Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives
Image illustrative de l'article Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives
Présentation
Nom local Abbaye de saint-Pierre
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Bénédictines
Début de la construction 1067
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant style roman / style gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, église)
Logo monument historique Classé MH (1904, salle capitulaire)
Logo monument historique Classé MH (1978, bâtiments conventuels)
Logo monument historique Classé MH (2006, bâtiments conventuels)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Commune Saint-Pierre-sur-Dives
Coordonnées 49° 01′ 12″ N 0° 01′ 58″ O / 49.02, -0.03278 ()49° 01′ 12″ Nord 0° 01′ 58″ Ouest / 49.02, -0.03278 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

Géolocalisation sur la carte : Basse-Normandie

(Voir situation sur carte : Basse-Normandie)
Abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives

L’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives est une abbaye bénédictine, fondée au XIe siècle à Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados. C'est un des ensembles les plus complets de l'architecture monastique en Normandie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue de l'abbaye de saint-Pierre-sur-Dives au XVIIe siècle

La fondation[modifier | modifier le code]

Au hameau de L'Epinay, premier nom du village, existait déjà une église sous le patronage de saint-Pierre, pillée par les Vikings.
L'abbaye est fondée par la comtesse Lesceline, femme de Guillaume, comte d'Eu, frère du duc de Normandie Richard II. Elle y installe des religieuses bénédictines puis les transfère à Saint-Désir, près de Lisieux en 1046, et installe des moines bénédictins sous la direction d'Ainard, le premier abbé. Lesceline meurt à l'abbaye en 1058. Sa dépouille est enterrée dans l'église abbatiale ; elle s'y trouve toujours.

La première église est consacrée le 1er mai 1067 en présence du nouveau roi d’Angleterre, Guillaume, duc de Normandie, neveu de la comtesse qui avait placé son établissement sous sa haute protection. Elle est brûlée en 1106. Elle est reconstruite, puis quasiment achevée sous l’abbatiat de l’abbé Haimon à la fin de la première moitié du XIIe siècle.

De l’édifice originel d'Haimon, il ne reste que la tour Saint-Michel.

XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Des travaux sont, réalisés au cours du XIIIe siècle car l'abbaye se développe. Les religieux font bâtir une halle à Saint-Pierre-sur-Dives afin d'y établir des foires et des marchés. Ils se heurteront souvent avec les seigneurs de Tancarville qui tiennent le marché de Mézidon et les concurrencent fortement. Déjà en 1191, par un accord passé avec Henri de Nonant, seigneur d'Ecots, l'abbaye se trouvait associée à la gestion de la foire de Saint-Georges-en-Auge et en percevait une partie des revenus.

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Les marchés sont l'objet de procédures pendant encore cinquante ans. En 1337, devant le bailli de Rouen, l'abbé Jean finit par trouver un accord avec Jean de Orlévy, seigneur de Tancarville. L'intégralité de cet accord nous est parvenu sous forme d'une copie collationnée le 23 novembre 1616 à partir d'un original détenu par les religieux de Sainte-Barbe[1].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, l'église, en très mauvais état, est complètement reconstruite par l’abbé Jacques de Silly. L'abbaye possède de nombreuses, terres et des moulins, gère des dîmes et reçoit des donations de propriétaires et nobles de la région. Il nous est parvenu une archive mentionnant une clameur de haro lancée en 1527 par Jacques de Silly, abbé de Saint-Pierre-sur-Dives à l'encontre de religieux du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge qui contestaient les droits sur le marché et la foire de Mézidon détenus par sa communauté. L'abbaye doit rappeler l'accord de 1337 pour justifier de ses droits de revenus.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1642, les religieux de Saint-Pierre-sur-Dives obtiennent du roi le droit de tenir dans leur bourg quatre nouvelles foires. Deux d'entre elles étant un peu trop proches dans le temps de foires qui se tenaient « d'ancienneté » à Falaise, l'abbé Alexandre de Breauté est amené à s'accorder avec les bourgeois et habitants de la ville concurrente, pour que leurs dates soient sensiblement modifiées. Ainsi, pendant plusieurs siècles, les différentes abbayes de la région (dont celle de Troarn), les bourgeois des villes concernées et les seigneurs locaux doivent souvent négocier les dates des marchés afin de protéger leurs intérêts.

