Micronation

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Micro-État.
Sealand, une micronation.

Une micronation[1] est une entité créée par un petit nombre de personnes, qui prétend au statut de nation indépendante ou qui en présente des caractéristiques, mais n'est pas formellement reconnue comme telle par des nations officielles ou par des organismes transnationaux[2].

Certaines micronations ont de véritables prétentions à l'indépendance (Hutt River enclavée en Australie, Sealand au large du Royaume-Uni, par exemple)[3], alors que d'autres sont plus fantaisistes ou folkloriques (la République du Saugeais en France par exemple)[4]. En 2014, on estime à près de 400 le nombre de celles-ci[5].

Article détaillé : Liste de micronations.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Certains critères récurrents caractérisent une micronation, comme :

  • la production de signes de souveraineté : timbres, monnaies, médailles, drapeau, hymne national, costumes, souvenirs, plaquette de promotion, etc., en quantité commerciale suffisante ;
  • la construction avérée, en cours ou en projet, d'un monument, d'un bâtiment, d'une structure ;
  • un site internet.

Mais une micronation, au sens strict, ne doit pas être confondue avec :

Généralement de petite taille (géographiquement et démographiquement), les micronations se caractérisent le plus souvent par une volonté de reconnaissance de leur souveraineté, par l'intermédiaire d'émission de passeports, de timbres, de monnaie et de titres de noblesse. Plusieurs de ces états fictives ont servi à des activités criminelles tels la fraude fiscale, le blanchiment d'argent et des escroqueries[11].

Pour la plupart, faute de reconnaissance extérieure, elles n'ont d'activité visible que sur des publications papier ou internet.

Elles sont la plupart du temps : soit le fruit d'une réflexion sur la politique, l'économie, la diplomatie et s'appuient dans ce cas-là sur des jeux ou des créations personnelles[12], soit des assises pour des activités illicites ou indépendantistes.

Les royaumes traditionnels dont l'existence historique est attestée et qui sont aujourd'hui inclus dans des États modernes issus souvent de la colonisation, pourraient se retrouver dans la situation de micronations, si leur existence était aujourd'hui de nouveau proclamée mais non reconnue. Un exemple notable est le royaume Xhosa de Thembu, en Afrique du Sud (près de 2 millions d'habitants). Cet ex-royaume n'a plus aucune existence légale depuis 1885. Il en subsiste un peuple dont l'un des précédents rois, Rolihlahla Mand'ela, est plus connu comme ancien président de la république sud-africaine, sous le nom de Nelson Mandela[13].

Monnaies de micronations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais :

  • Stéphane Bertin Hoffmann, La reconnaissance des micro-nations ou l'utopie confrontée au Droit, Lulu, 2010 (ISBN 978-1-4457-1907-8)
  • Bruno Fuligni, L'État c'est moi : histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates, Éditions de Paris, 1997 (ISBN 2-905291-69-9)
  • Fabrice O'Driscoll, Ils ne siègent pas à l'ONU, Presses du Midi, 2000 (ISBN 2-87867-251-8)

Dossiers :

  • Florent Latrive, « L'organisation des nations online », Libération,‎ 2 octobre 1998 (lire en ligne)
  • Frédéric Lasserre, « Les hommes qui voulaient être rois. Principautés et nations sur Internet », in Cybergeo, mis en ligne le 14 mars 2000, modifié le 14 mai 2009.
  • Gilles Fumey, « Géographie des cryptarchies », Mappemonde,‎ 2002 (lire en ligne)
  • François Taglioni, « Les petits espaces insulaires face à la variabilité de leur insularité et de leur statut politique », Annales de géographie, vol. 115, no 652,‎ 2006 (lire en ligne)
  • Guillaume Rosier et Ilan Dehé, « Les faits et les chiffres », Quartier libre,‎ 21 octobre 2009 (lire en ligne)
  • Giulio Callegari, « L’état, c’est toi », Snatch,‎ 28 mars 2011 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terme transcrit de l'anglais, est également nommée cryptarchie par l'essayiste Bruno Fuligni
  2. Certains pays ont toutefois toléré, voire facilité, la création de micronations pour exercer une souveraineté indirecte ou gêner les prétentions d'autres pays (par exemple : Royaume de Tavolara, Principauté de Trindad)
  3. Voir, entre autres, Bruno Fuligni, L'État c'est moi : histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates, les Éditions de Paris, 1997
  4. « Les bonnes affaires des États fantômes », Le Figaro,‎ 15 octobre 2007 (lire en ligne)
  5. « Saugeais, Sealand, Christiania : l'autre communauté internationale », sur Le Figaro,‎ 19 juillet 2004 (consulté le 27 juillet 2014).
  6. Serge Proulx et Guillaume Latzko-Toth, « La virtualité comme catégorie pour penser le social : l’usage de la notion de communauté virtuelle », Sociologie et sociétés, vol. 32, no 2,‎ 2000 (lire en ligne)
  7. Howard Rheingold, La réalité virtuelle, Dunod,‎ 1993 (lire en ligne), « 4 »
  8. http://micromonde.board.ag : Le Micromonde francophone réunit quant à lui plusieurs micronations virtuelles n'ayant d'existence que sur Internet
  9. B. Fuligni, op. cit.
  10. micronations.wikia.com Holy Empire of Reunion.
  11. A.R., « Gadgets, souvenirs, permis de conduire et évasion fiscale », sur Le Figaro,‎ 15 octobre 2007 (consulté le 28 juillet 2014).
  12. Sans être réduites à ces jeux ou créations de l'esprit, sans quoi elles entrent dans la catégorie de micronation virtuelle
  13. Guillaume Chassang, L'Afrique du Sud, en territoire Xhosa, Paris, La Société des Écrivains, 2007, (ISBN 978-2-7480-3642-8) ; François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Seuil, 2006, (ISBN 2020480034).