Christian Boltanski

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Christian Boltanski
Christian Boltanski photographié dans son atelier par Bracha L. Ettinger en 1990, pour le livre d'artiste Matrix et le Voyage à Jerusalem de C.B. (1991).
Christian Boltanski photographié dans son atelier par Bracha L. Ettinger en 1990, pour le livre d'artiste Matrix et le Voyage à Jerusalem de C.B. (1991).

Activité Photographe, sculpteur, cinéaste, peintre
Naissance 6 septembre 1944
Paris
Distinctions 2009 : Prix de Gaulle-Adenauer

Christian Boltanski est un plasticien français, né le 6 septembre 1944 à Paris. Photographe, sculpteur et cinéaste, connu avant tout pour ses installations, il se définit lui-même comme peintre, bien qu'il ait depuis longtemps abandonné ce support.

En couple avec l'artiste Annette Messager, Boltanski est aujourd'hui reconnu comme l'un des principaux artistes contemporains français. Il enseigne à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il vit à Malakoff.

Il est le frère du sociologue Luc Boltanski.

Sommaire

Biographie [modifier]

Né d'un père juif d'origine russe et d'une mère corse chrétienne[1], Christian Boltanski est resté marqué par le souvenir de l'Holocauste. Il commence à peindre en 1958, à l’âge de 13 ans, alors qu’il n’a jamais connu de véritable scolarité ni suivi de formation artistique au sens traditionnel du terme. La plupart des tableaux qu’il réalise sont en majeure partie de grands formats représentant des personnages dans des circonstances macabres ou encore des scènes d'histoire. Il a fait des photographies en noir et blanc en partenariat avec Marc Domage.

Boltanski s'éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l'écriture, par des lettres, des installations ou des dossiers qu'il envoie à des personnalités artistiques. Il intègre à son œuvre des éléments issus de son univers personnel, et sa propre biographie, réelle ou imaginaire, devient le thème principal de son œuvre.

Prix et distinctions [modifier]

  • 2009 : Prix de Gaulle-Adenauer[2] (avec l'Allemand Anselm Kiefer)
  • 2011 : 2e dans le classement des 50 personnalités du monde de l'art, selon L'Œil[3]

Œuvre [modifier]

Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. En effet, l’absence est un sujet récurrent dans son travail: la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition. Il a mis ainsi en perspective les souffrances endurées par les juifs dans certaines de ses vidéos qui expriment, sans aucun mot, l’horreur de la guerre.

Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéo. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort.

Une des particularités de l'artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu'il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l'approprie et tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire », c'est-à-dire à la mémoire affective.

Ses œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l'autobiographie.

Christian Boltanski est membre du Narrative Art. Ce mouvement revendique l'utilisation de la photographie ainsi que celle d'un texte. Ces deux utilisations sont bien séparées dans l'œuvre ; leur lien doit se faire par une relation mentale.

Analyse d'œuvres [modifier]

L’homme qui tousse (réalisé avec J.-C. Valesy), 1969 [modifier]

Film 16 mm couleur, sonore. Durée : min. (dans Les archives de C.B., enregistrement vidéo, Brigitte Cornard, Christian Boltanski, participant, 1998.)

Le médium du cinéma interpelle Boltanski. Il considère que c'est la vérité amplifiée par le mouvement et le son. Mais il se rend compte que le côté spectaculaire d’un film se voit trop frontalement. Une photo se laisse interpréter avec plus de distance, de façon plus nuancée par chaque individu. En ce sens, la photo est plus proche de la vérité.

Une pièce vide et délabrée teintée de rouge et noir. Une lumière de fin d’après-midi entre par la fenêtre au fond de la salle. Un homme est assis par terre, il est en train de cracher du sang. Il est masqué par des bandelettes blanches, seule sa bouche est visible.

Travelling avant et arrière sur ce personnage : on l'entend tousser fortement comme s'il allait vomir, et il se met à cracher des jets de sang sur lui-même, sang qui se déverse sur ses jambes allongées sur le sol. Il a l’air d’être séquestré. Cet emprisonnement inexpliqué, la caméra tremblante, l'ambiance sombre placent le spectateur dans un rôle de témoin gênant.

