République de Chine (Taïwan)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite uniquement de la « République de Chine » installée sur l'île de Taïwan depuis 1949. Il traite tous les domaines concernant cet État depuis cette période (politique, économie, diplomatie, etc…) ; tout ce qui concerne l'île avant 1949 devra être traité dans l'article Taïwan, ceci afin d'éviter de créer un doublon avec celui-ci.

République de Chine

Zhonghuá Mínguó (zh)

中華民國 (zh)

Drapeau
Drapeau de la République de Chine
Blason
Armoiries de la République de Chine
Description de l'image  Locator map of the ROC Taiwan.svg.
Hymne national 《中華民國國歌》
Administration
Forme de l'État régime semi-présidentiel
Revendiqué par Drapeau : République populaire de Chine République populaire de Chine
Reconnu par 22 États de l'ONU, surtout d'Amérique centrale et d'Afrique
Président de la République Ma Ying-jeou
Langues officielles chinois, taïwanais, hakka, langues austronésiennes[réf. nécessaire]
Capitale Taipei[1]
Géographie
Superficie totale 36 191 km2
Fuseau horaire UTC +8
Histoire
Démographie
Gentilé Taïwanais
Population totale (rec. 2001) 23 293 593 hab.
Densité 644 hab./km2
Économie
PIB nominal (2013) 680 Mds $ U.S.
Monnaie Nouveau dollar de Taïwan (TWD)
Divers
Code ISO 3166-1
Domaine Internet .tw
Indicatif téléphonique +886

La République de Chine (chinois simplifié : 中华民国 ; chinois traditionnel : 中華民國 ; pinyin : Zhōnghuá Mínguó), couramment désignée sous le nom de Taïwan (autrefois Formose), est l'État d'Asie de l'Est qui contrôle et gouverne l'île de Taïwan et d'autres îles avoisinantes, dont Jinmen, Matsu et Penghu. À la fin de la guerre civile chinoise, le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine est proclamée à Pékin à la suite de la victoire des communistes sur les nationalistes chinois. Les dirigeants de la République de Chine se replient alors à Taïwan et Hainan, accompagnés d'un transfert massif de population. À partir de 1950, la République de Chine ne contrôle plus que l'île de Taïwan et quelques autres territoires insulaires plus petits. Du fait de l'important changement géographique, l'histoire de la République est scindée en deux parties - d'une part, la période où elle contrôlait la Chine dans son ensemble ; et d'autre part, la période contemporaine où son influence est limitée à Taïwan. Sur le plan politique, cependant, le régime continue d'appliquer la constitution de 1947, et ne reconnaît aucune séparation institutionnelle entre les deux périodes[2]. La République de Chine occupait le siège de la Chine à l'ONU jusqu'en 1971, date à laquelle la République populaire de Chine la remplaça.

La République de Chine et la République populaire de Chine revendiquent chacune la pleine et légitime souveraineté sur la totalité du territoire chinois (Chine continentale et île de Taïwan). Aujourd'hui, la République de Chine (Taïwan) revendique toujours officiellement la souveraineté sur le continent[réf. nécessaire], même si ses revendications ne sont pas activement poursuivies, dans un effort d'améliorer les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et la République de Chine.

Des documents officiels français font parfois usage de l'appellation État de Taïwan, ou encore République nationaliste de Chine.

Forme internationale du nom[modifier | modifier le code]

Le nom officiel en français est République de Chine, en anglais Republic of China, chinois simplifié : 中华民国 ; chinois traditionnel : 中華民國 ; pinyin : Zhōnghuá Mínguó ; Wade : Chung-hua Min-kuo ; EFEO : Tchong-houa Min-kouo ; littéralement : « État populaire chinois », en tongyong pinyin Jhonghuá Mínguó, en taïwanais Tiong-hoâ Bîn-ko.

Les fédérations sportives taïwanaises participent aux Jeux olympiques et aux compétitions sportives internationales sous l'appellation Chinese Taipei (chinois : 中華台北 ; pinyin : Zhōnghuá Táibĕi, français : « Taipei chinois »), avec un drapeau spécifique, différent du drapeau de la République de Chine, en raison de l'interdit posé par la République populaire de Chine sur l'appellation République de Chine.

