Dur-Sharrukin

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36° 30′ 34″ N 43° 13′ 46″ E / 36.50953, 43.22931

Dur-Sharrukin et les principaux sites assyriens

Dur-Sharrukin « la forteresse de Sargon » (l'actuelle Khorsabad en Irak) est une des capitales de l'ancien Empire assyrien. Inaugurée en 707 av. J.C. par le roi Sargon II, la ville sera délaissée, en partie inachevée, à sa mort en 705. Khorsabad est située au nord de l'Irak, à environ 15 km de Mossoul.

Histoire[modifier | modifier le code]

Taureau androcéphale ailé (Shedu) de Dur-Sharrukin, trouvé durant les fouilles de Paul-Emile Botta.

En 717 av. J-C, Sargon II ordonna la construction d'un nouveau palais à environ 20 km au nord de Ninive au pied du Gebel Musri. De la terre fut achetée, et les dettes des ouvriers de construction furent annulées, afin d'attirer une main-d'œuvre suffisante. La terre fut cultivée, des oliviers furent plantés, afin d'augmenter la production d'huile d'olive, tant l'Assyrie en manquait.

La cité, commencée en 717, avait une disposition rectangulaire et mesurait 1 760 m sur 1 635 m, soit environ 300 ha. Elle est entourée par une enceinte de 7 km de long, avec une épaisseur de 24 m et une hauteur variant entre 15,50 m et 24,50 m. Tous les 27 m, 157 tours s’élèvent à 30 m de hauteur. Sept portes assurent les relations, certaines ornées de superbes sculptures de taureaux androcéphales (Shedu) et de briques à glaçure. Au nord-ouest est installé le complexe officiel : une terrasse, haute de 16 à 18 m sur une dizaine d’hectares, supporte le palais, les temples et une ziggourat, haute d’une quarantaine de mètres. En contrebas de la terrasse, se tient une série de palais destinés aux princes ou aux principaux dignitaires.

Le palais comporte quelque 240 cours ou pièces, dont le bâbanu, divisé en deux parties associées et pourvu de dépendances (services, écuries, cuisines, boulangeries, logements de service, celliers, magasins remplis de jarres, réserves d’outil de fer). Il donne accès à la salle du trône et à d’autres pièces cérémonielles, toutes ornées d’orthostates sculptés ; en arrière plan se tient le bîtanu avec les appartements privés. Les temples de Dur-Sharrukin, voués à Sîn, Shamash, Ningal, Ninurta, Adad et Ea occupent l’angle sud de la terrasse, et malgré leur raffinement, font pâle figure par rapport au palais. Un pont permet d’accéder au temple de Nabû, installé sur une terrasse au milieu des palais des princes.

Tablettes de fondation en or et argent - musée du Louvre
Ces tablettes, avec d'autres, faisaient partie d’un lot de plaques de fondation découvertes dans un coffret de pierre, enfoui dans les fondations du palais construit par Sargon II. Ces tablettes, avec d'autres, faisaient partie d’un lot de plaques de fondation découvertes dans un coffret de pierre, enfoui dans les fondations du palais construit par Sargon II.
Ces tablettes, avec d'autres, faisaient partie d’un lot de plaques de fondation découvertes dans un coffret de pierre, enfoui dans les fondations du palais construit par Sargon II.


La cour déménagea pour Khorsabad en 706 av. J-C, bien que le palais ne fût alors pas totalement fini. Sargon fut tué en 705 av. J.-C., au cours d'une bataille. Son fils et successeur Sennachérib abandonna le projet et réinstalla la capitale et l'administration à Ninive. La cité ne fut jamais achevée et fut finalement abandonnée un siècle après la chute de l'Empire assyrien.

Découverte[modifier | modifier le code]

En mars 1843, trois ans après la création du consulat de France à Mossoul par Louis-Philippe, Paul-Emile Botta part prendre son poste de consul. En 1842, alors qu'il était consul à Tripoli, Paul-Emile Botta avait effectué à ses frais les fouilles du Tell de Qouyoundik, croyant avoir trouvé la Ninive biblique.

