Abbaye de Graville

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Abbaye de Graville
Image illustrative de l'article Abbaye de Graville
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Style dominant Romangothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1875)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Le Havre
Coordonnées 49° 30′ 14″ N 0° 09′ 53″ E / 49.50389, 0.1647249° 30′ 14″ Nord 0° 09′ 53″ Est / 49.50389, 0.16472  

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L' Abbaye de Graville, également appelée abbaye de Sainte-Honorine, a été fondée au XIe siècle. Elle est située au Havre, département de la Seine-Maritime en Haute-Normandie[1].

Elle se trouve dans l'agglomération havraise depuis 1919.

L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1875[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église est dédiée à sainte Honorine. Il est attesté, aujourd’hui, que l’histoire des reliques de Sainte Honorine, est liée aux religieux venus de Bayeux au VIe siècle. La légende a nourri, comme bien d’autres, le vide historique ou scientifique. Sainte Honorine n’a pas été martyrisée à Mélamare en 303, sous l’Empire de Dioclétien, jetée en Seine par des païens de Lillebonne pour venir s’échouer au niveau de l’abbaye. Ce sont, de toute vraisemblance, les religieux de Graville qui ont abrité les reliques de la Sainte, sous le règne d’Eudes Ier (888-898). Comte de Paris, Eudes est devenu le premier roi capétien. Il réussit à tenir les Normands en respect et obtint une zone de paix le long de la vallée de la Seine, de Paris à son embouchure. Les religieux de la cathédrale de Bayeux craignant pour leur part que les Normands n’arrivent par l’Ouest, en profitent pour envoyer les reliques de la Sainte aux religieux de Graville pour qu’elles soient en sécurité. Après la mort d’Eudes Ier, les reliques sont à nouveau en danger, et c’est là qu’elles prennent le chemin de Conflans-Sainte-Honorine.

L’Abbaye de Graville est le plus en aval des grands établissements religieux installés en bord de Seine. Ermitage au VIe siècle, le site de Graville devient lieu de pèlerinage lorsqu’il accueille les reliques de Sainte Honorine. Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant, rentrant vainqueur de la Bataille d’Hastings, lui donne toute sa grandeur (XIe siècle). C'est à lui que nous devons les premiers élans de l’église abbatiale romane que nous pouvons encore admirer aujourd’hui. Nous ne connaissons pas le détail des donations des générations qui lui ont directement succédé, en revanche, nous savons que Guillaume Nolasque de Graville, seigneur de Graville et baron d'Eye[2]entreprend la construction des bâtiments conventuels fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle, dont il subsiste aujourd'hui des traces dans la salle capitulaire.

Pendant la guerre de cent ans, la tour Nord de la façade a été partiellement détruite pour qu’elle ne serve pas de lieu d’observation aux Anglais. La tour Sud a totalement disparu pendant les guerres de religion.

Au cours de son histoire, l'abbaye a accueilli les grands de ce monde comme quartier général: Philippe le Bel en Août 1295, Henri V d'Angleterre en août 1415, Charles Ier de Cossé, maréchal de France et Charles IX en 1563.

Elle intègre les génovéfains en 1641[3]. Dans le choeur, un remarquable retable baroque prend place dans les premières années du XVIIe siècle. Les bâtiments conventuels sont reconstruits au XVIIIe siècle. Ils sont en partie détruits par un incendie en 1787.

Jusqu'à la Révolution française, l'église était partagée en deux : le choeur pour la communauté religieuse et la nef pour les paroissiens. C'est à Eudes Rigaud, archevêque de Rouen de 1248 à 1275,que nous devons cette séparation. Cela créa des confusions historiques puisque les deux parties prirent des dédicaces différentes, la nef s’appelant Notre-Dame des Bruyères et le chœur, église Sainte-Honorine. C’est ainsi que certains historiens cherchèrent une deuxième église.

En 1840, il est décidé d’entrer dans une phase de travaux importants afin de préserver l’Abbaye de la ruine et de retrouver un état d’origine. L’architecte désigné pour la restauration est Charles Louis Fortuné Brunet-Debaines[4], architecte de la Ville du Havre. Le petit porche au Nord de la nef, visible sur certaines gravures anciennes, est supprimé. A l’intérieur de l’église, la galerie ogivale à l’est de la nef est également supprimée pour retrouver le plan primitif de l’église. La croisée du transept est restaurée. Des fouilles menées par Albert Naef sont entreprises en 1890. Elles ont largement contribué à faire connaître l’Abbaye. En 1909, c’est au tour du pignon et du transept Nord d’être restaurés. L’attention est alors portée aux salles basses, elles seront à leur tour classées Monuments Historiques en 1921. En 1944, l'église, et plus particulièrement le chevet, sont endommagés. Après restauration, la nef et le transept sont rouverts en 1982, puis le chœur quelques années plus tard.

L'abbaye accueille aujourd'hui un musée.

Ce qui subsiste est précieux et aujourd’hui protégé en totalité au titre des Monuments Historiques.

Description[modifier | modifier le code]

L'ensemble des bâtiments se trouve sur une falaise morte, dominant l'estuaire de la Seine. Au sud se trouvent le logis conventuel (transformé en musée) et le cloître (XIIIeXVIIIe siècles). L'église est classée monument historique depuis 1850 et mesure 47,5 mètres. La nef et le transept sont de style roman alors que le chœur a été édifié plus tard (XIIIe siècle) et remanié au XIXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00100694 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Descendant de Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant.
  3. Lucien Musset, Aspects du monachisme en Normandie, J. Vrin, Paris, 1982, 186 p., p. 129.
  4. Suivant les principes développés par Viollet-le-Duc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Naef, Guide à l'èglise et l'ancien prieuré de Graville-Ste. Honorine, Imprimerie H. Micaux, 1892, 223 p.
  • G. Priem, Prieuré de Graville Sainte-Honorine, C.R.D.P., 1979, 36 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]