Nabonide

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L'extension approximative de l'empire babylonien sous le règne de Nabonide.
Cylindre en terre cuite de Nabonide, évoquant la restauration du temple de Sîn à Ur, British Museum

Nabonide est le dernier roi de l’empire néo-babylonien.

Gouverneur de Babylone âgé de soixante ans, il est porté au pouvoir en 556 av. J.-C. par le parti des prêtres conjurés, vraisemblablement favorables au dieu Sîn après la mise à mort du roi légitime Labâshi-Marduk, fils de Nériglissar.

Très religieux, il est le fils d’un gouverneur sans doute araméen et d’une prêtresse du sanctuaire de Sîn à Harran, Adad-guppi (651-547 av. J.-C.). Il voue un culte tout particulier à Sîn, le dieu-lune, culte qui lui sera reproché par ses ennemis après la chute de Babylone (dont les prêtres de Marduk, dieu jusque-la favorisé par les rois). Il fait restaurer le temple de ce dieu à Ur et ambitionne de rétablir celui d’Harran, détruit par les Mèdes.

Au début de son règne, Nabonide semble poursuivre les anciennes traditions. Il se rend dans le sud pour régler des problèmes administratifs et mène plusieurs expéditions dans le Levant.

À la suite d’un songe reçu en 556 av. J.-C. qui lui annonçait l’avenir, et en opposition avec le clergé de Marduk, Nabonide décide de reconstruire le temple de Sîn à Harran. Il sollicite l’aide de Cyrus II, le Grand, roi d’Anshan, contre les Mèdes pour prendre la ville. Cyrus accepte. Son suzerain et grand-père Astyage, roi des Mèdes, a vent du complot et le convoque à Ecbatane. Cyrus refuse, ce qui provoque une guerre qui se terminera par la victoire des Perses (550 av. J.-C.).

Des troubles aggravés sans doute par une mauvaise situation économique éclatent alors en Babylonie et dans les villes méridionales. Nabonide installe son fils Balthazar sur le trône de Babylone et s’en va alors dans l’oasis de Taima dans le Hedjaz, qu’il conquiert dès 552 av. J.-C., ainsi que toute une série de villes. Il reste dix ans en Arabie, en empêchant par son absence la grande fête du Nouvel An à Babylone, sans que l’on en donne d’explication satisfaisante : conquête, dévotion au dieu-lune des Arabes à Taima, abandon de Babylone en proie à la famine et à la guerre civile…

En 539 av. J.-C., Nabonide quitte l’Arabie pour inaugurer le grand temple de Sîn à Harran, puis retourne à Babylone à la veille de l’action de Cyrus contre la capitale. Nabonide ne semble pas avoir compris le danger qui menace l’empire. Toute son action paraît en décalage complet avec la situation. Pour affermir son pouvoir spirituel, il fait transporter à Babylone toutes les images des dieux de la Mésopotamie du Sud. Les populations sont démoralisées.

Cyrus II prend Babylone, sans combats, un jour de fête le 23 octobre 539 av. J.-C.. Il tue le gouverneur Balthazar, emprisonne Nabonide (ou le nomme gouverneur de Carmanie, en Iran), et se pose en libérateur, faisant reconnaître son fils Cambyse II comme roi par la volonté de Marduk sans annexer le pays par la force.

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