Rifains
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Rifains
| 4,8 millions [1] | |
| 469 517 | |
| 379 952 | |
| 347 095 | |
| 60 000 | |
| Population totale | entre 6,5 et 7,2 millions[1] |
| Région(s) d’origine |
Nord du Maroc |
|---|---|
| Langue(s) | |
| Religion(s) |
Les Rifains (en amazigh : Rifiyen ou Riyafa ou Amazigh singulier d' Imazighen) sont un grand peuple amazigh habitant le Rif oriental au nord du Maroc.
Les principales villes rifaines sont Nador, Al Hoceima, Imzouren, Driouch, Midar et Melilla.
Les Rifains représentent 7 millions de personnes.
Sommaire |
Histoire [modifier]
Le Rif est la région nord montagneuse du Maroc, qui s'étend de Tanger à la frontière algérienne, et se divise en Rif occidental (Jbala) et Rif oriental (Rifains). D'abord indépendantes, les tribus berbères du Rif ont connu l'islamisation vers la fin du VIIe siècle et l'annexion au royaume Idrisside[2] alors que la région allant de la baie d'Al Hoceima jusqu'à Kebdana, à proximité de la frontière algérienne, appartient a l'émirat de Nekor[3]. Ensuite les rifains connaissent le joug de plusieurs dynastie berbère, les Ait Ifren puis les Almoravides, les Almohades,les Mérinides,les Wattassides qui sont originaires du Rif, les Saadiens et enfin les Alaouites. Mais toutes les tribus rifaines ne sont pas soumises au roi dominant.
Il en sera de même pendant la période colonisatrice; où le Rif est colonisé en grande partie par les espagnols alors que trois tribus rifaines voient leur territoire colonisé par la France, les Izenayen (70 % du territoire), les Ait Iznassen (totalement) et les Ait Bouyahyi (partie sud). C'est durant cette période que ce déroule la guerre du Rif, qui voit la création d'un État berbère pendant sept ans (1921-1928) crée par Abdelkrim El Khattabi le grand émir du Rif, les tribus du Rif n’acceptent pas la domination d'un souverain étranger et d'une autre religion que la leurs.
L'indépendance du Maroc est proclamée le 6 mars 1956 et le Rif est rattaché au Maroc le 7 avril 1956. Au sortir de l'indépendance, la répression d'une révolte du Rif fait plus de 8 000 morts entre 1958 et 1961. En raison d'un important délaissement volontaire de la part du makhzen (pouvoir marocain), des centaines de milliers de Rifains ont émigré[4] vers l'Europe occidentale, notamment les Pays-Bas et la Belgique.
Au début des années 1980, parmi les grandes tribus significatives et influentes dans le Rif, les Ouchnak proches du chef militaire Abdelkrim al-Khattabi ont contribué, grâce à de longues négociations, à l'apaisement des tensions entre le makhzen et le peuple.Longtemps la zone rurale la plus pauvre du Maroc[5] la région tend a se développer depuis l'accession au trône du monarque Mohammed VI. Une rocade express reliant tout le Rif (occidental et oriental) Tanger et Saidia a été inauguré en 2012. Le Rif a connu de violente émeute lors des manifestations du mouvement du 20 février[6]
Les Rifains et l'Algérie [modifier]
Dès le XVIIIe siècle, les Rifains d'Algérie étaient principalement établis en Oranie , on les retrouvait à Port-Say , Misserghin ,Aïn El Turck ou encore sur la route d'Oran à Mostaganem, dans la région côtière d'Arzew à Bethioua, où l'existence d'un dialecte rifain fut déclaré en 1858 [7]. Ils étaient réputés en Algérie française pour leurs qualités de cultivateurs à l'époque des moissons et vendanges, comme dans le Tessala [8]. Dès le début de la colonisation, de plus en plus de main-d’œuvre berbères venus du Rif s'installa en Algérie. La conquête française a élargi ses relations en facilitant les moyens de transport[9].
Dès le début du défrichement des terres et de l’implantation d’une nouvelle économie de type colonial, les Rifains commencent à se rendre en Algérie à la recherche de travail auprès des colons français. Ils formaient ainsi un nombre très important des travailleurs marocains présents sur le sol algérien au lendemain de l'indépendance.
