Javier Marías

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Javier Marías

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Javier Marías en 2008

Nom de naissance Javier Marías Franco
Activités écrivain, traducteur, éditeur
Naissance 20 septembre 1951
Madrid, Espagne
Langue d'écriture Castillan
Genres roman, nouvelle, essai
Distinctions Membre de l'Académie royale espagnole au siège R
Prix national de Narration (2012)

Œuvres principales

Los enamoramientos

Javier Marías Franco, né le 20 septembre 1951 à Madrid, est un écrivain, traducteur, éditeur espagnol. Fils du philosophe et sociologue Julián Marías Aguilera (1914-2005) et du professeur et écrivain Dolores Franco Manera (1912-1977). Il est le neveu du cinéaste Jesús Franco Manera et le cousin du cinéaste Ricardo Franco Rubio (1949-1998).

Lus dans le monde entier, ses romans ont participé au renouveau de la littérature espagnole à partir du début des années 1990. Il a traduit plusieurs ouvrages d'auteurs anglais.

En 2012, Marías reçoit le Prix national de Narration, mais le refuse, car il refuse par principe tout prix à caractère officiel ou institutionnel remis par l'État espagnol[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Quatrième de 5 garçons, Julian (1945-1949), Miguel (1947), Fernando (1949) et Álvaro (1953), le jeune Javier passe une partie de son enfance au nord-est des États-Unis — Son père, interdit d’enseigner dans les universités de l’Espagne franquiste pour des divergences idéologiques, donne des conférences au Wellesley College[3], près de Boston dans le Massachusetts puis à l’Université Yale dans le Connecticut. Il se met à écrire dès l’âge de onze ans : « pour continuer à lire ce que j'aimais[4]. »

De retour en Espagne, il obtient en 1968 son baccalauréat au Colegio Estudio, établissement prodiguant un enseignement libéral sur le modèle de la Institución Libre de Enseñanza. En octobre de la même année il entre à l'Université Complutense de Madrid.

En 1969, il gagne son argent de poche en travaillant sur des histoires de vampires pour les films de série B de son oncle Jesús Franco Manera [5]. Il participe aussi au scénario du premier film de son cousin Ricardo Franco Rubio.

En 1971, il publie son premier roman Los dominios del lobo[6]. Son second roman, Travesía del horizonte, paraît l’année suivante. Diplômé en Philosophie et Lettres en 1973, il part travailler à Barcelone en tant que conseiller littéraire dans une maison d'édition. Publie des histoires brèves et écrit des articles sous différents noms d’emprunt pour divers journaux et revues et traduit Thomas Hardy en 1974. Sa mère meurt le 24 décembre 1977. Il s’installe alors dans la maison familiale à Madrid.

En 1978 il sort son troisième roman, El monarca del tiempo et publie des anthologies et une traduction remarquée du Tristram Shandy de Laurence Sterne couronné par le Grand Prix national de la traduction en 1979. Cette année-là, il écrit ses premières chroniques pour le journal El País et traduit des poèmes de Robert Louis Stevenson en 1980 et Le Miroir de la mer de Joseph Conrad l’année suivante. El Siglo, son quatrième roman, paraît en 1982.

En septembre 1983, il part enseigner la littérature espagnole à l’Université d'Oxford. Un an après, Javier retourne au Wellesley collège pour enseigner et faire des conférences[7]. Au printemps 1985, il est de retour à Oxford où il occupera une chaire jusqu’en 1988.

Il part vivre à Venise où il termine son cinquième roman, El hombre sentimental qui, aussitôt paru, connaît le succès et reçoit le Prix Herralde du roman en 1986. Traduit en France et en Allemagne, le succès est au rendez-vous et se confirme en 1992 avec Un cœur si blanc et en 1994, avec Demain dans la bataille pense à moi. En 1995 il rompt avec son éditeur Jorge Herralde. Se consacre à d’autres traductions de William Faulkner (1997) et de Vladimir Nabokov (1999).