Boltanski laisse planer le doute sur les raisons de l'emprisonnement de ce personnage. La nature même de ses souffrances est mystérieuse. On peut y voir, comme dans plusieurs de ses œuvres, une référence aux violences des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Réserve, 1988 [modifier]

Réserve est une installation présentée dans une pièce noire pour présenter l'horreur de la guerre. Les murs de cette pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages. Ces vêtements sont éclairés par des luminaires fixés au sommet des étagères.

L’œuvre fait partie de la catégorie Arts, Technique et Expression et du genre Paysage. La lumière est synthétique. Le point de vue du personnage est à l'entrée de la pièce ; c'est un point de vue intérieur. Les dimensions sont variables.

Sélection d'œuvres [modifier]

  • Monument, Musée du MAC/VAL
  • La chambre ovale, 1990
  • L'Homme qui tousse, 1970
  • Essai de reconstitution (Trois tiroirs), 1970-1971
  • Vitrine de référence, 1971
  • Sans titre, 1971, vitrine contenant 98 sucres taillés et fixés sur carton, 56 x 85,5 x 10 cm, musée d'art de Toulon
  • Saynètes comiques, 1974
  • Les Registres du Grand-Hornu, 1977
  • Composition théâtrale, 1981
  • Monument, 2,60 x 11 m, musée de Grenoble, 1985
  • Enfants de Dijon, 1986
  • Les archives de C.B. 1965-1988, 1989
  • "La maison manquante", 1990
  • Réserve[4], 1990
  • Reliquaire, les linges, 1996
  • Les Abonnés du téléphone, 2000[5]
  • Installation au Museo per la Memoria di Ustica di Bologna autour des éléments du DC-9 reconstitué et des objets personnels des victimes de la tragédie d'Ustica
  • Personnes[6], 2010

Expositions (sélection) [modifier]

Bibliographie [modifier]

Écrits et témoignages de Christian Boltanski [modifier]

Essais [modifier]

  • Alain Fleischer et Didier Semin, « Christian Boltanski : la revanche de la maladresse », Art Press no 128, septembre 1988
  • Didier Semin, Christian Boltanski, Paris, Éditions Art Press, 1989
  • Lynn Gumpert, Christian Boltanski, Paris, Flammarion, 1992
  • Éliane Burnet, « Dépouilles et reliques, les Réserve de Christian Boltanski », Les Cahiers du Musée national d'art moderne, no 62, hiver 1997-1998
  • Gilbert Lascault, Boltanski : souvenance, Paris, L'Échoppe, 1998
  • Catherine Grenier (avec Christian Boltanski), La Vie impossible de Christian Boltanski, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2007
  • Peter Lodermeyer, Karlyn De Jongh & Sarah Gold, Personal Structures: Time Space Existence, DuMont Verlag, Cologne, Germany, 2009
  • Catherine Grenier et Daniel Mendelsohn, Christian Boltanski, Flammarion, coll. Flammarion Contemporary, 2010
  • Dominique Radrizzani et Christian Boltanski, Le Dessin impossible de Christian Boltanski, Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2010

Catalogues d'exposition [modifier]

Références [modifier]

Notes [modifier]

  1. « Christian Boltanski au Grand Palais », ArtCult, 12 janvier 2010.
  2. Liste des lauréat du prix sur le portail franco-allemand.
  3. Jean-Christophe Castelain, « Les 50 personnalités de l'art les plus influentes en France », L'Œil, no 633, mars 2011.
  4. « Parcours pédagogique : Christian Boltanski », Centre Pompidou
  5. présentation des œuvres de Boltanski, sur http://www.mam.paris.fr/. Consulté le 02 octobre 2012
  6. « Monumenta 2010 », notice du Grand Palais.
  7. Sur le site de « Monumenta 2010 ».
  8. Ancien directeur de la Kunsthalle de Berne, du musée national d'Art moderne, du musée national des arts d'Afrique et d'Océanie et du Museum Kunst Palast (de)(de) de Düsseldorf et actuellement directeur honoraire du musée national d'art moderne - Centre Georges Pompidou.

Liens externes [modifier]