En chinois, ce nom est Zhōnghuá Táibĕi (中華台北), « Taipei chinois » ; mais la République populaire utilise Zhōngguó Táibĕi (中国 台北), littéralement « Taipei, Chine », plaçant l'île au même niveau que les régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao dénommées en anglais, notamment sur les timbres-poste, Hong Kong, China, et Macau, China.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sur le plan politique, l'histoire officielle de la République de Chine comprend celle de la première période Républicaine, depuis la chute de l'Empire Qing en 1911 et la proclamation de la République le 1er janvier de l'année suivante. Elle ne se confond avec l'histoire de Taïwan qu'à partir de 1945, quand l'île, annexée par l'Empire du Japon depuis la Première guerre sino-japonaise, est rétrocédée par les Japonais à la suite de leur défaite militaire.

Régime du Kuomintang et conflits armés[modifier | modifier le code]

À partir de 1928, le Kuomintang (Parti national du peuple chinois) revendique la souveraineté sur l'ensemble de la Chine, son gouvernement étant reconnu au niveau international. Une guerre civile l'oppose cependant dès 1927 au Parti communiste chinois. De 1937 à 1945, le pays est envahi par le Japon, le conflit étant inclus à partir de 1941 dans le front asiatique de la Seconde Guerre mondiale. La guerre civile reprend ensuite, et se termine par la victoire des communistes, qui contrôlent toute la Chine continentale et y proclament la République populaire de Chine.

La République à Taïwan et l'évolution vers la démocratie[modifier | modifier le code]

En décembre 1949, le Kuomintang, accompagné par près de deux millions de civils continentaux, se replie sur l'île de Taïwan, reprise aux Japonais par les Américains quatre ans plus tôt. L'expression démocratique et la contestation des nouveaux occupants y sont violemment réprimés (notamment à partir des massacres du 28 février 1947). Tchang Kaï-chek reprend la présidence à vie de manière officielle en mars 1950. En 1978, Tchang Ching-kuo, fils de Tchang Kaï-chek mort trois ans plus tôt, devient le Président de la République de Chine. Le régime très autoritaire, s'assouplit, et la liberté de parole est autorisée.

En 1988, Lee Teng-hui lui succède. Le premier parti d'opposition, le Parti démocrate progressiste ou Minjindang (DPP, acronyme anglais) est créé en 1986.

En 1996, Lee Teng-hui organise la première élection présidentielle au suffrage universel direct, qu'il remporte largement.

En 2000, Chen Shui-bian et la coalition pan-verte gagnent les élections : Chen Sui-bian est le premier président du pays à ne pas appartenir au Kuomintang.

En 2004, Chen Shui-bian est réélu de justesse au cours d'une élection controversée, durant laquelle il est légèrement blessé dans un attentat. Des problèmes de détournement d'argent affaiblissent le DPP.

Le 3 décembre 2005, le Kuomintang sort large vainqueur des élections régionales. En mars 2008, Ma Ying-jeou, candidat du Kuomintang est élu à la présidence. Conformément aux critères de l'Union européenne (double changement du parti au pouvoir)[réf. nécessaire], la République de Taïwan a évolué vers la démocratie.

Le 14 janvier 2012, Ma Ying-jeou est réélu à la présidence et le Kuomintang prend une majorité de 64 sièges sur 113 au parlement.

Institutions[modifier | modifier le code]

L'administration de la République de Chine est organisée selon trois niveaux :

  • le niveau central
  • le niveau provincial
  • le niveau de district et municipal

Au niveau central la séparation des pouvoirs est assurée par la présidence de la République et les cinq Yuans (exécutif, législatif, judiciaire, des examens et de contrôle). Les prérogatives de l'Assemblée nationale (établie en 1947 par la Constitution de la République de Chine et transplantée à Taïwan en 1949) ont été progressivement transférées au Yuan législatif. L'Assemblée nationale a officiellement été supprimée en 2005.