Javier Marías collabore avec la revue El Pais Semanal et publie des chroniques dans le quotidien El Pais. Il vit maintenant au cœur de la ville de Madrid et s’est imposé comme l’un des auteurs de langue espagnole les plus lus (publiés dans 44 pays) et les plus traduits (34 langues). Salué par la critique nationale et internationale, il a obtenu de nombreux prix en Europe.

En 1999, Il fait partie des signataires de l'appel du Parlement International des Auteurs concernant la disparition d'intellectuels au Kosovo.

Le 23 septembre 2000, il participe avec d'autres intellectuels espagnols à la marche contre le terrorisme organisée à Saint-Sébastien.

Javier Marías a publié simultanément une tribune dans le New York Times, La Repubblica et le Frankfurter Algemeine Zeitung où il réagit aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

Depuis 1999, il possède sa propre maison d'édition, Reino de Redonda (Royaume de Redonda)[8].

Le 30 juin 2006, il est choisi par plus des deux tiers des académiciens pour entrer à l'Académie Royale de la langue espagnole[9].

Ses œuvres ont été traduites dans 40 langues et publiées dans 50 pays. la prestigieuse maison d'édition anglaise Penguin a décidé d'incorporer sept livres de Marías - cinq romans, un livre de récits et un autre d'essais - à sa collection Moderne Classique.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Grand Prix national de la traduction en 1979 pour Tristram Shandy de Laurence Sterne.
  • Prix Herralde du roman en 1986, Prix International Ennio Flaiano le 15 juin 2000 pour L'Homme sentimental.
  • Prix de la ville de Barcelone pour Todas las almas (Le Roman d’Oxford) en 1989.
  • Prix de la critique espagnole en 1993, Prix L'Œil et la Lettre en 1993 et Prix international de littérature IMPAC [10], à Dublin le 14 juin 1997 [11] pour Un cœur si blanc.
  • Prix international du roman Rómulo Gallegos le 2 septembre 1995 à Caracas, Prix Fastenrath, décerné par la Real Academia Española de la Lengua en 1995, Prix Archevêque Juan de San Clemente, décerné par les étudiants des universités galiciennes, Prix Femina du roman étranger 1996 et Prix Mondello de la ville de Palerme le 24 octobre 1998 pour Demain dans la bataille pense à moi.
  • Prix Nelly Sachs de la ville de Dortmund le 7 décembre 1997, Prix de la Communauté de Madrid pour la création artistique en 1998, Prix Grinzane Cavour, en octobre 2000 à Turin, Prix International Alberto Moravia du roman étranger en novembre 2000 à Rome, pour l’ensemble de son œuvre.
  • Prix Salambó du meilleur roman pour Ton visage demain - Fièvre et Lance en 2003.
  • VIII Prix National du journalisme accordé par l'Association de la Presse de Valladolid pour récompenser le meilleur article de l'année en février 2004.
  • Élu membre de la Real Academia Española de la Lengua le 30 juin 2006.

Prix Reino de Redonda[modifier | modifier le code]

  • Le 6 juillet 1997, Javier Marías devient roi d’un îlot des Caraïbes ; le monarque du Royaume de Redonda, Juan II (l’écrivain John Wynne-Tyson) vient d’abdiquer en sa faveur[12]. [C’est un titre qui se transmet dans la sphère des lettres pour perpétuer l’héritage littéraire des rois précédents : Felipe I (Matthew Phipps Shiel) et Juan I (John Gawsworth[13]).] Javier Marías accepte de perpétuer la légende et prend le nom de Xavier I.

Dans le but de défendre ce legs, il crée sa propre maison d’édition, Reino de Redonda (Royaume de Redonda) — spécialisée dans la littérature fantastique.

