Robert Mapplethorpe

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Robert Mapplethorpe

Naissance 4 novembre 1946
Floral Park (en), État de New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 9 mars 1989 (âgé de 42 ans)
Boston, Massachusetts
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité États-Unis
Activités Photographie, Dessin, peinture, collage, sculpture
Formation Bachelor of Fine Arts
Mécènes Sam Wagstaff (en)
Influença Sam Wagstaff (en)

Robert Mapplethorpe (4 novembre 1946, Floral Park (en), État de New York9 mars 1989 , Boston) est un photographe américain célèbre pour ses portraits en noir et blanc très stylisés, ses photos de fleurs et ses nus masculins.
Le caractère cru et érotique des œuvres du milieu de sa carrière a déclenché des polémiques sur le financement public de l'art aux États-Unis (culture wars).

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Mapplethorpe nait dans une famille catholique d'origine anglo-irlandaise. Il est le troisième de six enfants.
Très jeune il montre une grande dextérité et se plaît à réaliser de petits bijoux en perles pour sa mère. Il est également passionné de coloriage, comme l'écrit son amie Patti Smith dans Just Kids: « Le coloriage le passionnait: non pas l'acte de remplir l'espace, mais celui de choisir des couleurs que personne d’autre n'aurait retenues. »[1].

1963-1966[modifier | modifier le code]

En 1963, Mapplethorpe rentre au Pratt Institute du quartier de Brooklyn à New York, où il étudie le dessin, la peinture et la sculpture. Notamment influencé par Joseph Cornell et Marcel Duchamp, c'est à cette époque qu'il commence à réaliser des travaux utilisant des techniques mixtes. En particulier, Mapplethorpe réalise pendant cette période de nombreux collages utilisant des extraits de journaux et de magazines[2]. Au terme de ses études, il reçoit un Bachelor of Fine Arts.

Renonçant à la voie que lui avait destinée son père — le dessin publicitaire — il décide de rompre de manière brutale avec sa famille. Il s'installe à New-York et vit d'emplois peu stables, découvrant à la même époque le cannabis — qu'il fumait très régulièrement, d'après Patti Smith — et le LSD.

1966-1970[modifier | modifier le code]

En 1967, Robert Mapplethorpe rencontre Patti Smith avec laquelle il entretiendra d'abord une relation intime, puis amicale jusqu'à sa mort[3]. Leurs quelque trois ans de vie commune sont relatés par Patti Smith dans un de ses ouvrages[4]. D'après cette dernière, Mapplethorpe n'aurait pas été très intéressé par la photographie avant 1970. Bien plus : malgré les difficultés financières du couple, il achetait régulièrement des magazines pour en découper les photos et réaliser des montages. Ainsi, ses thèmes de prédilection auraient changé radicalement à plusieurs reprises entre 1967 et 1970, passant de l'ésotérisme à la dévotion ou encore la magie (toujours selon Patti Smith). Vers la fin des années 1960, Mapplethorpe a plusieurs expériences homosexuelles. En 1969, il s'installe avec Patti Smith au Chelsea Hôtel et se met à fréquenter les clubs Max's Kansas City et le CBGB.

1970-1986[modifier | modifier le code]

Peu après son départ du Chelsea Hôtel, un an après son arrivée, Mapplethorpe découvre la photographie en empruntant le polaroïd de son amie Sandy Daley, un Land 360. Son premier modèle est Patti Smith[4]. Malgré les difficultés financières que représente l'achat des pellicules pour le couple, Mapplethorpe réalise bientôt de nombreux clichés. Ces derniers sont exposés trois ans plus tard, en 1973, dans la Light Gallery (New York) pour la première exposition de Mapplethorpe, intitulée « Polaroïd ». Grâce à son ami John McKendry (mari de Maxime de la Falaise (en)), Mapplethorpe peut contempler la collection du Metropolitan Museum of Art, dont la plupart n'avait jamais été exposée au public - et en particulier une série de nus de Alfred Stieglitz qui lui laissera un souvenir mémorable. John McKendry achète également un nouveau polaroïd à Mapplethorpe et ce dernier parvient à ce que Polaroid Corporation lui attribue une bourse lui garantissant toutes les pellicules dont il aurait besoin.

En 1975, il acquiert un appareil photo Hasselblad grand format et commence à photographier ses amis et connaissances, qui comprennent des artistes (dont Patti Smith pour qui il réalise la pochette de son premier disque, Horses), des compositeurs, des stars de la pornographie, et des habitués de sex clubs underground. Il réalise également des projets plus commerciaux, notamment en prenant des portraits pour le magazine Interview[2]. Vers la fin des années 1970, Mapplethorpe montre un intérêt grandissant pour le documentaire concernant le milieu sado-masochiste new-yorkais. Il choque ses contemporains par ses clichés qui propulsent du même coup sa carrière. En 1977, il participe à Documenta 6 (de) à Kassel en RFA. Il réalisera la pochette de l'album Marquee Moon du groupe de rock Television. En 1978, la galerie de Robert Miller (en) devient son client exclusif[2].

En 1980, Mapplethorpe rencontre Lisa Lyon, la première femme championne de bodybuilding. Durant les années qui suivent, ils travaillent ensemble sur de nombreux portraits, un film et le livre Lady, Lisa Lyon. Dans les années 1980, ses photographies prennent un tour plus maniéré, recherchant la beauté abstraite. Il se concentre alors sur des nus statuaires tant féminins que masculins, des natures mortes florales, des images de Lisa Lyon, une série remarquable pour Jean-Charles de Castelbajac et des portraits officiels.

1986-1989[modifier | modifier le code]

En 1986, les médecins annoncent à Mapplethorpe qu'il est porteur du SIDA. Conscient de sa maladie, il multiplie ses efforts de création. En 1988, il fonde sa propre fondation, la Robert Mapplethorpe Fundation pour qu'elle démocratise la photographie et qu'elle soutienne financièrement les recherches concernant le SIDA et les infections liées au VIH. Mapplethorpe décède en 1989, âgé de 42 ans.

Expositions[modifier | modifier le code]

Exposition à Ljubljana.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1), « Les enfants du lundi »
  2. a, b et c (en) The Robert Mapplethorpe Fundation, Biography
  3. Patti Smith raconte Robert Mapplethorpe, L'Express
  4. a et b Patti Smith (trad. Héloïse Ésquier), Just Kids, Éditions Delanoël, coll. « Folio »,‎ 2010 (ISBN 978-2-07-044626-1)
  5. Exposition au Grand Palais
  6. Page de l'exposition sur le site du Musée Rodin. Page consultée le 27 juin 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patricia Morrisroe, Robert Mapplethorpe : A Biography, Papermac: London and New York (1995)
  • Arthur C. Danto, Playing with the Edge : the Photographic Achievement of Robert Mapplethorpe, University of California Press: London and Los Angeles (1996)
  • Gary Banham, Mapplethorpe, Duchamp and the Ends of Photography, Angelaki 7.1 (2002)
  • Patti Smith, Just Kids, Denoël, (2010)
  • Judith Benhamou-Huet, Mapplethorpe, vivant - Réponses à des questions, Les Presses du réel (2014)
  • Judith Benhamou-Huet, Dans la nuit noire et blanche de Robert Mapplethorpe, Grasset (2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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