Lanfranc

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Lanfranc
Image illustrative de l'article Lanfranc
Lanfranc, à ses pieds, Bérenger de Tours qui soutient que la présence du Christ dans l'Eucharistie est purement symbolique et à qui Lanfranc s'est violemment opposé. Toile du XVIIIe siècle.
Biographie
Naissance vers 1010
Pavie
Décès 28 mai 1089
Canterbury (Angleterre)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 29 août 1070
Archevêque de Cantorbéry
15 août 107028 mai 1089
Précédent Stigand Anselme de Cantorbéry Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Prieur du Bec
Abbé de Saint-Étienne de Caen (1063-1070)
Fonction laïque
Professeur de l'école d'Avranches
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Lanfranc (Lanfrancus[1]), également appelé Lanfranc du Bec, Lanfranc de Cantorbéry ou Lanfranc de Pavie, est un théologien et réformateur de l'Église d'Angleterre, nommé archevêque de Cantorbéry de 1070 à sa mort. Il naît vers 1010 dans la région de Pavie (Italie) et meurt le 28 mai 1089 à Cantorbéry (Angleterre). C'est un saint de l'Église catholique romaine, fêté le 28 mai.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Lanfranc naît à Pavie vers 1010, d'Aribald et Roza. Il a deux neveux: Paul (en) abbé de St-Albans (1077-1093) et Lanfranc, abbé de Saint-Wandrille (1089-1091)[1].

Après des études dans le nord de l'Italie, en particulier de droit canonique, il quitte sa patrie pour la France vers 1030. En 1039, il est à Avranches où il est professeur et vers 1042, il entre à l'abbaye du Bec, en Normandie, fondée par Herluin. Il sera le prieur de l'abbaye de 1045 à 1063[1].

Il est envoyé par Herluin avec trois moines pour restaurer Saint-Évroult, mais il rentre avant 1049 devant son échec. Il reçoit la visite début 1061 de Mainier, prieur de Saint-Évroult pour recevoir des conseils sur l'élection du futur abbé. Il conseille au duc Guillaume avec Anfroi, abbé de Préaux, d'envoyer Osberne, prieur de Cormeilles pour diriger cette abbaye[1].

Le théologien et la controverse avec Bérenger de Tours[modifier | modifier le code]

Bérenger de Tours, gravure d'Hendrik Hondius I, 1602.

Il fonde alors l'école abbatiale en 1059, où il enseigne les arts libéraux[1]. L'école acquiert rapidement une réputation et attire des élèves comme Yves de Chartres, le futur pape Alexandre II et Anselme de Cantorbéry. Parallèlement, il se consacre à l'exégèse et à l'édition des textes des Pères de l'Église. Il compose des commentaires sur le Psautier, la Cité de Dieu d'Augustin d'Hippone et les Morales de Job de Grégoire le Grand.

En 1049, Lanfranc prend également part à la controverse eucharistique : il s'oppose à Bérenger de Tours, qui soutient que la présence du Christ est purement symbolique. Lui-même est partisan de ce qui deviendra la doctrine de la transsubstantiation. Il est l'un des premiers à recourir aux catégories aristotéliciennes pour distinguer l’apparence (species) du pain et du vin de leur essence ou substance, qui selon lui est changée lors de la consécration. En 1050, il assiste au concile de Rome et au concile de Vercelli[1], qui voit la condamnation de Bérenger. Il rencontre Bérenger à la fin de l'année à la cour tenue à Brionne[1]. Il est également présent au concile de Tours en 1055, où il continue à croiser le fer avec Bérenger. En 1059, la « présence réelle » est adoptée par l'Église catholique lors d'un autre concile tenu à Rome. Bérenger est de nouveau condamné et doit lire une rétractation. Vers 1063, Lanfranc rédige le De corpore et sanguine Domini[1] en réponse au Scripta contra synodum de Bérenger, rétractation de sa rétractation de Rome.

Abbé de Saint-Étienne de Caen[modifier | modifier le code]

Chevet de Saint-Étienne de Caen.

En 1063, Lanfranc est désigné par le duc Guillaume, futur Guillaume le Conquérant, pour devenir le premier abbé de Saint-Étienne de Caen[1], abbaye créée sur l'initiative du duc, qui entend faire de Caen le centre du pouvoir en Normandie. Il fait construire la nouvelle abbaye, notamment le chevet de l'abbatiale et constitue le temporel. Il y crée comme au Bec une école monastique. Il apporte avec lui les coutumes qu'il avait rédigées au Bec avec Herluin[1].

L'archevêché de Rouen lui aurait été proposé en 1067 mais il refuse la position. Il effectue un voyage à Rome pour obtenir du pape le transfert de Jean d'Ivry à Rouen[1].

Il reçoit pour l'abbaye une bulle d'exemption du pape Alexandre II le 14 janvier 1068[1].

Archevêque de Cantorbéry[modifier | modifier le code]

Après son couronnement en 1066, Guillaume le Conquérant entreprend la réforme de l'Église d'Angleterre. En 1070, Guillaume fait déposer l'archevêque de Cantorbéry, Stigand, par le concile de Winchester, sous le prétexte de simonie. Guillaume désigne le 15 août 1070 Lanfranc pour le remplacer[1]. Il est consacré le 29 août[1] et reçoit le pallium en 1071 des mains de son ancien élève, Alexandre II. Son épiscopat est marqué par le compromis dans la lutte de pouvoir entre princes et papauté ainsi que par la concurrence de l'archevêché d'York, qui prétend également à la primatie.

En 1075, il rend au Conquérant son plus grand service politique. Il lui révèle une conspiration formée par Raoul de Gaël, le comte de Norfolk, et Roger de Breteuil, comte d'Hereford. Waltheof, comte de Huntingdon, Northampton et Northumbrie qui avait fait serment de silence, le lui avait confessé. Lanfranc pressa Roger de Breteuil de faire de nouveau allégeance, et finalement l'excommunia lui et ses complices. Il prévient ensuite Guillaume, qui était en Normandie.

Il intercéda pour la vie de Waltheof, qui était probablement innocent, ne voulant pas qu'il fût exécuté pour la faute des autres, mais il échoua à convaincre Guillaume.

Hommages[modifier | modifier le code]

Odonymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Lanfranc a été donné en Normandie à différentes voies :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Véronique Gazeau (préf. David Bates et Michel Parisse), Normannia monastica (Xe-XIIe siècle) : II-Prosopographie des abbés bénédictins, Caen, Publications du CRAHM,‎ 2007, 403 p. (ISBN 978-2-902685-44-8), p. 38-41

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]