Subdivisions de la République de Chine[modifier | modifier le code]

Depuis le 25 décembre 2010, la République de Chine est divisée en 5 villes autonomes, 3 villes de niveau provincial et 14 comtés, dont trois ne sont pas situés sur l'île de Taïwan (comtés de Penghu, de Kinmen et de Lienchiang). À part les 5 villes autonomes qui sont dirigées directement par l'administration centrale, le reste de ses subdivisions administratives est théoriquement réparti sur deux provinces : celle de Taïwan et celle du Fujian. Or, la Constitution amendée en 1996 a abrogé largement l'autonomie des provinces et leurs fonctions ; les lois concernant l'autonomie des provinces et des comtés ont été abolies. Dès lors, les lois du gouvernement local sont entrées en vigueur et les comtés sont désormais contrôlés par le ministère de l'Intérieur.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à Taïwan.

Depuis la fin du XXe siècle, quatre partis politiques majeurs sont présents. Le Kuomintang possède le pouvoir de 1950 à 2000. Le Minjindang (DPP) gagne les élections en 2000 et conserve sa place à la suite du scrutin de 2004.

En 2008, de nouvelles élections ramènent au pouvoir le Kuomintang. Les deux autres partis d'importance sont le Qinmindang (Parti du peuple en premier, allié au Kuomintang dans la coalition pan-bleue) et l'Union pour la solidarité de Taïwan, partenaire du DPP au sein de la coalition pan-verte. Le Kuomintang est réélu en janvier 2012 et prend la majorité du parlement.

Les relations avec la Chine sont une des préoccupations prioritaires de la politique de Taïwan pour des raisons historiques, sociologiques (de nombreux Taïwanais ont leur famille ou travaillent sur le continent) et géographiques.

Revendications territoriales[modifier | modifier le code]

Carte de la République de Chine, montrant les territoires contrôlés (en vert foncé) et les autres territoires revendiqués (en vert clair).

La République de Chine se réclame comme étant le seul gouvernement légitime de la Chine. Conformément à cela, la République de Chine revendique tous les territoires actuellement administrés par la République populaire de Chine et la Mongolie. Ceci inclut la Chine continentale, Hong Kong, Macao et la Mongolie extérieure. Dans ces mêmes revendications, la République de Chine revendique également quelques territoires frontaliers qu'elle dit avoir historiquement fait partie du territoire chinois, dont le Tibet du Sud actuellement administré par l'Inde, une partie à l'est du Bhoutan, la partie administrée par la Russie des îles Heixiazi, une partie au nord de la Birmanie, une partie du massif du Pamir, soixante-quatre villages à l'est de la rivière Heilongjiang et le Tannu Uriankhai. Cependant, le gouvernement de la République de Chine ne poursuit plus activement ces revendications à l'heure actuelle.

La République de Chine revendique également des îles dans la mer de Chine méridionale sur la même base que ses revendications sur les territoires chinois historiques. Contrairement à ses revendications sur le territoire asiatique principal, cependant, le gouvernement de la République de Chine poursuit et défend activement ses revendications sur ces îles. Elles incluent l'intégralité des îles Spratleys, des Paracels, le banc de Macclesfield et le récif de Scarborough. Ces îles sont administrées par un certain nombre de gouvernements autour de la mer de Chine méridionale. La République de Chine revendique également les îles Diaoyutai, actuellement administrées par le Japon qui les nomme îles Senkaku.

La République populaire de Chine, à son tour, se déclare elle-même comme le seul gouvernement légitime de la Chine d'avant la guerre civile et revendique tous les territoires administrés par la République de Chine comme faisant partie de son territoire.

En 2003, le gouvernement indépendantiste taïwanais a procédé au démantèlement de la commission ministérielle des Affaires mongoles et tibétaines, dont les fonctions ont été transférées à la Fondation des échanges Taïwan-Tibet nouvellement créée, qui sert de canal de communication semi-officiel entre Taipei et le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, en Inde.

Avec cette modification, le gouvernement taïwanais semble mettre un terme à ses revendications sur le Tibet et la Mongolie, attestées par la présence de la commission des Affaires mongoles et tibétaines au sein du Cabinet.