Depuis 2001, le Prix Reino de Redonda — doté de 6.500 € — distingue l'œuvre d’un auteur ou d’un cinéaste étranger :

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • L'Homme sentimental (El hombre sentimental), éd. Rivages, 1988.
  • Le Roman d'Oxford (Todas las almas), éd. Rivages, 1989.
  • Ce que dit le majordome (Mientras ellas duermen), éd. Rivages, 1991[14].
  • Un cœur si blanc (Corazón tan blanco)[15], éd. Rivages, 1993.
  • Demain dans la bataille pense à moi (Mañana en la batalla piensa en mí)[16], éd. Rivages, 1996.
  • Quand j'étais mortel (Cuando fui mortal), éd. Rivages, 1998[17].
  • Dans le dos noir du temps (Negra espalda del tiempo), éd. Rivages, 2000.
  • Ton visage demain (Tu rostro mañana)[18]:
    • Tome 1 : Fièvre et lance (Fiebre y lanza), coll. Du monde entier, éd. Gallimard, 2004.
    • Tome 2 : Danse et rêve (Baile y sueño), coll. Du monde entier, éd. Gallimard, 2007.
    • Tome 3 : Poison et ombre et adieu (Veneno y sombra y adiós), coll. Du monde entier, éd. Gallimard, janvier 2010.
  • Comme les amours (Los enamoramientos), coll. Du monde entier, éd. Gallimard, 2013.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Vies écrites (Vidas escritas), éd. Rivages, 1997 [19].
  • Littérature et fantôme (Literatura y fantasma), coll. Arcades, éd. Gallimard, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) W. Manrique Sabogal, « Javier Marías rechaza el Nacional de Narrativa por Los enamoramientos », sur elpais.com,‎ 2012 (consulté le 23/09/2013)
  2. (es) T. Koch / W. Manrique Sabogal, « Marías : « Si hubiera estado el PSOE en el poder habría hecho lo mismo » », sur elpais.com,‎ 2012 (consulté le 23/09/2013)
  3. La famille vit dans la maison du poète Jorge Guillén et ont comme voisin l’écrivain russe Vladimir Nabokov qui donne aussi des conférences dans ce même collège.
  4. Michel Braudeau, Le Monde, 15 mai 2003.
  5. Il joue même un espion chinois dans un de ses films, Fu-Manchú y el beso de la muerte avec Christopher Lee.
  6. Dédié à son maître à penser, l’écrivain Juan Benet.
  7. Il loge dans la même maison qu'il habitait enfant.
  8. Il fait ses débuts en tant qu'éditeur avec une anthologie de contes fantastiques de M.P. Shiel, premier roi de Redonda et précurseur des récits de science-fiction.
  9. Son père, mort le 15 décembre 2005, était membre de cette Académie depuis 1964.
  10. IMPAC est une société américaine spécialisée en management et productivité.
  11. C'est le deuxième lauréat de ce prix le plus doté au monde pour une œuvre de fiction (160 000 dollars).
  12. C’est un an plus tard, qu’il révèle, sur un ton ludique, comment il devint roi, dans son livre Negra espalda del tiempo (Dans le dos noir du temps).
  13. Dans un article paru le 23 mai 1985 dans le quotidien El País, intitulé L'Homme qui a pu être roi [en référence à Rudyard Kipling], Marías révélait son intérêt pour le curieux destin de cet obscur auteur anglais, John Gawsworth. Il en a fait un personnage de son roman, Todas las almas (Le Roman d’Oxford), paru en 1989 et le sujet d’Un épigramme de loyauté, dans son recueil de nouvelles, Mientras ellas duermen (Ce que dit le majordome), paru en 1990.
  14. Dix nouvelles, écrites de 1975 à 1990.
  15. Citation de Shakespeare extraite de Macbeth.
  16. Citation de Shakespeare, extraite de Richard III.
  17. Douze nouvelles écrites entre 1991 et 1995.
  18. Sur le thème de la trahison pendant la période de la Guerre civile espagnole.
  19. Brèves biographies de vingt grands auteurs de la littérature.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (es) Site officiel de Javier Marías
  2. (en) Interview de Javier Marías à la BBC, le 03/03/06. (format Real Player)