Le Rif a été et demeure historiquement et géographiquement une région ouverte sur l’Ouest algérien (Oranie)[10]. Tout au long des siècles derniers, des liens se sont tissés entre le Rif et l’Oranie. Les Beni Snous (berbères de la région de Tlemcen) sont classés par les ethnologues dans le groupe rifain (langue, culture, folklore, etc.). Depuis plusieurs siècles, Oran est le plus grand port marchand de la côte maghrébine occidentale qui concurrence avec celui de Melilla. Ces liens sont également apparus lorsque l’émir Abd El Kader, chef de la résistance algérienne, se réfugia au Maroc, où il trouva l’appui des Rifains.
En 1975, l'Algérie a décidé d'expulser les Marocains d'Algérie suite à la Marche Verte décidée par Hassan II. Une grande partie de ces expatrié marocains étaient des Rifains. Il existe encore aujourd'hui des Rifains en Algérie. Beaucoups de familles rifaines ont des membres nés à Oran, Bel-Abess, Remchi, Témouchent, etc.
Langue [modifier]
Les Rifains parlent la langue amazighe dans sa variante dialectale zenète, qu'ils nomment eux même Tamazight et qui est une langue officielle au Maroc. La darija (arabe dialectale),le français ou l'espagnol sont parlés comme secondes ou troisièmes langues.
Quelques termes :
| Français | Rifain (alphabet latin) |
|---|---|
| oui | wah |
| comment ça va ? | mlih? mamech tedjith? |
| attends | raja |
| homme | aryaz |
| maintenant | rekho, rokha |
| où ? | mani? |
| viens | arouah, arahad |
| va | roh |
| gens | iwdan, lghachi |
| aujourd'hui | wassa, nhara |
| demain | tiwoucha |
| demander | sse9sa |
| bien | mlih |
| maman | yema |
| enfants | i7amochan, bzaouaz |
| maison | taddart |
| berbère | amazigh |
| garçon | a7anjar, a7ram, a7amoch |
| fille | ta7anjart, chira, ta7rant, ta7amocht |
Les Rifains ont su préserver leur culture de l'influence étrangère au Maroc (européens, arabes, etc.), grâce notamment à la barrière géographique constituée par les chaînes montagneuses et à la tradition orale préservée.
Toutes les tribus et clans parlent l'amazigh zénète (c'est-à-dire le rifain) et se comprennent parfaitement, mais il faut noter la présence de quelques différences. Ainsi on distingue les dialectes rifains en "ch" (Ikeraayen, Izenayen, Ibdarsen, Ayt Bouyahyi, Ayt Said, Ayt Tamsamane, Ayt Touzine) et ceux qui parlent avec le "k" (Ayt Ouryaghal, Ikabdanane, Ayt Iznassen, Ayt Ammart, Ibaqoyene).
Culture [modifier]
Tribus rifaines [modifier]
Pendant très longtemps, le fonctionnement de cette région était de type tribal. Il existe une trentaine de tribus rifaines dont les principales sont :
- les Aït Ouriaghel (Imzouren, Bni Bouayach, Ajdir, Ayt Kamara, Tamasint, etc.) ;
- les Ikeraayen (Nador, Melilla, Selouane, Azghanghane, Beni-Nsar, Farkhana, etc.) ;
- les Izenayen (Aknoul, Kassita, Ajdir, Tizi-Ousri, Aghbal, Ahfir, Tala Tazegwaght, etc.) ;
- les Aït Touzine (Midar, Talat-Azlaf, Ayt Amrane, Ayt Mediane, Ijarmaouas, etc.) ;
- les Ikabdane (Ras el Ma, Arekmane, Al Berkaniyane, etc.) ;
- les Aït Iznassen (Berkane, Aklim, Tafoughalt, Tazaghine, Fezouane, Ajdir, Zegzel, Taghjirt, etc.) ;
- les Aït Said (Dar el Kebdani, Tifziouine, Hijja, Aisaten, etc.) ;
- les Wlad Settout (Zaio, Sebra, Bouarg) (pas a proprement parler des Rifains, ne parlent pas amazigh et ont la culture rifaine, car entourés de Rifains)
- les Aït Bouyahyi (Arouit, Saka, Hassi-Berkane, Taourirt, Beni-Oual, El Mri, etc.) ;
- les Ibdharsane (Saka, Hakkuon, Guercif, Hassi-Medlam, Merada, Ain Zohra, Driouech, etc.) ;
- les Aït Temsamane (Boudinar, Azrar, Crona, Amazaourou, Ajdir-Temsamane, Ouchanen, etc.) ;
- les Ibaqoyane (Al Hoceima, Izemouren, Rouadi, Ayt Hadifa, Ayt Abdellah, etc.) ;
- les Aït Ammart (Targuist, Baskara, etc.) ;
- les Aït Ghannou (descendant des Banu Salih, les fondateurs de l'émirat de Nekor qui s'étendait, sur la côte, de Alhoceima à la frontière algérienne) ;
- les Aït Tafersit (Agban, etc.) ;
- les Aït Oulichek (Ben Taieb, Anoual, Tomachine, Arobdaz, etc.).