Il se rend compte de son erreur, et sa nomination à Mossoul lui permet de suivre une nouvelle piste. Il a en effet été informé par des voyageurs de la présence à 16 km au Nord-Est de Mossoul, de vestiges. Croyant avoir trouvé la cité qu'il cherchait, il prévient le roi Louis-Philippe de sa découverte, lequel lui fait parvenir des subventions et un dessinateur : Eugène Flandin.

Les fouilles à proprement parler débutent en octobre 1844, avec l'exploration de l'aile nord de la cité. Toutes les découvertes faites sur le lieu ont permis une meilleure connaissance de l'art assyrien. Ces dernières sont d'ailleurs expédiées au Louvre et en 1847 le roi inaugure la collection assyrienne.

Botta quitte Mossoul le 1er juillet 1845 pour aller parler de ces découvertes en France, et il faut attendre le 16 janvier 1852 pour qu'un nouveau consul arrive à Mossoul : Victor Place. Celui-ci continue les fouilles de son prédécesseur jusqu'à son départ en 1855 et envoie lui aussi des antiquités au Louvre, mais malheureusement, seules 26 caisses sur 235 arrivent à destination. Le 21 mai 1855, alors que les antiquités envoyées en France par Victor Place naviguent sur le Tigre, le convoi est attaqué et la grande majorité des antiquités sombrent au fond du fleuve. Elles n'ont pas été retrouvées à ce jour.

Une autre campagne fut menée de 1936 à 1938 par des archéologues américain de l'Oriental Institute of Chicago.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La bande dessinée Alix commence à Khorsabad. C'est aussi l'un des principaux lieux du tome 25, C'était à Khorsabad. On peut néanmoins émettre des doutes concernant l'existence de la ville à cette époque, sachant que la cité était abandonnée depuis plus de cinq cents ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rapports archéologiques[modifier | modifier le code]

  • Paul-Émile Botta, E. Flandin, Monument de Ninive, en 5 volumes, Paris 1849-1850
  • Victor Place et Félix Thomas, Ninive et l'Assyrie, en 3 volumes, Paris, 1867-1970
  • (en) H. Frankfort, G. Loud et Thorkild Jacobsen, Khorsabad I : Excavations in the Palace and at the City Gate, Oriental Institute Publications no 38, Chicago, 1936
  • (en) G. Loud et Ch. Altman, Khorsabad II : the Citadel and the Town, Oriental Institute Publications no 40, Chicago, 1938
  • (en) Fuad Safar, « The temple of Sibitti at Khorsabad », Sumer no 13, 1957, p. 219-221

Études diverses[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Khorsabad, le palais de Sargon II, roi d'Assyrie, actes du colloque organisé au musée du Louvre les 21 et 22 janvier 1994, La Documentation Française, coll. « Louvre conférences et colloques », 1999 (ISBN 2-11-003416-5)
  • (de) Fuchs, A., Die Inschriften Sargons II. aus Khorsabad, Göttingen 1994.
  • (en) Pauline Albenda, The palace of Sargon, King of Assyria: Monumental wall reliefs at Dur-Sharrukin, from original drawings made at the time of their discovery in 1843-1844 by Botta and Flandin, Synthèse C.N.R.S. no 22, Éditions Recherche sur les civilisations, Paris, 1986
  • Sylvie Lackenbacher, Le Palais sans rival. Le récit de construction en Assyrie, 1990
  • Jules Oppert et Joachim Menant, Grande inscription du palais de Khorsabad : publiée et commentée, Imprimerie Impériale, 1863. recueil à l'italienne (21 cm × 54 cm) de 21 planches avec écriture cunéiforme traduite.
  • Gilles Cosson, Les Taureaux de Khorsabad (roman), Paris, éd. Plon, 1994.

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Liens externes[modifier | modifier le code]