Christian Boltanski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Boltanski.

Christian Boltanski

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Christian Boltanski photographié dans son atelier par Bracha L. Ettinger en 1990, pour le livre d'artiste Matrix et le Voyage à Jerusalem de C.B. (1991).

Naissance 6 septembre 1944
Paris
Nationalité française
Activités peintre,Photographe, sculpteur, cinéaste
Récompenses Prix de Gaulle-Adenauer (2009);Premium Imperial Tokyo (2007)

Christian Boltanski est un plasticien français, né le 6 septembre 1944 à Paris. Photographe, sculpteur et cinéaste, connu avant tout pour ses installations, il se définit lui-même comme peintre, bien qu'il ait depuis longtemps abandonné ce support. Boltanski est reconnu comme l'un des principaux artistes contemporains français. Il vit à Malakoff. Il est marié à l'artiste Annette Messager

Il a un frère, le sociologue Luc Boltanski.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père juif d'origine russe et d'une mère chrétienne corse[1]. Il commence à peindre en 1958, à l’âge de 14 ans, alors qu’il n’a jamais connu de véritable scolarité ni suivi de formation artistique au sens traditionnel du terme.

Boltanski s'éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l'écriture, par des lettres, des installations ou des dossiers qu'il envoie à des personnalités artistiques. Il intègre à son œuvre des éléments issus de son univers personnel, et sa propre biographie, réelle ou imaginaire, devient le thème principal de son œuvre dans les premières années. Par la suite, il s'intéressera à des questions universelles telles que : la mort, l'oubli, la culpabilité et le hasard.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2009 : Prix de Gaulle-Adenauer[2] (avec l'Allemand Anselm
  • Kiefer)
  • 2007 : Premium Imperial Tokyo

Œuvre[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. En effet, l’absence est un sujet récurrent dans son travail: la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition.

Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéo. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort.

Une des particularités de l'artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu'il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l'approprie et tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire », c'est-à-dire à la mémoire affective.

Ses œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l'autobiographie.

Depuis plusieurs années, il favorise principalement dans son travail d'énormes installations telles que Personnes à la Monumenta du Grand-Palais[3], No Man's Land à l'Armory de New-York (en) ou encore Chance au pavillon français de la Biennale de Venise en 2011.

En dehors de ces projets éphémères, il installe des œuvres permanentes qui s'augmentent constamment telles que Les archives des cœurs dans l'île de Teshima au Japon ou Les dernières années de CB sur l'île de Tasmanie en Australie.

Analyse d'œuvres[modifier | modifier le code]

L’homme qui tousse (réalisé avec J.-C. Valesy), 1969[modifier | modifier le code]

Film 16 mm couleur, sonore, 3 min. (dans Les archives de C.B., enregistrement vidéo, Brigitte Cornard, Christian Boltanski, participant, 1998.)

Le médium du cinéma interpelle Boltanski. Il considère que c'est la vérité amplifiée par le mouvement et le son. Mais il se rend compte que le côté spectaculaire d’un film se voit trop frontalement. Une photo se laisse interpréter avec plus de distance, de façon plus nuancée par chaque individu. En ce sens, la photo est plus proche de la vérité.

Une pièce vide et délabrée teintée de rouge et noir. Une lumière de fin d’après-midi entre par la fenêtre au fond de la salle. Un homme est assis par terre, il est en train de cracher du sang. Il est masqué par des bandelettes blanches, seule sa bouche est visible.

Travelling avant et arrière sur ce personnage : on l'entend tousser fortement comme s'il allait vomir, et il se met à cracher des jets de sang sur lui-même, sang qui se déverse sur ses jambes allongées sur le sol. Il a l’air d’être séquestré. Cet emprisonnement inexpliqué, la caméra tremblante, l'ambiance sombre placent le spectateur dans un rôle de témoin gênant.

Boltanski laisse planer le doute sur les raisons de l'emprisonnement de ce personnage. La nature même de ses souffrances est mystérieuse. On peut y voir, comme dans plusieurs de ses œuvres, une référence aux violences des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.[interprétation personnelle]

Réserve, 1992[modifier | modifier le code]

Réserve est une installation présentée dans une pièce aux murs blancs pour présenter l'horreur de la guerre. Les murs de cette pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages. Ces vêtements sont éclairés par des luminaires fixés au sommet des étagères. L’œuvre fait partie de la catégorie Arts, Technique et Expression et du genre Paysage. La lumière est synthétique. Le point de vue du personnage est à l'entrée de la pièce ; c'est un point de vue intérieur. Les dimensions sont variables.[interprétation personnelle]

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

  • Monument, Musée du MAC/VAL
  • La chambre ovale, 1990
  • L'Homme qui tousse, 1970
  • Essai de reconstitution (Trois tiroirs), 1970-1971
  • Vitrine de référence, 1971
  • Sans titre, 1971, vitrine contenant 98 sucres taillés et fixés sur carton, 56 × 85,5 × 10 cm, musée d'art de Toulon
  • Saynètes comiques, 1974
  • Les Registres du Grand-Hornu, 1977
  • Composition théâtrale, 1981
  • Monument, 2,60 × 11 m, musée de Grenoble, 1985
  • Enfants de Dijon, 1986
  • Les archives de C.B. 1965-1988, 1989
  • "La maison manquante", 1990
  • Réserve[4], 1990
  • Reliquaire, les linges, 1996
  • Les Abonnés du téléphone, 2000[5]
  • Installation au Museo per la Memoria di Ustica di Bologna autour des éléments du DC-9 reconstitué et des objets personnels des victimes de la tragédie d'Ustica
  • Personnes[6], 2010

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits et témoignages de Christian Boltanski[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Alain Fleischer et Didier Semin, « Christian Boltanski : la revanche de la maladresse », Art Press no 128, septembre 1988
  • Didier Semin, Christian Boltanski, Paris, Éditions Art Press, 1989
  • Lynn Gumpert, Christian Boltanski, Paris, Flammarion, 1992
  • Éliane Burnet, « Dépouilles et reliques, les Réserve de Christian Boltanski », Les Cahiers du Musée national d'art moderne, no 62, hiver 1997-1998
  • Gilbert Lascault, Boltanski : souvenance, Paris, L'Échoppe, 1998
  • Catherine Grenier (avec Christian Boltanski), La Vie possible de Christian Boltanski, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2007
  • Peter Lodermeyer, Karlyn De Jongh & Sarah Gold, Personal Structures: Time Space Existence, DuMont Verlag, Cologne, Germany, 2009
  • Catherine Grenier et Daniel Mendelsohn, Christian Boltanski, Flammarion, coll. Flammarion Contemporary, 2010
  • Dominique Radrizzani et Christian Boltanski, Le Dessin impossible de Christian Boltanski, Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2010

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]