughton, London, 2004)
  • Robert Rézette, The Spanish Enclaves in Morocco, Nouvelles Editions Latines,‎ 1976, 190 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Les Alaouites Mohammed VI : Une Dynastie, un Règne, L'Économiste,‎ 2009, 96 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Hispanophone[modifier | modifier le code]

  • (es) Tomás García Figueras et Carlos Rodríguez Joulia Saint-Cyr, Larache : datos para su historia en el siglo XVII, Paris, Instituto de Estudios Africanos, Consejo Superior de Investigaciones Científicas,‎ 1973, 499 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article


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