Abbaye Sainte-Trinité de Lessay

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Abbaye de la Sainte-Trinité de Lessay
Image illustrative de l'article Abbaye Sainte-Trinité de Lessay
Chevet de l'abbatiale
Présentation
Culte Catholique romaine
Type Abbatiale
Rattachement Diocèse de Coutances
Style dominant Roman
Protection 1840
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Commune Lessay
Coordonnées 49° 13′ 12″ N 1° 31′ 59″ O / 49.22, -1.5331 ()49° 13′ 12″ Nord 1° 31′ 59″ Ouest / 49.22, -1.5331 ()  [1]

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Abbaye de la Sainte-Trinité de Lessay

L'abbaye de la Sainte-Trinité est une abbaye bénédictine romane du XIe siècle située à Lessay, dans la Manche. Elle est un des fleurons de cette période conservée en Normandie. C'est une des rares abbayes normandes qui n'a pas subi de destruction au XIXe siècle, mais en revanche, l'église a été totalement détruite en 1944, avant de faire l'objet d'une restauration exemplaire. C'est dans cette église qu'ont peut-être été pour la première fois mises en œuvre les croisées d'ogives.

Histoire[modifier | modifier le code]

Abbaye bénédictine, elle a été fondée vers 1056 par les barons de La Haye-du-Puits, Richard Turstin Haldup (ou Haloup) et sa femme Emma[2]. Cette fondation est confirmée par son fils Eudes au Capel[3], sénéchal de Guillaume le Conquérant[4]. En 1080, une charte signée sous le parrainage de Guillaume le Conquérant, Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances et cinquante illustres personnages parmi lesquels les évêques de Cantorbéry, York, Bayeux, Winchester et saint Anselme, confirme la fondation. En 1098, Eudes Capel y trouve sa sépulture, dans le chœur[4].

L'abbaye est richement dotée en terres, landes, forêts, pêcheries, moulins et salines, la construction est engagée en 1064 sous la direction de Renouf, frère de Turstin. La salle capitulaire, le chœur, le transept et les deux premières travées de la nef sont achevées à la fin du XIe siècle. Selon Eugène Lefèvre-Pontalis, l'abside, le transept, la souche de la tour centrale et les trois dernières travées de la nef sont du dernier quart du XIe siècle[4]. La façade, les quatre premières travées de la nef et l'étage supérieur de la tour sont pour lui l'œuvre du deuxième quart du XIIe siècle[4]. Les premiers moines viennent de l’abbaye du Bec ainsi que Roger premier abbé. En 1178, l’église abbatiale est consacrée, bien après son achèvement, par Rotrou, archevêque de Rouen.

Vue générale de l'abbatiale.

Le roi d’Angleterre, le roi de France ainsi que les papes Urbain III et Innocent IV prendront l’abbaye sous leur protection. Son apogée religieux et matériel se situe au XIIe et XIIIe siècles avec deux cent dix huit vassaux, neuf prieurés dont celui de Boxgrove (Sussex) et des bénéfices provenant de plus de quarante-quatre localités.

Pendant la guerre de Cent Ans, le 11 juin 1356, l’abbaye qui comptait quinze moines, est dévastée par les Anglo-Navarrais : voûtes, nef et tour-lanterne sont détruites ainsi que le dortoir et le réfectoire. En 1385, Dom Pierre Leroy, futur abbé du Mont-Saint-Michel, décide de la reconstruction à l’identique qui sera achevée en 1420 sous Guillaume de Guéhébert.

L'orgue Dupont de l'abbatiale.

En 1484, la mise en commende précipitera la ruine matérielle et morale du monastère.

Les moines bénédictins de la congrégation de Saint-Maur engagent en 1707 la réforme de l’abbaye et confient à l’architecte Jacques de Cussy la réfection du clocher qui devient un clocher à bulbe, forme qu’il gardera jusqu’à sa destruction en 1944, et la reconstruction des bâtiments conventuels en 1752.

À la Révolution, l’abbaye est mise à la disposition de la Nation et les neuf moines présents en 1789 abandonnent la vie monacale.

En 1791, l’église abbatiale devient église paroissiale sur décision de l’Assemblée constituante ce qui la sauve de la démolition. Les bâtiments conventuels sont vendus comme biens nationaux.

En 1840, l'abbatiale est classée au titre des monuments historiques.

Le 11 juillet 1944, l’armée allemande en retraite mine l’église abbatiale, ce qui provoque l’écroulement des voûtes et des dégâts considérables notamment sur le bas-côté nord.

À partir de 1945 l’église abbatiale et les anciens bâtiments conventuels font l’objet d’une restauration remarquable réalisée sous la direction de Yves-Marie Froidevaux, architecte en chef des Monuments historiques, grâce aux archives conservées à Paris.

En 1958, l’église est rendue au culte.

Aujourd'hui, les bâtiments conventuels sont une propriété privée et ne se visitent pas. Chaque été, des concerts sont organisés dans l'abbatiale.

Armes de l'abbaye[modifier | modifier le code]

De sable, à une essette d'or[5].

Description de l'abbatiale[modifier | modifier le code]

Élévation à trois niveaux :

  • 1er : grandes arcades,
  • 2e : arcature continue planquée ouvrant sur les combles surmontant les collatéraux,
  • 3e : fenêtres hautes.

Coursière type saint Alban dans les fenêtres hautes.

Technique dit du « mur épais ».

Voûte sur croisée d'ogives d'époque romane, une des trois plus anciennes de France, toutes situées dans des abbayes bénédictines normandes.

Chœur échelonné fondé en 1080-1098 avec abside à fenêtres superposées.

Chef-d'œuvre de l'art roman normand, elle fait partie du groupe qui porte le même nom, le groupe normand.

Abbés de Lessay[modifier | modifier le code]

  • Roger I, (1056-1094)[6], 1er abbé de Lessay, moine du Bec.
  • Geoffroy (1094-1106/1113), moine du Bec.
  • Garin, moine du Bec.
  • Robert I (-av.1125), moine de Saint-Étienne de Caen.
  • Raoul (av.1125-ap.1154), moine de Saint-Étienne de Caen.
  • Roger II (1154/1157-1164), moine de Saint-Étienne de Caen, prieur.
  • Pierre (1164-1178).
  • Thomas (1185-ap.1192), moine de Saint-Étienne de Caen.
  • Onfroy (av.1197-ap.1206).
  • Pierre Ier le Roi
  • Jean Vallin, commendataire séculier
  • Guérin Laure de Thiéville, moine du Mont-Saint-Michel, abbé de 1510 à sa mort le 24 février 1513
  • Nicolas Géroesme, abbé de 1513 à sa mort le 11 janvier 1558. Il est également prieur d'Héauville[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Géoportail
  2. D'après le Gallia Christiana
  3. Louis Couppey, Notes historiques sur le prieuré conventuel d'Héauville à La Hague, Imprimerie de l'Eure, Évreux, 1898, p. 18
  4. a, b, c et d F. Desoulières, Au début de l'art roman : les églises de l'onzième siècle en France, Les Éditions d'Art et d'Histoire, Paris, 1943, p. 101-103.
  5. Alfred Canel, Armorial de la province des villes de Normandie, Rouen: A. Péron, 1849.
  6. Il meurt le 29 juin 1094.
  7. Louis Couppey, Notes historiques sur le prieuré conventuel d'Héauville à La Hague, Imprimerie de l'Eure, Évreux, 1898, p. 85