Claude Lévêque

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Claude Lévêque est un artiste plasticien français né en 1953 à Nevers (Nièvre). Il vit et travaille à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Biographie et démarche artistique[modifier | modifier le code]

Fin des années 1970, début des années 1980, Claude Lévêque prend souvent le train pour Paris, « où se solidifie une scène d’avant-garde […] lookée par Serge Krügger, designée par les graphistes de Bazooka, peinte par Kiki Picasso, sonorisée par Edith Nylon, les Stinky Toys, Taxi Girl, qui a ses propres stars (Jacno, Marie-France, Elli Medeiros, Alain Pacadis…) et son quartier général : le Palace de Fabrice Emaer […], et l’enchaînement ininterrompu des concerts et des fêtes, construisant ainsi une esthétique de rupture. » C’est là, et pas dans le champ de l’art, que Lévêque puise ses influences, et développe, finalement, les bases de son œuvre.

En 1982, il participe pour la première fois à une exposition, collective, à la Maison des arts et de la culture de Créteil, où il présente une installation intitulé Grand Hôtel (une œuvre qu'il conserve encore aujourd'hui). Il expose tout d'abord en France à partir de 1984, avant de conquérir l'Europe, l'Amérique et l'Asie ; il participe régulièrement à des biennales d'art contemporain telles celles de Lyon ou de La Havane en 2003. Fin avril 2008, il est choisi pour représenter la France à la Biennale de Venise 2009. Dans cette optique, il sélectionne comme commissaire Christian Bernard, directeur du MAMCO.

Claude Lévêque privilégie le travail in situ, bien qu'il a souvent travaillé sur le terrain des objets, ses choix se penchent vers la création d'espaces et d'atmosphères. L'outil privilégié de l'artiste reste l'environnement quotidien. À travers des installations l'artiste recherche à voir, regarder le réel autrement… Pour La Maison des mensonges qu'il expose au Musée d'art contemporain de Marseille (2006), il se balade chez des détaillants de mobilier comme IKEA pour découvrir des objets qu'il utilise tels quels dans les atmosphères qu'il crée.

Il dit avoir une approche traditionnelle de l'art, qu'il conçoit comme un reflet de la société. Les thèmes et les matériaux qu'il travaille sont les plus contemporains qui soient. Le regard qu'il porte sur le monde qui l'entoure, injuste, violent, influencé par les médias, n'est pas franchement positif. Pourtant, il ne cherche pas à nier, ou au contraire à embellir cette réalité : il s'en fait le témoin et l'impose au spectateur, qui devient également acteur. Proche du mouvement punk, mais aussi d'autres cultures alternatives, Claude Lévêque rejette l'acceptation aveugle de l'ordre établi. Son travail, original et ingénieux, est basé sur l'utilisation de l'image, du son et de la lumière.

En 2014 et 2015, Claude Lévêque est invité par le musée du Louvre à habiller l'entrée du musée, la pyramide de Ieoh Ming Pei puis les fossés et le donjon du Louvre médiéval. Le néon, l'un des matériaux privilégiés de l'artiste, se fait ici foudre tranchant un volume d'air pour distribuer ses résonnances diurnes et nocturnes sur l'architecture alentour. L'artiste présente les influences cinématographiques qui traversent son oeuvre lors d'une séance de projections et rencontres à l'auditorium du Louvre en s'intéressant aux oeuvres de Dario Argento et Kenneth Anger.

Distinction[modifier | modifier le code]

Nommé chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2011, il n'a pas accepté cette distinction.

Citation[modifier | modifier le code]

« Je pense que l'art contemporain peut provoquer un espace différent de redécouverte des choses, indépendant des obligations de consommation dictées par des médias avilissants, des politiciens corrompus et des marchands de jeux, de pavillons ou de bagnoles. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses œuvres, tels des parcours initiatiques, proposent au public de découvrir le réel sous un angle subjectif et nouveau. On peut citer, parmi les plus importantes, Ende à la galerie Yvon Lambert de Paris ou encore Le Meilleur des mondes à la Passerelle de Brest, Let's Dance à la fondation Miró de Barcelone, ou Reconstruire la fenêtre à la Rice gallery de Tokyo.

Attaché à l'univers de l'enfance, Lévêque a réalisé plusieurs œuvres en utilisant l'image de Mehdi El Glaoui du feuilleton Belle et Sébastien[1].

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Claude Lévêque est aujourd'hui représenté en France par la galerie Kamel Mennour.


  • 2001
  • 2000
    • Caos Verde, Café 9, Saint-Étienne
    • Le Droit du plus fort, Agence Stéphane Ackermann, Luxembourg
    • Scarface, Cinéma Les Variétés, FRAC PACA, Marseille
    • Herr monde, Le Creux de l'Enfert, Thiers
    • Haüsler Kunst Projekte, Munich
    • Sentier lumineux, Lieu Unique, Nantes
  • 1999
  • 1998
  • 1997
    • Kunsthalle Fribourg, Fri Art, Suisse
    • Troubles, Kasseler Kunstverein, Cassel
    • Claude Lévêque, Galerie Toxic New Art, Luxembourg
  • 1996
    • Les Champions, Galerie de Paris, Paris
    • Galerie du Jour agnès b., Paris
    • I Wanna be your Dog, Atelier Sainte-Anne, Bruxelles
    • Chez Valentin, Paris
    • My Way, ARC/musée d'art moderne de la ville de Paris, Paris
  • 1995
    • Les images du plaisir, La Piscine, Laval
    • Chambre 321, Le Confort moderne, Poitiers
    • Centre de la gravure contemporaine, Genève
  • 1994
  • 1993
  • 1992
    • Affiches dans l'espace urbain, commande de l'Observatoire, Marseille
    • Traverses, Centre culturel français, Palerme
    • Opération HLM, OPAC, Nevers
  • 1991
    • Galerie de Paris, Paris
  • 1990
  • 1988
    • Galerie de Paris, Paris
  • 1987
  • 1986
    • Galerie Philippe Casini, Paris
    • Centre d'art contemporain, APAC, Nevers
  • 1984
    • Galerie Eric Fabre, Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur arts.fluctuat.net.
  2. Olivier Wicker, « Claude lévêque électrise l'entreprise », Le Nouvel Observateur, no 2555,‎ 24 octobre 2013, p. 32 (ISSN 0029-4713)
  3. Une trentaine de lits de fer blanc suspendus par les pieds au plafond d'une pièce de 1 400 m2, éclairés par une lumière noire et surplombant de grandes vasques de plastique remplies de boules blanches. Sur les barreaux des lits des boules sont également disposées au hasard, comme un boulier.

Liens externes[modifier | modifier le code]