République de la Guyane indépendante

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République indépendante de Guyane

1886 – 1891


Informations générales
Capitale Counani
Langue Français
Superficie
Superficie 350 000 km²
Histoire et événements
Proclamation

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République indépendante de Guyane a été fondée en 1886 par les habitants de Counani avec quelques aventuriers français et des esclaves fugitifs sur une immense zone contestée de 350 000 km2 entre la France et le Brésil. Cette république, présidée depuis Paris par le journaliste Jules Gros, ne fut reconnue ni par la France, ni par le Brésil.

La France demanda l'arbitrage de la Suisse pour fixer la frontière entre la Guyane française et la Guyane hollandaise (aujourd'hui Suriname) qui acceptait de reconnaître le tracé de la frontière fixée par le traité de Paris en 1814. Le cours de la rivière Awa devint la ligne frontière entre les deux pays.

Le 1er décembre 1900, la commission suisse décide de délimiter la zone contestée par le fleuve Oyapock qui débouche au cap Orange et séparera les zones françaises et brésiliennes. Le Brésil annexe le territoire de Counani qui prend le nom d'Aricari.

La première république (1886-1887)[modifier | modifier le code]

Jules Gros (1809-1891), journaliste peu connu et membre de la Société de géographie est nommé en 1883 sous-secrétaire d'État pour le développement de l'économie en Guyane française. Cette nomination va changer sa vie. En effet, rapidement il fait la connaissance de Jean Ferréol Guignes, explorateur bourguignon originaire de Mâcon, qui explora la Guyane vers le début des années 1880, qui lui dit avoir trouvé des mines d'or en Guyane. Avec un ami suisse, Paul Quartier, Guignes forme une compagnie, dont Jules Gros est le secrétaire. L'affaire est fructueuse et rapporte beaucoup d'argent. Guigues et Quartier s'établissent à Counani, petit village sur la côte entre les estuaires de l'Oyapock et de l'Araguari. Le chef de Counani à l'époque est le capitaine Trajano Benitez. Bien que sur le territoire brésilien, le village, comme ceux de Calçoene et Amapá, entre autres, a une forte population noire brésilienne qui a souhaité être administrée par la France — où l'esclavage avait été aboli — plutôt que par le Brésil.

Drapeau de la 1re République.

En réalité, le problème territorial entre la France et le Brésil date du traité d'Utrecht de 1713. Plusieurs fois, le voisin brésilien voulut affirmer sa souveraineté sur Counani en soutenant plusieurs rébellions contre Trajano Benitez. Ce dernier demanda à la France de protéger Counani, mais sans succès. Trajano Benitez commença à avoir des problèmes avec les habitants de Counani.

Son lieutenant était Nunato de Marced, dont la fille avait épousé Paul Quartier. Celui-ci suggéra à son beau-père de créer un nouvel état indépendant sous protection française. Quartier et Guigues avaient dans l'idée par ce biais de vendre des actions dans les mines d'or — inexistantes — de Counani en France et de faire fortune. La république est proclamée le 23 juillet 1886. Guigues est nommé président du Conseil et Quartier ministre des travaux publics.

La République adopte une devise (Liberté et justice) et un drapeau. Jules Gros, secrétaire de la compagnie basée en France est nommé président-à-vie de la République de Counani, sous le titre de Gros Ier.

Guignes revint en France, mais son manque de discrétion concernant cet état fantôme souleva l'attention du gouvernement français, qui ressortit le problème de frontière entre la France et le Brésil et affirma que personne ne pouvait proclamer une République. Guignes affirma que Counani n'était seulement qu'une colonie « libre » demandant la protection de la France. Suite aux protestations brésilienne qui contesta l'intrusion de la France dans un territoire neutre, les autorités françaises mirent fin à la première République de Counani.

La deuxième République (1887-1891)[modifier | modifier le code]

Jules Gros, révolté par ces propos, décida de faire vivre la République de Counani. Ainsi Gros adopta un nouveau drapeau.

Drapeau de la 2e République.

Mais dans le même temps, Quartier fut banni de Counani et Trajano Benitez, qui était contre l'indépendance, regagna une certaine influence auprès des habitants.

La fin de la république de Counani s'approchait. Pourtant, en janvier 1888, Gros et Guignes étaient de nouveau ensemble à Counani, pour accueillir quelques hommes d'affaires anglais bien naïfs. Jules Gros et Alexander McDonald fondèrent un syndicat qui prévoyait l'exploitation du territoire de Counani pendant 99 ans pour l'extraction des principales ressources.

Grâce à l'argent du syndicat, Jules Gros et sa famille quittèrent Paris pour Counani le 8 juillet 1888. Mais rapidement, Gros déchanta, ne trouvant pas à Counani l'El Dorado espéré. MacDonald s'aperçut rapidement que la France n'avait jamais reconnu la République de Counani. Gros retourna en France, où il mourut en 1891, pensant qu'il était toujours le président d'une République de Counani...

La découverte de l'or en 1895 dans la région de Calçoene ralluma le conflit franco-brésilien. Francisco Xavier da Veiga Cabral, dit Cabralzinho, deuxième chef du triumvirat brésilien qui revendique le territoire contesté de Counani. La France et le Brésil recoururent à l'arbitrage de la Suisse par la convention du 10 avril 1895. Le Brésil annexe alors le territoire.

État libre de Counani (1904-1912)[modifier | modifier le code]

1904-1912.

Quelques années plus tard, un autre Français, Adolphe Brezet se proclama président de l'État libre de Counani (micronation nommée ainsi à la suite de la Seconde Guerre des Boers et de la création d'un État libre d'Orange). L'État publia des timbres, une constitution et créa un nouveau drapeau. Mais son « mandat » a été marqué par de nombreuses activités frauduleuses.

État libre de Counani (années 1990)[modifier | modifier le code]

Années 1990.

Aujourd'hui, certaines personnes[Qui ?] tentent de faire revivre cette micronation en se proclamant exilées de l'État libre de Counani et revendiquent encore ce territoire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'histoire de Counani est racontée dans les livres de Bruno Fuligni, Les Constituants de l'Eldorado (Plein Chant, 1997) et L'Etat c'est moi (Max Chaleil, 1997).

Une note du Journal officiel du 11 septembre 1887 relative au Territoire de Counani précise :

« Des tentatives sont faites actuellement par quelques personnes en vue de créer une république indépendante à Counani, localité située dans le vaste territoire dont la France et le Brésil revendiquent également la possession depuis le traité d'Utrecht.

Une pareille entreprise est en contradiction flagrante avec les revendications des deux États et avec le modus vivendi établi entre eux, en 1862, pour régler l'exercice de la police dans un territoire à la souveraineté duquel des tiers ne pourraient prétendre sans usurpation.

Dans ces conditions, ni le gouvernement de la République française, ni celui de S. M. l'Empereur du Brésil ne sauraient autoriser l'établissement de la soi-disant “République Counanienne”. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]