À noter qu'il existe plusieurs Ajdir, Ahfir ou encore Tazaghine dans le Rif.
Religion [modifier]
À la suite du VIIe siècle, les Rifains adoptent l'islam, notamment durant l'élèvement du Royaume de Nekkor, tout en sauvegardant certaines de leurs particularités culturelles (tatouages berbères, superstitions d'origine païenne...). La région du Rif s’est lentement islamisée. Les Rifains sont à présent majorité musulmans , toutefois, un certain nombre juifs subsistaient encore[11],[12]. Il existe même un dialecte juif appelé Tetuani en référence a la ville de Tétouan d'où cette communauté juive fut originaire. Malgré cela, quelques Rifains ont adoptés le Salafisme pendant la guerre du Rif comme les Aït Ghannou et certains Rifains ont participé à la guerre d’Afghanistan contre les russes.
Folklore guerrier [modifier]
La aarfa (imadiazane) est à l'origine une danse guerrière des tribus rifaines. Les guerriers dansaient en signe de victoire sur l'ennemi, d'où l'usage du fusil ; les frappes de pied au sol se font au rythme de la musique et symbolisent l'appartenance à la terre. Cette musique est fortement rythmée par le adjoune (bendir), la ghaïta, le gallal, la tamja (la gasba) ou le zamar, sorte de flûte à deux cornes). On la danse avec des mouvements d'épaules, un fusil (ou un bâton) en frappant des pieds contre le sol au rythme de la musique. La aarfa a donné naissance à la musique reggada). Chaque tribu rifaine possède ses chioukhs qui dirigent la danse. Ils se font concurrence. Parmi les plus célèbres, on peut citer les cheikhs Mohand, Mossa, Mabrouk Amre ou encore Majid.
Articles connexes [modifier]
Références [modifier]
- (en) Recensement général de la population et de l'habitat 2004, Haut commissariat au plan. Consulté le 30 novembre 2011
- http://www.bladi.net/forum/attachments/22124d1302357714-lutter-racisme-citoyens-marocains
- http://www.bladi.net/forum/attachments/22124d1302357714-lutter-racisme-citoyens-marocains
- http://www.arrif.com/News-sid-Le-Rif-terre-de-l-emigration-aux-origines-du-mouvement-migratoire-dans-le-Rif-57.html
- http://partiefaire1tour.net/article.php3?id_article=51
- http://www.bladi.net/forum/311950-violences-rif-police-reprime-manifestants-pille/index2.html
- Revue africaine, volume 32 1888
- http://tamsamane.free.fr/emigration.htm
- http://tamsamane.free.fr/emigration.htm
- Le Rif terre de l’émigration : aux origines du mouvement migratoire dans le Rif, sur www.arrif.com
- http://www.mondeberbere.com/juifs/schroeter.htm LA DÉCOUVERTE DES JUIFS BERBÈRES Daniel J. Schroeter sur le site Monde berbère
- http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1992_num_47_1_3800 Les Juifs du Maghreb au XIXe siècle