Les bâtiments conventuels ainsi que le carré du cloître sont reconstruits dans le style classique, à partir de 1667. Les travaux s'étaleront jusqu'au XVIIIe siècle.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, le cloître est à nouveau partiellement démoli.

Révolution française[modifier | modifier le code]

À la Révolution, la mise en vente provoque le morcellement des bâtiments conventuels et leur transformation en appartements.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1987 s'est ouvert, dans les bâtiments conventuels, le musée des techniques fromagères, comprenant une bibliothèque et un centre de documentation, des salles d'expositions temporaires, des salles de conférences et de projections. La salle capitulaire, restaurée, abrite des expositions.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, la ville procède au rachat progressif des bâtiments conventuels, partagés entre plusieurs propriétaires depuis la révolution. Une partie a déjà été rénovée et abrite la bibliothèque et l’office de tourisme[2].

Visite[modifier | modifier le code]

L'exposition des techniques fromagères, l'abbatiale et le cloître se visitent de 9h30 à 12h et de 14h30 à 18h. L'église ne se visite pas pendant les services religieux.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Liste des abbés
  • Ainard
  • Foulque[3]
  • Benoît 1092-, moine et prieur de Saint-Ouen de Rouen.
  • Etard ou Gautier
  • Robert
  • Raoul Ier
  • Richard Ier
  • Haimon
  • Garin
  • Auvray Ier
  • Richard II
  • Rainier ou Renouf
  • Auvray II

Architecture[modifier | modifier le code]

Abbatiale[modifier | modifier le code]

Nef[4][modifier | modifier le code]

Abbaye bénédictine de saint-Pierre-sur-Dives. Tour Saint-Michel et cloître côté sud.
Pinacle d'un contrefort de la nef. Une restauration est visible.

Église abbatiale Notre-Dame 11e/13e siècles (MH). XIVe au nord et percée d'une verrière XVe, nef avec collatéraux 12e/13e siècles à élévation à trois étages voûtée fin XVe, transept avec bases XIe.

Chœur 13e/14e siècles avec stalles XVIe siècle, où l'on peut voir les armes de l'abbé Jacques de Silly, qui les fit construire : « d'hermine à la fasce vivrée de gueules, surmontée en chef de trois tourteaux de même ». À l'entrée du chœur, plaqués sur les piliers du carré du transept, obélisques ornés en bas relief des attributs de la liturgie et de la musique.

Autel bénédictin avec antependium en bois sculpté et doré fin XVIIe siècle, console bois et marbre XVIIIe siècle, Christ en bois polychrome, six chandeliers en bronze, stalles et boiseries début XVIe siècle.

Des vitraux modernes relatent l'histoire de Saint-Pierre-sur-Dives.

Dans l'abside à cinq pans rayonnent cinq chapelles :

  • Dans la chapelle axiale : retable en pierre fin XVIIe siècle, Vierge à l'Enfant XVIIe siècle dite Notre-Dame de l'Epinay.
  • À droite de la chapelle axiale, chapelle avec retable XVIIe siècle orné de cariatides et restes de peintures murales XVIe.
  • Chapelle avec retable XVIIIe siècle avec statue de saint Roch en terre cuite et ensemble de boiseries XVIIIe siècle.

Dans le déambulatoire : deux toiles naïves XVIIe/XVIIIe (le Miracle de saint Wambert et Procession de reliques devant l'abbatiale).
Transept : le Songe de Jacob début XVIIe siècle, Christ XVIIIe siècle, armoire et confessionnal XVIIIe siècle.
Autel du transept nord : bas-relief (deux angelots tenant un cartouche orné du Christ portant sa croix en pierre début XVIe, classé à l'inventaire des monuments historiques en 1907) et la Vierge et saint Jean statuettes en pierre polychrome XVIe siècle, chaire XVIIIe siècle, tambour de porte XVIIIe siècle (classé à l'inventaire des monuments historiques en 1862).

À l'extérieur statue de Vierge XVIe siècle.