Taipei et Oulan-Bator ont signé en 2002 un protocole d’accord pour l’échange de bureaux de représentation. Quant aux affaires tibétaines, les deux visites à Taipei du dalaï-lama, en 1997 et en 2001, ont été traitées comme des affaires internationales ne relevant pas de la commission ministérielle.

Le retour du Kuomintang au pouvoir en 2008 inverse le processus et reconnait de nouveau le Tibet et la Mongolie extérieure comme partie intégrante de la Chine.

Armée[modifier | modifier le code]

Le Taiwan Relations Act[modifier | modifier le code]

Le Taiwan Relations Act (en) a été adopté le 10 avril 1979 par le Congrès des États-Unis après l'établissement de relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et les États-Unis. Dans ce pacte, il est notamment question de la vente d'armes entre les États-Unis et Taïwan. Ce type de relation commerciale avec les États-Unis est la source de tensions croissantes avec la République populaire de Chine. En effet, celle-ci considère ces échanges comme une volonté d'ingérence de la part des États-Unis dans ses affaires internes. La conséquence directe pour les États-Unis a été la suspension des relations militaires à haut niveau et une éventuelle sanction des sociétés américaines impliquées dans cette vente de matériel[3]. Cette réaction des autorités chinoises peut être un signal faible traduisant les tensions internes de Taïwan[4],[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Taïwan.

Au dernier recensement de 2012, le pays comptait 23 293 593 habitants[6] soit 644 habitants par km2.

Villes[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Le statut revendiqué de « République de Chine » a imposé le chinois mandarin comme langue officielle (sous le nom de 国语, guóyǔ, langue nationale), utilisant les sinogrammes traditionnels (contrairement à la Chine continentale qui les a simplifiés) et qui présente cependant un certain nombre de spécificités par rapport à celui pratiqué sur le continent (voir mandarin de Taïwan).
C'est la langue maternelle des descendants des continentaux qui ont fui les communistes en 1949. Avec leurs descendants, ils constituent 14 % de la population.

Celle-ci s'est imposée au 84 % de « Taïwanais de souche », descendants des premiers colons arrivés de la province de Fujian en Chine méridionale à partir du XVIIe siècle, qui ont refoulé l’ancien peuplement aborigène vers les hautes terres au centre de l’île. Les langues « traditionnelles » sont :

  • le holo (ou hoklo), parlé environ par 70 % de la population, dont certains parlent le « taïwanais » variante insulaire du minnan
  • Hakka (environ 14 % de la population), dont certains parlent le hakka (également une langue de la famille linguistique chinoise)
  • les langues austronésiennes des 14 communautés aborigènes qui représentent près de[7] 500 000 personnes soit environ 2 % de la population (ce chiffre est sous-estimé car il ne comprend pas ceux qui pourraient se réclamer d’une identité pingpu - terme générique désignant les aborigènes des plaines - et dont le nombre s’éleverait à 400 000 individus). Certains de ces groupes sont présents sur l'île depuis au moins 6 000 ans. Ces groupes parlent les fameuses langues formosanes, réparties en trois sous-groupes :

Les langues formosanes sont l'une des deux grandes familles des langues austronésiennes, l'autre étant formée par les langues malayo-polynésiennes parlées de Madagascar à l’île de Pâques.
Taïwan représente donc un inestimable conservatoire linguistique, et sans guère de doute le territoire souche d'où auraient émigré les ancêtres des peuples du Pacifique.
Une seule ethnie, les Da'o (Yami) de l’île des Orchidées, serait arrivée plus tardivement des Philippines il y a 1 000 ans environ et parle donc une langue malayo-polynésienne.

Les nouveaux immigrants, de plus en plus nombreux, apportent avec eux des langues d'Asie du Sud-Est, entre autres.

Parmi les personnes assez âgées pour avoir connu le gouvernorat japonais, nombreuses sont celles qui parlent le japonais couramment.

Économie[modifier | modifier le code]

Gare de Hsinchu, HSR (TGV) taïwanais
La station Central Park du métro de Kaohsiung.

