Sippar

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33° 03′ 32″ N 44° 15′ 08″ E / 33.05882, 44.25215 () Sippar (sans doute plutôt prononcé Sippir dans l'Antiquité, écrit Zimbir en idéogramme sumérien) est le nom porté par deux villes voisines de Basse-Mésopotamie, actuellement le sud de l'Irak, situées au nord-ouest de Babylone, et séparées d'à peine sept kilomètres. Les deux villes portaient plusieurs noms, mais on garde généralement la référence à leur divinité principale pour les différencier. On a ainsi « Sippar de Shamash », l'actuel Abu Habbah, et « Sippar d'Annunitu », l'actuel Tell ed-Dêr.

La ville de Sippar est citée comme l'une des plus anciennes de la Mésopotamie dans la Liste royale sumérienne. Elle aurait été la quatrième ville a exercer la royauté, l'avant-dernière avant le Déluge. Cette dynastie ne comporte qu'un roi, Enmenduranna, qui aurait régné vingt-et-un mille ans. Les niveaux anciens des deux villes ayant porté le nom de Sippar ne sont pas connus, et l'archéologie ne peut confirmer l'ancienneté de cette ville.

Sippar de Shamash (Abu Habbah)[modifier | modifier le code]

Cône commémorant l'érection des murailles de Sippar par Hammurabi, première moitié du XVIIIe siècle av. J.-C., musée du Louvre

Autres noms : Sippar-Yahruru(m), Sippar-sati(m), Sippar-seri(m).

Ce site a été fouillé par Hormuzd Rassam en 1881, qui explora le temple de Shamash, et en rapporta près de soixante mille fragments de tablettes, dont beaucoup sont issus de fouilles clandestines. En 1894, le site fut fouillé brièvement par le père Jean-Vincent Scheil, un Français, puis en 1927 par les Allemands Walter Andrae et Julius Jordan. Il fut ensuite exploré par des archéologues irakiens, dans les années 1940 puis dans les années 1970.

Le cœur de cette ville était le temple du dieu-Soleil Shamash, l'Ebabbar, protégé par une enceinte intérieure. Une ziggourat avait été construite à côté. D'importants lots de tablettes ont été dégagés dans le quartier sacré, par des fouilleurs clandestins. Une fois remis vaguement en ordre (l'ampleur de la documentation ne facilitant pas les choses), on a pu repérer plusieurs lots d'archives : celles d'un « cloître » de l'époque paléo-babylonienne (XIXe-XVIIe siècles av. J.-C.) habité par des religieuses consacrées à Shamash, les archives du temple de l'époque néo-babylonienne (VIe siècle av. J.-C.). Une bibliothèque de la même époque a été mise au jour plus récemment.

Ailleurs sur le site, on a également dégagé des quartiers d'habitation, datant de l'époque paléo-babylonienne avec là aussi un important groupe d'archives. Sippar était ceinte par un rempart faisant 1 300 mètres de long pour 800 de large.

Sippar d'Annunitu (Tell ed-Dêr)[modifier | modifier le code]

Autres noms : Sippar-Amnānu(m), Sippar-dūri(m), Sippar-rabū(m).

Tell ed-Dêr a été fouillé plus récemment qu'Abu Habbah, puisque les premiers coups de pioche y furent portés en 1975 par des archéologues belges de l'université de Gand dans les années 1970. Moins explorée, cette ville a livré moins de choses que sa voisine.

On a exploré la résidence d'Ur-Utu, un lamentateur du clergé d'Annunitum au XVIIe siècle av. J.-C., et on y a découvert un lot d'archives de taille notable (2 000 tablettes).