La façade, entre les deux tours, comporte une porte en bois à deux vantaux posée en 1719.

Particularité : dans une plaque de cuivre remplaçant un des carreaux, est percé un trou, le «gnomon ». Il laisse passer les rayons solaires qui, à midi, éclairent selon l’époque, tel ou tel signe zodiacal.

Les premiers classements à l'inventaire des monuments historiques datent de 1862.

Cloître[modifier | modifier le code]

Protégé monument historique[5], le cloître ne présente plus que la galerie nord datant du milieu du XVIIIe siècle. En complément, la galerie à l'est a été partiellement reconstruite il y a quelques années.

Salle capitulaire[modifier | modifier le code]

Protégé monument historique[5], elle date du XIIIe siècle. Belle construction gothique de type ogival, cette ancienne salle du chapitre date de la première moitié du XIIIe siècle. Les moines s'y réunissaient pour les affaires conventuelles. Trois colonnes cylindriques reçoivent les arceaux des voûtes au milieu de la salle. Elle a été entièrement restaurée en 1991 et 1999 et protégée par des baies vitrées. Des pavage en céramique émaillée du Pré-d'Auge y ont été transférés depuis l'église, pour une meilleure conservation. Ils sont constitués d'une rosace coupée en quatre parts égales par deux bandes en pierre calcaire et représentent des cerfs, fleurons, fleurs de lis, aigles à deux têtes, lions, chimères ; figures noires sur fond jaune ou jaunes sur fond noir.

Tour-lanterne[modifier | modifier le code]

Abbaye bénédictine de Saint-Pierre-sur-Dives. Nef. Mise en évidence de l'éclairage apporté par les baies de la tour-lanterne.

Les bases de la tour-lanterne sont du XIe siècle. Elle s’élève sur deux étages de baies justifiant son nom par la lumière qu’elle apporte à l’édifice. Elle fut restaurée plusieurs fois au cours des siècles.

Tour Saint-Michel[modifier | modifier le code]

Clocher XIIe siècle située au sud de la façade, avec quatre étages d’arcatures. Le dernier niveau présente sur chaque face, une baie à arc brisé entourée de quatre oculi. Elle ne servit jamais de clocher, les moines l’utilisaient comme pigeonnier et comme donjon. La flèche, recouverte de tuiles, est du XIIIe siècle.

Tour nord[modifier | modifier le code]

Elle fut construite à la fin du XIIIe siècle dans le style gothique. Elle se distingue par les proportions imposantes de ses baies flamboyantes.

Bâtiments conventuels[modifier | modifier le code]

Protégé monument historique[5], les logis conventuels ont été construits par les Mauristes aux XVIIe et XVIIIe siècles, sur l'emplacement des premiers bâtiments médiévaux dégradés depuis la guerre de Cent Ans, dont seules les parties basses et les caves voûtées ont été conservées. Les voûtes et les chapiteaux à colonnettes des anciens celliers (MH), vestiges du XIIIe siècle, témoignent encore de la sculpture gothique de cette époque. Malgré la transformation et le percement des façades après la vente des bâtiments à la révolution française, la composition architecturale de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle reste lisible. Les bâtiments conventuels sont les derniers à avoir bénéficié d'un classement en monument historique, par arrêté du 12 septembre 2006[5].

Parc[modifier | modifier le code]

Un jardin conservatoire des espèces potagères, d'une surface de 600 m², a été installé dans ce qui reste du parc de l'abbaye, côté sud.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arch. dép. Calvados, fonds de l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, H.7366.
  2. Information sur le site de la commune
  3. Il part en exil en Italie.
  4. Inventaire des Monuments historiques
  5. a, b, c et d « Ancienne abbaye », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Statistique monumentale du Calvados, Arcisse de caumont, Hardel, Caen, 1859, 4 vol., T. III, p. 537 à 554.
  • L’Abbatiale de Saint-Pierre-sur-Dives, Michel Degroult, syndicat d’initiative de Saint-Pierre-sur-Dives, Saint-Pierre-sur-Dives, 1974.
  • Histoire de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, Roger Gouley, Imprimerie Varin, Saint-Pierre-sur-Dives, 1989.