L'industrialisation rapide de Taïwan a entraîné durant la deuxième moitié du XXe siècle une croissance rapide décrite comme le "miracle économique taïwanais" (Taiwan Miracle ou 台灣奇蹟|台灣經濟奇蹟). Comme Taïwan s'est développé à peu près en même temps que la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour, ces quatre pays sont communément connus comme les "quatre dragons asiatiques".

Aujourd'hui, Taïwan est un pays développé à revenu élevé. Selon les chiffres du ministère taïwainais du Budget, de la Comptabilité nationale et des Statistiques, le produit national brut (PNB) devrait atteindre 14 459 milliards de dollars taïwanais (~500 milliards de dollars américains, ~350 milliards d'euros) en 2011, ce qui est équivalent à un PNB par habitant de plus de 21 000 dollars américains. Le PIB total s'élève en 2009 à 504 612 millions de dollars américains (statistiques FMI), faisant de Taïwan la 24e puissance économique du monde[8]. En parité de pouvoir d'achat, Taïwan est la 19e puissance économique du monde, et son PIB par habitant est équivalent à celui de l'Union européenne. Selon le FMI, il s'est établi à plus de 34 700 dollars américains en 2010, surpassant ainsi celui de la Finlande, de la France et du Japon (seulement avec le PIB/habitant en parité de pouvoir d'achat)[9]. En 2011, ce chiffre est passé à 37 932 dollars US.

En 2007, les services (secteur tertiaire) représentent 71,1 % du PIB, contre 27,5 % pour l'industrie (secteur secondaire) et seulement 1,4 % pour l'agriculture (secteur primaire). Ces trois secteurs emploient respectivement 57,9 %, 36,8 % et 5,3 % de la population active (2007).

L'industrie taïwanaise est principalement basée sur la haute technologie. Les secteurs importants comprennent :

etc.

Les entreprises de haute technologie se concentrent dans des parcs scientifiques comme à Hsinchu (新竹科學工業園區 Hsinchu Science and Industrial Park, premier technopôle du pays, créé en 1980), Taipei (內湖科技園區 Neihu Technology Park et 南港軟體園區 Nankang Software Park), Taichung (中部科學工業園區 Central Taiwan Science Park), ou encore Tainan (南部科學工業園區 Southern Taiwan Science Park).

La monnaie en vigueur de la République de Chine est le dollar taïwanais (NT$ pour New Taiwan Dollar).

Taïwan fait partie du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) depuis 1991 et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2002.

Taïwan est aujourd'hui le premier investisseur en Chine. Selon la revue britannique The Economist (9 mai 2009), le total des investissements taïwainais en Chine ont dépassé les 400 milliards de dollars américains. Ses entreprises, comme Acer Incorporated, Asus, Foxconn, Pegatron... sont à l'origine de plus de 12 millions d'emplois en Chine. En 2006, rien que dans la province du Guangdong, 20 000 entreprises de capital taïwanais emploient environ 6 millions de travailleurs chinois[10].

Des éoliennes sur la côte ouest, près de Taichung

Aux XVIIIe et XIXe siècles, le peuplement chinois a fondé une économie rurale classique à la chinoise, rizicole et maraîchère, complétée par des pêcheries. L’industrialisation s’est effectuée vers la fin du XIXe siècle sous l'administration de la dynastie Qing, puis avec l’occupation japonaise d’environ un demi-siècle qui, en 1945, a laissé une infrastructure industrielle et des empreintes intellectuelles fortes. L’essor économique de Taïwan fut lancé par une réforme agraire réussie et une aide généreuse des États-Unis au refuge des « nationalistes » chinois de Tchang Kaï-chek dans les années 1950.

Cette réforme agraire réussie et cette aide économique généreuse ont permis à la paysannerie de devenir de petits propriétaires, de s’enrichir et de constituer un marché interne assez volumineux qui a lancé une industrie légère de transformation pour satisfaire la demande solvable intérieure en biens de consommation et en biens d’équipement et ensuite se tourner vers l’exportation des produits de première nécessité et de machines aratoires motorisées légères d’abord et lourdes ensuite. Cette paysannerie enrichie donna naissance à des petites et moyennes entreprises qui constituent un réseau enchevêtré de sous-contractants en contractants se propageant avec, au début, assez peu de grandes entreprises comme Evergreen ou Formosa Plastics. C'est sur la base de ce tissu fin de petites et moyennes entreprises que l'économie taïwanaise a pris l'envol dès le début des années 1970, stimulée notamment par de grands travaux d'infrastructure (十大建設, hanyu pinyin shídàjiànshė), puis par une politique de développement d'industries à forte teneur technologique.

Voici les principaux indicateurs économiques de Taïwan aujourd'hui :

  • Monnaie nationale : le dollar taïwanais ou New Taiwan Dollar (NT$ ou TWD) ; 1 EUR = 41,9 TWD (2011)
  • PIB : 886,5 milliards de dollars US (19e; est. FMI 2011, valeur PPA); 504,6 milliards de dollars US (24e; est. FMI 2011, valeur nominale)
  • PIB par habitant : 37 932 dollars US (20e, est. FMI 2011, valeur PPA); 21 592 dollars US (37e; est. FMI 2010, valeur nominale)
  • IDH : (2007) 0,943 (25e, très élevé) [11]; (2010) 0,868 (18e, très élevé, selon le nouveau système de calcul des Nations-Unies "Inequality-adjusted HDI"
  • Coefficient Gini : 0,339 [12]
  • Taux de chômage : 5,25 % (est. FMI 2010)
  • Population vivant sous le seuil de pauvreté : 1,08 % (CIA factbook 2010)
  • Taux d'inflation : 2,3 % (est. FMI 2010)
  • Exports : US274,64 milliards $ (2010)[13], US203 milliards $ (19e, est. CIA 2009), US255 milliards $ (2008)
  • Principaux clients : Chine 26,64 %, Hong Kong 14,46 %, US 11,59 %, Japon 7,12 %, Singapour 4,23 % (2009)
  • Imports : US251,4 milliard $ (2010)[13], US173 milliards $ (21e, est. CIA 2009) ; US236 milliards $ (2008)
  • Principaux fournisseurs : Japon 20,77 %, Chine 14,01 %, US 10,49 %, Corée du Sud 6,03 %, Arabie saoudite 4,97 % (2009)
  • Réserves de change : US353 milliards $ (5e, est. CIA au 31 décembre 2009)
  • Réserves d'or: 423,6 tonnes (13e au 1er avril 2011)

Commerce international[modifier | modifier le code]

La République populaire de Chine, y compris Hong-Kong et Macao, est le principal partenaire commercial de Taïwan, suivie par les États-Unis, l'Union européenne et le Japon.

En 2009, les exportations de Taïwan[14] :

Religion[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Art à Taïwan[modifier | modifier le code]

  • Conservatoire de l'art continental
    Lors de la fuite de (1949-1950), les nationalistes emportèrent, au passage, de nombreux trésors artistiques : céramiques, bronzes, jades, que l'on peut admirer au Musée national du palais à Taipei ;
  • Art Insulaire.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Le système de calendrier officiel taïwanais prend 1911, date du soulèvement de Wuchang qui marqua la fin du régime impérial, pour an 1 (en 2011, nous étions en l'an 100 de la République).

Éducation[modifier | modifier le code]

  • Taux d’alphabétisation (au-dessus de 15 ans) : 98 % (2008).
  • Budget de l’Éducation : 19 % des dépenses publiques, soit 4,5 % du PIB (2008).
  • Instituts d’enseignement supérieur : 162 (147 universités et 15 lycées professionnels).
  • Effectifs étudiants : 1,3 million dont 181 000 en programme de mastère et 33 000 en programme de doctorat.
  • Étudiants taïwanais à l’étranger[15] (2009) : 33 629, dont 6 859 dans l'Union européenne et 15 594 aux États-Unis.

Sports[modifier | modifier le code]

Drapeau olympique du Taipei chinois (Taïwan)

Le baseball est le sport national à Taïwan[16]. Le sport a été introduit par les Japonais, et la Ligue chinoise professionnelle de baseball a débuté en 1990.

Le 27 août 2004, Taïwan (sous le nom "Taipei chinois" (中華台北) a obtenu deux médailles d'or en taekwondo. Ce sont les premières médailles d'or de la République de Chine (Taïwan).

Relations diplomatiques[modifier | modifier le code]

La reconnaissance internationale d'un État est liée à la possibilité d'établir des relations diplomatiques. Actuellement, la République de Chine entretient des relations diplomatiques avec seulement 22 des 193 États membres des Nations Unies.

En janvier 2008, le Malawi a choisi de rompre ses relations avec Taïwan au profit de la République populaire de Chine[17]. Il entretenait des relations diplomatiques avec Taïwan depuis 1966. Le 14 novembre 2013, la Gambie choisit de rompre aussi ses relations avec Taïwan après 18 ans de relations diplomatiques entre les deux pays[18].

Organismes internationaux[modifier | modifier le code]

La République de Chine (Taïwan) souhaite réintégrer les Nations unies dont elle a été exclue le 23 novembre 1971 au profit de la République populaire de Chine, ainsi que toutes les organisations qui en dépendent. La plupart de ses tentatives ont jusqu'à présent été bloquées par le régime communiste de Pékin. Depuis mai 2009, toutefois, Taïwan est invité chaque année en tant qu’observateur à l’Assemblée mondiale de la santé, l’organe décisionnel de l'Organisation mondiale de la santé qui dépend des Nations unies.

La République de Chine dispose également du statut d’observateur ou de membre associé auprès de 20 autres organisations intergouvernementales et structures affiliées, telles que l’Organisation de coopération et de développement économiques, la Banque interaméricaine de développement ou encore la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Par ailleurs, les organisations non gouvernementales (ONG) taïwanaises prennent part aux activités de plus de 2 100 autres ONG dans le monde.

Taïwan est également membre de l'OMC et de l'APEC - dans les deux cas sous le nom de Chinese Taipei, nom imposé par la Chine à Taïwan lorsque cette dernière est représentée auprès d’une instance internationale.

L'Union européenne lui reconnaît parfois une existence distincte de la République populaire de Chine[19].

Codes relatifs à Taïwan[modifier | modifier le code]

Taïwan (République de Chine) a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nankin fut la capitale légitimée par la loi de 1936 qui fut ensuite abandonnée en 1947 dès la mise en œuvre de la Constitution. Lors de la reculade à Taïwan en 1949, le président Tchang Kaï-chek déclara Taipei la « capitale guerrière ». Depuis, aucune loi n'indiquant en fait, on considère Taipei comme capitale de facto.
  2. Government Information Office, Republic of China
  3. [lire en ligne]
  4. [lire en ligne]
  5. [lire en ligne]
  6. (en) Statistiques du recensement d'octobre 2012, Bureau national des statistiques de la République de Chine.
  7. Source : Ministère des Affaires aborigènes de la République de Chine
  8. ["List of countries by estimated future nominal GDP, based on data from the International Monetary Fund for the year 2010" - lire en ligne]
  9. ["Taiwan and Japan: Breaking formation" (The Economist, Nov 9th 2010) - lire en ligne]
  10. [lire en ligne]
  11. Calcul du ministère taïwainais du Budget, de la Comptabilité nationale et des Statistiques, basée sur les données suivants (2007) : espérance de vie / 78,4 ans ; taux dalphabétisation / 97,6 % ; taux de scolarisation combiné brut / 101,9 % ; PIB par habitant en PPA / US30 $ 352
  12. Selon une étude de l'Academia Sinica publié en avril 2010
  13. a et b (en) « Taiwan’s 2010 trade hits record high », Taiwan Today,‎ 2010-01-10 (consulté le 2011-01-10)
  14. Bureau du commerce extérieur de la République de Chine (Taïwan)
  15. Ministère de l'Éducation de la République de Chine (Taïwan)
  16. Taiwan Baseball | Travel Writing and Taiwan Information from Travel Intelligence
  17. Le Malawi rompt ses liens avec Taïwan au profit de Pékin
  18. http://www.taipeitimes.com/News/front/archives/2013/11/19/2003577196
  19. Avis d'ouverture d'une procédure antidumping concernant les importations de peroxosulfates originaires des États-Unis d'Amérique, de la République populaire de Chine et de Taïwan

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]